bas descendent presque dans la plaine et sont accompagnés de grêle et de torrents de pluie. Tout le long de la route et surtout en approchant de Viterbe, les masses de pouzzolane qui bordent la route, excavées de cavernes, creusées dans leur épaisseur et dans lesquelles les pâtres, les bouviers ou les passants viennent se mettre à l'abri du mauvais temps. Dans l'une d'elles, un homme y allume du feu pour se réchauffer. 

Nous déjeunons à Viterbe. Ville assez insignifiante. Auberge sale, mauvais déjeuner, salade en racine de fenouil. Il y a de jolies fontaines et de belles maisons. Les rues dallées. C'est aujourd'hui la foire aux chevaux. De nos fenêtres nous voyons les maquignons s'emparer des chevaux amenés à la foire pour leur passer le licol. Les chevaux sont presque sauvages et s'enfuient dès qu'on les approche. Le maquignon armé d'un lacet qu'il a roulé en cercle, s'approche à 25 ou 30 pas du cheval dont il veut se saisir et lui lance avec beaucoup d'adresse le lacet autour du col. Dès que le cheval se sent pris il veut s'enfuir, mais le nœud coulant du lacet lui serre le col à l'étrangler. 4 à 5 vigoureux gaillards tirent sur le lacet et la pauvre bête est bien obligée de se laisser mettre le licol. Ces gens sont fort adroits et apparaissent non moins vigoureux et brutaux. Arrivés à Ronciglione à 6 heures ½ par le temps le plus affreux. Logés à l'hôtel du Lion d'or. Ce soir on nous annonce qu'on [a] arrêté sur la route deux voleurs (de bestiaux).

17 mai. Mercredi. Pendant la nuit le temps est toujours horrible et nonobstant les chants joyeux des convives d'une noce qui se fait à l'hôtel nous dormons bien. Partis à 5 heures du matin pour Rome. Il a cessé de pleuvoir. En sortant de Ronciglione, à gauche, on voit des carrières basaltiques sur lesquelles sont bâties des maisons. Aspect pittoresque. Les campagnes couvertes de blocs de lave et peu accidentées, sont stériles et bien mouillées. Les routes en pouzzolane sont assez bonnes quoique molles. Les terres exhalent, à la chaleur du soleil, qui paraît enfin, des vapeurs sulfureuses, d'une odeur de vase. Mal cultivées ou incultes. Avant d'arriver à Monterosi, on trouve à g[auche] de la route un ancien rayon de lave, exploité pour ferrer et paver la route.