Une collection de clés de Garengeot
 

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Un membre de l’ASPAD nous présente quelques clés pour extraction dentaire de sa collection. Le Dr Claude Rousseau, historien, nous rappelle l’historique de cet instrument et nous renseigne sur l’origine de son appellation "clé de Garengeot" :

« La clé, dite de Garengeot, dérive du pélican type tiretoire (voir expo 69). Il est probable que cette appellation ait été suggérée par la clef domestique compte tenu de la ressemblance de certains modèles archaïques avec la clef commune. Bien que Garengeot décrive dans son ouvrage de 1725, plusieurs types d’instruments dentaires, on y trouve aucune mention concernant la clé dentaire. Alors pourquoi clé de Garengeot ? L’explication la plus plausible de cette énigme nous est donnée par J.J. Perret en 1772 (voir expo 82) qui affirme que Garengeot est l’auteur d’un important perfectionnement permettant de faire varier l’orientation du crochet. Et pourtant Gariot en 1805, Henry en 1822 et Maury en 1828 utilisent le terme de « Garengeot » pour identifier chacune de leur clé dont aucune ne comprend le système de rotation du crochet de Garengeot. »

« Historiquement aucune référence n’est faite à la clé dans les ouvrages d’Heister de 1719, de Mangetus de 1721 et de Fauchard de 1728. Il faut attendre l’article d’Alexandre Monro d’Edimbourg en 1742 pour trouver une description d’une reproduction d’une clé dentaire qu’il attribue au Dr John Fothergill, médecin à Londres. Lécluse, en 1754, premier auteur français à mentionner ce type d’instrument, parle de clé anglaise comme Bourdet en 1757, Jourdain en 1760 et Duval en 1802. »

Cet instrument assez simple fut très utilisé pour les extractions ou les ruptures coronaires pendant près de deux siècles car il était d’une redoutable efficacité . En effet l’opérateur disposait d’un important bras de levier , bien déporté à l’intérieur de la bouche, permettant un acte rapide, qualité essentielle même avec les premières anesthésies.

Clé dentaire fer forgé en forme de clé domestique ca.1750.

Remarquable clé dentaire, ca.1750, forme clé domestique ornée à balustre, avec possibilité de rotation de 360° de l’attache du crochet articulé de préhension de la dent, perfectionnement attribué à Garengeot par Perret en 1772 : d’où l’appellation « clé de Garengeot » pour ce type d’instrument.
  
Clé à tige droite fer forgé facettée, manche en corne ca.1750. Clé fer forgé tige droite en balustre, manche corne ca.1750.
 
Clé tige fer forgé d’un métal de qualité et ornementée, à large panneton, manche en corne ca.1750. Clé tige droite en acier, frappée Boulay, manche ivoire. Paris ou Bordeaux ca.1820. Clé tige à courbure en acier, manche en os ca.1800.
 
Clé dite de Benjamin Bell. Tige droite à balustre en acier, manche ivoire rainuré ca.1770 . «Décrite chez Bell en 1785 équipée d’un appui de forme ovoïde qui réduit la blessure gingivale. Bell reprend le dispositif innové par Garengeot qui permet la rotation du crochet sur l’appui.» Autre clé type Benjamin Bell. Acier et fer forgé, ca. 1790.
Le dispositif de rotation de Garengeot est bloqué maintenant par un cliquet ouvragé. Les clés de ce type seront appelées en France « clés à noix. »
 

Remarquable clé à noix à cliquet, tige acier courbée, manche bois noirci, ca.1800.

 
Belle clé à noix, tige acier, crochet à décalage, manche en ivoire tourné et facetté. Clé « trois en un » : manche dévissable pouvant servir d’élévateur, ca. 1850.
 

Clé à bascule de type Ferrand. Prototype ? ca.1850. Fer forgé et bois fruitier. Cette clé possède un levier activé par le serrage des manches et qui agit sur le crochet en coinçant d’une redoutable efficacité la dent à extraire.

 
Clé dentaire originale de Ferrand. Corne et acier. Equipé de son remarquable système de blocage crochet-paneton sur la dent. Probablement fabriquée à Nogent vers 1860. Marquage breveté F.V. (pour Ferrand Vernier). Jean Ferrand Vernier déposa un brevet en 1855 pour cette « clé-davier ». La clé de Ferrand fut beaucoup copiée.
 
Remarquable clé à tige acier polie et coudée. Mécanisme à curseur pour changer de crochet avec protège panneton. Très belle poignée ivoire ouvragée à motifs spiralés. Elle contient un dispositif de démontage en alliage d’argent. Panneton insculpé Revell à Londres, ca.1790. Clé de Garengeot perfectionnée de Maury, ca.1820. La tige acier est fixée au manche ivoire asymétriquement pour augmenter la force de l’opérateur. L’interchangeabilité du sens du manche en ivoire est alors nécessaire et sécurisée par un système de levier.
 
Fine clé 19ème , manche ivoire, tige à décrochement, agrémentée d’un système à coulisse pour crochet dont Perret s’est attribué l’invention. Paire de clés classiques par Charrière à Paris ca.1860.
 

Remarquable travail par Charrière ca .1850 : Paire de clés manches ivoire tiges acier poli, haute finition de coutellerie.

 

Classiques clés de Garengeot 19ème ,acier et manches ébène.

 
Clé tige acier nickelé, par Weiss London ca. 1890. Manche moulé en shellac, résine naturelle animale. Clé de Garengeot par Blanc à Paris ca.1850, tige acier poli doré, manche ivoire. Exceptionnelle clé par sir Henry, à Paris ca.1825. Tige acier ornementée avec poussoir à glissière, manche ivoire à embouts forme de godrons en vermeil.
 

Très exceptionnel chef d’œuvre de coutellerie par Lüer à Paris, ca.1850, destiné à des concours d’expositions internationales. Tige acier ornementée finition haute coutellerie, manche en ivoire orné de motifs de rinceaux gravés.

   

Clé toute en métal nickelée ca.1920 pour répondre à de nouvelles conditions d’asepsie.
Les clés de Garengeot figuraient encore dans de nombreux catalogues des années 1940 !

 

Technique d’utilisation des clés de Garengeot.

 

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