Plantes et médecine, (al)chimie et libertinisme chez Guy de la Brosse

Didier Kahn
CNRS, UMR 8599 (CELLF XVIIe-XVIIIe)

Avril 2007

 Liste des ouvrages numérisés
Guy de La Brosse (1586-1641), fondateur de l’actuel Jardin des Plantes, n’est pas un personnage extrêmement bien connu [1]. Né dans une famille de médecins de cour, où l’on cultive volontiers non seulement l’astrologie et les mathématiques, mais déjà les jardins de simples, il hérite de tous les centres d’intérêt de son père, de son oncle et de son grand-père. Ayant grandi à l’époque où les doctrines médico-alchimiques de Paracelse se répandent un peu partout en France, il n’a aucun mal à les assimiler et à se rendre familier de la plupart des traités de médecine et d’alchimie paracelsiennes qui paraissent alors. Ces lectures l’amènent tout naturellement à exercer son sens critique à l’égard de la médecine telle qu’elle est pratiquée à la Faculté de médecine de Paris, qui affiche alors un conservatisme obstiné ; mais Guy de La Brosse en vient aussi à porter un regard critique sur les médecins paracelsiens eux-mêmes, qui luttent alors continuellement, en France, contre ladite Faculté. Ces médecins paracelsiens sont le plus souvent des médecins du roi ; or c’est bien comme médecin du roi que Guy de La Brosse lui-même va trouver, dans les années 1620, la position stable qui lui permettra de mûrir ses idées et de faire aboutir ses projets. Pour autant, on ne saurait l’enrôler sans nuances dans la troupe des paracelsiens français du début du XVIIe siècle, car c’est un esprit trop original pour se laisser étiqueter ainsi.

Guy de La Brosse botaniste et chimiste

Les idées et projets de Guy de La Brosse tiennent en deux points complémentaires :
  • la médecine de l’École (donc de la Faculté) n’accorde aux plantes qu’un intérêt mineur, alors que c’est de leur grande variété qu’elle devrait savoir tirer d’excellents remèdes
  • comme il n’existe en France aucun jardin des simples digne de ce nom, il faut en créer un.
Pour ce faire, Guy de La Brosse en appelle directement au roi, et le projet qu’il lui présente est la création d’un jardin royal des plantes. Il faut savoir que les jardins des simples étaient une nouveauté issue de la Renaissance. La médecine médiévale se fiait plus volontiers aux plantes d’origine exotique qu’aux plantes domestiques. Elle héritait cette idée de la médecine antique : Galien lui-même, au IIe siècle de notre ère, se plaignait déjà que les herboristes de Rome connussent mieux les plantes de Crète et de l’Orient que celles qui poussaient dans les faubourgs de Rome. Au IXe siècle, l’abbaye de Corbie achetait chaque année à Cambrai une centaine de kilos d’épices comme la cannelle, le galanga et le gingembre à des fins médicinales. Il est vrai qu’une médecine pour les pauvres se développa au cours du Moyen Age, remplaçant les plantes exotiques par celles, moins coûteuses, des jardins, mais ce n’était qu’un pis-aller, une solution pour remplacer des plantes difficiles à trouver par des plantes moins nobles mais plus courantes. Il fallut attendre le renouveau de la botanique à la Renaissance pour voir se créer à Padoue, en 1545, le premier grand jardin des simples, dans le contexte du prodigieux renouvellement que connut alors l’enseignement de la médecine à l’Université de Padoue. En France, un tel jardin avait été créé à Montpellier en 1597. Ruiné par les guerres civiles, il fut néanmoins remis sur pied dans les années 1620 ; mais le projet de Guy de La Brosse, plus vaste, était d’implanter un jardin dans la capitale même, et d’associer à ce jardin des développements théoriques et pratiques : la connaissance non pas des seules plantes du Midi, mais de toutes les plantes : celles du Nord, de la Méditerranée, d’Orient et d’Amérique ; leur étude extérieure, mais aussi leur "anatomie" par le feu, c’est-à-dire leur analyse chimique, tout au moins à la façon dont on procédait alors : en extrayant de la plante, par distillation et par diverses opérations au feu, ses sucs, ses essences, son mercure, son soufre et son sel, puisque telles étaient, à l’époque, les conceptions paracelsiennes de l’analyse chimique des corps. On pourrait s’étonner que Guy de La Brosse se soit opposé à la Faculté de médecine de Paris, puisqu’il préconisait l’utilisation intensive des plantes en médecine. Mais il accuse la Faculté — et, semble-t-il, à juste titre — d’avoir entièrement négligé l’étude des plantes, à l’exception de trois ou quatre dont ses docteurs confectionnent leurs divers remèdes. Il accuse également la Faculté de pratiquer avec excès la saignée, appelant ses docteurs, par dérision, "la secte sanguinaire". En outre, sa conception de l’étude des plantes passe obligatoirement par le recours aux techniques d’analyse de l’(al)chimie [2] ; or la Faculté de médecine de Paris ne veut pas entendre parler de ces techniques, se retranchant dans un conservatisme qui, dans les années 1615-1630, est déjà largement anachronique, la plupart des autres Facultés françaises et étrangères ayant depuis longtemps reconnu l’intérêt de la préparation (al)chimique des remèdes, du moment qu’on en use avec discernement. Guy de La Brosse se place ainsi en concurrence directe avec la Faculté. Il prétend en effet non seulement cultiver les plantes médicinales et les analyser, mais aussi tenir à la disposition des apothicaires les eaux, les sucs, les essences et les sels de ces plantes, obtenus tant par décoction que par distillation, et "faire un cours de l’Art distillatoire" pour "monstrer toutes ces operations" à tous ceux qui le souhaitent. Il veut aussi que son Jardin soit un lieu "où les disciples de la Medecine puissent apprendre ; & où ceux qui la professent s’adressent à leur besoin". Il souhaite enfin que les pauvres, qui n’ont pas les moyens de payer les remèdes en vente chez les apothicaires, y viennent librement pour "trouv[er] les remedes à leurs infirmitez". C’est une façon de briser purement et simplement le monopole médical de la Faculté de médecine. Aussi va-t-il s’écouler vingt-quatre ans entre la première proposition de Guy de La Brosse, en 1616, et l’ouverture effective du Jardin du Roi en 1640. Durant cet intervalle, si Guy de La Brosse parvient à surmonter les différents obstacles dressés contre lui par la Faculté, c’est grâce à la protection de Richelieu lui-même, qui a voulu très réellement, semble-t-il, faire voler en éclats le monopole médical de la Faculté, comme on le voit par le soutien qu’il accorda aussi à la même époque au Bureau d’Adresse de Théophraste Renaudot, dont l’une des fonctions était de fournir aux pauvres une assistance médicale gratuite. Le point d’aboutissement de cette évolution, ce sera, sous Louis XIV, la main-mise du premier médecin du roi sur l’enseignement de la médecine, qui n’est qu’un pas de plus vers l’absolutisme dont Richelieu avait pavé la voie à maints égards. Les points de contact entre Guy de La Brosse et les médecins paracelsiens de son temps sont donc assez nombreux. Médecin du roi comme eux, il s’oppose comme eux à la Faculté, préconise comme eux l’utilisation des techniques alchimiques dans la préparation des remèdes au laboratoire, et pratique comme certains d’entre eux — par exemple comme Théophraste Renaudot, mais aussi, avant ce dernier, comme Roch Le Baillif (c. 1540-1598) ou comme Nicolas Houël (c. 1524-1587) — la médecine charitable, qui est encore un trait issu des idées de Paracelse, car Paracelse accusait la médecine scolastique de placer au rang de véritables dieux de vulgaires philosophes païens comme Aristote, Avicenne ou Galien, et préconisait la pratique d’une médecine foncièrement chrétienne, où le rapport entre médecin et patient était guidé par la compassion et l’amour du prochain. Et pourtant, Guy de La Brosse n’épargna pas ses critiques aux paracelsiens de son temps. Il fit certes l’éloge de l’ancien premier médecin du roi, Jean Ribit de La Rivière (c. 1546-1605), qui avait su harmoniser médecine scolastique et paracelsisme, mais ce qu’il loua chez lui, ce fut seulement sa connaissance des plantes. Il se moqua des alchimistes qui s’efforcent de tirer des minéraux "l’oyseau d’Hermes", c’est-à-dire la pierre philosophale (Advis defensif, p. 13-14), et il critiqua sévèrement les iatrochimistes, c’est-à-dire les médecins paracelsiens (qu’il appelait d’ailleurs "alchimistes") pour leur attachement aux remèdes tirés du règne minéral à l’exclusion des plantes (ibid., p. 29), tout en rendant justice à la médecine paracelsienne — c’est-à-dire à tout l’édifice de la préparation (al)chimique des médicaments — fondée par les premiers paracelsiens belges, danois, allemands et français, à savoir Gérard Dorn (c. 1530/35-ap. 1584), Petrus Severinus (1540/42-1602), Andreas Libavius (ap. 1555-1616), Martin Ruland (1569-1611), Oswald Croll (c. 1560-1608), Heinrich Nollius (1590-1626), Johannes Rhenanus (fl. 1604-1635) et, pour la France, Claude Dariot (1533-1594), Jean Ribit de La Rivière, Joseph Du Chesne (1546-1609), Israël Harvet (fl. 1597-1608), Guillaume Baucinet (fl. 1588-1608) et Théodore Turquet de Mayerne (1573-1655) (ibid., p. 30-34). Nous verrons d’ailleurs plus précisément comment il s’exprime sur ce point. Passons d’abord à d’autres facettes de sa personnalité.

Libertinage de mœurs et de pensée

C’est René Pintard qui a signalé et décrit, dans sa thèse sur le libertinage érudit au XVIIe siècle, le vaste réseau de relations qui liait Guy de La Brosse à tout le milieu libertin des années 1620-1640. La Brosse était notamment l’ami de François Luillier (c. 1604-1652) et de son hôte Gassendi (1592-1655), mais aussi du poète protégé par Luillier, Théophile de Viau (1590-1626). Ce dernier s’était vu imputer des vers scandaleux, puis avait été publiquement mis en accusation en 1623 par le père Garasse dans La Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps, où il était dépeint non seulement comme un débauché, mais comme le disciple le plus en vue de l’athée Vanini, qui avait été brûlé à Toulouse en 1619. Lorsque Théophile dut se cacher à la suite de son bannissement pour impiété, en 1625, Luillier fut de ceux qui le recueillirent, et c’est Guy de La Brosse qui, au témoignage de Guy Patin, lui administra à ses derniers moments une pilule narcotique. Au cours de son procès, en 1624, La Brosse avait déjà pris publiquement sa défense, en attaquant le père Garasse dans un livre au titre éloquent, le Traicté contre la Mesdisance. Il identifiait, dans ce livre, la médisance au Diable, ou plus exactement il réduisait le Diable à l’esprit de médisance, par des remarques comme celle-ci :

"Si l’opinion de ceux qui establissent deux principes estoit vraye, le premier seroit Dieu, & le second la Mesdisance."

ou encore comme cette autre remarque :

"Aussi les anciens Grecs voulans donner un nom sortable à l’esprit de mensonge […], l’ont appellé Diable, c’est en nostre langue un calomniateur, un faux tesmoing, celuy qui accuse faussement le juste." [3]

On ne saurait mieux donner à la notion de Diable une explication strictement naturelle, comme pour laisser entendre qu’il ne faut pas chercher d’autre Diable que la médisance. Dans le contexte du procès de Théophile de Viau, ce n’était pas seulement laisser entendre que le vrai Diable n’était autre que le père Garasse, calomniateur de Théophile : c’était aussi manifester discrètement une grande liberté par rapport à la religion, autrement dit, des opinions typiquement libertines. Comme on sait par ailleurs que Guy de La Brosse donna tout son soutien à un grand débauché, le surintendant des finances Claude de Bullion († 1640), lui offrant la facilité de recevoir des femmes au Jardin royal et lui administrant des clystères lorsqu’il avait trop mangé, pour lui permettre de manger à nouveau, on est en droit de se demander, avec René Pintard, si cet "entrepreneur d’orgies", si ce "conseiller ès vomissements de Son Excellence le Surintendant" pouvait être "beaucoup plus délicat que Son Excellence elle-même". Le récit de sa mort par Guy Patin va encore dans le même sens. Il faut bien sûr savoir que Guy Patin (1601-1672), qui fut doyen de la Faculté de médecine de Paris, détestait tous les amateurs de médecine (al)chimique, qu’il considérait comme des assassins, prétendant que leurs remèdes tuaient tous leurs patients ; Guy de La Brosse était d’autant plus l’une de ses bêtes noires que Patin ne jurait que par la saignée, dont La Brosse se moquait publiquement. Il est donc évident que le récit de Guy Patin est assez partial, mais à la lumière de ce qu’on sait à présent, il reste très éclairant :

"G. de la Brosse, qui avoit ici le Jardin du Roi au faubourg de St-Victor, est mort le samedi dernier jour d’août [1641]. Il avoit un flux de ventre d’avoir trop mangé de melons et trop bu de vin […]. Comme on lui parla ce même vendredi d’être saigné, il répondit que c’étoit le remède des pédants sanguinaires (il nous faisoit l’honneur de nous appeler ainsi), et qu’il aimoit mieux mourir que d’être saigné : aussi a-t-il fait. Le diable le saignera en l’autre monde, comme mérite un fourbe, un athée, un imposteur, un homicide et bourreau public, tel qu’il étoit ; qui même en mourant n’a eu non plus de sentiment de Dieu qu’un pourceau, duquel il imitoit la vie, et s’en donnoit le nom. Comme un jour il montroit sa maison à des dames, quand il vint à la chapelle du logis, il leur dit : Voilà le saloir où l’on mettra le pourceau quand il sera mort, en se montrant ; et se nommoit assez souvent pourceau d’Épicure, combien qu’Épicure valût bien mieux que lui."

Athée et pourceau d’Épicure, c’est du moins un écho de la réputation que pouvait avoir Guy de La Brosse auprès de ses ennemis. On ne saurait juger de l’intérieur des consciences, mais il est tout de même frappant que, lorsque Guy de La Brosse se demande dans son traité sur les plantes si celles-ci ont une âme incorruptible, au lieu de répondre "Naturellement non !", il réponde par l’affirmative. Afin de mieux en juger, examinons rapidement le traité De la nature, vertu, et utilité des Plantes, qui est son principal ouvrage. Le traité sur les plantes : libertinisme, botanique et chimie Dédié à Richelieu (pour les raisons exposées ci-dessus), ce traité commence par une adresse au lecteur qui est un véritable manifeste en faveur de la raison, du libre examen et de la nouveauté, contre le parti-pris et contre l’autorité. Sur le thème de la nouveauté, Guy de La Brosse anticipe ainsi les objections possibles : son sujet, loin d’être nouveau, "est aussi ancien que l’univers", ce qui suffit à justifier son intérêt (fol. [ã7]v°) ; mais les Anciens n’ont pas su y voir ce que lui-même y voit, s’étant bornés à la spéculation au détriment de l’expérimentation au laboratoire (fol. [ã8]v°) :

"[…] il eust esté mieux pour Aristote de sçavoir manier le charbon & d’Anatomiser la Nature par le feu que par les ergotismes, puis que ce n’est pas par la seule contemplation & par la lecture des livres que l’on devient veritablement scavant Naturaliste […] ainsi il n’y faut pas entrer les bras croisez & les mains soubs les aisseilles, l’un & l’autre doivent estre desployez pour fouïller les metaux, pour arracher & fouir les Plantes & pour esventrer les Animaux, puis examiner le tout par le feu, c’est la maniere de venir vrayement sçavant."

C’est donc dès l’ouverture de l’ouvrage que Guy de La Brosse tient à insister sur ce point. La question de l’âme des plantes est traitée dans le premier Livre, au chap. VI : "Si l’ame des Plantes est incorruptible." La réponse de Guy de La Brosse est oui, mais avec des nuances :

"Voicy la question la plus hardie, & qui arrestera de premier front ceux qui ne veulent de la duree que pour eux : Mais […] nous ne proposons rien d’impie […]. Qu’ils sçachent qu’il y a deux durees, l’une absoluë, dependante de Dieu immediatement, nommee immortalité, celle que la religion nous enseigne & nous fait esperer, qui s’estend par delà l’estre du monde, de laquelle nous n’entendons parler. Et l’autre dependante de la Nature, qui suit l’estre du Monde ; c’est de celle-là que l’ame des Plantes joüist […] Car nulle chose qui est, ne retourne au non estre ; les Theologiens & les Philosophes nous l’asseurent ainsi ; les ames des Plantes sont, aussi ne retournent-elles au non estre. Les ames sont les formes, & les formes sont les essences des choses lesquelles ne perissent pas, elles sont incorruptibles, ainsi doivent elles esgaler la duree du monde."

Guy de La Brosse tient à appuyer son raisonnement sur des expériences ; il rappelle donc les expériences de palingénésie relatées par Joseph Du Chesne en 1604. Voici l’un de ces récits, traduit du latin de Joseph Du Chesne [4] :

"un Polonais très savant et d’une grande famille, médecin à Cracovie, dont, à mon grand regret, j’ai oublié le nom, […] savait préparer si délicatement et philosophiquement la cendre obtenue de toutes les parties de quelque plante que ce fût […] qu’il en avait plus de trente ainsi préparées par l’art à partir de leurs cendres, qu’il tenait toutes renfermées dans de petites fioles de verre […] où il avait écrit le nom et la propriété de chaque plante. Si bien que si quelqu’un demandait qu’il lui montrât une rose et un souci, ou autre chose, comme un pavot rouge, blanc ou bigarré, il prenait alors la cendre de la plante dont l’image devait être produite. Si par exemple vous désiriez vous faire montrer une rose, il prenait la fiole désignée par ce nom, et le fond du vase s’échauffant un peu au contact du feu de lampe, de cette cendre très fine et impalpable surgissait l’apparence bien visible d’une rose, qu’on pouvait voir de ses yeux croître insensiblement, s’animer, et produire entièrement la forme de la tige, des feuilles, puis l’ombre et l’aspect d’une véritable rose en fleurs, et enfin laisser apparaître une rose parfaitement développée, de telle sorte qu’il n’était rien de plus certain et de plus exquis que de produire et d’observer à partir de cette ombre de rose cette rose bien visible, si parfaite en toutes ses parties que vous l’eussiez dite entièrement corporelle, elle qui ne s’offrait aux regards que par une idée de nature spirituelle, étant pourtant bien réellement dotée d’une essence spirituelle, à qui il ne restait qu’à être confiée à une terre convenable pour obtenir un corps plus solide. Et cette apparence ombreuse, une fois le vase ôté du feu, retournait à ses cendres et regagnait son chaos en se dissipant insensiblement. Comme je cherchais avec le plus grand zèle à obtenir ce secret, j’employai toutes mes forces […], mais je ne pus jamais y parvenir."

Ayant résumé ce récit et un autre du même genre, Guy de La Brosse ajoute :

"Ces raisons jointes aux experiences nous ont fait penser que les ames des Plantes estoient immortelles de la duree du monde, & que cessans de vegeter qu’elles avoient accomply le terme de leur duree : qu’elles se retirent apres telle fatigue dedans leur nuict pour se reposer, & pour retourner derechef à long progrés de temps en la vie.

Que sçait-on si les ames des Plantes n’ont pas esté toutes creées dés le commencement du monde, & qu’enveloppees en la matiere elles paroissent en la vie par le benefice successif de celles de leur espece, qui ayans receu le devant, par un ordre naturel les attirent & desveloppent du Cahos ou de la nuit où elles sont cachees & endormies, les expliquant & faisant paroistre chacune en son temps & saison ; premierement en la condition de semence, puis par les autres progrés dans la perfection de la vie. Ceste pensee n’est point contraire à l’ordre de l’univers, voire j’oserois dire qu’elle est la plus conforme à ce que nous en enseignent les sainctes lettres."

La Brosse ne poursuit pas plus loin ses raisonnements, mais il est permis de penser qu’il laisse à son lecteur le soin de conclure que si les âmes des plantes vont et viennent ainsi, "par un ordre naturel", du sommeil à la vie et de la vie au sommeil, il pourrait bien en être ainsi des hommes. C’est une sorte de matérialisme à demi-mot : La Brosse croit à l’existence de l’âme, mais il n’est pas éloigné de penser que l’âme pourrait bien n’être rien qu’un principe matériel, un des ressorts cachés de la nature. C’est dans le deuxième Livre que La Brosse aborde les questions de botanique proprement dites. "Le II. [Livre]", écrit-il, "Definit & divise les Plantes en leurs generales especes, d’autre sorte que celles des Anciens, & cherche leurs vertus". Voici les sept espèces de plantes que distingue Guy de La Brosse :
  • "arbres"
  • "arbustes" ou "arbreaux" (romarin, sauge, lavande…)
  • "herbes"
  • "surcroissantes" (plantes qui naissent sur une autre, plantes parasites, tel le gui)
  • "mousses"
  • "champignons"
  • "truffles" [sic]
Ces quatre dernières espèces étaient anciennement réunies sous la seule dénomination d’herbes, mais La Brosse les distingue en fonction de leur mode d’être : avec racines ou sans racines, poussant sur la terre ou sur une autre plante… ; quant aux truffes, on a même douté que ce soient des plantes, ce que La Brosse s’applique à démontrer. Tout cela paraît plein de bon sens, pour une classification du début du XVIIe siècle qui ne possède pas encore toutes les ressources du microscope et ignore encore les divers modes de reproduction des plantes. Le second Livre se donnait aussi pour tâche de "chercher [les] vertus" des plantes, c’est-à-dire, plus exactement, de chercher l’origine de leurs vertus : celles-ci viennent-elles du ciel et de ses influences ? des qualités ou de la substance des éléments ? de la propriété de toute la substance ? Rien de tout cela : les vertus des plantes sont issues de la forme au sens aristotélicien du terme (à savoir, le principe immatériel sans lequel toute matière resterait inerte et privée de toute qualité), car la forme, c’est pour Guy de La Brosse "l’esprit Artiste" ou "l’esprit Ouvrier" (autrement dit un principe de nature spirituelle, que Guy de La Brosse emprunte à la philosophie de Paracelse, et plus précisément de Petrus Severinus), qui "travaille en la matiere qu’il dispose & agence selon sa predestination naturelle pour produire son action sensible" ; c’est le principe vital de la plante ; "Es Animaux il est en la semence ; aux Plantes, il est au germe, sans cet esprit il ne se fait aucune generation ny production" : c’est ce qu’on appellerait aujourd’hui le code génétique. Enfin, La Brosse se demande comment l’on connaît le mieux les vertus des plantes, et il répond que c’est non par les sens, mais par la dissection des plantes, autrement dit, par leur étude extérieure et par leur analyse au laboratoire. C’est pourquoi le troisième Livre "Est un traicté general de la Chimie". L’ouvrage de La Brosse se rattache ainsi étroitement au genre des "manuels de chimie" que l’on vit fleurir tout au long du XVIIe siècle, et au rang desquels il est parfaitement légitime de le compter, quoiqu’il ait été négligé jusqu’à présent comme tel par la plupart des historiens des sciences qui se sont penchés sur la masse de ces "manuels". Guy de La Brosse est pourtant lui-même très conscient de cette filiation. Dans le très intéressant "Argument" qu’il place en tête de ce troisième Livre, il souligne combien il se démarque de Paracelse, Severinus, Croll, Du Chesne, Penot, Dorn, Libavius, Nollius, Mylius, Beguin et sans doute Étienne de Clave. Parmi eux, Paracelse et Severinus ("qui paroist avoir mieux entendu Paracelse que Paracelse ne s’est entendu") sont presque les seuls à trouver grâce à ses yeux, car il leur reconnaît, à eux et quelques autres, le mérite d’avoir mis "la main au charbon", prétendant — non sans injustice — que les autres se sont contentés de "monter à l’essort de la contemplation, se rapportant de la verité à ceux qui ont un peu travaillé", "rapsodant de toutes parts" pour "compiler diverses opinions" et faisant ainsi des livres "grandement bien receuz des contemplatifs & paresseux qui les alleguent & s’en auctorisent". Si cette critique au vitriol stigmatise en effet une propension croissante chez les paracelsiens à la spéculation théorique, il reste que nous savons en toute certitude que tous ceux qu’a nommés La Brosse mirent la main à l’ouvrage et passèrent bien des heures de leur vie au laboratoire [5]. Toujours est-il qu’un peu plus loin, La Brosse étend même ses critiques à Paracelse et à Severinus. Son critère suprême est en effet l’expérience au laboratoire : celle-ci lui semble de très loin préférable aux tentatives de "vouloir entendre [les auteurs] les uns par les autres" ou d’"accorder Paracelse à soy mesme" (tâche en effet ardue !). C’est l’expérience seule qui permet, selon lui, d’instaurer dans "cette sensible science" — c’est-à-dire dans cette science entièrement fondée sur l’expérience sensible — "l’ordre par la raison de sa simmetrie" réclamé de plusieurs et jamais encore atteint [6], autrement dit l’ordre géométrique (more geometrico) qui seul rend à une science "les vrays traicts de sa beauté". Ce n’est pas la première fois, loin de là, qu’un (al)chimiste en appelle ainsi à l’expérience : récemment encore, ce thème était devenu un lieu commun chez les paracelsiens et chez les adeptes de la médecine (al)chimique, et certains d’entre eux avaient effectivement cherché — tels Libavius ou Jean Beguin — à offrir une (al)chimie raisonnée, ordonnée, comme La Brosse le rappelle à juste titre. Mais pour les plus fidèles disciples de Paracelse, comme Gérard Dorn, Heinrich Khunrath, Oswald Croll, Adam Haslmayr ou Benedictus Figulus, l’appel à l’expérience ne consistait pas seulement à valoriser l’expérimentation au laboratoire : c’était aussi un appel à l’expérience intérieure, seule capable de réactiver en soi-même le fiat créateur qui constituait la parcelle de divinité infuse en chaque homme et qui, par le biais de la foi, de la prière et de la grâce, pouvait permettre d’accomplir des prodiges pareils à ceux du Christ [7]. Or c’est précisément aux tenants de cette tendance que Guy de La Brosse tourne résolument le dos, leur associant aussi dans son refus tous les paracelsiens qui se sont efforcés d’insérer Paracelse dans le cadre néoplatonicien de la prestigieuse lignée des prisci philosophi, ces philosophes antiques censés avoir reçu, chacun à sa manière, malgré leur paganisme, un fragment de la Révélation chrétienne, tels Zoroastre, Orphée, Pythagore, Platon ou Hermès Trismégiste, voire Virgile ou Ovide. Guy de La Brosse exprime ce refus en ces termes :

"Ceux qui se sont efforcez d’en [i.e. l’(al)chimie] faire paroistre le visage l’ayant voulu consilier aux vieilles opinions & luy donner quelque conformité, l’ont meslangé avec des cabales, des sciences Mystiques & Magiques & de sorte barbouillé que l’on n’y connoist pas les vrays traicts de sa beauté, aussi n’ont-ils satisfaict ceux qui y ont desiré l’ordre par la raison de sa simmetrie."

Guy de La Brosse veut donc dissocier la chimie de ces "sciences Mystiques & Magiques" ; mais il veut aller plus loin encore : ce qu’il désire, c’est une chimie entièrement fondée sur les principes de la nature, et par ce mot, il entend le monde d’ici-bas. Revenant à Paracelse, il écrit en effet :

"Car ayant leu & releu celuy-cy & les autres, j’ay bien apperçeu qu’il a de tres-belles & tres-rares pensees, mais aussi qu’elles ne sont pas tousjours esgales ; Que Severin son interprette, en a qui les suivent, mais tellement renfermees dedans les Astres qu’il ne s’en peut debarrasser, & que les autres courant apres eux n’ont pas tiré l’eschelle, de sorte que j’ay plustost choisi de fouïller les entrailles de la Nature en divers sujets selon les divers avis que j’ay pris d’eux […]."

Et plus loin, considérant la relative nouveauté de la "Chimie", Guy de La Brosse rappelle qu’elle est "bien jeune puis qu’elle n’a pas encore son ordre, & que ses principes ne sont pas entierement connus ou expliqués" ; il précise alors que les paracelsiens n’y ont guère apporté de clarté, car

"ils ne limitent la Nature à ses bornes & ne l’assujettissent à ses termes, […] & puis ne pouvant rencontrer les causes & les formes des choses, les aller chercher dedans le Ciel & aux Estoiles, m’a paru autant extravagant en la Chimie qu’en la Philosophie ordinaire, au moins est-ce mon sens ainsy que je l’ay amplement fait voir au second de ces livres & comme encore je continuë aux autres."

Cette condamnation sans appel de toute explication autre que naturelle s’accorde visiblement fort bien avec le libertinisme de Guy de La Brosse tel qu’on l’a évoqué plus haut, de sorte qu’on tient sans doute là un des rares exemples clairement exprimés de "Chimie" libertine, radicalement privée de toute considération religieuse ou mystique. En conclusion, il faut d’abord rappeler que c’est le Jardin royal des Plantes qui fut en France la toute première institution à offrir publiquement, gratuitement et officiellement de vrais cours de chimie. C’est un fait bien connu des spécialistes, mais on a l’habitude de dater les premiers cours de chimie au Jardin royal de l’an 1648, date à laquelle l’alchimiste William Davisson reçut effectivement la charge de démonstrateur de chimie. Or la liste des étudiants au Jardin royal publiée en 1641 par Guy de La Brosse, forte de 227 noms, porte expressément, par huit fois, la mention "estudiant en Chimie". Quant à William Davisson, j’ai montré ailleurs [8] qu’il enseignait la chimie dès 1633, date à laquelle il se désigne, dans un manuscrit, comme doctor medicus et professor chymicus. La date de 1648 est donc celle de la création officielle de la première chaire d’enseignement de la chimie en France, mais en réalité, c’est en 1640, soit dès l’ouverture du Jardin, que commence cet enseignement public (compte non tenu des divers cours privés qui l’ont précédé depuis celui de Jean Beguin, commencé en 1608). La découverte par Rio Howard de l’inventaire de tout le laboratoire de Guy de La Brosse, un document exceptionnel, le confirme avec éclat en révélant tout le matériel nécessaire à de tels cours. On rappellera d’autre part que Guy de La Brosse, comparant en 1640 son Jardin royal aux jardins botaniques de Padoue, de Pise, de Leyde et de Montpellier, constatait non sans satisfaction que par son étendue comme par la variété et le nombre de ses plantes, le Jardin royal l’emportait de très loin sur les autres :

"Le premier ne contient pas un arpent [i.e. le tiers d’un hectare, soit l’équivalent d’un terrain de 50 m sur 60], & n’est enrichy que des plantes d’Italie & de Crete. Le second se mesure en trois quartiers ou environs, & n’est pas plus avantagé en ses vegetaux. Le troisiesme est à plus près de ceste grandeur, aussi est-il plus estimé pour ses plantes des Indes que luy a facilité le commerce de ses peuples, que pour sa structure. Quant à celuy de Montpellier, plus grand qu’aucun d’eux, contenant de cinq à six arpens, il n’est peuplé que des produits du Languedoc, des Alpes & Pyrenées. Et celuy-cy [i.e. le Jardin royal des Plantes] contient dixhuict arpens en son enclos, ses parterres, bois, prez, vergers & montagne plus amples, autrement & mieux dressez que tous ses devanciers & contemporains, qui le rendent d’autant plus beau & majestueux que ceux-là. […] Mais ce n’est pas seulement pour ces belles parties que je le vante, la beauté de ses bastimens, l’estenduë de sa terre, l’agreable disposition de ses parties, & son avantageuse situation peuvent estre rencontrees en divers autres lieux, & non la multitude des especes de ses plantes, apportées de l’une & l’autre Inde, & de toutes les provinces de la terre où l’intelligence Françoise s’est peu estendre, qui est ce qui luy donne un tres grand & riche avantage sur tous les autres […]."

Et pour finir, on se reportera aux deux états successifs du plan de ce jardin : le premier est joint, en grand format, à la Description du Jardin Royal des plantes medicinales, le second se trouve ci-dessous. En les examinant, on aura soin de ne pas perdre de vue que le jardin d’alors ne représentait, en surface, que la moitié ouest de l’actuel Jardin des Plantes.

Plan du Jardin Royal après de nouveaux travaux de terrassement, dû à Abraham Bosse.
Dans : Guy de La Brosse, Catalogue des Plantes cultivées à present au Jardin Royal des Plantes Medecinales, Paris, s.n.e. [Jacques Dugast], 1641. [Cliché BnF].

 

Notes

1 Voir la bibliographie qui suit cette présentation. — Ce texte reprend en la développant une conférence donnée au Centre Alexandre Koyré en septembre 2005. J’emploie la graphie (al)chimie pour désigner une discipline qui, au temps de Guy de La Brosse (qui l’appelle pour sa part « chimie » sans qu’on puisse tirer la moindre conclusion de cette appellation, très fréquente à l’époque), relève autant de la chimie que de l’alchimie au sens actuel de ces deux termes : la différenciation entre alchimie et chimie ne se fera que lentement, à partir des années 1660. On verra néanmoins qu’aux yeux de Guy de La Brosse, cette discipline se rapproche beaucoup plus de la chimie que de l’alchimie proprement dite.
2 Cette graphie vise à rappeler qu’à l’époque considérée, il n’existe pas encore de différenciation entre chimie et alchimie. Une telle distinction n’apparaîtra pas avant 1660, et il lui faudra près d’un siècle pour passer entièrement dans les mœurs, à l’exception de cercles spécialisés comme ceux de l’Académie royale des Sciences. Il serait donc anachronique de parler de « chimie ». Cependant la transmutation des métaux en or n’intéresse guère Guy de La Brosse, ce qui rend tout aussi malaisé l’emploi du mot « alchimie » : d’où la solution adoptée ici.
3 C’est en effet le sens littéral de diabolos en grec.
4 J. Du Chesne, Ad Veritatem Hermeticæ Medicinæ […] Responsio, Paris : Abraham Saugrain, 1604 (rééd. Francfort : Wolfgang Richter pour Konrad Neben, 1605), chap. 23 (éd. 1604, p. 292-301 ; éd. 1605, p. 230-238).
5 Voir par exemple la correspondance d’Oswald Croll avec Du Chesne et Penot, citée plus loin en bibliographie.
6 Tel est le sens de cette phrase quelque peu étrange : « C’est un creon [sic pour “crayon”] d’ordre pour cette sensible science de plusieurs desiré & de beaucoup tenté, sans que pourtant il aye esté vrayement designé » [sic pour “dessiné”].
7 Voir à ce propos l’article de Carlos Gilly cité plus loin en bibliographie.
8 Dans la nouvelle version de ma thèse de doctorat, citée plus loin en bibliographie.

Bibliographie

Œuvres de Guy de La Brosse utilisées dans cette présentation

  • Guy de La Brosse, Traicté contre la Mesdisance. Par Guy de la Brosse Medecin, Paris : Jérémie et Christophe Périer, 1624.
  • —, Au Roy, s.l.n.d. [Paris, c. 1626 ?].
  • —, Advis defensif du Jardin Royal, des Plantes Medecinales à Paris, s.l.n.d. [Paris, c. 1626 ?].
  • —, De la nature, vertu, et utilité des Plantes […], Paris : Rollin Baragnès, 1628.
  • —, Description du Jardin Royal des Plantes Medecinales, estably par le Roy Louis le Juste, à Paris. Contenant le Catalogue des Plantes qui y sont de present cultivées, ensemble le plan du Jardin. Par Guy de la Brosse, Medecin ordinaire du Roy, & Intendant dudit Jardin, Paris, s.n.e., 1636.
  • —, L’Ouverture du Jardin Royal de Paris, pour la Demonstration des Plantes Medecinales. Par Guy de la Brosse, Conseiller & Medecin ordinaire du Roy, Intendant du Jardin, & Demonstrateur de ses Plantes, suivant l’ordre de Mr. Bouvard Sur-Intendant, Paris : Jacques Dugast, 1640.
  • —, Catalogue des Plantes cultivées à present au Jardin Royal des Plantes Medecinales, Estably par Louis le Juste, à Paris. Ensemble le Plan de ce Jardin en Perspective Orisontale. Par Guy de la Brosse, Medecin ordinaire du Roy, & Intendant dudit Jardin, Paris, s.n.e. [Jacques Dugast], 1641.

Sur l’histoire du Jardin royal et ses antécédents

  • Carmélia Opsomer-Halleux : "The Medieval Garden and Its Role in Medicine", dans : Elizabeth B. Macdougall (ed.), Medieval Gardens, Washington, 1986 (Dumbarton Oaks Colloquium on the History of Landscape Architecture, IX), p. 95-113.
  • François Dupuigrenet-Desroussilles : "Regards et savoirs : images du jardin botanique de l’Université de Padoue au XVIe siècle", Revue d’histoire des sciences, 42 (1989), p. 281-291.
  • Jeanne Pronteau : "Étude sur le Jardin royal des plantes médicinales à Paris (1626-1788)", Annuaire de l’École Pratique des Hautes Études, IVe section (sciences historiques et philologiques), t. 107 (1974-1975), p. 651-669.
  • Jean-Paul Contant, Contribution à l’histoire de l’enseignement de la pharmacie : l’enseignement de la chimie au Jardin Royal des plantes de Paris, thèse de la Faculté de pharmacie de Strasbourg (mars 1952), Cahors : Imprimerie A. Coueslant, 1952.
  • Paul Crestois, Contribution à l’histoire de l’enseignement de la pharmacie :l’enseignement de la botanique au Jardin Royal des plantes de Paris, thèse de la Faculté de pharmacie de Strasbourg, Cahors : Imprimerie A. Coueslant, 1953.

Biographie et idées de Guy de La Brosse

  • Guy Patin, Lettres de Gui Patin. Nouvelle édition augmentée de lettres inédites, précédée d’une notice biographique, accompagnée de remarques scientifiques, historiques, philosophiques et littéraires, éd. J.-H. Reveillé-Parise, Paris : J.-B. Baillière, 1846, I, p. 81-82 ; III, p. 359.
  • Gédéon Tallemant des Réaux, Historiettes, éd. Antoine Adam, Paris : Gallimard ("Bibliothèque de la Pléiade »), 1960-1961, I, p. 301.
  • René Pintard, Le Libertinage érudit dans la première moitié du xviie siècle [11943], rééd. augm., Genève-Paris : Slatkine, 1983, spéc. p. 195-200 et 202.
  • Henry Guerlac : "Guy de La Brosse and the French Paracelsians », dans : A. G. Debus (ed.), Science, Medicine and Society in the Renaissance (1972), I, p. 177-199.
  • Henry Guerlac : "La Brosse, Guy de », dans : C. C. Gillispie (éd.), Dictionary of Scientific Biography, VII (New York : Charles Scribner’s Sons, 1973), p. 536-541.
  • Rio Howard : "Guy de La Brosse : botanique et chimie au début de la révolution scientifique », Revue d’histoire des sciences, 31 (1978), p. 301-326.
  • Rio Howard, La Bibliothèque et le laboratoire de Guy de La Brosse au Jardin des Plantes à Paris, Genève : Droz, 1983.
  • Didier Kahn : "Quelques notes d’alchimie et d’histoire des sciences à propos des romans de Cyrano de Bergerac", dans Lectures de Cyrano de Bergerac, Les États et Empires de la Lune et du Soleil, dir. Bérengère Parmentier, Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2004, p. 59-76, ici p. 74-76.
  • Didier Kahn, Science, religion et litteìrature dans la France alchimique de la fin de la Renaissance, à paraître (Genève : Droz, 2008), chap. 1.1.

Contexte historique

  • William R. Newman et Lawrence M. Principe : "Alchemy vs. Chemistry : The Etymological Origins of a Historiographic Mistake", Early Science and Medicine, 3 (1998), p. 32-65.
  • Jean-Marc Mandosio : "Quelques aspects de l’alchimie dans les classifications des sciences et des arts au XVIIe siècle", dans F. Greiner (éd.), Aspects de la tradition alchimique au XVIIe siècle, Paris-Milan : S.É.H.A.-ARCHè, 1998 (Textes et Travaux de Chrysopœia, 4), p. 19-61, spéc. p. 42-47.
  • Paul Delaunay, La Vie médicale aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Paris : Laboratoires pharmaceutiques Corbière, 1935.
  • Howard M. Solomon, Public Welfare, Science, and Propaganda in Seventeenth Century France. The Innovations of Théophraste Renaudot, Princeton : Princeton University Press, 1972.
  • Édouard Mehl : "Le complexe d’Orphée. Philosophie et mythologie au XVIe siècle", Littératures, 47 (2002), p. 87-100.
  • Jole Shackelford, A Philosophical Path for Paracelsian Medicine. The Ideas, Intellectual Context, and Influence of Petrus Severinus (1540/2-1602), Copenhague : Museum Tusculanum Press, 2004.
  • Hiro Hirai, Le Concept de semence dans les théories de la matière à la Renaissance : de Marsile Ficin à Pierre Gassendi, Turnhout : Brepols, 2005.
  • Oswald Croll, Alchemomedizinische Briefe, 1585 bis 1597, éd. Wilhelm Kühlmann et Joachim Telle, Stuttgart : Franz Steiner, 1998.
  • Owen Hannaway, The Chemists and the Word. The Didactic Origins of Chemistry, Baltimore-Londres : The Johns Hopkins University Press, 1975.
  • Carlos Gilly : "Theophrastia Sancta. Der Paracelsismus als Religion im Streit mit den offiziellen Kirchen", dans Joachim Telle (Hrsg.), Analecta Paracelsica. Studien zum Nachleben Theophrast von Hohenheims im deutschen Kulturgebiet der frühen Neuzeit, Stuttgart : Franz Steiner, 1994, p. 425-488.

Réimpressions

De la nature, vertu & utilité des plantes et Description du Jardin Royal des plantes médecinales sont tous deux disponibles sous forme de réimpressions. Les commandes sont à adresser à la BIU Santé.

Remarque sur la présente réimpression

La réimpression du traité De la nature, vertu, et utilité des Plantes a été effectuée à partir de deux exemplaires conservés dans les collections de la Bibliothèque interuniversitaire de médecine : l’exemplaire 30544 a servi pour le début de l’ouvrage, jusqu’au privilège inclus. L’exemplaire 41677 a été employé pour toute la suite. Nous ne nous sommes permis la création de cette chimère bibliographique, qui était techniquement souhaitable, qu’après avoir vérifié la conformité des deux exemplaires.