1re journée mondiale de l’acupuncture (15/11) sous le patronage de l’Unesco et de l’OMS

Sous le patronage de l’Unesco et de l’Organisation mondiale de la santé la 1re journée mondiale de l’Acupuncture aura lieu à Paris le 15 novembre 2018. Elle sera suivie les 16 et 17 novembre du Dialogue Mondial Scientifique et Culturel sur l’Acupuncture (WSDA).

Cette manifestation sera présidée par la Fédération mondiale des sociétés d’acupuncture et de moxibustion (WFAS). Elle fera intervenir pendant 3 jours des acteurs nationaux et mondiaux de l’acupuncture.

Consulter le programme sur le site de la WAD-O.

C’est l’occasion pour la BIU Santé de mettre en valeur des documents méconnus de ses collections qui ont obtenu le label Collex.

Des ouvrages anciens sur l’acupuncture

La bibliothèque conserve dans ses collections plusieurs des ouvrages qui ont servi de base en Europe à l’étude et au développement de la médecine chinoise et de l’acupuncture, à partir de la fin du 17e et tout au long du 18e siècle. Ce sont les médecins de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales et des missionnaires jésuites qui ont été les premiers à décrire ces pratiques dans leurs récits de voyages.

  • ALEMAND, Louis-Augustin, BOYM, Michel, HERVIEU, Julien-Placide et CHARVYS, Philippe. Les secrets de la médecine des chinois, consistant en la parfaite connaissance du pouls. Envoyez de la Chine par un François, Homme de grand mérite. À Grenoble : chez Philippes Charvys, 1671. Pôle Médecine, cote 30528. À consulter en ligne sur Medic@.

Cet ouvrage, qui n’est pas illustré, présente l’essentiel de la sphygmologie chinoise et consacre un chapitre à la médecine japonaise, dans lequel figure l’une des premières descriptions de traitement par les aiguilles.

  • CLEYER, Andreas, BOYM, Michel (trad.).  Specimen medicinae sinicae sive, Opuscula medica ad mentem sinensium, continens.  I. De pulsibus libros quatuor è sinico translatos.  II. Tractatus de pulsibus ab erudito Europaeo collectos.  III. Fragmentum operis medici ibidem ab erudito Europaeo conscripti. IV. Excerpta literis eruditi Europaei in China.  V. Schemata ad meliorem praecedentium intelligentiam. VI. De indiciis morborum ex linguae coloribus & affectionibus cum figuris aeneis & ligneis. Francofurti : Sumptibus Joannis Petri Zubrodt, 1682. Pôle Médecine, cotes 6168 et 154971. À consulter en ligne sur Medic@.

Le Specimen Medicinae Sinicae constitue le premier ouvrage illustré publié sur la médecine chinoise en Occident. Il donne une vue d’ensemble des pratiques médicales incluant l’acupuncture et la théorie des méridiens, la sémiologie de la langue, la description des médicaments et de leurs emplois, ainsi que la traduction d’un traité sur le diagnostic par le pouls.

  • RHYNE, Willem Den et CHISWELL, Richard. Wilhelmi ten Rhyne M.D. &c. Transisalano-Daventriensi Dissertatio de arthritide: mantissa schematica: de acupunctura et orationes tres, I. De chymiae botaniae antiquitate & dignitate. II. De physiognomia. III. De montris…. Londini : impensis R. Chiswell Societatis Regalis Typographi ad insigne Rosae coronatae, 1683. Pôle Médecine, cote 71050. À consulter en ligne sur Medic@.

Rhyne est le premier auteur européen à avoir disserté sur l’acupuncture et les moxas, en essayant d’attirer l’attention sur cette thérapeutique.

  • KAEMPFER, Engelbert. Histoire naturelle, civile et ecclésiastique de l’empire du Japon, La Haye : P. Gosse & J. Neaulme, 1729. Pôle Pharmacie, cote Rés 517 et Pôle Médecine, cote 1006. À consulter en ligne sur Medic@.

Kaempfer adjoint à son histoire du Japon un appendice contenant de précieuses remarques sur le moxa et l’acupuncture. Il consacre un chapitre à la «cure de la colique par la piqûre d’une aiguille telle qu’elle est en usage parmi les Japonais».

  • TITSINGH, Isaac. Beschreiving van het naalde steeken en moxa branden, s.l., manuscrit non daté [entre 1781 et 1812]. Pôle Médecine, cote Ms 45. À consulter en ligne sur Medic@.

Ce manuscrit est la traduction hollandaise d’un traité japonais d’acupuncture et de moxibustion. Il est illustré de 80 figures au trait et à l’encre de Chine indiquant les repères des points à piquer.

Jean-Baptiste Sarlandière publie en 1825 une traduction en français du manuscrit de Titsingh à la suite de sa propre contribution à l’étude de l’acupuncture :

  • Mémoires sur l’électro-puncture, considérée comme moyen nouveau de traiter efficacement la goutte, les rhumatismes et les affections nerveuses, et sur l’emploi du moxa japonais en France ; suivis d’un traité de l’acupuncture et du moxa: principaux moyens curatifs chez les peuples de la Chine, de la Corée et du Japon : ornés de figures japonaises. Trad. par Jean-Baptiste Sarlandière. Paris : Chez l’auteur : chez Mlle Delaunay, 1825. Pôle Médecine, cote 90958 t. 416 n° 5. À consulter en ligne sur Medic@.

Deux planches lithographiées en couleur signées Langlumé reproduisent le Tsoe-Bosi, poupée en carton japonaise utilisée pour la formation à l’acupuncture.

 

Medic@ contient également un dossier sur la réception des médecines orientales en Occident.

Et jusqu’au 9 janvier 2019, retrouvez un aperçu des pratiques thérapeutiques japonaises, dont l’acupuncture, dans notre exposition «Se soigner au Japon : plantes et pharmacopée (XVIIe-XXe s.)» au musée d’Histoire de la médecine.

Quelques ouvrages plus récents

  • Franglen N, Burner S. À la découverte de l’acupuncture des cinq éléments. Bruxelles: Satas; 2016. Pôle Médecine, cote 200488.
  • Jarmey C, Bouratinos I. Anatomie des points d’acupuncture. Éditions de l’Éveil; 2016. 384 p. Pôle Médecine, cote 275089.
  • Focks C, Burner S, März U, Hosbach I. Atlas d’acupuncture. Issy-les-Moulineaux: Elsevier Masson; 2009. Pôle Médecine, cote 10749.
  • Hawawini R. Exposé didactique de pathologies en acupuncture chinoise. Paris: Editions You-Feng; 2005. Pôle Médecine, cote 269028-1.
  • Yamamoto T, Yamamoto H, Yamamoto MM. La nouvelle acupuncture crânienne du Dr Yamamoto: YNSA. Paris: Ed. Phu Xuan; 2009. Pôle Médecine, cote 193454.
  • Collectif, Zhenji L. Nomenclature sino-française des expressions et termes fondamentaux de la Médecine Chinoise: Édition bilingue français-chinois. Paris : Beijing: Desclée De Brouwer; 2011. 880 p. Pôle Médecine, cote 195256.
Debut: 11/15/2018
Fin: 11/15/2018
Maison de l'Unesco, 7, place de Fontenoy
Paris, Île-de-France
75007
FR

En novembre, les dieVx passent la pommade

Il y a des dieVx à revendre dans le calendrier de ce mois-ci, grâce à un document tout nouvellement acquis par la bibliothèque.

Télécharger le calendrier de novembre 2018.

Jacques André Millot candidat. François Chopart président. De uteri prolapsu. Parisiis : In Regiis chirurgicorum scholis. 1771. Cote BIU Santé : CISE 141

La thèse soutenue au Collège royal de chirurgie le 30 décembre 1771 par Jacques André Millot, sous la présidence de François Chopart, est une grande affiche (96 cm x 67 cm) imprimée sur deux feuilles accolées, dont nous n’avons pas localisé pour l’instant d’autre exemplaire. Elle appartient à la famille des «thèses à image».

Mais qu’est-ce qu’une thèse, qu’est-ce qu’une thèse à image, qu’est-ce qu’une thèse de chirurgie ? Tous ces mots sont des faux amis, qui nous poussent dans les horreurs de l’anachronisme. Qui sont Millot et Chopart, et qu’est-ce qu’entrer au Collège royal de chirurgie ? Que représente enfin cette grande image solennelle ?

[thème de l’image ci-dessous : le réservoir de Bethezda]

Disdier, François-Michel candidat. Jallet Nicolas – René président. Paris, 1750. Une autre thèse à image de la BIU Santé (cliquez dessus pour la numérisation originale). Cote 318, coll. artistiques FMP.

 

Les thèses de l’Ancien régime n’étaient pas ces travaux de recherche parfois monumentaux et normalement originaux qui sont aujourd’hui les «chefs-d’œuvre» réclamés au candidat en échange du plus haut diplôme universitaire, le doctorat. Ni même les mémoires, moins épais et moins souvent originaux, qui sont demandés pour l’obtention du doctorat en médecine. Depuis le Moyen Âge, l’étudiant, à la Faculté de médecine notamment, devait défendre plusieurs thèses au cours de sa formation : c’est-à-dire qu’il devait se soumettre, au cours de cérémonies réglées de plusieurs heures, au feu des questions de ses maîtres et de ses pairs, sur un sujet connu à l’avance. Cette cérémonie  dans certains cas (mais pas dans tous) devait s’accompagner d’une publication. La thèse de médecine écrite compta longtemps cinq paragraphes, pas un de plus ni de moins, sous la forme d’une affiche. En voici un exemple ordinaire du XVIIe siècle :

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Vers un thésaurus historique du langage médical

La BIU Santé se réjouit  de la bourse qui a été accordée à Nathalie Rousseau (MCF Sorbonne Université – Faculté des Lettres / UMR 8167 Orient & Méditerranée Textes Archéologie Histoire) lors de la première vague de l’appel à projet CollEx, dans la catégorie «bourse numérisation».

Ce financement va permettre de définir, en collaboration étroite entre la chercheuse et la bibliothèque, les spécifications d’une application informatique d’interrogation multilingue à destination des chercheurs spécialistes du vocabulaire médical. Le programme permettra de mieux mettre en valeur le vaste corpus de 50 dictionnaires médicaux et encyclopédies (XVIIe-XXe s.) déjà dématérialisé et en partie indexé dans la bibliothèque numérique Medic@ (331 365 pages scannées, 452 vol. pour ces seuls dictionnaires).

«Établissant le lien entre mots français, anglais, latins et grecs, l’application [adossée à la bibliothèque numérique Medic@] fournira des métadonnées capitales pour le développement du programme de recherche “Le lexique médical du grec ancien : analyses des Anciens et analyses des Modernes” de l’équipe “Médecine grecque” (UMR 8167) […] elle donnera aussi accès à un large public à la compréhension de termes d’origine grecque ou latine devenus opaques alors qu’ils forment l’essentiel du vocabulaire scientifique.»

Il s’agit donc d’une seconde phase pour les projets de numérisation de la BIU Santé : après les mises en ligne nombreuses (plus de 4.5 millions de pages scannées dans Medic@), et qui se continueront, le travail s’enrichit par la mise en place d’outils de recherche mettant en valeur ces numérisations.

L’équipe Médecine grecque, internationalement reconnue, à laquelle appartient Nathalie Rousseau, collabore de longue date avec la BIU Santé. Ce partenaire accompagne la bibliothèque numérique Medic@ depuis ses débuts, pour le corpus des médecins de l’Antiquité.

En savoir plus

«Lexiques techniques et commentaires scientifiques» sur le site de l’équipe Médecine grecque.

 

 

 

 

[Expo] Se soigner au Japon : plantes et pharmacopée (XVIIe-XXe s.)

La Bibliothèque interuniversitaire de Santé et le Musée d’Histoire de la médecine organisent une exposition consacrée aux plantes et à la pharmacopée japonaises dans le cadre de Japonismes 2018, qui marque la célébration du 160e anniversaire des relations diplomatiques franco-japonaises et le 150e anniversaire de l’ère Meiji (1868). Intitulée «Se soigner au Japon : plantes et pharmacopée (« XVIIe-XXe siècle)», l’exposition est installée au Musée d’Histoire de la médecine, 12 rue de l’École-de-Médecine, Paris 6e, du lundi 22 octobre 2018 au mercredi 9 janvier 2019. Une sélection d’objets et documents, exceptionnellement rassemblés dans ce très beau musée, illustrent l’influence réciproque de ces deux régions du monde concernant les questions de santé et de thérapeutique, à partir de l’ère Edo et plus encore à partir l’ère Meiji en 1868.

Pr Flückiger (au milieu) et Shimoyama (à droite). Collection Georgin

Organisée selon un récit en trois temps, l’exposition présente la pharmacopée japonaise ainsi qu’une sélection de plantes qui la composent. Elle s’intéresse ensuite à la figure de Junichirô Shimoyama (1853-1912), considéré comme le fondateur de la pharmacie moderne japonaise. Elle aborde enfin deux approches thérapeutiques typiquement japonaises : le moxa et la médecine Kampo, intégrée aujourd’hui au système de santé japonais.

Collection du Pr Shibata, 1957. Source : Musée François Tillequin – Collections de matière médicale

 

Les objets et documents exposés proviennent des collections patrimoniales de la Bibliothèque interuniversitaire de Santé, du Musée d’Histoire de la médecine, du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, des collections de matière médicale du Musée François Tillequin ainsi que de  collections privées.

Le Musée d’Histoire de la médecine est ouvert tous les jours de 14h à 17h30 sauf les jeudi, dimanche et jours fériés.

 

Actes du colloque Santé et médecine à la cour de France (2017)

Les actes du colloque international Santé et médecine à la cour de France viennent d’être mis en ligne sur le site de la BIU Santé.

Ces textes, réunis par Stanis Perez et  Jacqueline Vons, sont disponibles gratuitement, sous la forme d’un fichier PDF (184 pages, 5 Mo). Chaque intervention est également téléchargeable de manière indépendante à partir de cette page.

«Issu d’un colloque organisé en 2017, Santé et médecine à la Cour de France rassemble des matériaux et des réflexions utiles à une meilleure compréhension des aspects sanitaires et scientifiques propres à la France moderne. Si la santé des souverains était souvent traitée comme une affaire d’État, celle des grands, des courtisans et des commensaux ne souffrait pas de négligence pour autant. Observatoire des pratiques médicales et d’une profession tantôt jalousée, tantôt décriée, la cour offre effectivement un point de vue privilégié sur les corps souffrants et sur les moyens mis en œuvre pour les protéger, les soulager et les guérir peut-être.
À partir des recherches les plus récentes et d’approches savantes mais résolument plurielles, ce volume entend contribuer à l’historiographie curiale et médicale du XVIe au XVIIIe siècle.»

Ont contribué à ce volume : Évelyne Berriot-Salvadore, Loïc Capron, Isabelle Coquillard, Joël Coste, Magdalena Koźluk, Bénédicte Lecarpentier-Bertrand, Xavier Le Person, Stanis Perez, Jacques Rouëssé, Jacqueline Vons, Geneviève Xhayet.

Editeur: Bibliothèque interuniversitaire de Santé, Paris
Date de publication: 10/04/2018
ISBN: 978-2-915634-21-1
Disponible en: Ebook

Les thèses d’Ancien Régime sortent des combles

Héritière de la bibliothèque de l’ancienne Faculté de médecine de Paris, la BIU Santé conserve en ses murs certains documents et archives produits par cette institution, témoins précieux de la vie et du fonctionnement d’une faculté depuis la fin du Moyen Âge jusqu’à sa suppression à la Révolution française.

Parmi eux, la collection des thèses d’Ancien Régime est longtemps restée un trésor peu mis en valeur. Sa récente numérisation et sa mise en ligne dans la bibliothèque numérique Medic@ entendent remédier à cette anomalie.

Exceptionnelle, cette collection l’est entre autres par sa complétude. En effet, si on trouve des thèses d’Ancien Régime dans de nombreuses bibliothèques françaises[1], c’est, à notre connaissance, la seule collection qui comprend la suite ininterrompue de la production d’une seule et même faculté pendant près de trois siècles (début XVIsiècle – fin XVIIIe siècle). Les Commentaires de la Faculté de médecine[2] nous permettent de savoir qu’il se soutenait déjà des thèses en 1395. Sans doute cette pratique est-elle encore plus ancienne, la collection de la BIU Santé commence, elle, à la date (déjà très reculée) de 1539.

La plus ancienne thèse de médecine conservée à la BIU Santé, présidée par Jacques de Forment en 1539.

En fait de thèses, les documents parvenus jusqu’à nous peuvent paraître bien légers pour un œil contemporain : cinq paragraphes écrits en latins sur le recto d’une grande feuille ou plus tard sous la forme d’un livret de quatre ou huit pages (les thèses faisant plus d’une vingtaine de pages se comptent sur les doigts d’une main[3]). D’autres types de thèses ne faisaient pas du tout l’objet d’un texte imprimé et nous avons uniquement connaissance du sujet traité par l’intermédiaire de billets d’invitation conservés pour la période allant de 1730 à 1754, et par les mentions régulières faites de ces thèses dans les Commentaires à partir de 1576.

Il faut dire que l’exercice auquel les bacheliers étaient soumis – ou plutôt les exercices puisque un étudiant soutenait six ou sept thèses durant ces trois années en tant que bachelier à la Faculté – n’a rien à voir avec celui des thésards actuels. Pas de défense d’un travail personnel (les textes étaient souvent écrits par les présidents, parfois repris plus tard par d’autres bacheliers sous une autre présidence…), mais plutôt un exercice de rhétorique où durant plusieurs heures l’impétrant était soumis aux questions et contradictions des autres bacheliers et docteurs-régents de la Faculté. Dans de très rares cas, ces textes ont été traduits : on peut ainsi savoir, si «la situation de la colline de Meudon est aussi salutaire qu’elle est agréable» ou si «la méthode d’Hippocrate est le plus certaine, la plus seure & la plus excellente de toutes à guarir les maladies» sans nécessairement entendre le latin.

Portrait de Hyacinthe-Théodore Baron (1707-1787) ouvrant le premier volume de la collection des thèses

Aucun règlement n’imposait aux facultés de conserver ces documents, ce qui explique que bon nombre d’entre eux ait disparu. Si la BIU Santé conserve une collection aussi importante, c’est grâce à l’intérêt personnel de deux doyens de la Faculté de médecine, Hyacinthe Théodore Baron père (1686-1758) et fils (1707-1787) pour ces travaux[4]. Ils ont réuni les thèses qu’ils ont trouvées, ont fait recopier celles qui manquaient et ont organisé la collecte systématique des thèses sous leurs décanats. Un catalogue imprimé a été rédigé à la suite de cette collation. Leurs successeurs ont poursuivi cette collecte jusqu’en 1778. Les thèses les plus tardives ont été rassemblées par Noé Legrand, bibliothécaire de la faculté de médecine au début du XXe siècle, en un volume dans lequel ont été insérées des pages blanches pour représenter les thèses qu’il savait avoir été soutenues mais dont nous n’avions pas d’exemplaire. En 2015, un don de la bibliothèque de médecine et de pharmacie de Bordeaux nous a permis de compléter ces dernières lacunes.

Ce sont ainsi près de 4 000 thèses et billets d’invitation, de 1539 jusqu’en 1793, qui ont été regroupés, reliés en 26 volumes (9 volumes in-folio, 17 in-quarto). On trouve aussi dans la collection quelques thèses soutenues dans des facultés de province (Montpellier, Reims…), ainsi que des pièces relatives à la vie de la Faculté (des listes de docteurs-régents, statuts et décrets de la Faculté, arrêts de la cour du Parlement…).

4 000, le chiffre paraît imposant mais rapportée à la période couverte, la production est finalement assez modeste, une dizaine de thèses seulement étaient imprimées chaque année. Si l’on rajoute à cela le fait que les bacheliers soutenaient plusieurs thèses chacun, on se rend assez vite compte que le nombre de personnes réellement concernées par l’exercice et a fortiori membres de la Faculté de médecine (que ce soit en tant que bachelier, puis en tant que docteur-régent) est assez faible : en moyenne, au XVIIe siècle, sept nouveaux bacheliers intégraient la Faculté tous les deux ans…

Les premières thèses étaient donc des grands placards, écrits à la main sur papier ou parchemin. À partir de 1569, on voit apparaître les premières thèses imprimées[5]. En 1662, les thèses prennent systématiquement la forme de livret[6], même si les placards demeurent une pratique courante jusqu’en 1724, ainsi un grand nombre de thèses existent dans la collection Baron dans les deux formats :

Thèse cardinale de Claude Quiqueboeuf, soutenue en 1622, et présidée par Guillaume du Val : An aqua vino salubrior ?
Première page de cette même thèse, au format in-quarto

 

 

 

 

 

 

 

 

Si la plupart des thèses ont un aspect un peu austère, répliquant à l’infini la même présentation, utilisant les mêmes bois gravés pour les en-têtes, on voit apparaître au début du XVIIe siècle, accompagnant les dédicaces, des frontispices gravés qui vont prendre des proportions considérables à partir des années 1625-1630 : peu à peu, on fait appel à des graveurs de talent tels que Mellan, Roussel ou Firens. Les candidats peuvent ainsi dépenser une somme d’argent importante pour faire illustrer leurs thèses avec magnificence. Dans le courant du XVIIIe siècle, des critiques sur les dépenses somptuaires liées aux thèses et à la cérémonie de soutenance ont peu à peu fait décliner cette pratique.

Dédicace de la thèse de Claude Séguyn soutenue le 8 janvier 1643 à Claude Gallard, conseiller au parlement dessiné et gravé par Mellan. La Paix, Mars et la Justice entourent son écusson armorié.

Nous espérons que cette numérisation permettra de mieux faire connaître cet ensemble. En effet, les derniers travaux connus (de nous en tout cas) sur cette collection datent du début du XXe siècle lorsque Noé Legrand, bibliothécaire à la Faculté de médecine et Anna Delage, docteure en médecine, les ont étudiées pour rédiger l’un un catalogue, l’autre sa thèse de médecine. Or de nombreuses questions restent en suspens ou méritent d’être réétudiées : d’où venaient les bacheliers de la Faculté ? Quels ont été ou comment ont évolué les sujets des thèses au fil du temps ? Jusqu’à quel point des docteurs-régents prenaient-ils les thèses au sérieux ? Quel savoir se fabriquait-il à l’occasion de ces exercices et de ces publications ? Dans quelle mesure la thèse a-t-elle été un moyen de diffusion du savoir médical ? Ces questions ne sont bien sûr que des pistes de réflexion qui font écho aux questions que se sont posées les bibliothécaires lors du traitement de cette collection.

En croisant l’étude de cette collection avec celle des Commentaires de la Faculté de médecineautre collection exceptionnelle de la bibliothèque, un grand pan de l’histoire de la faculté reste à (ré)écrire…

Solenne Coutagne

Bibliographie partielle

Voir aussi, dans la même édition, les reproductions, textes intégraux et traductions commentées de deux thèses quodlibétaires écrites et présidées par Guy Patin : «Annexe. Une thèse de Guy Patin. ″L’homme n’est que maladie″ (1643)» () et «Annexe. Thomas Diafoirus et sa thèse».

  • Delage, Anna. Histoire de la thèse de doctorat en médecine d’après les thèses soutenues devant la Faculté de médecine de Paris. Thèse d’exercice de Médecine. Paris : Librairie de la Faculté de médecine Ollier-Henry, 1913
  • Legrand, Noé. La collection des Thèses de l’Ancienne Faculté de Médecine de Paris depuis 1539 et son Catalogue inédit jusqu’en 1793. Paris : Honoré Champion, 1913 (en ligne sur Medic@)
  • Meyer, Véronique. L’illustration des thèses à Paris dans la seconde moitié du XVIIe siècle : peintres, graveurs, éditeurs. préface de Bruno Neveu ; [sous la responsabilité de la] Commission des travaux historiques de la Ville de Paris. Paris : Paris Musées, 2002

 

[1] Pour n’en citer que quelques-unes, on en trouve à la Bibliothèque nationale de France, à la bibliothèque Sainte-Geneviève, à la bibliothèque Mazarine, à la BIU Cujas, à la bibliothèque de la Sorbonne. Plus spécifiquement, on trouve des thèses en médecine à la bibliothèque de la faculté de médecine de Montpellier, ou à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg par exemple.

[2] Histoire de la Faculté de 1395 jusqu’à 1786 écrite par 194 doyens contenus dans 25 volumes manuscrits : ils comprennent la liste des docteurs régents, les comptes rendus des assemblées et délibérations, les relations des cérémonies, l’énumération des examens subis, les thèses soutenues, l’indication des procès, les inventaires des biens… Ils n’ont été édités que pour les années 1395 à 1560 et 1777 à 1786.

[3] Nous citerons ici l’exemple exceptionnel de la thèse soutenue par Théophile de Bordeu le 25 février 1754, portant sur les eaux minérales d’Aquitaine, qui fait 74 pages !

[4] Une autre collection faite par un autre doyen, Thomas-Bernard Bertrand, est conservée à la bibliothèque (ms 2308-ms 2320). Moins complète que celle de H.-T. Baron, elle est réputée ne contenir aucune thèse qui ne se trouverait pas dans la collection Baron. Mais, en réalité, l’étude et le dépouillement de cette collection reste à faire.

[5] La première thèse imprimée est celle soutenue par Claude Bazin en 1563, présidée par Claude Bailly et dont le titre est : « An mas celerius foemina tardius conformatur ? »

[6] La collection des thèses in-quarto commence en 1597 mais la suite ininterrompue ne commence qu’à partir de 1662. Les thèses précédentes ne sont qu’une petite fraction de celles soutenues précédemment qui se trouvent toutes dans la collection in-folio. Ce sont d’ailleurs souvent des rééditions postérieures : par exemple la thèse de Jérôme Taquet, soutenue en 1597 porte la date de 1649 dans sa mention d’édition.

Les dievx de la BIV vous offrent un bel écorché pour juin

Les DIEVX retournent ce mois-ci à leurs premières amours avec cet écorché dessiné par Edmé Bouchardon et gravé par Gabriel Huquier pour L’anatomie nécessaire pour l’usage du dessein (1741).

Télécharger le calendrier de juin 2018.

À son retour d’Italie, à la fin années 1730, Edmé Bouchardon (1698-1762) produit un grand nombre d’académies qu’il fait graver par Gabriel Huquier (1695-1772)[1]. Elles sont destinées à la formation des artistes et au plaisir des amateurs. Mais Huquier ne vend pas que les recueils. Il fournit également des écorchés de terre cuite qui permettent une étude du corps humain en trois dimensions, pour qui n’a pas la chance de dessiner d’après nature[2]. En effet, la carte professionnelle du graveur et marchand montre la présence de la statuette. Il pourrait s’agir d’une simple évocation du recueil mais le catalogue de vente d’une partie de sa collection, en 1771, indique qu’il possédait «un autre écorché exécuté en terre cuite, très-utile à ceux [qui] étudient le Dessein, par Bouchardon»[3] et un «creux fait pour en tirer des plâtre[4].

De la même manière, quand il diffuse par la gravure les dessins de l’ornemaniste Juste-Aurèle Meissonnier, il a également à sa disposition des «Moules, Plâtres & Plombs, d’après Meysonier»[5] décrits comme des modèles «pour orfèvrerie et bijoux» et comme des «petits creux en terre pour bijoux, tabatières, etc.»[6].

On peut supposer que la version 3D des objets, toujours complexes, dessinés par Meissonnier, a pu être d’un grand secours au graveur dans le processus de reproduction des dessins sur la planche de cuivre.

Mais Huquier s’est également fait une spécialité : fournir le matériel nécessaire à eux qui veulent apprendre à dessiner. Et dès lors, il ne se contente pas de vendre des recueils de gravures à reproduire. Il semble qu’il ait proposé de véritables kits pour amateurs de loisirs créatifs : une anatomie et sa statuette, tirée d’après une œuvre de sculpteur de renom, des modèles de la plus belle Rocaille et un tirage qui permet de mieux apprécier le jeu des courbes et contre-courbes ou encore des estampes prêtes à être découpées, probablement mises en couleur et collées sur un paravent[7].

En éditant ses recueils en plusieurs livres, souvent par souscription, il avait devancé les Éditions Atlas et autres du même type qui proposent d’acquérir progressivement de quoi construire un petit squelette ou la maquette d’une célèbre caravelle. Mais il est vrai que les recueils d’Huquier, relativement onéreux, ne permettaient pas à tout un chacun d’acquérir pour une somme dérisoire une mandibule en plastique d’un blanc crémeux, éternellement vouée à la solitude et à la poussière, en raison du prix toujours croissant des numéros suivants.

Chloé Perrot

[1] Catalogue d’exposition 1698-1762 Bouchardon, une idée du Beau, Musée du Louvre, 14 septembre au 5 décembre 2016, p.8.

[2] Privilège en principe réservé aux élèves de l’Académie.

[3] Catalogue des tableaux, gouaches, desseins… du Cabinet de M*** [Huquier père], Paris, 1771, p.148 – 149, lot 874. La description indique « un autre écorché », pourtant, aucun autre objet identique ne figure dans la vente.

[4] Ibidem

[5] JOULLAIN (François-Charles), Catalogue des tableaux à l’huile, à gouasse et au pastel : peintures de la Chine, enluminures… de feu M. Huquier, graveur, Paris, vente du 9 Novembre 1772.

[6] Ibidem

[7] Mercure de France, Juillet 1737, p.1622.

En savoir plus

Un fascicule sur le traité de Bouchardon de 1741 : Le Traité d’anatomie d’Edme Bouchardon — communication de M. Henry Ronot

Un autre recueil de Gabriel Huquier dans nos collections : Livre de différentes espèces d’oiseaux, insectes, plantes, fleurs et trophées de la Chine : Tirés du Cabinet du Roi

Le Syndrome de Garcin : une thèse (1927), un récit (2018)

Fin mars 2018, le récit de Jérôme Garcin, «Le Syndrome de Garcin», a reçu le prix «Humanisme et Médecine», créé en 2001 par le Collège Français de Pathologie Vasculaire, dont le thème, cette année, était : «La médecine, une histoire de famille ?»

Issu de deux lignées ancestralement vouées  à l’exercice et à l’enseignement de la médecine comme à un sacerdoce, Jérôme Garcin (Le Masque et la plume, Le Nouvel Obs) retrace la généalogie de ses ancêtres.

«Familles hippocratiques», par alliance chez les Garcin, de père en fils chez les Launay, perpétuant une  tradition endogamique, dont  les deux éminents grands-pères  de l’auteur sont issus : Raymond Garcin (1897-1971) le neurologue et Clément Launay (1901-1992),  pédopsychiatre.

«Premier de cordée», Alexis Boyer (1757-1833), fils d’un tailleur et d’une mercière, du fond de sa Corrèze «ignorait encore le protocole que sa fille allait inaugurer puisqu’il épousa Gabrielle-Adélaïde Tripot, la fille d’une blanchisseuse qui le soigna d’une fièvre typhoïde avec un simple bouillon de légumes». Ayant gagné Paris, il  devint professeur, chirurgien et baron d’Empire, donna en mariage sa fille Adélaïde à un professeur de pathologie chirurgicale, inaugurant cette dynastie de gendres, à la fin de laquelle le grand-père paternel tant aimé de Jérôme, le neurologue Raymond Garcin, s’inscrira comme sixième du genre.

Collection BIU Santé Médecine  Collection de portraits : Garcin, Raymond M. Mathieu J.
Réf. image : CIPB1710

Nostalgique de son île natale de la Martinique, Raymond Garcin, lycéen puis étudiant  boursier à Paris, affronte la 1ère Guerre mondiale, puis démobilisé, devient externe et interne dans le service du Professeur  de Clinique des maladies du système nerveux, Georges Guillain, à la Salpêtrière. Celui-ci, appréciant à leur juste valeur ses qualités morales et médicales, ne tarde pas à lui accorder la main de sa fille aînée.

Raymond Garcin fonde sa spécialisation de neurologiste sur une très grande culture générale, qu’attestent le nombre et la valeur de ses publications de pure pathologie médicale en rapport avec la neurologie. Sa thèse sur le syndrome paralytique unilatéral global des nerfs crâniens (1927) deviendra classique en quelques années sous le nom de syndrome de Garcin.

De la cruelle expérience de la deuxième guerre mondiale sortira, en 1942, Traitement des blessures et des lésions traumatiques crânio-cérébrales récentes, prix Montyon de Médecine et de Chirurgie de l’Académie des Sciences. L’humanité de Raymond Garcin, à la IIIème armée, devient légendaire et ne le quittera pas dans sa pratique. «Écoutez vos malades, ce sont vos seuls maîtres.»

L’année 1948, capitale pour lui, marque son retour définitif à la Salpêtrière, division Mazarin, où il dirige bientôt un service pilote  et crée une unité de microscopie électronique, qu’il dirigera toujours après sa retraite en 1968. Ses fonctions, professeur titulaire d’une  chaire  de clinique neurologique, secrétaire général de la Société de neurologie, vice-président de congrès neurologiques internationaux, membre de l’académie de Médecine, son œuvre publiée, importante et variée, sont à mettre au premier plan.

Même lorsqu’il se détendait en famille, en peignant d’après nature à Saint-Laurent-sur-Mer, en compagnie de son petit-fils Jérôme, «ce sémiologue ne se reposait jamais […] le monde était pour lui un malade menacé dont, en même temps, il fixait la beauté provisoire, diagnostiquait le symptôme et voulait absolument traduire le silence». On rapporte que «ses examens sémiologiques, où il faisait preuve d’une « patience contemplative presque irritante », avaient toujours la précision et l’élégance d’une « œuvre d’art »».

Clément Launay, grand-père maternel de l’auteur, est, quant à lui, spécialisé en médecine  puis en neuro-psychiatrie pour les enfants, chef de service à l’hôpital Hérold, professeur à la faculté de médecine de Paris, membre de l’Académie nationale de médecine. Les deux hommes se sont croisés, rencontrés sans être intimes.

Il avait lu Freud, était l’ami de Françoise Dolto, entreprit une psychanalyse et cherchait dans le milieu familial «la source des régressions intellectuelles, des stagnations affectives de l’enfant, de ses troubles du comportement et du langage». Clément Launay fonda  le premier centre médico-psycho-pédagogique et se consacra également à la question de l’adoption.  Il demandait à la psychiatrie de traiter différemment les adultes et les enfants, dont il avait le souci de favoriser la personnalité, l’originalité, ambitionnant de «préparer le petit d’homme à exercer plus tard sa pleine liberté, et de ne jamais empêcher un destin de s’accomplir».

Ces deux personnages, intimement liés à l’enfance et à la jeunesse de l’auteur, donnent lieu à des portraits attachants en même temps qu’au  panégyrique d’une tradition médicale qui place l’humain, l’humanité, l’humanisme au centre de sa pratique et de son éthique. Et qui possède sa propre temporalité, distincte des grandes dates du calendrier national – cours, publications, congrès,  ses hauts-lieux – La Salpêtrière, l’Hôtel-Dieu, Laennec, Bicêtre, Trousseau, Hérold, l’académie de Médecine…

Launay, Clément  Collection BIU Santé Médecine : Collection de portraits. Réf. image : CIPB1900

Et Jérôme Garcin, dont la vie a été précocement marquée par les deuils familiaux, qu’il exorcise en écrivant, de conclure : «Quelle consolation ou quelle argumentation, enfin, suis-je donc allé chercher en visitant cette dynastie de mandarins ? Peut-être l’idée toute simple que si soigner, c’est sauver des vies, écrire, c’est les prolonger.»

Emmanuelle Prévost

Bibliographie

Ouvrages de Raymond Garcin et Clément Launay disponibles à la BIU Santé, ou accessibles en ligne, bibliothèque Medic@ :

Raymond GARCIN

  1. Garcin R. Physiologie normale et pathologique des nerfs crâniens: trijumeau, nerf vestibulaire glosso-pharyngien, pneumogastrique, spinal et grand hypoglosse. Paris: Masson; 193X.
  2. Garcin R. Le syndrome paralytique unilatéral global des nerfs craniens: contribution à l’étude des tumeurs de la base du crâne thèse pour le Doctorat en médecine [Internet]. [Paris]: A. Legrand; 1927. Disponible sur: http://www.bium.univ-paris5.fr/histmed/medica/cote?epo1111
  3. Garcin R. Les ataxies: rapport de neurologie. Paris: Masson et Cie; 1933.
  4. Garcin R, Bertrand I. Etude anatomo-clinique d’un cas d’hémiballismus. Lésion dégénérative du corps de Luys et de la zona incerta. Poitiers: Société française d’imprimerie et de librairie; 1933.
  5. Garcin R, Bertrand I, Frumusan P. Etude anatomo-clinique d’un cas de syndrome de Parinaud et de myoclonies rythmiques du voile du palais. Paris: Masson; 1933.
  6. Garcin R, Bertrand I, Thévenard A, Schwob RA. Sur un cas de melanoblastome diffus primitif des centres nerveux: étude anatomo-clinique. Paris: Masson; 1933.
  7. Garcin R, Chevalley M, Bize R. Etude anatomique d’un cas de dysostose cranio-faciale. Maladie de Crouzon. Paris: s.n.; 1934.
  8. Garcin R, Halbron P. Contribution à l’étude des migraines accompagnées et en particulier de la physiopathologie des migraines ophtalmiques accompagnées. Paris: Masson; 1934.
  9. Garcin R, Petit-Dutaillis D, Sigwald J. Tumeur latente de l’angle fronto-cerebelleux révélée tardivement par un syndrome de sclérose en plaques aiguë sur la valeur diagnostique. Paris: Masson; 1934.
  10. Garcin R, Bertrand I. Etude expérimentale des lésions du névraxe consécutives aux chocs anaphylactiques répétés et aux injections réitératives espacées d’albumine étrangère: Sur quelques considérations pathogéniques applicables à la pathologie humaine. Paris: s.n.; 1935.
  11. Garcin R, Bertrand I, Laplane R. Sur certaines lésions histologiques du névraxe consécutives aux chocs anaphylactiques et aux injections réitératives espacées d’albumines étrangères chez l’animal. Paris? s.n.; 1935.
  12. Garcin R, Bertrand Y, Petit-Dutaillis D. Compression medullaire par épidurite chronique staphylococcupie chez une diabétique. Paris: Masson; 1935.
  13. Garcin R, Kipfer M. Réaction pupillaire tonique à la convergence et immobilité à la lumière au cours d’une paralysie unilatérale de la IIIe paire associée à une double atteinte trigémellaire: Excentration marquée et de topographie variable de la pupille au repos. Paris: Masson; 1935.
  14. Garcin R, Rouguès L, Laudat M, Frumusan. Syndrome thomsenien et syndrome mysoedemateurx cliniquement associés: début simultané et évolution parallèle Etude clinique. Paris: Masson; 1935.
  15. Garcin R. Sclérose en plaques familiale ou paraplégie spasmodique familiale à forme de sclérose en plaques. Paris: Masson; 1936.
  16. Garcin R, Deparis M, Hadji-Dimo A. Hémiplégie spasmodique de l’adulte avec atrophie musculaire tardive considérable: Contribution à l’étude pathogénique des atrophies musculaires de l’hémiplégie cérébrale de l’adulte. Paris: Masson; 1936.
  17. Garcin R, Kipfer M. A propos du phénomène de l’excitation pupillaire variable. Paris: Masson; 1936.
  18. Garcin R, Darquier J, Tiret J. Sur deux cas de cataplexie. Paris: Masson; 1937.
  19. Garcin R, Legrand G, Bernard P. Sur un cas de fissures osseuses symétriques imulant des fractures spontanées (syndrome de Milkman) d’étiologie inconnue avec guérison clinique et réparation radiographique sous l’influence d’un traitement calcique et vitaminé. Sur l’intérêt pronostique de la connaissance de ce syndrome. Paris: s.n.; 1937.
  20. Garcin R, Varay A, Hadji-Dimo A. Effondrement vertébral aigu au cours d’une maladie osseuse de Paget. Quadriplégie transitoire. Syndrome de Brown-Séquard résiduel. S. l.: Hadji-Dimo; 1937.
  21. Garcin R. Contribution à l’étude semeiologique des tremblements, intentionnels et des hyperkinésies volitionnelles. Paris: Masson; 1938.
  22. Garcin R, Varay A, Hadji-Dimo A. Document pour servir à l’étude des troubles du shéma corporel (sur quelques phénomènes moteurs, gnosiques et quelques troubles de l’utilisation des membres du côté gauche au cours d’un syndrome temporo-pariétal par tumeur, envisagés dans leurs rapports avec l’agosognosie et les troubles du shéma corporel). Paris: Masson; 1938.
  23. Garcin R, Kipfer M. Syndrome de Claude Bernard – Horner et troubles oculo-sympathiques dans les lésions du thalamus optique. Paris: Masson; 1939.
  24. Garcin R, Guillaume J. Traitement des blessures et des lésions traumatiques cranio-cérébrales récentes. Paris: Masson et Cie, libraires de l’Académie de médecine; 1942.
  25. Garcin R, Pestel M. Thrombo-phlébites cérébrales. Paris: Masson; 1949.
  26. Garcin R. Titres et travaux scientifiques du Dr Raymond Garcin. Paris: Masson; 1953.
  27. Garcin R, Oeconomos D. Les aspects neurologiques des malformations congénitales de la charniere cranio-rachidienne. Paris: Masson; 1953.
  28. Garcin R. Addendum aux titres et travaux scientifiques (1953-1960) du Dr Raymond Garcin. Paris: Masson et Cie; 1960.
  29. Garcin R, Zülch KJ, Lazorthes G. Pathologie vasculaire de la moelle: Rapports presentés à la XXVe Réunion Neurologique Internationale (Paris, 5-6 juin 1962). Paris: Masson et Cie; 1962.
  30. Godlewski S, Dry J, Garcin R. Les anomalies congénitales de la charnière cervico-occipitale. Paris: Expansion scientifique française; 1964.
  31. Garcin R. Le syndrome paralytique unilatéral global des nerfs craniens: contribution à l’étude des tumeurs de la base du crâne thèse pour le Doctorat en médecine [Internet]. [Paris]: BIUM; 2003. Disponible sur: http://www.bium.univ-paris5.fr/histmed/medica/cote?epo1111
  32. Garcin R. Bibliothèque numérique Medic@ – BIU Santé, Paris [Internet]. [cité 3 mai 2018]. Disponible sur: http://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/resultats/index.php?do=fullsearch&tout=garcin+raymond&op=OU&tout2=garcin+raymond&statut=charg

Clément LAUNAY

  1. Launay C. Des tumeurs adénoïdes ou hypertrophies partielles de la mamelle. [Paris]: Imp. Rignoux; 1863.
  2. Launay C. Contribution à l’étude clinique et biologique de la maladie de Charcot et de ses formes anormales. [Paris]: A. Legrand; 1931.
  3. Launay C, Lemoyne de Morgues J, Laurence G. Précis de médecine infantile. Paris: Masson; 1948. (Collection de précis médicaux).
  4. Launay C, Soulé M. L’Adoption: ses données psychologiques et sociales. Paris: Ed. Sociales françaises; 1954. (Problèmes humains, techniques sociales).
  5. Launay C, Duché D-J. L’enfant physiquement handicapé: rôle médico-social du médecin. Paris: Doin & Cie; 1958. (Bibliothèque de thérapeutique médicale).
  6. Launay C. L’hygiène mentale de l’écolier: de 6 à 10 ans. Paris: Presses universitaires de France; 1959. (Paideïa).
  7. Launay C, Grenet P, Verliac F. Précis de médecine infantile. 2. éd. entièrement nouv. Paris: Masson; 1961.
  8. Launay C. Dyslexie. Paris: Choay; 1966. (Les Monographies Choay).
  9. Launay C, Houzel D. Dyslexie. Paris: Laboratoire Choay; 1968. (Les monographies Choay).
  10. Launay C, Soulé M, Veil S. L’adoption: données médicales, psychologiques et sociales. 3. éd., revue et mise à jour. Paris: Editions sociales françaises; 1968.
  11. Launay C, Davy C, Col C. Les enfants difficiles dans l’exercice journalier de la médecine praticienne. Paris: Maloine; 1969. (Pour le praticien).
  12. Launay C (1901-1992) A du texte, Borel-Maisonny S (1900-1995) A du texte. Les troubles du langage, de la parole et de la voix chez l’enfant (2 éd. revue et corrigée) / par Clément Launay et S. Borel-Maisonny ; avec la collaboration de A. Brauner, F. Brauner, Cl. Brocard, C. Chevrie… [etc.] [Internet]. Paris: Masson; 1975 [cité 27 avr 2018]. Disponible sur: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k48148712
  13. Launay C, Borel-Maisonny S. Les troubles du langage, de la parole et de la voix chez l’enfant. 2e édition revue et corrigée. Paris: Masson; 1975.

Les dievx du 18e emmaillotent les enfants

Ce mois-ci les DIEVX DE LA BIV ont l’honneur de recevoir Florence Fesneau, qui achève une thèse en histoire de l’art moderne sous la direction du Pr Étienne Jollet (université Paris 1). Ses recherches portent sur Le sommeil et ses représentations : dormeurs et dormeuses au XVIIIe siècle.

Sa dernière publication, «Les secrets plaisirs de la voyeuse au temps des Lumières» est parue dans le numéro 37 de la revue Lumen. Membre actif du GRHAM, Florence Fesneau est co-organisatrice de la prochaine journée d’étude du groupe : «Le mou : saisir la mollesse de la matière au motif dans les arts visuels à l’époque moderne» qui se tiendra le 13 juin à l’INHA.

Nous la remercions chaleureusement de sa passionnante contribution.

Télécharger le calendrier de mai 2018.

Emmailloter les enfants au XVIIIe siècle

Anon., Enfant endormi dans son berceau, gravure dans Nicolas Andry de Boisregard, L’Orthopédie, ou l’Art de prévenir et de corriger dans les enfants les difformités du corps, Paris, Vve Alix, 1741, face p. 258.

Le XVIIIe siècle exprime un intérêt renouvelé pour le bien-être de l’enfant[1] qui se manifeste non seulement dans la littérature de nouvelles, mais aussi dans la littérature médicale adressée à un large public, ainsi que dans les gravures d’illustration qui accompagnent ces ouvrages, dont deux sont ici prises en exemple.

En 1741 Nicolas Andry de Boisregard publie L’Orthopédie, ou l’Art de prévenir et de corriger dans les enfants les difformités du corps, ouvrage dans lequel il professe cette science nouvelle dont il a créé le nom en rapprochant deux mots grecs (ortho : droit ; paido : enfant). Dans un des chapitres de ce livre, l’auteur observe «que la plupart des enfans n’ont les pieds en dedans, & d’autres difformités, que par la faute des Nourrices, qui les emmaillotent mal[2].» La gravure qui illustre le propos montre un enfant endormi tout nu, le corps libre de toute entrave avec un petit coussin à ses pieds. Il ne s’agit pas encore de proclamer la fin du maillot, mais de montrer comment les nourrices pourraient mieux emmailloter les enfants en fixant les pieds talon contre talon «par le moyen d’un petit coussinet engagé entre les deux pieds de l’enfant & figuré en forme de cœur, dont la pointe seroit mise entre les deux pieds de l’enfant, & la base entre les deux extrémités de ses pieds[3]». Le procédé permettrait ainsi de diminuer fortement le nombre «de cagneux & de cagneuses[4]». Andry reconnaît que «l’art d’emmailloter les enfants, n’est pas une petite chose[5]», mais il ne le réprouve pas, pour autant que les nourrices ne garrotent pas les enfants «comme si c’étoient des ballots qu’elles eussent à envoyer dans quelque Païs éloigné» et qu’elles les changent régulièrement de telle manière à «les tenir dans la propreté nécessaire à leur accroissement & à leur santé[6]

Nicolas de Launay d’après Hubert-François Gravelot, Frontispice dans Raulin, Joseph, De la conservation des enfants, Paris, Merlin, 1768, BIU Santé.

Le débat prend de l’ampleur quand, en 1762, Jean-Jacques Rousseau préconise dans l’Émile l’abandon du maillot au profit de langes flottants[7] . En 1768 et 1769, le médecin-accoucheur Joseph Raulin[8] fait paraître un ouvrage en deux volumes traitant De la conservation des enfants, Ou les moyens de les fortifier, de les préserver & guérir des maladies, depuis l’infant de leur existence, jusqu’à l’âge  de leur puberté. Le premier tome est orné d’un frontispice qui résume le propos, en montrant des enfants à tous les stades de leur développement sous l’œil bienveillant d’Esculape. Raulin professe une nouvelle manière d’élever les enfants et bataille pour que les nouveau-nés soient enfin débarrassés du carcan que représente le maillot disposé en bandes si serrées qu’il empêche tout mouvement et nuit à un développement harmonieux[9]. La nourrice de la gravure suit les recommandations de Raulin : elle tient dans ses bras un enfant entouré d’un simple lange flottant et le nourrisson qui se trouve à côté d’elle, dans le berceau, a les bras libres. Raulin préconise d’ailleurs une juste utilisation du berceau dans lequel l’enfant doit être à son aise sans pouvoir se blesser. Il indique que les nourrices doivent agir avec modération et savoir ne pas se montrer trop brutales dans l’usage du berceau : «il est certain que si l’on berce un enfant dès qu’il a tété, on trouble sa digestion ; si on l’agite violemment, comme l’on a coutume de le faire pour l’empêcher de crier, on s’expose à des accidents dangereux[10].» L’éventuel risque que représentent des mouvements trop brusques du berceau est résolu dans la gravure car le grand panier d’osier tressé dans lequel repose tranquillement le nourrisson est sur pieds fixes, comme le préconisait déjà Rousseau dans l’Émile[11].

Si l’iconographie se prête volontiers à la diffusion des thèmes rousseauistes[12], elle témoigne aussi de résistances qui ne seront vaincues qu’à la toute fin du siècle. Les petites filles – en particulier celle représentée de dos levant les bras vers le cerf-volant de son frère dans la gravure de Gravelot – continuent en effet de voir leurs mouvements entravés par le port du corset qui marque fortement la taille, en dépit l’opinion professée par Raulin dans son ouvrage : «On donne des corps de jupe aux enfans à l’âge de sept à huit mois ; on les avoit déjà mis à la torture par le maillot, on délivre alors les extrémités de ce supplice, pour mettre dans une plus grande contrainte, les viscères & les entrailles, & pour mutiler les os[13]

[1] Philippe ARIES, L’Enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, Paris, Plon, 1960.

[2] Nicolas ANDRY DE BOISREGARD, L’Orthopédie, ou l’Art de prévenir et de corriger dans les enfants les difformités du corps, Le tout par des moyens a la portée des Peres & des Mères & des personnes qui ont des enfans à élever, Paris, Vve Alix, 1741, p. 258.

[3] Id.

[4] Id.

[5] Id.

[6] Ibid. p. 259.

[7] Jean-Jacques ROUSSEAU, Œuvres, L’Émile, Paris, Werdet et Lequien, 1826, t. I, p. 58 : «Au moment que l’enfant respire en sortant de ses enveloppes, ne souffrez pas qu’on lui en donne d’autres qui le tiennent plus à l’étroit. Point de têtières, point de bandes, point de maillot ; des langes flottants et larges, qui laissent tous ses membres en liberté, et ne soient ni assez pesants pour gêner ses mouvements, ni assez chauds pour empêcher qu’il ne sente les impressions de l’air.»

[8] Joseph RAULIN (1708 – 1784) est mieux connu pour son Traité des affections vaporeuses du sexe, publié en 1758, qui marque un tournant dans l’histoire des maladies des femmes, car il est l’un des premiers à totalement adapter la théorie fibrillaire à la pathologie féminine cf. DORLIN, Elsa, La matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française, Paris, La Découverte, 2006.

[9] Joseph RAULIN, De la conservation des enfants, Ou les moyens de les fortifier, de les préserver & guérir des maladies, depuis l’infant de leur existence, jusqu’à l’âge  de leur puberté, Paris, Merlin, 1769, t. II, p. 118 – 139.

[10] Ibid., p. 133.

[11] ROUSSEAU, 1826, t. I, p. 58 : «Je dis un berceau, pour employer un mot usité faute d’autre, car d’ailleurs je suis persuadé qu’il n’est jamais nécessaire de bercer les enfants, et que cet usage leur est souvent pernicieux

[12] Anne SANCIAUD-AZANZA, «L’évolution du costume enfantin au XVIIIe siècle : un enjeu politique et social», Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. 46 n°4, Octobre-Décembre 1999, p. 770 – 783.

[13] RAULIN, 1769, t. II, p. 255.

Actes Journée d’étude « Fecit ex natura »

Le 18 novembre 2016, la BIU Santé organisait une journée d’étude sous le titre «Fecit ex natura. Le métier d’illustrateur des sciences médicales du XVIe au XXe siècle».

Nous avions invité les intervenants à exposer leurs travaux sur les différents aspects de la production d’illustrations dont la bibliothèque possède une vaste collection.

Aujourd’hui, nous avons le plaisir d’annoncer à ceux qui n’ont pas pu être présents ce jour-là ou à ceux qui souhaiteraient retrouver les différentes allocutions, que nous avons réuni et publié en ligne les actes de cette journée.

De nombreuses pistes de recherche ont été évoquées et nous ne pouvons qu’espérer qu’elles ouvrent la voie à de nombreuses et fructueuses recherches.

Chloé Perrot

 

 

Bonne lecture à tous !