Couleurs et soins dans les médecines anciennes

Les 22 et 23 novembre 2019 aura lieu à Lyon le colloque Couleur et soins dans les médecines anciennes. Époques antique et médiévale entre Orient et Occident. Grèce, Rome, Inde, Égypte et Proche-Orient.

Cette manifestation internationale est organisée par Isabelle Boehm (HiSoMA – Lyon 2), Laurence Moulinier-Brogi (CIHAM – Lyon 2)  avec la collaboration de Philippe Abrahami (Archéorient – Lyon 2)

«La couleur de la maladie et la couleur du remède font partie des critères fondamentaux de diagnostic et de thérapeutique dans l’histoire de la médecine et de la pharmacologie. Ce colloque s’inscrit dans les recherches actuelles dans les médecines anciennes. Il sera centré sur l’utilisation des couleurs dans la thérapeutique, aux époques antique et médiévale, et dans une perspective comparatiste, où seront associées des traditions médicales au-delà de l’Europe, comme l’Inde ou l’Égypte. Ces aspects comparatifs viendront éclairer une question encore complexe, celle des rapports entre les différentes traditions médicales anciennes.»

En savoir plus

Le site internet du colloque

Télécharger le programme (.pdf)

Debut: 11/22/2018
Fin: 11/23/2018
Lyon, Auvergne-Rhône-Alpes
FR

En novembre, les dieVx passent la pommade

Il y a des dieVx à revendre dans le calendrier de ce mois-ci, grâce à un document tout nouvellement acquis par la bibliothèque.

Télécharger le calendrier de novembre 2018.

Jacques André Millot candidat. François Chopart président. De uteri prolapsu. Parisiis : In Regiis chirurgicorum scholis. 1771. Cote BIU Santé : CISE 141

La thèse soutenue au Collège royal de chirurgie le 30 décembre 1771 par Jacques André Millot, sous la présidence de François Chopart, est une grande affiche (96 cm x 67 cm) imprimée sur deux feuilles accolées, dont nous n’avons pas localisé pour l’instant d’autre exemplaire. Elle appartient à la famille des «thèses à image».

Mais qu’est-ce qu’une thèse, qu’est-ce qu’une thèse à image, qu’est-ce qu’une thèse de chirurgie ? Tous ces mots sont des faux amis, qui nous poussent dans les horreurs de l’anachronisme. Qui sont Millot et Chopart, et qu’est-ce qu’entrer au Collège royal de chirurgie ? Que représente enfin cette grande image solennelle ?

[thème de l’image ci-dessous : le réservoir de Bethezda]

Disdier, François-Michel candidat. Jallet Nicolas – René président. Paris, 1750. Une autre thèse à image de la BIU Santé (cliquez dessus pour la numérisation originale). Cote 318, coll. artistiques FMP.

 

Les thèses de l’Ancien régime n’étaient pas ces travaux de recherche parfois monumentaux et normalement originaux qui sont aujourd’hui les «chefs-d’œuvre» réclamés au candidat en échange du plus haut diplôme universitaire, le doctorat. Ni même les mémoires, moins épais et moins souvent originaux, qui sont demandés pour l’obtention du doctorat en médecine. Depuis le Moyen Âge, l’étudiant, à la Faculté de médecine notamment, devait défendre plusieurs thèses au cours de sa formation : c’est-à-dire qu’il devait se soumettre, au cours de cérémonies réglées de plusieurs heures, au feu des questions de ses maîtres et de ses pairs, sur un sujet connu à l’avance. Cette cérémonie  dans certains cas (mais pas dans tous) devait s’accompagner d’une publication. La thèse de médecine écrite compta longtemps cinq paragraphes, pas un de plus ni de moins, sous la forme d’une affiche. En voici un exemple ordinaire du XVIIe siècle :

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Actes du colloque Santé et médecine à la cour de France (2017)

Les actes du colloque international Santé et médecine à la cour de France viennent d’être mis en ligne sur le site de la BIU Santé.

Ces textes, réunis par Stanis Perez et  Jacqueline Vons, sont disponibles gratuitement, sous la forme d’un fichier PDF (184 pages, 5 Mo). Chaque intervention est également téléchargeable de manière indépendante à partir de cette page.

«Issu d’un colloque organisé en 2017, Santé et médecine à la Cour de France rassemble des matériaux et des réflexions utiles à une meilleure compréhension des aspects sanitaires et scientifiques propres à la France moderne. Si la santé des souverains était souvent traitée comme une affaire d’État, celle des grands, des courtisans et des commensaux ne souffrait pas de négligence pour autant. Observatoire des pratiques médicales et d’une profession tantôt jalousée, tantôt décriée, la cour offre effectivement un point de vue privilégié sur les corps souffrants et sur les moyens mis en œuvre pour les protéger, les soulager et les guérir peut-être.
À partir des recherches les plus récentes et d’approches savantes mais résolument plurielles, ce volume entend contribuer à l’historiographie curiale et médicale du XVIe au XVIIIe siècle.»

Ont contribué à ce volume : Évelyne Berriot-Salvadore, Loïc Capron, Isabelle Coquillard, Joël Coste, Magdalena Koźluk, Bénédicte Lecarpentier-Bertrand, Xavier Le Person, Stanis Perez, Jacques Rouëssé, Jacqueline Vons, Geneviève Xhayet.

Editeur: Bibliothèque interuniversitaire de Santé, Paris
Date de publication: 10/04/2018
ISBN: 978-2-915634-21-1
Disponible en: Ebook

Octobre : Les dievx de la BIV se mettent en mouvement

« Je suis fasciné par le mouvement, qui est le signe le plus apparent de la vie. »
(Étienne-Jules Marey)

Télécharger le calendrier d’octobre 2018.

Ce mois-ci, les dievx de la BIV mettent à l’honneur le travail d’Étienne-Jules Marey (1830-1904). Médecin, physiologiste et inventeur français, il a fortement contribué à l’avancée de la physiologie. Partant du principe que nos sens ne sont pas assez affutés pour étudier un mouvement, Marey met à profit son ingéniosité en adaptant des machines utilisées en physique pour enregistrer graphiquement les mouvements du corps ou dans le corps. Ceux-ci peuvent ainsi être mesurés, quantifiés, et analysés : c’est la méthode graphique.

Le mouvement par l’image

On doit à Étienne-Jules Marey l’invention du sphygmographe direct, en 1863, qui retranscrit le tracé du pouls sur une bande de papier. Source : Medic@ – Marey, Etienne-Jules. – La méthode graphique dans les sciences expérimentales et principalement en physiologie et en médecine.

Le cliché qui illustre ce calendrier correspond à une évolution du travail de Marey. Toujours dans le but d’étudier les mouvements des hommes et de certains animaux, notamment les oiseaux, il utilise la photographie pour capter ce que l’œil ne peut voir. C’est ainsi qu’il créé en 1882, la Station physiologique du Parc des Princes à Boulogne-sur-Seine où il expérimente un nouveau procédé : la chronophotographie. Cette technique consiste à prendre en rafale des instantanés sur une plaque de verre photosensible. Celle-ci est exposée brièvement plusieurs fois, grâce à un obturateur rotatif placé derrière l’objectif, qui laisse passer la lumière par intermittence. Il est ainsi possible d’obtenir sur une même photographie les mouvements décomposés d’un homme ou d’un animal.

Pour mener à bien son travail, Étienne-Jules Marey fait aménager dans sa station un hangar peint en noir, de dix mètres sur dix, équipé de panneaux et de rideaux amovibles, afin d’adapter sa surface à l’usage de la chronophotographie.

De la photographie au film

Pour étudier les mouvements avec plus de précision, Marey et son collaborateur Georges Demeny font breveter un modèle de caméra argentique en 1890. La décomposition photographique du mouvement ne figure plus sur une même plaque, mais image après image sur un rouleau non perforé, au rythme de douze clichés par secondes.

Pour en savoir plus

Vous trouverez dans Médic@ de nombreux ouvrages numérisés concernant les travaux de Jules-Étienne Marey.

La BIU Santé y consacre l’exposition virtuelle la science du mouvement et l’image du temps, réalisée sous l’égide de Marta Braun (Ryerson University), à partir des plaques numérisées par le Collège de France. Elle retrace le travail du physiologiste, à travers 473 plaques photographiques.

Fabien LAFAGE

Prix 2018 de la SFHM

La Société Française d’Histoire de la Médecine décerne chaque année des prix donnant droit au titre de lauréat de la Société.

Les prix concernent des mémoires de master ou des thèses consacrés à l’histoire de la médecine, publiés ou soutenus, en langue française, durant les 24 derniers mois.

Ces prix sont attribués de la manière suivante :
– l’un au titre d’une thèse de médecine ;
– et l’autre au titre d’une thèse ou d’un mémoire de master émanant d’une faculté ou d’une école « autre que médicale ».

Félix Vicq d’Azyr. Frontispice du Traité d’anatomie et de physiologie (F-A Didot, 1786).

Chaque prix donne droit à une médaille de la Société gravée au nom du lauréat et sera accompagné d’un chèque (d’un montant variable décidé chaque année par le CA), à condition que le candidat assiste à la séance de proclamation et de remise des prix lors de la séance solennelle du mois de mars.

Les candidats doivent envoyer deux exemplaires de leur mémoire ou thèse, accompagnés d’une notice biographique, avant 31 décembre 2018 à l’adresse suivante :

Jean-François Vincent
Bibliothèque Interuniversitaire de Santé
12, rue de l’École-de-Médecine
75270 PARIS Cedex 06

En savoir plus

Pour tout renseignement, contacter Jean-François Vincent, tél : 01 76 53 19 65 ; email : jean-francois.vincent@biusante.parisdescartes.fr

Page de présentation du prix et palmarès des années précédentes

Les portraits de la BIU Santé dans Wikimédia Commons

La BIU Santé profite de la période estivale pour revenir sur un projet important de 2017-2018, le versement de certaines de ses numérisations sur Wikimedia Commons.

Une affaire de sources

Dans sa banque d’images et de portraits, la BIU Santé propose plus de 230.000 images, téléchargeables gratuitement. Elles sont pour la plupart libres de droits, et réutilisables sous la licence Etalab. Ces clichés sont issus des numérisations réalisées pour notre bibliothèque numérique Medic@ (plus de 4,5 millions de pages de textes en ligne), de nos collections iconographiques et des fonds d’images de nos partenaires.

Jusqu’à présent, ces images n’étaient consultables que via le site de la BIU Santé. Ce qui ne les empêchait pas d’être abondamment réutilisées sur des sites tiers, comme Wikipédia ou Pinterest (où la BIU Santé possède d’ailleurs un compte ;-). Quand le projet démarre, près de 300 images issues de la BIU Santé sont déjà repérées sur Commons. Ces emprunts en ligne ne sont pas toujours accompagnés des (bonnes) mentions de sources. Cela va à l’encontre de la licence Etalab choisie par la bibliothèque, mais c’est surtout préjudiciable pour les documents eux-mêmes. En perdant leur mention d’origine, ils perdent une partie de leur histoire et de leur valeur.

Suivant l’exemple d’autres institutions culturelles (comme la Wellcome Library ou le muséum de Toulouse), la BIU Santé s’est donc interrogée sur l’opportunité de déposer elle-même ses images sur Wikimedia Commons. Pour qu’elles soient plus visibles et plus facilement accessibles aux internautes du monde entier. Et pour être sûr que les références et mentions de sources soient bien rédigées (on n’est jamais mieux servi que par soi-même !).

On commence modestement

Par l’entremise de Sylvain Machefert (merci à lui), les équipes de la BIU Santé prennent contact avec l’association Wikimédia France. Une convention est alors signée, pour le dépôt d’un premier lot d’images, ayant valeur de test. On choisit de se faire la main sur les portraits présents dans la banque d’images. Ils ont l’avantage de constituer un ensemble clairement défini, lié en outre à des notices d’autorité (noms de personnes). Édouard Hue, concepteur d’un outil de versement d’images sur Commons (ComeOn!) et bénévole de l’association, travaille avec la bibliothèque pour ce premier essai.

Notre lot de portraits est donc constitué de 3775 fichiers. 3203 étaient liés à une notice de notre base biographique (en l’occurrence, le nom de la personne représentée par le portrait). Dans cette notice figuraient notamment les informations élémentaires que sont le patronyme et les dates de naissance et de mort. Avec parfois plusieurs portraits pour une même personne. Au final, les 3203 fichiers correspondaient en fait à 1541 autorités / personnes distinctes.

Édouard Hue, de dos, au travail à la BIU Santé

Pour que le versement soit le plus complet possible, il a été décidé de lier nos métadonnées avec des référentiels extérieurs. OpenRefine a été utilisé pour ce travail de pré-alignement de nos données.

Le référentiel le plus logique à viser pour un versement sur Commons était bien évidemment Wikidata. Pas de chance, aucun connecteur fiable n’existait à l’époque pour pré-aligner des données sur Wikidata à partir d’OpenRefine 2.6. Qu’à cela ne tienne, les bibliothécaires se sont tournés vers VIAF, autre grand référentiel, bien adapté pour des portraits, faciles à lier à des notices d’autorité. Les identifiants VIAF trouvés servent de données-pivots et permettent de récupérer des identifiants Wikidata dans un second temps.

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Un exemplaire exceptionnel des Reports of medical cases de Richard Bright (1789-1858)

Richard Bright, parmi de nombreuses autres contributions à la médecine et à la science, est célèbre pour ses travaux sur la pathologie du rein.

Portrait de Richard Bright (1789–1858). In: Thomas Joseph Pettigrew, Medical Portrait Gallery vol. 2 (1838) [Source: Wikimedia]
Célèbre ? Il a été à vrai dire plutôt dédaigné par l’histoire de la médecine en langue française.

L’importance de Bright fut pourtant très grande, et reconnue par ses contemporains, notamment français. Un compte rendu détaillé des “recherches sur l’hydropisie dépendant d’un état morbide des reins” (sur le premier volume des Reports of medical cases, 1827) paraît en 1830 dans les Archives générales de médecine. L’œuvre de Bright est abondamment discutée par Pierre François Olive Rayer (1793-1867) dans son important Traité des maladies des reins (1839-1841), et c’est à partir de 1831 que le même Rayer a travaillé sur ce sujet ou qu’il a fait travailler ses élèves de la Pitié. Toute l’œuvre de Bright fit à sa mort l’objet d’un long article d’Ernest Charles Lasègue (1816-1883) : Richard Bright, sa vie et ses œuvres. In : Archives générales de médecine, 1859, p. 257-274. “C’est un devoir pour la presse médicale, y écrivait-il en introduction, de rendre un dernier hommage à un médecin si justement illustre, et dont le nom restera éternellement attaché à une des plus grandes découvertes pathologiques de notre temps”. Cet article de Lasègue est à ma connaissance le plus long travail en français consacré à Bright.

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Base biographique de la BIU Santé

Une nouvelle version lancée ce jeudi

La Base biographique de la BIU Santé a été restructurée, et sa nouvelle version vient d’être publiée.

La Base biographique de la BIU Santé, le 24 mai 2018

La Base biographique, c’est aujourd’hui un ensemble de 46231 fiches nominatives, et de 83761 sources distinctes. On peut espérer y trouver des informations et des références bibliographiques sur toute personne ayant contribué à l’histoire de la santé, de tous les lieux, de toutes les époques.

 

Réorganisation des données

Sans doute l’usager occasionnel de la Base biographique ne sera-t-il pas bouleversé lors de son prochain passage par le changement qui s’est opéré.

C’est même notre souhait que ses habitudes de recherche ne soient pas trop perturbées. Un outil de recherche doit être aussi simple que possible, et il n’est pas nécessaire qu’il paraisse perfectionné ou innovant, mais seulement qu’il rende le service qu’il doit rendre, et mieux qu’hier si possible.

Donc, notre chercheur percevra peut-être, cela nous l’espérons, une meilleure organisation des données. Il trouvera peut-être que les informations qui sont données sont plus claires et mieux expliquées.

Enrichissements

Un fait essentiel est toujours difficilement perceptible lorsqu’on consulte une base de données : c’est la dimension de ce réservoir d’informations. Sur ce point, nous avons la satisfaction d’annoncer que la nouvelle version contient nettement plus de données que la précédente.

Notamment, le dépouillement systématique de quelques grosses sources biographiques systématiques (par exemple le Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne d’Eloy (1778), le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales de Dechambre (1864- 1889), ou le Dictionary of medical biography de W. et H. Bynum (2007) comblent des lacunes qui résultaient du mode de constitution de la version précédente de la base biographique. Le développement de celle-ci était en effet, légitimement d’ailleurs et très utilement, fondé surtout sur le dépouillement au fil de l’eau des entrées de documents dans les fonds de la bibliothèque. On y trouvait ainsi et on y trouve toujours des sources rarement citées ailleurs, mais on pouvait regretter que certains noms importants ne soient pas du tout présents, parce que le hasard des publications et des entrées ne les avaient pas fait rencontrer. Ces lacunes devraient être plus rares.

Prise en charge de données hétérogènes

D’autre part, la nouvelle base biographique est structurée pour pouvoir prendre en charge des données de nature très hétérogène. Essayons de nous expliquer.

Et ceci se passait dans des temps très anciens…

À l’origine, la Base biographique de la BIU Santé était un fichier bio-bibliographique. Les fiches, de très petit format, comportaient un nom, quelques informations de base (dates et lieux, profession, parfois quelques indications sur la carrière), et surtout les références bibliographiques de documents imprimés et d’articles présents dans la collection de la bibliothèque.

Ce fichier a été transformé au début de notre siècle en une base de données informatique, sur le même modèle.

Complexification

Puis, peu à peu, grâce aux possibilités offertes par l’informatique, des données assez diverses se sont agglomérées autour de ce noyau principal de références bibliographiques (qui continuait à se développer).

Aux noms des personnes présentes ont été liés les portraits numérisés dans la Banque d’images et de portraits.

On a signalé également des portraits qui n’ont pas fait l’objet d’une numérisation (souvent pour des raisons de droit de propriété intellectuelle), mais qui existent dans la collection.

On y a adjoint, grâce à la coopération de la bibliothèque de l’Académie de médecine, les appartenances à cette compagnie (“Membre de l’Académie de médecine”), ou la présence d’un “Dossier à l’Académie de médecine”. On a versé l’intégralité du contenu du Fichier Laborde, un important dépouillement d’archives effectué sous la direction de Léon de Laborde, garde général des Archives de l’Empire à partir de 1857, qui permet notamment de repérer tout un monde de médecins et de chirurgiens du XVIe et du XVIIe siècles.

Des chercheurs,  Pierre Moulinier et Jean-Marie Mouthon, nous ont permis de charger des dépouillements d’archives et des notices biographiques rédigés par eux.

À mesure que les années passaient, la base de données devenait ainsi plus riche, mais aussi plus compliquée, et plus difficile à gérer et à documenter.

Une hétérogénéité inévitable

Pourtant, il était évident que cette complexité allait encore croître : en effet, le développement de la numérisation, à la BIU Santé et dans le monde, rendait indispensable de pouvoir ajouter à la base biographique une très grande diversité de données directement accessibles en ligne et de partout, et non seulement les nécessaires références aux collections imprimées consultables sur place à la bibliothèque.

C’est cette diversité de données que nous essayons de mieux gérer dans notre nouvelle base en ligne.

On trouvera déjà de très nombreux liens entre la base biographique et les ressources biographiques que fournit la bibliothèque numérique Medic@. Des milliers de liens ont été créés, principalement vers des dictionnaires pour l’instant, et vers les précieux “Titres et travaux scientifiques”, ces curriculum-vitae dont la bibliothèque conserve une riche collection largement numérisée. Mais nous verserons prochainement d’autres ressources.

Dans les prochains mois, la base biographique permettra ainsi d’exploiter le considérable fichier manuscrit que la famille de Jacques Léonard a donné à la BIUM lors du décès de ce chercheur en 1988, qui est constitué par le dépouillement de milliers de dossiers d’archives sur des médecins de l’ouest de la France au XIXe siècle.

Nous travaillons également à repérer dans les périodiques que nous avons numérisés les nécrologies innombrables qu’ils contiennent. Si nous en avions les moyens, nous pourrions également nous attaquer à des ressources qui se trouvent dans d’autres bibliothèques numériques ou bases de données en ligne.

Nous serions heureux de nouer de nouvelles collaborations avec des chercheurs ou des institutions, que ce soit pour signaler des ressources distantes ou pour inclure directement de nouvelles biographies rédigées. Le champ est immense, plus grand que nos forces. L’intérêt permanent du public pour la biographie nous semble justifier des efforts importants.

Les utilisateurs verront également que nous avons fait notre possible pour documenter les dépouillements que nous avons effectués. Il est indispensable d’accumuler des données : il est utile aussi de dire d’où elles viennent, et quelles sont les sources qui ont été exploitées (et donc quelles sont celles qui ne l’ont pas été). De plus, certaines de ces ressources – le fichier Laborde déjà nommé par exemple – ont absolument besoin d’être expliquées : la documentation des sources est une nécessité qui est liée à l’hétérogénéité du contenu. Cet effort de documentation nous est d’ailleurs indispensable à nous aussi, pour savoir où nous en sommes et mieux organiser nos dépouillements.

Une base techniquement plus ouverte

Enfin, la base nouvelle manière est plus ouverte, et nous nous efforcerons de l’ouvrir encore davantage dans la prochaine étape technique de son développement.

Ouverture aux moteurs de recherche

Jusque là, la base biographique appartenait au «web caché», comme on dit : on n’en trouvait pas tout le contenu par l’intermédiaire des moteur de recherche du web comme Google. La nouvelle architecture devrait permettre que les moteurs de recherche viennent lire le contenu de la base, et le proposent donc à leurs utilisateurs, c’est-à-dire à nous tous.

Les identifiants d’autorité à l’horizon

Notre prochaine étape technique, dans la mesure de nos forces, sera de lier nos données avec d’autres jeux de données disponibles, plus précisément d’abord avec ce que les professionnels de la documentation appellent les «données d’autorité».

Les données d’autorité répondent d’abord à un besoin pratique de gestion des collections, en différenciant les homonymes dans les catalogues, ou en liant entre eux les différents noms d’une même personne ; ainsi on peut indiquer quel est le Jean Durand qui a écrit un certain livre (qui n’est pas le Jean Durand qui a écrit tel autre livre) ; et on peut fournir, à celui qui cherche les ouvrages de Jacobus Sylvius, ceux qui sont notés sous le nom de Jacques Dubois.

Mais l’informatique a donné un rôle accru à ces données d’autorité et aux numéros d’identification qui les accompagnent : si vous savez quel est le numéro qui désigne une personne, vous avez en principe la possibilité de joindre ensemble toutes les informations qui contiennent ce numéro d’identification. Par exemple, si vous savez que Sigismond Jaccoud a un identifiant 64023688  dans la base de données internationale VIAF, vous pouvez récupérer les informations qui s’y trouvent liées parce qu’elles utilisent également cet identifiant, notamment les diverses pages Wikipedia (https://en.wikipedia.org/wiki/Sigismond_Jaccoud, https://fr.wikipedia.org/wiki/Sigismond_Jaccoud, etc.), les données de Worldcat Identities, mais aussi les données bibliographiques qui concernent Jaccoud dans les catalogues de bibliothèques, etc. Ce numéro pourrait permettre aussi, en principe, que d’autres outils informatiques viennent à leur tour puiser dans la Base biographique.

L’usage de ces identifiants devrait se développer dans les temps qui viennent : nous espérons que la base biographique est aujourd’hui mieux préparée à s’intégrer dans le paysage documentaire qui se met en place. Le chemin, il faut le dire, est encore un peu long pour nous, mais l’essentiel est de pouvoir le commencer.

Nous comptons sur les utilisateurs pour nous signaler les défauts qu’ils trouveront, et nous faisons appel à leur indulgence critique.

Jean-François Vincent
24 mai 2018

[Medical Heritage Library] 13 698 documents de la BIU Santé disponibles

Le 19 janvier dernier, nous vous annoncions que la BIU Santé allait «petit à petit» compléter l’impressionnante collection de la Medical Heritage Library (si vous ne savait pas de quoi il s’agit, vous pouvez relire ce billet de blog).

[Caricature] Le Professeur John Bland-Sutton (B. Moloch) – Chanteclair
Le projet a avancé beaucoup plus vite que ce que nous avions anticipé et, deux mois plus tard, ce n’est pas sans fierté que nous vous annonçons qu’il y a très exactement 13 698 documents provenant des fonds de la bibliothèque en ligne sur Internet Archive au sein de la collection «Medical Heritage Library» ! 13 698 documents qui correspondent à la totalité des documents de la bibliothèque numérisés depuis 2001 et tombés dans le domaine public.  13 698 documents qui sont désormais consultables avec des  fonctionnalités inédites (téléchargement des images en haute définition, reconnaissance de caractères, formats d’export variés, recherche plein texte, pour en citer quelques-unes).

La rapidité avec laquelle ce versement a été fait n’aurait pas été possible sans la collaboration efficace d’Internet Archive, nous les en remercions vivement !

Nous vous souhaitons de belles découvertes dans les collections d’ici et d’ailleurs !

Ps : Vous pouvez désormais retrouver certaines de nos numérisations mises en avant via le compte Facebook de la MHL.

Actes Journée d’étude « Fecit ex natura »

Le 18 novembre 2016, la BIU Santé organisait une journée d’étude sous le titre «Fecit ex natura. Le métier d’illustrateur des sciences médicales du XVIe au XXe siècle».

Nous avions invité les intervenants à exposer leurs travaux sur les différents aspects de la production d’illustrations dont la bibliothèque possède une vaste collection.

Aujourd’hui, nous avons le plaisir d’annoncer à ceux qui n’ont pas pu être présents ce jour-là ou à ceux qui souhaiteraient retrouver les différentes allocutions, que nous avons réuni et publié en ligne les actes de cette journée.

De nombreuses pistes de recherche ont été évoquées et nous ne pouvons qu’espérer qu’elles ouvrent la voie à de nombreuses et fructueuses recherches.

Chloé Perrot

 

 

Bonne lecture à tous !