Couleurs et soins dans les médecines anciennes

Les 22 et 23 novembre 2018 aura lieu à Lyon le colloque Couleur et soins dans les médecines anciennes. Époques antique et médiévale entre Orient et Occident. Grèce, Rome, Inde, Égypte et Proche-Orient.

Cette manifestation internationale est organisée par Isabelle Boehm (HiSoMA – Lyon 2), Laurence Moulinier-Brogi (CIHAM – Lyon 2)  avec la collaboration de Philippe Abrahami (Archéorient – Lyon 2)

«La couleur de la maladie et la couleur du remède font partie des critères fondamentaux de diagnostic et de thérapeutique dans l’histoire de la médecine et de la pharmacologie. Ce colloque s’inscrit dans les recherches actuelles dans les médecines anciennes. Il sera centré sur l’utilisation des couleurs dans la thérapeutique, aux époques antique et médiévale, et dans une perspective comparatiste, où seront associées des traditions médicales au-delà de l’Europe, comme l’Inde ou l’Égypte. Ces aspects comparatifs viendront éclairer une question encore complexe, celle des rapports entre les différentes traditions médicales anciennes.»

En savoir plus

Le site internet du colloque

Télécharger le programme (.pdf)

Debut: 11/22/2018
Fin: 11/23/2018
Lyon, Auvergne-Rhône-Alpes
FR

Les dievx de la BIV vous offrent un bel écorché pour juin

Les DIEVX retournent ce mois-ci à leurs premières amours avec cet écorché dessiné par Edmé Bouchardon et gravé par Gabriel Huquier pour L’anatomie nécessaire pour l’usage du dessein (1741).

Télécharger le calendrier de juin 2018.

À son retour d’Italie, à la fin années 1730, Edmé Bouchardon (1698-1762) produit un grand nombre d’académies qu’il fait graver par Gabriel Huquier (1695-1772)[1]. Elles sont destinées à la formation des artistes et au plaisir des amateurs. Mais Huquier ne vend pas que les recueils. Il fournit également des écorchés de terre cuite qui permettent une étude du corps humain en trois dimensions, pour qui n’a pas la chance de dessiner d’après nature[2]. En effet, la carte professionnelle du graveur et marchand montre la présence de la statuette. Il pourrait s’agir d’une simple évocation du recueil mais le catalogue de vente d’une partie de sa collection, en 1771, indique qu’il possédait «un autre écorché exécuté en terre cuite, très-utile à ceux [qui] étudient le Dessein, par Bouchardon»[3] et un «creux fait pour en tirer des plâtre[4].

De la même manière, quand il diffuse par la gravure les dessins de l’ornemaniste Juste-Aurèle Meissonnier, il a également à sa disposition des «Moules, Plâtres & Plombs, d’après Meysonier»[5] décrits comme des modèles «pour orfèvrerie et bijoux» et comme des «petits creux en terre pour bijoux, tabatières, etc.»[6].

On peut supposer que la version 3D des objets, toujours complexes, dessinés par Meissonnier, a pu être d’un grand secours au graveur dans le processus de reproduction des dessins sur la planche de cuivre.

Mais Huquier s’est également fait une spécialité : fournir le matériel nécessaire à eux qui veulent apprendre à dessiner. Et dès lors, il ne se contente pas de vendre des recueils de gravures à reproduire. Il semble qu’il ait proposé de véritables kits pour amateurs de loisirs créatifs : une anatomie et sa statuette, tirée d’après une œuvre de sculpteur de renom, des modèles de la plus belle Rocaille et un tirage qui permet de mieux apprécier le jeu des courbes et contre-courbes ou encore des estampes prêtes à être découpées, probablement mises en couleur et collées sur un paravent[7].

En éditant ses recueils en plusieurs livres, souvent par souscription, il avait devancé les Éditions Atlas et autres du même type qui proposent d’acquérir progressivement de quoi construire un petit squelette ou la maquette d’une célèbre caravelle. Mais il est vrai que les recueils d’Huquier, relativement onéreux, ne permettaient pas à tout un chacun d’acquérir pour une somme dérisoire une mandibule en plastique d’un blanc crémeux, éternellement vouée à la solitude et à la poussière, en raison du prix toujours croissant des numéros suivants.

Chloé Perrot

[1] Catalogue d’exposition 1698-1762 Bouchardon, une idée du Beau, Musée du Louvre, 14 septembre au 5 décembre 2016, p.8.

[2] Privilège en principe réservé aux élèves de l’Académie.

[3] Catalogue des tableaux, gouaches, desseins… du Cabinet de M*** [Huquier père], Paris, 1771, p.148 – 149, lot 874. La description indique « un autre écorché », pourtant, aucun autre objet identique ne figure dans la vente.

[4] Ibidem

[5] JOULLAIN (François-Charles), Catalogue des tableaux à l’huile, à gouasse et au pastel : peintures de la Chine, enluminures… de feu M. Huquier, graveur, Paris, vente du 9 Novembre 1772.

[6] Ibidem

[7] Mercure de France, Juillet 1737, p.1622.

En savoir plus

Un fascicule sur le traité de Bouchardon de 1741 : Le Traité d’anatomie d’Edme Bouchardon — communication de M. Henry Ronot

Un autre recueil de Gabriel Huquier dans nos collections : Livre de différentes espèces d’oiseaux, insectes, plantes, fleurs et trophées de la Chine : Tirés du Cabinet du Roi

Musée Virtuel de l’Art Dentaire : ouverture de deux nouvelles salles

Le Musée Virtuel de l’Art Dentaire (MVAD), qui retrace l’histoire des instruments utilisés par les dentistes du XVe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle, vient d’ouvrir deux nouvelles salles consacrées aux cautères et aux premiers instruments canalaires.

Manière de cautériser les dents cariées. Johann Scultet , L’arcenal de Chirurgie, 1712. Source : MVAD

 

 

Sondes pour mesurer la longueur du canal avant obturation. Edward C. Kirk, Manuel de dentisterie opératoire, 1910. Source : MVAD

 

 

 

 

 

 

 

Par ailleurs, l’exposition sur la petite instrumentation pour l’excision de la carie s’est également enrichie de quelques pièces provenant d’une belle collection turinoise.

Do you speak english?

Autre nouveauté pour nos amis anglophones, certaines pages sont maintenant traduites en anglais. Il suffit pour cela de cliquer sur le petit drapeau à droite du titre :

http://www.biusante.parisdescartes.fr/mvad/002-11.php

http://www.biusante.parisdescartes.fr/mvad/002-12.php

Un peu de lecture

Jean Passadieu – Charlatan de Saint-Pierre. Première de couverture

Le deuxième tome de Jean Passadieu, intitulé Charlatan de Saint-Pierre, vient d’être publié. Écrit par Jean-Baptiste Seigneuric, membre de la SFHAD, ce nouvel opus se révèle aussi passionnant que le premier. Pour en faire l’acquisition, vous pouvez vous rendre sur le site de l’éditeur : oeilcritik.com ou bien le commander dans n’importe quelle librairie.

 

 

Fabien LAFAGE

En mars, les Dievx enlèvent le haut

Avec le redoux de mars (va-t-il durer ?), les dievx de la BIV n’hésitent pas à se dévoiler davantage.

En témoigne cet éphèbe dépoitraillé (au sens propre du terme) échappé tout droit du 17e s. italien. On notera le déhanché et le couvre-chef de circonstance.

Télécharger le calendrier de mars 2018.

Cette illustration provient des Tabulae anatomicae de l’anatomiste Giulio Casserio. Avis aux Wikipédiens, ce bon docteur ne bénéficie d’aucune notice en français !

Les illustrations, souvent très expressives, sont l’œuvre de Francesco Valesio, d’après Odiardo Fialetti, peintre italien de l’école du Titien.

L’ensemble de l’ouvrage est disponible gratuitement dans notre bibliothèque numérique Medic@ (plus de 230.000 documents, 4 millions de pages numérisées).