Philippe CHARLIER
Aspects modernes de la recherche en paléopathologie
Loin d'être une discipline poussiéreuse et secondaire, la
paléopathologie de ce début de XXIème siècle brille par l'ensemble
des moyens techniques modernes qu'elle met en oeuvre pour arriver à
des diagnostics de certitude. Dans cette présentation, l'auteur
montrera l'arsenal dont dispose un médecin paléopathologiste pour
analyser les restes humains plus ou moins fragmentés, notamment dans
le domaine de la paléo-rhumatologie. On comprendra ainsi que la
paléopathologie se révèle particulièrement utile aux vivants, non
seulement en dessinant, étude après étude, une cartographie
sanitaire des populations du passé, mais aussi en permettant de
tester, valider et critiquer des méthodes diagnostiques utilisées en
médecine courante ou de pointe.
M. KERBOUL
Histoire de la prothèse de hanche
De la préhistoire (Thomas Gluck en 1890) à nos jours,
l'arthroplastie totale de hanche a parcouru un chemin long et très
tortueux par aboutir à une intervention dont l'efficacité est
remarquable. L'arthroplastie totale de hanche moderne est née des
travaux de K. Me Kee et J. Charnley dans les années 1950-1960 en
Grande Bretagne. L'histoire de cette intervention en France débute
en 1965. Elle est marquée par deux traits dominants, une imagination
extrêmement fertile des chirurgiens orthopédiques et souvent une
compréhension plutôt pauvre des problèmes mécaniques de
l'articulation de la hanche. Cette histoire peut être divisée en
quatre étables principes :
1965-72 : les débuts de l'arthroplastie totale, succès, problèmes
et limites.
1972-86 : la fin temporaire des prothèses métal métal, le début
de la fixation sans ciment, l'amélioration de la forme des prothèses
cimentées, la multiplication des modèles.
1986-97 : l'amélioration de la forme et du revêtement des
prothèses sans ciment, le début de l'hydroxyapatite, le
développement de la modularité et l'usure du polyéthylène.
1997-2008 : c'est le retour vers les couples dur-dur, l'abandon
provisoire du zircone et le retour aux techniques de resurfaçage,
l'amélioration du polyéthylène et la progression importante du sans
ciment.
Un court chapitre est consacré à l'état actuel de cette
intervention en France.
Danielle GOUREVITCH
La goutte dans la « joie de vivre » d'Émile Zola
Zola, qui vient de publier Nana en 1880, décide de consacrer son
roman suivant à une jeune fille qui serait le pendant et le
contraire de la misérable éponyme. Il s'attache donc à Pauline Quenu,
déjà évoquée parmi les personnages des Rougon-Macquart, la fille
unique des charcutiers des Halles, née en 1852, devenue orpheline en
1860, à neuf ans ; sa tutelle est confiée à son oncle Chanteau. Zola
a l'idée de faire de ce tuteur un incapable total, détruit
moralement et physiquement par la goutte, rendant la vie impossible
à tous les siens, tant par sa propre souffrance que par son égoïsme.
Ce sera La Joie de vivre, roman publié en 1884. On étudie la
documentation médicale du romancier, essentiellement le Treatise
on goût and rheumatic goût (rheumatoid arthritis), d'Alfred
Baring Garrod, que Zola peut lire dans sa traduction française. On
montre comment la maladie elle-même devient le personnage-clef au
coeur de l'intrigue.
Philippe BONNICHON
Traitement des fractures aux temps de Guy de Chauliac et d'Ambroise
Paré
Deux chirurgiens français, Guy de Chauliac et Ambroise Paré,
marquèrent profondément leur art jusqu'à la fin du XVIII° siècle.
Aujourd'hui encore, l'admiration portée à leurs œuvres inspire de
nombreux travaux qui nous orientent vers la compréhension des
maladies traitées chirurgicalement que ce soit dans leur contexte
général, médical, technique ou même éthique. Les personnalités de
Guy de Chauliac et Ambroise Paré qui s'opposent, sont pourtant
essentielles pour comprendre leurs écrits. Ces différences
apparaissent clairement lorsque l'on étudie les chapitres traitant
des fractures, but du travail que nous exposons.
Bernard-Paul AMOR
Histoire de la spondylarthrite ankylosante : Antiquité, Moyen-Âge et
de nos jours
Décrite sur un squelette à la fin du 17ème siècle, la
spondylarthrite ankylosante ne sera reconnue chez des grands
invalides vivants qu'à la fin du XIXe siècle. Il faut attendre 1931
et la description de l'atteinte radiologique des sacro-iliaques pour
voir se multiplier les cas et s'affiner sa description. Mais en
l'absence de traitement efficace la précocité du diagnostic n'est
pas primordiale.
En 1954, le premier traitement efficace la phénylbutazone ouvre
l'ère des anti-inflammatoires non stéroïdiens qui va stimuler les
cliniciens à reconnaître la maladie avant l'ankylose. Les premiers
critères de classification apparaissent en 1960.
Jusqu'en 1973 donc pendant 20 ans si les AINS soulagent, les
effets secondaires digestifs rendent leurs prescriptions prolongées
difficiles. 1973 est un vrai tournant se produit dans tous les
domaines. L'enthèse est reconnue comme la cible essentielle de
l'inflammation, les antis H2 puis les IPP permettent des traitements
anti-inflammatoires prolongés et les chirurgiens mettent en place
les premières prothèses de hanches chez des sujets jeunes.
La découverte de l'association de l'antigène HLA B27 à la SPA
vient confirmer le caractère pour une part génétique de la maladie
et son étroite parenté avec le syndrome de Fiessinger - Leroy comme
certains cliniciens l’avaient avancé et l'intégration de ces
maladies dans les spondylarthropathies. Des critères font permettre
l'identification de plus en plus précoce de ces affections.
Cette association a stimulé les recherches physiopathologiques
comme la création de souris transgéniques pour HLAB27 et la
recherche de germes déclenchant la maladie. Mais l'ouverture va
venir de recherche sur les cytokines et en particulier le tumor
necrosis factor alpha (TNFa).
En 2000, une nouvelle révolution commence, celles de
biothérapies. Un diagnostic le plus précoce possible avant toute
ankylose ou déformation est très souhaitable. On tente d'améliorer
les critères de diagnostic par l'IRM et l'échographie susceptibles
d'objectiver des lésions bien avant la radio. Mais les douleurs si
caractéristiques de ces maladies sont de loin les signes les plus
précoces.
L'ankylose n'est plus aujourd'hui qu'une des évolutions possible
et même l'atteinte des sacro-iliaques n'est plus un signe
indispensable.
Les femmes sont atteintes aussi souvent que les hommes et les
enfants ne sont pas indemnes. La recherche progresse avec la mise en
évidence de l'intervention de I123 et des TH17 dans sa
physiopathologie et dans la génétique. C'est sans doute dans cette
voie que les prochains développements se trouveront.
Christian ROUX
Histoire de la minéralisation osseuse
L'histoire du tissu minéralisé qu'est le tissu osseux doit
probablement débuter avec Lobstein (le jeune) connu pour sa
description de l'ostéogenèse imparfaite à la fin du Xlllème
siècle, et pour l'utilisation pour la première fois du mot
ostéoporose en 1829. Il faudra attendre un siècle pour comprendre le
rôle de la régulation hormonale sur le métabolisme osseux
(Albright), et encore 30 ans pour replacer le métabolisme osseux
dans une unité de remodelage, et donc une structure fonctionnelle
cohérente (Frost). L'accélération des connaissances dans le domaine
de la physiologie osseuse est actuellement rapide, et les 10
dernières années ont vu la démonstration des voies de régulation
essentielles de l'activité de résorption osseuse (système Rank-Rank
ligand), les voies de l'ostéotormation (LRP5-Wnt) et la boucle de
rétro contrôle de l'ostéoformation (sclérostine).
Finalement l'acte de naissance de la «minéralisation osseuse» en
France est peut être 2006, date du remboursement de la densitométrie
par absorptiométrie biphotonique, outil indispensable à la mesure du
tissu minéralisé et de ses variations. Ce sont en effet les
techniques de mesure de ce tissu, et leurs progrès, qui ont permis
le développement pratique et optimal de la prise en charge des
maladies osseuses.
Jean-Jacques FERRANDIS et Alain SEGAL
L'essor de la radiologie osseuse pendant la guerre 1914-1918
La première guerre mondiale a marqué un tournant significatif
dans l'histoire de la radiologie. L'évacuation des blessés sans
traitement était la règle au cours des deux premiers mois du
conflit, aboutissant à un désastre sanitaire. Le Service de santé
aux armées fut réorganisé. Les auteurs montrent comment la
radiologie, inexistante au début, devint indissociable de la
chirurgie en évoluant durant les différentes phases de la guerre
pour être particulièrement efficace en novembre 1918. Les personnels
(radiologistes, manipulateurs et techniciens) furent
considérablement augmentés et reçurent un enseignement spécifique.
Les postes fixes de radiologie se multiplièrent dans tout le pays
mais surtout, on développa les équipes mobiles de radio-chirurgie au
plus près des combats, notamment dans les Hôpitaux de l'Avant et les
ambulances automobiles chirurgicales. La radiologie osseuse, permit
au chirurgien de l'Avant de préciser au mieux les foyers de
fractures et surtout de repérer les projectiles, notamment
intra-articulaires. En dehors du front, dans les « services
spécialisés pour fractures » elle joua un rôle majeur dans la
surveillance de la cicatrisation osseuse ou de l'évolution vers la
pseudarthrose.
Patrick SICHERE
Pathologie ostéo-articulaire dans la bande dessinée
Grâce à la confiance de certaines revues, notamment de
rhumatologie, nous avons la chance de rencontrer depuis plusieurs
années les créateurs du monde de la bande dessinée. L'objectif est
de faire partager aux lecteurs le plaisir et la diversité qu'offre
le 9ème art. Cette véritable récréation, surgissant entre
des articles scientifiques, est rendue possible grâce aux artistes
eux-mêmes.
En effet, non seulement ils acceptent de répondre aux questions
qui concernent leur art, mais et surtout, ils n'hésitent pas à
illustrer de façon originale ce que la rhumatologie ou la douleur
leur inspire.
Nous présenterons donc quelques illustrations qui sont autant
d'images qui reflètent notre spécialité. Puis nous compléterons
notre propos en nous inspirant de Hergé. En effet le créateur de
Tintin n'a pas hésité à travers son œuvre à nous présenter ses
souffrances, aussi bien d'ordre physique que morale. A suivre...
Marcel Francis KAHN
Histoire de la polyarthrite rhumatoïde
L'étude historique de la polyarthrite rhumatoïde garde un intérêt
majeur pour comprendre le ou les mécanismes qui la provoquent. En
effet, il semble bien que, contrairement à d'autres pathologies
ostéo-articulaires arthrose, goutte, spondylarthrite) son apparition
soit récente tout au moins à l'échelle où elle est observée
aujourd'hui. On ne la trouve pas dans les descriptions médicales
mais aussi artistiques antérieurs au XVIII° siècle si ce n'est, de
façon sporadique dans des isolats amérindiens très anciens. C'est le
français JA Landré-Beauvais qui, le premier en a apporté une
description convaincante dans sa thèse en 1800.On la trouve ensuite
largement décrite par les cliniciens anglais et français du XIX°
siècle y compris notre grand Charcot qui lui a consacré sa thèse. Au
XX° siècle, l'histoire de la polyarthrite est marquée par de grandes
découvertes médicales ; avec les sels d'or et Jacques Forestier, la
Cortisone avec Hench, L'auto-immunité avec Waaler et Rose le rôle
des HLa de classe 2 avec Stasny les biothérapies notamment les anti-TNF
encore en plein développement. Mais si les mécanismes de la maladie
sont de mieux en mieux connus, son étiologie reste un mystère. Son
apparition récente soulève un problème encore non résolu : celui de
sa cause déclenchante – unique ou multiple – dont l'étude mérite
d'attirer l'attention non seulement des médecins, mais aussi des
historiens, des sociologues et des épidémiologistes invités à se
pencher sur tout ce qui a marqué le début du XIX° siècle tant en ce
qui concerne les pathologies infectieuses que ce qui a marqué le
développement industriel. Comme quoi, l'histoire de la médecine
n'est pas seulement une activité académique sans retombées pratiques
possibles !
Jacques MONET
Naissance de la kinésithérapie en France: 1900-1914
Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, quelques
promoteurs, médecins, praticiens de ville et des hôpitaux, dans la
mouvance du courant hygiéniste et pasteurien, s'investissent et se
déclarent convaincus de l'intérêt de l'utilisation en médecine dans
le traitement de certaines maladies, des agents physiques ; l'air,
l'eau, l'électricité, le mouvement (passif, actif) et les exercices
gymniques. La gymnastique et le massage présentant l'avantage sur
les autres agents de ne rien faire ingérer aux malades. La
kinésithérapie, agrégation d'une forme de massage et de
gymnastique, définie comme thérapeutique par le mouvement par un
gymnaste suédois, pénètre le champ de la médecine et en particulier
celui des spécialités médicales émergentes. L'exposé identifie les
promoteurs et les entrepreneurs qui tentent d'individualiser et de
rationaliser ces procédés pour leur conférer un statut médical et
scientifique : ils se regroupent dans la Société de Kinésithérapie
(1900). Ces médecins et chirurgiens initiateurs et innovateurs,
s'investissent dans ces pratiques, triviales et populaires qui
exhibent des propriétés thérapeutiques dans de nombreux domaines,
notamment en traumatologie, en orthopédie, dans le traitement des
différentes difformités physiques, de certaines maladies nerveuses
et gynécologiques. La pénétration de ces méthodes physiques, dans le
monde médical savant, est l'objet d'enjeux entre des groupes
professionnels qui se constituent, centrés autour des agents et en
briguent l'exclusivité à des fins de marché. Convaincus de l'intérêt
de ces procédés en particulier de l'usage de l'électricité et de
l'eau sous toutes ses formes, d'autres médecins tentent d'élargir et
de rassembler tous les traitements qui ont recours aux agents
physiques dans une nouvelle vision de la thérapeutique. On assiste
alors à une tentative d'institutionnalisation d'une nouvelle
spécialité médicale, la physiothérapie, application des agents
naturels à la thérapeutique. Les stratégies consistent alors à
convaincre le monde universitaire du bien fondé de ces
thérapeutiques pour qu'elles soient inscrites dans l'enseignement
officiel à des fins de légitimation. Mais l'Université ne peut
légiférer dans sa politique de création d'enseignement qu'en
recourant à la légitimité scientifique de l'enseignement envisagé,
celle de la matière du cours et celle du maître qui en aura la
charge.
L'histoire de la kinésithérapie s'étend sur un court espace et
pourrait se décrire en trois vagues successives. La première atteint
son intensité maximale avec une montée en puissance dans les années
1905 avec le Congrès pour la répression de l'exercice illégal de
la médecine, bornée par les années 1888-1905 où la présence de
la jeune Société de Kinésithérapie (1900) est primordiale lors des
débats qu'il a entraînés. Une seconde vague naît ensuite, elle
trouve sa force dans les années 1905-1910 où la kinésithérapie est
associée avec une autre discipline médicale l'électrothérapie
(Société d'électrothérapie 1880) en voie d'émergence pour constituer
la physiothérapie qui réunit un congrès exceptionnel à Paris
en 1910, le 3e Congrès international de physiothérapie
sous la présidence du Président de la République. La dernière est
celle où les blessés de la Grande Guerre vont bénéficier de la
création des centres de physiothérapie, de mécanothérapie et de
récupération où les méthodes physiothérapiques et le massage
concourront à la rééducation professionnelle des blessés de la
guerre.
Alain CHEVROT et Marie-José PALLARDY
Les aspects dévoyés de la radiologie osseuse
Huit jours après que Wilhelm Conrad Roentgen eu déposé son
mémoire sur "une nouvelle sorte de rayon" le 28 décembre 1895, le
monde entier était informé de cette découverte sensationnelle. A
partir de l'article publié dans le journal viennois de presse du
05/01 /l 896.
Dés cette époque sont apparues les applications médicales,
principalement sur le squelette, , bien qu'au début très contestées,
mais aussi des applications non médicales. Cette lumière invisible
devient d'abord source d'amusement alors que les effets biologiques
des radiations ionisantes restent encore inconnus.
Le spectacle des rayons X est affiché à Paris dans plusieurs
salles en renom, en même temps que la découverte récente du
cinématographe par les frères Lumière.
Dans les années 1925, émergea l'idée d'un auteur non identifié
que le rayon X pouvait servir à vérifier la bonne taille des
chaussures. Ainsi furent construits, 15 à 20 000 podoscopes à Rayon
X vendus aux Etats-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne, et en
France. Suite à différents accidents d'irradiation, les différents
états interdisent l'utilisation de cette machine vers les années
1957. Malgré tout quelques machines continuèrent à être utilisées en
particulier au Canada ou en Grande Bretagne jusque dans les années
1970.
Autres applications : on se rappelle les applications techniques
pour la détection des objets métalliques dans les bagages, utilisées
dans les aéroports. Des techniques similaires sont réellement à
l'étude avec des mini-doses pour faire passer les personnes entières
sous un faisceau de rayons X !
Paul DOURY et Jean-Jacques FERRANDIS
Le médecin Général Pauzat et la périostite ostéopathique des
métatarsiens à la suite des marches
En avril 1897, le Docteur Jean Eugène PAUZAT, médecin major de 2°
classe décrivait la périostite ostéoplasique des métatarsiens à la
suite des marches. Dans ce travail, il décrivit avec une grande
minutie, les manifestations fonctionnelles et cliniques survenue à
la suite des marches chez les militaires de son unité et chez ceux
du 77 ° régiment d'infanterie. Après avoir rappelé la
carrière de Jean Eugène Pauzat, nous décrivons l'affection sous des
aspects plus modernes pour conclure qu'à la dénomination mal nommée
de « fracture de fatigue » il eût été judicieux de préférer
l'appeler « maladie de Pauzat ».
Francis TREPARDOUX
Thermalisme ostéo-articulaire : exemple de la station d'Evaux
Les eaux chaudes (50°C) d'Ivaos en Combraille furent connues des
Celtes et mises en usage à l'époque d'Auguste. D'importants vestiges
l'attestent. Ensuite ignorées, l'autorité royale en surveillait
l'exploitation par la désignation d'un médecin attaché à la
surintendance des Eaux minérales. Dodart et les deux Laguérenne le
furent durant le XVIIIe siècle. En 1820, la nécessité d'un centre
thermal apparut avec le développement des cures. C'est en 1831 que
fut construit le premier bâtiment avec des salles de bains et
des chambres sur deux étages. L'analyse des vingt cinq sources
réalisé par Henry en 1843 sur demande de l'Académie de médecine,
fixait leur composition chimique, sulfatées, chlorurées, chargées
d'arsenic, de lithium et de traces de strontium. Encadré
médicalement, le curiste bénéficiait de bains en eau ou vapeur, et
de douches. Prisée par G. Sand qui vantait l'agrément du site et la
pureté de l'air à moyenne altitude, la station d'Évaux progressait
dans la faveur du public et connut après 1890 une expansion
d'intérêt de la part du corps médical sous l'impulsion de Paul
Landouzy et de Henri Lepage, en association avec des scientifiques
eminents de la Faculté de médecine et de pharmacie de Lyon dont les
travaux firent autorité durant plusieurs décennies et assurèrent aux
eaux d'Évaux une clientèle élargie. L'arthritisme, et les
arthropathies chroniques formaient la principale indication des
soins, et en seconde ligne le traitement des lithiases rénales et
biliaires concurrençait les stations plus en vue à une époque où ces
affections ne trouvaient aucun traitement. La seconde guerre
mondiale ralentit l'activité de la station thermale dont les
installations et le matériel vieillissaient. Devenue Évaux-les-Bains
au temps de la Sécurité sociale, les excellents résultats rencontrés
dans le traitement des affections osteo-articulaires procuraient
2300 curistes en 1990. Le Conseil général de la Creuse finança la
construction d'un bâtiment abritant plusieurs dizaines de cabines de
bains munies d'hydroxeurs, de douches et de plans de massages.
Depuis 2001, ce complexe médico-thermal a entièrement remplacé les
anciens bains, cependant que le parc était redessiné, agrémenté d'un
casino avec la mise en valeur du centre ville. Sur le plan clinique,
le traitement thermal présente une haute valeur thérapeutique par le
soulagement durable de la douleur et la restauration de la mobilité.