[à gauche]
Paysanne des environs de Mâcon

[à droite]
Tunnel du chemin
de fer de Lyon à St Etienne

d’arcades comme des aqueducs. On nous fait voir un petit pavillon où les ouvriers s’étaient réfugiés. On tira dessus plus de 200 coups de canon et on le détruisit en grande partie. Il fut reconstruit.

Chemin de fer. Dernièrement il a péri 14 personnes dans une rencontre de voitures. Depuis ce temps le chemin a beaucoup perdu pour les voyageurs. Voiture sale, rails mal entretenus ; négligences ; quelle misère en comparaison du chemin de Liverpool ! Nous visitons en calèche les quais du Rhône et ceux de la Saône. Ces derniers sont infiniment plus beaux, les ponts nombreux et plus élégants. Il y en a un suspendu qu’il est très gracieux. 4 petites colonnes de pierre le supportent et les extrémités des chaînes sont retenues par de gros lions fondus au Creusot. Nous visitons le musée. Bâti sur la Place des Terreaux. C’était un ancien couvent de religieuses, dont chaque membre disait compter 4 générations d’aïeux nobles, soutenus pour chaque nonne par 10 mille livres de rente. Une sœur de Louis XV y a été supérieure. L’abbesse avait le droit de faire saisir aux exécutions capitales et de demander la grâce au Roi. Le cloître est carré, très vaste. Une fontaine au milieu. Sous les promenoirs sont beaucoup de tombeaux, d’urnes, de statues mutilées provenant des fouilles et d’origine romaine. Plus le squelette d’une petite baleine. Dans la galerie de tableaux on y voit de bons tableaux : en 1ère ligne une Adoration des mages de Rubensx, chef d’œuvre, où le peintre a déployé tout le luxe et l’harmonie de ses coloris, en conservant une grande pureté de dessin, ce qui ne lui arrivait pas toujours. Le roi maure, vêtu d’une tunique de satin jaune, couvert d’un

x donné par le cardinal Fesch, archevêque de Lyon.