et sinueuses galeries creusées dans la pouzzolane, tuf tendre, brun ; ces galeries sont inégales, tortueuses, étroites (deux personnes ne peuvent le plus souvent y passer en se donnant le bras), leurs parois sont creusées de fosses horizontales, deux à trois sur la même hauteur. Ce sont des tombes ouvertes. On en voit d’enfant, de toute une famille, beaucoup ayant appartenu à des papes, à des Sts martyrs. A travers la fente d’une tombe non ouverte nous voyons des ossements. Nous visitons l’autel de St Philippe de Néry et sa chapelle. Portion du ciment calcaire dont le tuf est enduit et qui lui donne de la solidité. Nous voyons la tombe de St Maxime, de Ste Cécile. Les catacombes sont immenses. Elle vont jusqu’à la mer, à plusieurs lieues. Plusieurs personnes s’y sont égarées et y sont mortes. Le moine qui nous conduit pourrait y marcher pendant 4 heures sans se perdre ! ! ! Elles forment une immense ville souterraine, ne sont pas très humides, ont servi de refuge aux premiers chrétiens. On y a trouvé une immense quantité d’antiquités et de reliques précieuses. Dans l’église, sous un autel, beau St Sébastien, mort, couché, marbre blanc. Nous rentrons à Rome par la porte Capena. Nous traversons le quartier juif. Pain azyme ; sale, malpropre, quantité prodigieuse de femmes, molles, bouffies, éraillées, dégoûtantes et d’enfants à l’avenant ! !

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Porta Capena

Vendredi 26 mai. Je rencontre dans les rues les marchandes de fraises, bacchantes modernes, en chapeau de paille, qui suivent en dansant, chantant et jouant du tambour de basque, l’homme qui porte les fraises qu’elles viennent vendre à la ville.

Je vais avec N. à la petite église St Onofre située sur une élévation près l’hôpital St Esprit. Le Tasse s’était retiré dans son petit presbytère. Il y est mort. Les frères lui ont élevé une pierre tumulaire et sur le pavé est sa pierre sépulcrale