Orthodontie historique

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En septembre 2005 s’est tenu à Paris le 6ème congrès international d’orthodontie WFO 2005.

Succès considérable avec plus de 7.000 inscrits représentant 101 pays : Le « Top » de l’orthodontie mondiale. Parmi les nombreuses conférences scientifiques et une importante exposition de matériel, les organisateurs français décidèrent en créant un vaste espace historique de mettre à l’honneur, à la place qu’elle mérite, l’histoire de l’orthodontie.

Une équipe d’historiens composée de J.Philippe (musée de la SFODF), de F.Brunner et de A.Huet (musée dentaire de Lyon), avec certains prêts de la société britannique d’orthodontie et la participation de collectionneurs privés comme l’ASPAD, produisirent une remarquable exposition historique que l’on n’avait jamais réalisée dans la spécialité. Ceci est avec d’autant plus de mérite qu’il n’existe que peu de vestiges et d’antiquités de l’orthodontie passée.

Un cabinet d’orthodontie ca.1900 avec fauteuil de J.Wirth, tour dentaire de Morrison, tabouret de Lyons, éclairage de Bosworth et le meuble aseptique du Dr J.Quintero.

Cette exposition avait comme titre : "Deux siècles d’orthodontie autour de l’Atlantique"  (Two centuries of Orthodontics around the Atlantic) avec le support d’un livre très bien documenté, par les mêmes historiens avec la contribution du Dr. Tom Graber.

NAISSANCE DE L’ORTHODONTIE

La France, Mère de l’orthodontie, se devait d’être à l’honneur avec présentation de nombreux ouvrages anciens traitant du déplacement des dents, en quelque sorte les incunables de l’orthodontie :

Pierre Fauchard (1677-1761) « Le chirurgien-dentiste ou traité des dents »

Le livre de Bourdet (1722-1789)
avec son pélican original (musée de Lyon)

Pélicans 18ème du musée de Lyon destinés, entre autres,
au déplacement des dents par luxation.

John Hunter (1728-1793)

 Joseph Fox (1776-1816)
avec des traductions de J.Lemaire.

Reconstitutions d’appareillages
de Fox et Bourdet.

C.F.Delabarre (1787-1862) avec « l’ancêtre de la bague incisive »
Traité de la seconde dentition 1819.

J.C.F.Maury (1786-1840)
Traité complet de l’art du dentiste,
avec la première bague incisive moderne.

P.J. Lefoulon : Initiateur des traitements d’expansion d’arcade.

J.M.Schange 1841 : Premier traité français consacré uniquement au redressement des dents.

LES PLUS ANCIENS APPAREILS D’ORTHODONTIE DU MONDE ?

Deux ensembles d’appareils d’orthodontie exceptionnels ca .1870, faisant partie d’une collection privée, furent prêtés par une consœur orthodontiste membre de l’ASPAD. En effet, très probablement, aucune collection ne possède d’appareils d’orthodontie antérieurs à 1900, mis à part les deux séries présentées : Les appareils de P.Simon et les appareils de A.P.Préterre.

LES APPAREILS DE PAUL SIMON

Paul Simon, praticien parisien, publia en 1867 : Etudes sur la chirurgie-dentaire. Observations sur la première et seconde dentition. Quatre plaques estampées, des années 1870, dont une frappée de son nom, avec différents effets orthodontiques étaient présentées :

1ère plaque de P.Simon

2ème plaque de P.Simon

3 ème plaque de P.Simon

4 ème plaque dite à double bandeau par P.Simon

LES APPAREILS DE LA COLLECTION A.P. PRETERRE

Apolloni Pierre Préterre (1821-1893), éminent praticien parisien, créateur en 1857 de l’Art Dentaire, cofondateur de l’Ecole Dentaire de Paris, introduisit l’anesthésie au protoxyde d’azote et diffusa la vulcanite en France. Il était connu aussi pour son musée des restaurations buccales qu’il faisait visiter «  en son cabinet, sis au 29 boulevard des Italiens, de trois heures à cinq heures ». Sa collection très importante et complète, en grande partie constituée de duplicata de pièces posées en bouche principalement réalisés par son collaborateur américain le Dr Michaels, était un véritable panorama des années 1880-1890 et contenait de nombreux appareils d’orthodontie.

Les quatre appareils présentés, ca.1880, dont deux sont reproduits dans son livre « Les dents » édition 1884, proviennent de sa collection du musée des restaurations buccales.

« Appareil pour rectification des quatre incisives rentrantes »
Appareil inspiré de Wescott (1859) repris par Farrar (1882) et Kingsley( 1880).

Plaque à redressement incisif.

Distaleur de prémolaires.

Plaque coulée en argent

Pour plus amples informations sur ces deux ensembles se reporter à l’article très documenté de J.Philippe : « La découverte des plus anciens appareils d’orthodontie »  à paraître dans la revue d’Orthophédie Dento Faciale début 2006.

En provenance aussi de la collection Prèterre était exposée une magnifique paire d’arcades sculptées en ivoire d’éléphant montrant certaines dysmorphoses sans doute à but pédagogique.

 

PIERRE ROBIN ET LA THĒRAPEUTIQUE FONCTIONNELLE

Une part importante de l’exposition était consacrée à Pierre Robin (1867-1950) : «  Tout provient des troubles fonctionnels, mastication mais surtout respiration incomplète : Les dysmorphoses dento-crânio-vertébrales sont la signature des troubles fonctionnels des organes contenus dans la tête. »

Pierre Robin au milieu des mutilés guerre 14-18

Pierre Robin à la fois pharmacien, chirurgien-dentiste et médecin s’orienta vers la stomatologie et la chirurgie maxillo-faciale en 1914-1918, tout en s’intéressant spécialement à la kinésithérapie. Ayant remarqué la mauvaise santé de certains enfants qui « sans être des malades, sont des mal portants », il décrivit le syndrome glossoptosique avec comme traitement la tétée orthostatique et le traitement eumorphique.

 Le syndrome glossoptosique.

Le traitement eumorphique consiste à avancer la mandibule pour libérer le « confluent vital fonctionnel » tout en pratiquant une expansion du maxillaire pour augmenter la ventilation nasale. Le traitement consiste au port du « monobloc » appareil en vulcanite, plaçant la mandibule en position corrigée, intéressant les deux maxillaires, et porté jour et nuit. Pendant les repas il est remplacé par un appareil de mastication.

Le monobloc de Robin et l’appareil de mastication.

 Traitement par monobloc
effectué par Robin.

Suivront d’autres méthodes fonctionnelles avec de nombreux autres appareillages bien représentés dans cette exposition :

Activateurs

Gouttières de
Soulet et Besombes

Activateur d’Andrensen

Activateur de Macary avec myothérapie respiratoire.

Le bionator de Balters 1950.

Gebissformer de Bimler 1949.

Kinetor de Stockfisch 1952.

Appareil de Chateau Cervera

Méthode de Château

Appareil de Delannoy-Brunner

Bielle de
Tavernier et Martine

La méthode de Planas :
Son articulateur et sa fourche

De très nombreux autres appareillages et instruments relatifs à l’orthodontie étaient aussi exposés. Nous avons spécialement remarqué :

Distaleur de Leclercq et plan incliné de Catalan

Masques de Delaire

Symétroscope de Beauregardt

Instruments de céphalométrie

HOMMAGE Á JAMES TH. QUINTERO

James Th.Quintero

James Th. Quintero médecin et chirurgien-dentiste, était le fils du Dr James Manuel Quintero, éminent praticien lyonnais, « American dentist » diplômé de Philadelphie en 1876 d’origine cubaine. Aussi brillant que son père, très dynamique, c’était une personnalité de la profession : de retour des combats de 14-18 il fut l’initiateur et un des fondateurs de la Société Française d’Orthopédie Dento-Faciale ( SFODF) le 22 mai 1921, en en devenant le Président pendant 30 ans.

Instruments dentaires 19ème
manches nacre et viroles or
ayant appartenu à J.M.Quintero .

Plaque professionnelle
 de J.T.Quintero.

Meuble dentaire de J.Quintero avec crachoir de récupération
des morceaux d’empreintes au plâtre et son matériel de soudure.

Ensemble d’appareillages exécutés par J. Quintero.
On notera leur exceptionnelle qualité de conception et d’exécution

Document historique :
Constitution de la SFODF
22 mai 1921.

FĒLICITATIONS ET REMERCIEMENTS

Félicitations aux trois principaux organisateurs de cette exceptionnelle présentation historique qui fut abondamment plébiscitée par les congressistes dont la grande majorité découvrait l’importance qu’avaient joué les praticiens français dans la naissance de l’orthodontie. De nombreux orthodontistes, notamment les étrangers, furent émerveillés par le message et la qualité de cette exposition.

J.Philippe et A.Huet les deux principaux organisateurs

Documentation photographique de l’ASPAD et surtout du musée dentaire de Lyon qui a mis à notre disposition son importante iconographie pour cette visite de l’exposition. Avec tous nos remerciements à F. Brunner, A. Huet et J. Philippe.

BIBLIOGRAPHIE
  • *Incontournable le livre de l’exposition :
    "Deux siècles d’orthodontie autour de l’Atlantique. Two centuries of Orthodontics around the Atlantic"
    Par J.Philippe, F.Brunner, A.Huet et T.Graber.
    COCIO Comité d’Organisation du Congrès International d’Orthodontie. Paris 2005.
    10 rue Déodat de Séverac F 75017 PARIS

  • "La découverte des plus anciens appareils d’orthodontie"
    Par J. Philippe, dans La Revue d’ ODF , vol. 40, déc. 2006, pp. 491-502
     

  • Surtout ne pas manquer de visiter la collection d'orthodontie historique du musée dentaire de Lyon
    Faculté d'odontologie
    Rue Guillaume Paradin
    69008 LYON
    Tél : 04 78 77 86 30

COLLECTION D’ANTIQUITĒS ORTHODONTIQUES DE L’ASPAD, HORS EXPOSITION DU CONGRĒS

Non exposées au 6ème congrès international d’orthodontie, l’ASPAD possède quelques autres pièces d’antiquités orthodontiques intéressantes. L’ASPAD en profite pour vous les présenter :

Monobloc de Robin

Activateur vulcanite en deux parties avec correction des rapports d'occlusion.

Modèle pédagogique de
normalité orthodontique.
Collection A.P. Préterre.
1892
 
     

 

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