Les deux fauteuils dentaires du
Musée des Hospices Civils de Lyon

Le Musée des Hospices Civils de Lyon est la mémoire historique des établissements hospitaliers lyonnais et de l’histoire de la médecine de cette ville.

A l’Hôtel–Dieu, dans un cadre somptueux du XVIIème, en plein centre de Lyon, ce musée recèle un patrimoine hospitalier et médical d’une très grande richesse. Tentons d’évoquer quelques pièces majeures : Les deux magnifiques pharmacies hospitalières complètes du XVIIIème, la salle des archives de la Charité fin XVIIIème, de nombreux meubles, peintures, pots de pharmacie et vitrines garnies d’instruments anciens en n’oubliant pas d’y associer les grands praticiens lyonnais.

Ce musée a en outre la particularité d’exposer deux fauteuils dentaires exceptionnels : les fauteuils de Billard et Morrison.

LE FAUTEUIL DE BILLARD

" Fauteuil dentaire de prestige " Paris c.1875

Maison E. BILLARD au 4 Passage Choiseul à Paris.

(cliquer sur les vignettes pour les agrandir)

Le fauteuil de Billard.

Ce fauteuil à bascule, par sa conception, est inspiré du fauteuil américain de Justus Ask que construisait R.W.Archer à Rochester. N.Y. vers 1860.

Un système très simple à pédale agissant sur une crémaillère fixe les différentes positions de la bascule antéro-postérieure du fauteuil sur sa base. A l’arrière du fauteuil une manivelle en liaison avec un vérin permet d’ajuster la hauteur de l’assise du siège. Ce modèle possède une petite tablette fixe derrière le dossier. La têtière est ajustable en hauteur, en latéralité et d’avant en arrière.

Le fauteuil du musée, en noyer patiné avec son velours rouge et sa grande frange cache-mécanique, est absolument prestigieux par l’équilibre de son ébénisterie sculptée lui donnant une allure vraiment remarquable.

Détails de la têtière à multipositions. Détails de la pédale et de la crémaillère à trous pour contrôle de la bascule.
La manivelle pour l’élévation de l’assise. Détail de sculpture.

Ce fauteuil figure sur les pages de " réclame " d’une édition française du Cosmos Dentaire de 1876 publié par la maison Billard. Il est représenté avec un crachoir fixé à gauche du fauteuil avec système d’évacuation et récupération des fluides par un grand réservoir caché dans la base du fauteuil. Un repose-pieds est accroché en façade.

C’est le Dr Louis Alexandre Billard qui fonda à Paris en 1834 la première fabrique de matériels et dépôt dentaire. Il y vendait aussi des dents porcelaine et de l’instrumentation. Son fils E.Billard et son neveu A.Heymen Billard donnèrent un essor tout particulier à cet établissement jusqu’au début du XXème siècle. Cette maison était suffisamment importante et dynamique pour revendre et importer du matériel d’autres fournisseurs, mais aussi pour produire une fabrication propre tant en petite instrumentation qu’en gros matériel.

Naturellement ce modèle de prestige devait faire partie de commandes particulières, personnalisées et n’a pas dû être produit en de nombreux exemplaires. Nous connaissons un même modèle dans la collection du Conseil National de l’Ordre des chirurgiens dentistes à Paris (don Ferrand), et un autre dans une collection particulière du centre de la France.

LE FAUTEUIL DE MORRISON

C. 1872 Fabrication Johnston Brothers. New.York.
C. 1875 Cl. Ash and son. Londres.
C. 1881 Samuel S. White. Philadelphie.
C. 1885 Adam Schneider. Berlin.

Le fauteuil de Morrison

Fauteuil et tour dentaire, tous les deux de J.B. Morrison.

En 1872 c’est réellement un fauteuil révolutionnaire. C’est le premier modèle tout en fonte. Sa conception par James Beall Morrison est animée d’une recherche avancée d’ergonomie. Il est destiné au travail debout mais aussi au travail assis du praticien.

Le corps du fauteuil est activé par un système à manivelle et crémaillère permettant une très grande amplitude d’élévation, avec possibilité de bascule antéro postérieure limitée de l’ensemble. Pour faciliter l’approche du patient et assurer une bonne stabilité, les pieds sont asymétriques. Le dossier en deux parties est modulable en hauteur et latéralement. La têtière à rotule et à déplacement permet une grande possibilité de positions. Les accoudoirs sont réglables et escamotables. Le repose-pieds à deux niveaux est aussi adaptable.

Détails du fauteuil de Morrison.

Ce modèle eut un grand succès tant en Amérique qu’en Europe. Sa production a été assurée par de nombreuses maisons. Cependant à cause de la finesse de certaines pièces en fonte, il est d’une relative fragilité, c’est pour cela qu’il n’en reste seulement que quelques exemplaires dans les musées et collections privées.

Le fauteuil de l’Hôtel-Dieu, en excellent état, avec sa peinture décorative d’origine, sa tapisserie en velours gaufré à grandes franges, par son incroyable prouesse de fonderie, est absolument remarquable d’élégance et de légèreté. C’est une véritable sculpture.

Incontestablement le Musée des Hospices Civils de Lyon expose deux pièces prestigieuses du patrimoine historique de l’art dentaire.

Dans ces mêmes salles des vitrines sont aussi consacrées à la stomatologie avec des pièces et des instruments anciens en évoquant Claude Martin (1843-1911) et la maxillo-faciale avec le souvenir de Joseph Gensoul et Albéric Pont (les gueules cassées). De nombreux autres instruments de dentisterie sont aussi montrés, dont quelques-uns uns proviennent du musée dentaire de Lyon (à la faculté d’odontologie), autre musée lyonnais incontournable pour les amateurs de l’histoire de l’Art Dentaire.

Documentation photographique de l’ASPAD
avec la très aimable autorisation du Musée des Hospices Civils de Lyon.

POUR INFORMATION

Le Musée des Hospices Civils de Lyon se trouve à l’Hôtel-Dieu :

1 place de l’Hôpital et 61 quai Jules Courmont
69002 LYON (FRANCE)
Tél. : 04 72 41 30 42 
Fax. : 04 72 41 31 42

Métro : Bellecour ou Cordeliers.

Ouverture
du lundi au vendredi de 13h30 à 17h30.
Le samedi matin, d’octobre à juin, de 9h30 à 13h30.
Un dimanche par mois, de 14h à 18h.

Visites commentées, sur rendez-vous.

BIBLIOGRAPHIE

 

Musée des Hospices Civils de Lyon. - Documentation du musée. Guide de visite

 
 

Rousseau, Claude - Histoire de l’aménagement opératoire du cabinet dentaire. Site web de la Société Française d’Histoire de l’Art Dentaire.

 


1870-1880. James Beall Morrison.  
www.biusante.parisdescartes.fr/sfhad/cab/texte07.htm

1860-1870. Le cabinet dentaire de Green V. Black.
www.biusante.parisdescartes.fr/sfhad/cab/texte06.htm
 
 

Catalogue S.S.WHITE. 1876.

 
 

Catalogue Cl. ASH and son. 1887.

 
 

Catalogue HEYMEN-BILLARD. 1895.

 
   

 
     

 

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