Une collection de coffrets d'�lectroth�rapie
1850-1900

Un membre de l'ASPAD nous pr�sente sa collection de coffrets d'�lectroth�rapie.

Les appareils d'�lectroth�rapie ne furent utilis�s vraiment qu'� partir de 1850 par les professions m�dicales. Il est certain que l'attrait de la nouveaut�, les cot�s merveilleux de l'�lectroth�rapie associ�s � d'�ventuelles gu�risons miraculeuses, l'activit� charlatanesque relay�e par une action psychosomatique, n'ont pas �t� �trang�res � un certain engouement pour l'�lectroth�rapie. Cependant tr�s rapidement les m�decins et les dentistes int�gr�rent les possibilit�s objectives que leur offrait l'�lectroth�rapie surtout dans trois domaines : En petite chirurgie par l'usage du galvanocaut�re, en �clairage et endoscopie par des nouvelles possibilit�s de confort op�ratoire, en �lectrophor�se avec par exemple la cataphor�se utilis�e en dentisterie.

De nombreux appareils �lectriques �taient disponibles bien avant la distribution d'�lectricit� de quartier. Mis � part dans certaines tr�s grandes villes, les m�decins et dentistes durent produire eux m�me leur �lectricit� ( les h�pitaux parisiens ne seront vraiment �lectrifi�s qu'en 1903-1904 ! ). Souvent au d�but par de simples piles chimiques ou des batteries, puis avec des dynamos lorsque le mat�riel, comme chez les dentistes, devint plus exigeant. Cette fin de si�cle fut marqu�e incontestablement par la formidable r�volution de la " F�e Electricit� " � laquelle toute la profession m�dicale participa activement.

Lorsque l'on parle d'�lectroth�rapie ou d'�lectrologie m�dicale au 19�me , il se pose imm�diatement un probl�me de vocabulaire. Entre les termes des premiers utilisateurs, des scientifiques des ann�es 1850 ou des ann�es 1900, des historiens et des mus�es ils existent beaucoup de variantes. Pour clarification nous adopterons les termes et les classifications d'Alfred Becquerel (1860) et du Deutscher Medizinhistorisher Museum d'Ingolstadt (2001) qui semblent faire autorit�.

Tr�s bri�vement resituons les applications de l'�lectroth�rapie :

TRAITEMENTS PAR GALVANISATION

  • C'est l'utilisation d'un courant �lectrique continu, ou galvanique.
  • Produit par des piles, accumulateurs, ou transform� d'un courant alternatif.
  • Utilis� pour galvano-caut�risation, �lectrolyse, �clairage, �lectrophor�se, aussi pour excitations nerveuses, bains hydro �lectriques.

TRAITEMENTS PAR FARADISATION

  • C'est l'utilisation de courants interrompus, d'induction, de haute tension.
  • Produits par des bobines d'induction de type Ruhmkorff ou Clarke.
  • Utilis�s pour ses effets sensitifs et moteurs, plus g�n�ralement action sur le syst�me nerveux : N�vralgie faciale, douleur, trismus, anesth�sie.

TRAITEMENTS PAR FRANKLINISATION

  • C'est l'utilisation d'�lectricit� statique de tr�s haute tension.
  • Produits par des machines �lectrostatiques type Wimshurst, Carr� ou Ramsden.
  • Action sur la circulation sanguine, souffle �lectrique charg� d'ozone, traitement de la neurasth�nie, migraine, hyst�rie, �tats douloureux en g�n�ral.

TRAITEMENTS PAR ARSONVALISATION

C'est l'utilisation de courants alternatifs de haute fr�quence .

  • Soit en basse tension : Diathermie. Thermo p�n�tration.
    Soulage les douleurs
  • Soit en haute tension : Etincelage, fulgarisation, effluvation.
    Action sur tension art�rielle, action d�sinfectante,
    anesth�sie r�vulsive, calme douleurs n�vralgiques.
    Bistouri �lectrique, �lectrocoagulation.
1 MACHINE MAGNETO-ELECTRIQUE DE DAVIS KIDDER
Pour faradisation.
USA. 1854

(cliquer sur les vignettes pour les agrandir)

Une des toutes premi�res machines d'�lectroth�rapie commercialis�es.

Ari Davis fabriquant d'instruments � Washington et le Dr Jerome Kidder de New York s'unirent pour produire la " Davis/Kidder magnetoelectrical machine for the treatment of nervous diseases " directement inspir�e de la machine de Clarke. Cette machine eut un succ�s consid�rable aux USA comme en Europe.

L'aimant tr�s important sert de structure � l'appareil en lui donnant une certaine esth�tique. Un syst�me tr�s simple fait tourner deux bobines devant l'aimant dont la puissance peut �tre modul�e par le jeu d'une barrette de r�duction du champ magn�tique. La machine assez lourde est bien stable et permet une bonne vitesse de rotation indispensable � la qualit� du courant.

Deux rh�ophores � poign�es permettent les applications th�rapeutiques. Cette machine figure dans le premier catalogue dentaire de la maison Claudius Ash de Londres en 1865.

1bis MACHINE MAGNETO-ELECTRIQUE DE DAVIS KIDDER
Pour faradisation.
Angleterre. Ca. 1860

Quasiment m�me machine que la pr�c�dente avec son �l�gante roue en bronze dor� et sa manivelle en ivoire orn�e d�un dauphin. Bobines garnies d�isolants en nacre ! � cause de son poids et sa fragilit�, cette pi�ce est maintenant contenue dans un coffret en acajou pour son transport et son stockage.

2 DEUX COFFRETS DE MACHINE MAGNETO-ELECTRIQUE DE DAVIS KIDDER
Pour faradisation.
Angleterre ca.1860-1880.

Le succ�s de cet appareil se r�pandit rapidement en Europe et fut fabriqu� en petite s�rie en Angleterre �quip� de jolis coffrets.

Un premier mod�le ca. 1860 dans son coffret en acajou blond poss�de encore la m�me roue d'entra�nement que les mod�les d'origine. La notice dans le couvercle nous laisse entendre qu'elle aurait �t� construite par W.Cooke de Keighley qui ne devait �tre qu'un revendeur.

Le deuxi�me mod�le plus tardif ca.1880 sensiblement identique a une �b�nisterie d'acajou plus soign�e fermant � clef. De plus la roue d'entra�nement est d�multipli�e par des engrenages . Les rh�ophores sont plus simples.

La notice de ces deux machines nous en indique l'usage. Destin�es aux troubles nerveux et psychologiques, elles sont efficaces aussi pour de nombreuses pathologies, notamment pour les douleurs dentaires, les n�vralgies et le tic douloureux.

Ces appareils �taient construits par les �tablissements Joseph Gray � Sheffield. Ce type de machine sera produit jusque dans les ann�es 1920. Elles �taient d'une grande robustesse, sans besoin de pile, sans entretien. Il suffisait de tourner la manivelle. De nombreuses familles en poss�daient une et des mod�les plus importants existaient chez les praticiens.

3 COFFRET AVEC APPAREIL MAGNETO-ELECTRIQUE DE A.GAIFFE.
Dit : Appareil magn�to-faradique de Clarke, modifi� Gaiffe.
Pour faradisation
Paris ca.1870.

Inspir� de la machine de Clarke et du mod�le Davis Kidder, L.A. Gaiffe nous a construit une machine remarquable qui elle aussi se vendra jusque dans les ann�es 1920.

Ladislas Adolphe Gaiffe et son fils qui prendra sa succession vont nous habituer � une production d'une exceptionnelle qualit�. La maison Gaiffe va repr�senter typiquement le g�nie technique et le savoir-faire que la France avait encore � cette �poque. Ce grand nom de renomm�e internationale, fleuron de la construction �lectrique fran�aise, se retrouvera dans toutes les productions de qualit� du mat�riel �lectrique et �lectro m�dical de pointe.

Comme toutes les productions de Gaiffe : Eb�nisterie en acajou massif tr�s soign�e. Le syst�me de rotation par roue � engrenages est tr�s rapide et agr�able � manipuler avec une bonne inertie, n'oublions pas que la machine devait tourner pendant au moins plus de dix minutes sans interruption.

Un graduateur au niveau du branchement des rh�ophores permet d'obtenir des courants plus ou moins forts, donc de r�guler des courants constants. Mais surtout, grand avantage par rapport � ses concurrents, il donne des courants de tension dirig�s toujours dans le m�me sens car il est dot� d'un syst�me qui sert � la fois de redresseur de courant, d'interrupteur et de mod�rateur en �liminant les courants inverses et laissant les courants directs alternativement renvers�s.

4 COFFRET D'APPAREIL ELECTRO-MAGNETIQUE DE GAIFFE
Dit :" Appareil d'induction volta faradique " mod�le moyen.
Pour faradisation.
Paris ca.1860.

Mod�le compact en acajou avec c�blages �lectriques inclus dans l'�b�nisterie, accessoires en cuivre et laiton. Un astucieux et tr�s simple m�canisme permet de contr�ler la fr�quence de l'interrupteur � vibrations de la bobine ( fil de 150m ), qui elle-m�me poss�de un tube graduateur pour modifier l'intensit� du courant.

Gaiffe adopte pour ce coffret deux piles plates : couple de Marie-Davy modifi�. Tr�s petit couple charbon et zinc dans des petites cuvettes en �bonite. Il suffit de mettre une dosette de bisulfite de mercure (appel� alors protosulfate de mercure ou sulfate de bioxyde de mercure) avec de l'eau pour obtenir quarante cinq minutes de traitement. Les deux piles fournissent deux fois 1.5 volts. On jette la solution avant de ranger le coffret.

Devant le grand succ�s de ce mod�le la maison Gaiffe compl�ta d�s 1874 sa gamme avec des accessoires en cuivre nickel� et des piles au chlorure d'argent, compl�tement herm�tiques, sans entretien et facilement transportables. Naturellement on sortit un plus grand mod�le et aussi un mod�le de poche pour le voyage pr�sent� � la suite.

4bis COFFRET D'APPAREIL ELECTRO-MAGNETIQUE DE GAIFFE
Dit :" Appareil d'induction volta faradique " mod�le moyen.
Pour faradisation.
Paris ca.1900.

Il s�agit d�une adaptation du mod�le pr�c�dent en rempla�ant les couples de piles chimiques par un mini transformateur qui rectifiait et transformait un courant de distribution de quartier. Cette adaptation potentialisa l�utilisation de ce coffret au-del� des ann�es 1920.

5 COFFRET D'APPAREIL ELECTRO-MAGNETIQUE DE GAIFFE.
Dit : " Appareil d'induction volta faradique " mod�le de poche.
Pour faradisation.
Paris ca.1875.

Petit mod�le de poche d�riv� du pr�c�dent.

6 COFFRET AVEC APPAREIL ELECTRO-MAGNETIQUE DE LEGENDRE et MORIN.
Pour faradisation.
Paris ca.1855.

Un des premiers coffrets d'�lectroth�rapie de petite s�rie.

D'une �b�nisterie tr�s soign�e en placage de bois de violette mont� sur noyer. D'une tr�s belle finition avec accessoires et visserie en cuivre et laiton verniss�s. L'interrupteur trembleur de la bobine est modulable par un bouton � c�t� du r�gulateur interne de la bobine d'induction entourant les barreaux de fer doux. La pile est un couple Bunsen : charbon au centre et zinc lat�ralement activ� par de l'acide nitrique (azotique de l'�poque). Une place pour une deuxi�me pile est pr�vue, ainsi que la possibilit� de sortie des deux courants. Travail artisanal de grande qualit� et de conception astucieuse.

Ce mod�le est d�crit compl�tement par Apolloni Pierre Pr�terre dans l'Art Dentaire en 1858. Cependant fin 1858 il affirme utiliser pour l'anesth�sie �lectrique par faradisation un autre appareil, la machine de Duchenne, construite par Deleuil, d�riv�e de Clarke, magn�to-�lectrique. Cette machine n'est cependant pas constante dans sa production de courants, donc difficile d'emploi pour l'anesth�sie dentaire. Ce n'est pas le type d'appareil adopt� par Francis � Philadelphie pour ses extractions sans douleur, mais un appareil �lectro-magn�tique. D'ailleurs Morel-Lavall�e en reprenant les exp�riences de Francis utilisera aussi un mod�le identique � l'appareil de Legendre et Morin. F.Thioly en 1859 � Gen�ve lors d'anesth�sies �lectriques pour extractions par faradisation pratiquera avec un appareil �lectro-magn�tique semblable.

Charles Chardin, successeur de Morin, changera les piles Bunsen � vapeurs nitreuses tr�s nocives pour le mat�riel par sa pile en porcelaine au bichromate de potassium. Ainsi �quip� ce coffret se vendra encore en 1896.

7 COFFRET AVEC APPAREIL ELECTRO-MAGNETIQUE du Dr HEARDER
Pour faradisation.
Plymouth ca.1860.
     

Tr�s beau coffret en acajou. Mat�riel de conception tr�s robuste. Bobine � rh�otome trembleur externe et � variateur rh�ostatique. La pile charbon zinc est activ�e par le bichromate de potassium et l'acide sulfurique contenu dans un flacon herm�tique pour le transport. Au moment de l'utilisation les �lectrodes au repos dans un flacon vide sont alors immerg�es dans la solution acide, puis remises dans le flacon vide au sec apr�s usage.

Dans sa notice interne du couvercle le Dr Hearder mentionne qu'il est " consulting electrician and galvanist in Plymouth " au 23 Atheneum street, chez lui de 10 heures � 4 heures et � domicile !

8 COFFRET AVEC APPAREIL ELECTRO-MAGNETIQUE de SPAMER
Pour faradisation.
Allemagne ca.1890.

Coffret en acajou avec tiroir de rangement d'accessoires tr�s complet. R�gulateur d'intensit� de la bobine gradu�. Interrupteur de la bobine par double bobine �lectromagn�tique. Pile au bisulfite de mercure en cristal avec d�pose de l'�lectrode en zinc pour le transport. Coffret remarquablement fini et con�u.

Ce coffret figure dans le catalogue dentaire 1892 de la maison Geo Poulson d' Hambourg.

9 COFFRET LIVRE POUR APPAREIL ELECTRO-MAGNETIQUE.
Pour faradisation.
Paris ? ca.1880.

Il s'agit probablement d'une commande ou r�alisation artisanale avec des �l�ments de la maison Charles Chardin � Paris. Non retrouv� dans les catalogues Chardin.

Le coffret est tr�s particulier en forme de livre d'une �b�nisterie teint�e et verniss�e avec poign�e de style. Deux piles au bichromate de potassium dans leur logement mal con�u pour leur entretien et sans doute difficilement transportables fournissent deux fois deux volts � une bobine tr�s longue avec son tube r�gulateur externe. Un galvanoscope � boussole contr�le le passage du courant.

L'interrupteur trembleur de la bobine � triple r�glage, l'importance de la bobine d'induction, et la possibilit� de distribution de plusieurs sortes de courants nous permet de penser que c'est un appareillage con�u sp�cialement pour un professionnel averti.

10 COFFRET APPAREIL ELECTRO-MAGNETIQUE DE CHARDIN.
Pour faradisation.
Paris 1872.
      

Petit coffret en acajou construit par le successeur de Morin. Appareil bien con�u qui se vendra pendant plus de cinquante ans. Son succ�s est li� � la conception de sa pile au bichromate de potassium en c�ramique facilement transportable, ais�e � entretenir, dont on peut extraire une �lectrode pour mettre la pile au repos. L'interrupteur trembleur de la bobine d'induction �tant r�gl� par un syst�me tr�s pr�cis permet d'obtenir des courants de qualit� constante � la sortie. Ce coffret �tait vendu cinquante francs en 1876 et le m�me prix en 1914.

M�me mod�le en coffret ch�ne vernis de 1914.

11 COFFRET AVEC APPAREILLAGE ELECTRO-MAGNETIQUE.
Pour faradisation.
Probablement France ca.1875.

Ce coffret avec une belle �b�nisterie en palissandre est dot� d'une important bobine d'induction, de classiques rh�ophores � manches en noyer, ainsi que d'une importante pile de Grenet au bichromate de potassium.

Dans le " Progr�s Dentaire " de 1877 la maison Ash propose en double page un appareillage comparable pour anesth�sie �lectrique en chirurgie dentaire. Les manches de daviers, ou la clef de Garengeot, �taient isol�s par une couche de vernis � appliquer. La qualit� de la pile fournissant ses deux volts, l'importance de la bobine d'induction, le conditionnement de l'appareillage facilement transportable en faisait un coffret d'�lectroth�rapie de choix.

12 APPAREILLAGE ELECTRO-MAGNETIQUE � CHARIOT.
Dit : " Appareil �lectro- physiologique volta faradique "
Pour faradisation.
Probablement Maison Gaiffe, Paris ca.1860.

Cet appareillage avec sa pile de Grenet de grande capacit� (appel�e aussi bouteille de Poggendorff) est de grande qualit� par son �b�nisterie en noyer et acajou, par sa double bobine d'induction mont�e sur chariot de pr�cision et surtout par la finition de son interrupteur g�r� par double bobine. Il correspond � l'appareil de Siemens et Halske modifi� par le docteur Tripier en vue de ses exp�riences de physiologie et de ses applications m�dicales.

Il est muni d'un interrupteur automatique de A.Gaiffe qui donne de cinq � cinquante coupures par seconde. La puissance et la constance de sa pile, la fiabilit� de son interrupteur, la pr�cision de mesure de sa bobine de Ruhmkorff en fait un appareil de mesures physiologiques ou un appareil d'exp�rimentation m�dicale tr�s performant.

C'est cet appareillage que nous retrouvons dans le tableau de Brouillet de 1887 " Une le�on clinique � la Salpetri�re. " avec le Dr Charcot au milieu de ses confr�res. D'ailleurs Charcot cr�era un service d'�lectroth�rapie � la Salpetri�re en 1877. Sur un autre tableau c�l�bre repr�sentant Claude Bernard au travail avec ses collaborateurs cet appareillage se retrouve au centre du tableau.

13 COFFRET POUR APPAREIL ELECTRO-MAGNETIQUE DE CARPENTIER.
Pour faradisation.
Paris, ca.1880.

Coffret r�alis� par l'ing�nieur J.Carpentier qui avait pris la suite de Ruhmkorff � Paris . La maison Ruhmkorff et Carpentier par la tr�s grande qualit� de sa production a particip� au rayonnement fran�ais dans cette sp�cialit�.

Le coffret est d'une tr�s belle �b�nisterie dans un acajou exceptionnel. Le syst�me de rangement des accessoires a �t� bien �tudi�. L'appareil pouvait fonctionner et �tre r�gl� couvercle ferm�. La finition de la bobine � chariot avec son interrupteur trembleur est remarquable. Les deux piles manquent et devaient �tre des �l�ments sans manipulation au chlorure d'argent. Bel ensemble destin� � un praticien ayant le souci de la pr�cision.

13bis COFFRET POUR APPAREIL ELECTRO-MAGNETIQUE.
Pour faradisation.
France ?  ca. 1890 ?

Coffret de faradisation en acajou de pr�sentation originale, aliment� par une pile de Grenet. Importante bobine de Ruhmkorff � tube mod�rateur avec interrupteur trembleur de grande pr�cision modulable par un variateur gradu� de sa lame. Permettait de jouer sur les variations de la haute tension. Collecteur � trois positions avec interruption de courant.

14 COFFRET AVEC APPAREIL ELECTRO-MAGNETIQUE OZONEUR.
Pour faradisation et production d'ozone.
Dit : " Ozoneur volta faradique "
Ch. Chardin � Paris, ca.1890.

La maison Charles Chardin par son importante production et l'ing�niosit� de ses appareils a aussi particip� activement au rayonnement de �lectroth�rapie fran�aise en cette deuxi�me moiti� de si�cle.

Ce coffret d'�lectroth�rapie original en acajou et palissandre, � deux compartiments, est �quip� de deux piles au bichromate de potassium avec tige de descente des �lectrodes, ainsi que d'une bobine de Ruhmkorff avec r�glage du trembleur interrupteur � sa base et mod�rateur � tube activable au niveau sup�rieur.

Cet appareil fonctionne comme une bo�te d'�lectroth�rapie normale avec ses �lectrodes, mais peut �tre transform� en ozoneur par d�charges �lectriques de tr�s haute tension dans un tube en verre � �clateur inclus dans le coffret et reli� � la bobine. Il y a alors production d'ozone par condensation des trois atomes d'oxyg�ne. L'ozone est distribu� par un petit masque aliment� par l'air activ� par une poire. L'ozone �tait alors appr�ci�e pour ses qualit�s bact�ricides. En dentisterie il sera surtout employ� comme d�sinfectant canalaire et pour les alv�olites.

15 COFFRET BATTERIE DE PILES ELECTRIQUES du Dr ONIMUS.
Dit :" Batterie de piles � courants constants et continus. "
Pour �ventuelle galvanisation.
Fabriqu� par Brewer � Paris, ca.1875.

Coffret d'�b�nisterie en noyer avec une batterie de 42 piles.

Ce sont des piles couple Daniel modifi�es Onimus en rempla�ant le s�parateur poreux par un s�parateur en verre. Zinc, cuivre et cristaux de sulfate de cuivre. Lorsque la batterie est activ�e elle marche pour plusieurs mois en rajoutant de temps en temps de l'eau avec une pipette situ�e dans le couvercle. Action chimique tr�s limit�e hors connexion.

Elle �tait vendue avec deux rh�ophores inclus dans le casier du couvercle. Sa production �lectrique �tait modulable par mise en connexions d'un nombre plus ou moins important de piles.

Le corps m�dical a alors besoin de plus en plus de sources d'�nergie �lectrique de courants continus, notamment pour la galvanocaustique et la lumi�re. Il faut un mat�riel fiable, transportable, simple d'entretien, avec production d'un courant sans variation, tr�s constant, imm�diat, permettant un long usage sans trop de manipulation. Rapidement s'imposent les piles : Zinc, carbone avec bichromate de potassium ou bisulfite de mercure et acide sulfurique. Ces �l�ments simples � entretenir, relativement �conomiques produisent une �lectricit� constante de deux volts par �l�ments.

16 COFFRET D'APPAREIL A COURANT CONTINU.
Pour galvanisation.
Ch. Chardin � Paris, ca.1875.

Coffret batterie de dix huit piles au bichromate de potassium en bois vernis. La planchette porte �lectrodes est �quip�e d'un rh�ostat de distribution et d'un galvanoscope type boussole pour production de courant continu de z�ro � trente six volts. Tr�s astucieusement toute la planchette apr�s usage �tait repos�e sur une autre s�rie de dix huit flacons vides mettant ainsi la batterie au repos. La s�rie des flacons pleins de liquide activateur pouvait �tre rebouch�e pour le transport.

16bis COFFRET D'APPAREIL A COURANT CONTINU.
Pour galvanisation.
A. Gaiffe � Paris ca. 1875.

Coffret de belle �b�nisterie en acajou. Il s�agit probablement d�un pseudo prototype. Batterie de 16 �l�ments � bioxyde de mangan�se et chlorure de zinc, naturellement avec possibilit� de transformations en couples � sulfite de cuivre ou de mercure.
Le collecteur rectiligne permet de faire entrer successivement, deux par deux, les couples dans le circuit sans qu�il puisse se produire d�intermittence afin d��viter les chocs volta�ques. Syst�me efficace mais de manipulation archa�que.

16ter COFFRET D'APPAREIL A COURANT CONTINU.
Pour galvanisation.
Charles Chardin � Paris ca. 1875.

Coffret batterie pour �lectrolyse en acajou de 16 �l�ments probablement au bisulfite de mercure : On fait dissoudre dans un litre d�eau chaude 150 gr de bisulfite de mercure et apr�s dissolution on y ajoute 300 gr d�acide sulfurique.

Pour la mise en marche de cette batterie on immerge les �l�ments dans le liquide en tournant le petit volant qui se trouve au centre de l�appareil ce qui implique un mouvement ascensionnel � un casier supportant les auges remplies de liquide excitateur. L�op�ration termin�e on fait mouvoir le volant en sens inverse et les auges reprennent leur place au fond du coffret.

L�entretien de la batterie de piles est facilit� par un acc�s ant�rieur en plus du sup�rieur. Une derni�re nouveaut� le collecteur, jouant le r�le de rh�ostat, est � bornes creuses, sans interruption pendant sa variation. Chardin �quipe ce coffret destin� � la production de lumi�re et � la galvanocaustie d�un important galvanoscope magn�tique � graduations de pr�cision.

17 COFFRET D'APPAREIL A COURANT CONTINU.
Pour galvanisation.
Ch. Chardin � Paris ca.1880.

Coffret en acajou avec rh�ostat, galvanoscope type boussole, inverseur sens du courant et bouton � vis d'Archim�de pour obtenir la mont�e et la descente des huit flacons piles, activant ainsi les piles avec les �lectrodes plus ou moins immerg�es. Unit� de galvanisation performante permettant de faire varier facilement l'intensit�, chose importante pour le galvanocaut�re et la lumi�re.

18 COFFRET D'APPAREIL A COURANT CONTINU.
Pour galvanisation.
Ch.Chardin � Paris ca.1880.

Pratiquement le m�me appareillage d�crit pr�c�demment avec cependant une batterie consid�rable de vingt quatre piles, pouvant atteindre quarante huit volts, ce qui donnait une grande puissance et grande souplesse � l'utilisation des galvanocaut�res.

19 COFFRET D'APPAREILLAGE A COURANT CONTINU.
Pour galvanisation.
Ch.Chardin � Paris ca.1890.

Coffret en acajou avec batterie de huit piles au bichromate de potassium ou bisulfite de mercure activables directement par un bouton d'�l�vation au centre du tableau de commande. L'appareil est muni d'un rh�ostat, mais aussi d'un inverseur de courant, et surtout d'un galvanom�tre de pr�cision.

C'est typiquement le mat�riel n�cessaire pour l'ionophor�se, la cataphor�se, tr�s utilis�e en dentisterie pour faire circuler des substances d�sinfectantes ou anesth�siantes. La cataphor�se de manipulation d�licate semblait donner de bons r�sultats mais un milliamp�re de pr�cision �tait pratiquement indispensable.

20 COFFRET D'APPAREILS POUR COURANT CONTINU ET ELECTRO-MAGNETIQUE.
Appareil mixte pour galvanisation et faradisation.
Ch.Chardin � Paris ca.1890.
     

Important coffret en acajou construit par Chardin o� sont r�unis � la fois un appareil de galvanisation avec une r�serve batterie de vingt quatre piles et un appareil de faradisation avec bobine de Ruhmkorff et sa pile en porcelaine de Chardin. Cette unit� autonome d'�lectroth�rapie bien que transportable devait �tre un appareillage pour cabinet m�dical, et nous prouve l'int�r�t que soulevait l'�lectroth�rapie en cette fin de si�cle.

Jusqu'en 1914 la pratique de l'�lectroth�rapie ne cessera d'augmenter et le mat�riel deviendra de plus en plus performant avec possibilit� de s'alimenter avec des courants de quartiers. Cependant persisteront encore bien apr�s 1900 des mat�riels d'�lectroth�rapie autonomes fonctionnant avec des piles s�ches, comme l'unit� d'�lectroth�rapie suisse pr�sent�e � la suite.

21 COFFRET D'ELECTROTHERAPIE SINGALVO.
Pour galvanisation, faradisation et arsonvalisation.
Paul Bischofberger � Lucerne (Suisse) ca.1900.

Coffret en ch�taignier avec dix huit grosses piles s�ches de grande capacit�, destin� aussi pour �ffluvations s�ches ou bains humides d'�lectroth�rapie. Sa grande capacit� �lectrique lui permettait de servir de source d'alimentation de mat�riels de radiologie portatifs.

BIBLIOGRAPHIE

Nous remercions le Dr Marguerite Zimmer de nous avoir si gentiment aid� dans nos recherches bibliographiques.

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Chez Charraire et fils � Sceaux. 1885.
  Chardin.Ch. Electricit� m�dicale. Paris 1896.
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  Zimmer.M. Anesth�sie locale par les courants galvanique et faradique. Premi�res
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  The QUACKATORIUM : Site incontournable http://www.radiantslab.com/quackmed/
 
     

 

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