Un coffret de dentisterie de
la deuxième moitié du 18e s.

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Le coffret livre avec ses trois niveaux

LE COFFRET

Un membre de l’ASPAD nous propose un remarquable coffret de dentisterie que l’on peut dater de la deuxième moitié du 18ème siècle. Il se présente sous la forme d’un livre recouvert d’un cuir vert. En l’ouvrant on découvre trois niveaux, trois plateaux garnis d’une belle gainerie en velours de soie cramoisi d’une grande fraicheur.

Le plateau supérieur est bien complet de ses instruments pour extractions. On y trouve :

  • Un pélican, manche en corne à extrémité garnie de peau avec un simple crochet.
  • Un élévateur et une langue de carpe, manches en cornes.
  • Une clef d’extraction simple, à tige droite avec ses deux crochets.
  • Trois élévateurs, manches taillés forme poire en ronce de noyer.

Le plateau intermédiaire est équipé d’une dizaine instruments à main, grattoirs, détartreurs, fouloirs en acier avec manches en ébène, viroles et embouts en argent.

Le plateau inférieur comporte deux fouloirs de même conception que les autres et des espaces de rangement. Des instruments sont manquants : On pourrait imaginer la place pour une petite scie de bouche, un porte-lime et quelques accessoires.

Les trois plateaux instrumentaux

Elévateur, langue de
carpe, clef avec
manches en corne

Deux élévateurs 
manches en ronce
de noyer, un pélican
manche en corne.

PARTICULARITÉS DE CE COFFRET

Au premier abord c’est un coffret très plaisant par l’harmonie des couleurs de son élégante gainerie, par les belles tiges instrumentales d’acier avec les manches en corne et en noyer, par l’éclat de l’argent sur l’ébène des instruments à main.

L’acier des instruments est d’une exceptionnelle qualité : Un examen attentif y perçoit une véritable maitrise de la métallurgie. Les tiges des instruments sont d’une belle finition et d’une heureuse esthétique. Les manches en corne s’équilibrent bien avec la belle ronce de noyer utilisée pour les élévateurs et la qualité de l’ébène est remarquable. Le coffret et ses instruments ne portent aucun marquage. Il est d’une bonne conception ergonomique de rangement. De nombreux instruments se retrouvent illustrés dans le livre de J.B.Gariot : « Traité des maladies de la bouche » édité à Paris en 1805.

Etant donné le style de coutellerie, l’excellence de la tabletterie, la haute qualité de la métallurgie, conforté par l’élégance de sa gainerie, on est très vraisemblablement devant un coffret milieu 18ème , deuxième partie du 18ème, travail d’un coutelier probablement parisien. L’absence de marquage n’a rien d’étonnant pour cette période, même parmi les couteliers chirurgicaux réputés.

On ne peut s’empêcher de conclure en faisant remarquer que c’est certainement un des tous premiers coffrets de dentisterie, destiné à un praticien. Nous n’en connaissons pas d’autre de cette époque, bien avant le début 19ème qui verra le début du concept de production des coffrets de dentisterie.

Les instruments du coffret illustrés par les planches de J.B. Gariot

DOCUMENTATION PHOTOGRAPHIQUE DE L’ASPAD

 
     

 

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