on remonte les horloges. Cela est fort incommode.

Repas. Ils n’ont rien de réglé. Beaucoup de gens dînent à midi ou 2 heures, les autres à 4 et enfin d’autres à 6.

Prélats. Les prélats sont comme le tombeau de Voltaire à Ferney ; ils s’appuient sur l’Eglise, et ont les pieds dehors. Ils portent un costume que nous regardons comme ecclésiastique : chapeau rond à larges bords un peu retroussés, cravate serrée sans col, sorte d’habit noir à la française, petit manteau tombant des épaules, culottes courtes, souliers à boucle. Les prélats peuvent, sans prendre les ordres, parvenir au cardinalat, mais pour avoir voix délibérative au chapitre, ils doivent prendre les ordres. Ils peuvent quitter leur prélature et se marier. Dans les rues, leur présence doit faire cesser les coups de poing et de pied dans les rixes. Ils ont beaucoup de considération, portent le nom de monsignore. Ils se distinguent par la couleur des bas et du cordon de leur chapeau. Ceux de 1ère qualité ont bas et cordon rouges, ceux de 2ème bas et cordons violets, ceux de 3ème noirs. Ils ne peuvent sortir en costume sans être suivis d’un valet. M. avec lequel nous avons dîné est un fort joli petit prélat, qui a été élève de l’école de St Cyr, qui est français de cœur, et se fâche quand on le prend pour un Romain. Il cause avec grâce et finesse.

M. M. V. veut faire une visite à la comtesse de [blanc], tante de notre jeune prélat, au palais Justiniani. Ce grand palais, à peine habité, comme le sont la plupart à Rome, est plein de statues, de bas-reliefs, de sarcophages antiques, à moitié mutilés, noircis par le temps et altérés par la pluie.

St Pierre. Seconde visite. Cette église me produit plus d’effet que la 1ère fois que je l’ai visitée. Elle grandit par l’habitude qu’on a de la voir. La belle colonnade, surmontée de statues, qui circonscrit son parvis demi-circulaire, ce parvis qui monte insensiblement jusqu’aux marches du temple, le bel obélisque qui en occupe le centre et les deux fontaines jaillissantes qu’on voit sur les côtés, sont d’un effet prodigieux. La façade de l’église est belle, mais trop surchargée, ce qui semble en diminuer les proportions. Du parvis à peine voit-on le sommet du dôme. A droite et à gauche, sous les colonnades sont les avenues qui conduisent au Vatican. On monte au péristyle par un bel escalier de marbre blanc. Ce péristyle est spacieux, ses demi-colonnes sont énormes. Trois hommes pourraient à peine embrasser la moitié de leur circonférence. De chaque côté du péristyle sont de petites fontaines, dont l’usage est semblable à celui de notre opéra italien. Sous le péristyle et sur les murs de [l’]église sont des inscriptions lapidaires écrites trop fin et placées trop haut pour être lues. Elles ne sont là que pour la forme ?