L’Open Access en première ligne

Comme vous l’avez peut-être déjà constaté, les pages d’accueil de la BIU Santé connaissent quelques changements.

À côté de nos ressources habituelles (PubMed, Cochrane, EMC…) figurent désormais des sites proposant des documents en libre accès. Sont ainsi mis en avant PubMed Central, le Directory of Open Access Books (DOAB) ainsi qu’un certain nombre de bases de données gratuites.

Une nouvelle page présente en outre un ensemble de liens qui vous permettront de trouver des articles et documents en libre accès : BASE Lab (Bielefeld Academic Search Engine), DOAJ (Directory of Open Access Journals), HAL et HAL Descartes (Hyper Articles en Ligne), OpenDOAR (Directory of Open Access Repositories)

Ces liens vous orientent vers d’autres sources d’information que les revues payantes classiques, que la bibliothèque n’est plus en mesure de proposer en raison des contraintes budgétaires de 2014 – à noter également la générosité de certains de nos partenaires qui continuent de nous envoyer leurs publications.

La BIU Santé réaffirme ainsi son attachement au libre accès à la connaissance – pour mémoire, la bibliothèque avait déjà adopté en octobre dernier la licence Etalab pour les documents qu’elle a numérisés (textes et images).

 

Epidémie dans les bibliothèques de médecine

Les bibliothèques canadiennes dans la tourmente

Il n’y a malheureusement pas qu’en France que les bibliothèques scientifiques connaissent des difficultés financières.

Source : Université de Montréal

Au Canada, le début de l’année a été marqué par la fermeture controversée des bibliothèques de l’agence fédérale Pêches et océans. La dispersion de ces collections avait été décidée pour des motifs budgétaires – sur fond de polémique politique.

Les bibliothèques de l’université de Montréal sont elles aussi touchées par la crise : elles viennent d’annoncer leur désabonnement aux trois quarts des revues Wiley Online Library (1142 titres sur 1510). Une même conjonction d’événements est à l’œuvre : baisse des budgets alloués et hausse continue du prix des abonnements.

Leur communiqué revient en détail, chiffres à l’appui, sur les contraintes imposées et les choix effectués. Les bibliothèques ont également mis en ligne toute une série de pages, judicieusement baptisées « Nouvelle ère pour les collections ». Elles donnent une vision d’ensemble du problème : le rôle des grands éditeurs commerciaux, les questions financières, mais aussi la responsabilité des chercheurs, eux-mêmes auteurs et éditeurs scientifiques.

Santé Canada, organisme influent en matière de santé publique, vient quant à lui de fermer sa principale bibliothèque. La réorganisation de ces services, toujours pour des raisons de coût, ne manque pas de compliquer le travail des chercheurs.

Une solution : l’Open Access ?

Une alternative pour sortir de ce cercle vicieux réside dans la diffusion du modèle de l’Open Access (OA ou libre accès), en plein développement. Au lieu de publier leurs articles dans des revues payantes, les scientifiques diffusent leurs travaux dans des périodiques gratuits ou via des archives ouvertes. Toute la communauté bénéficie ainsi des avancées de la recherche. Mais cette diffusion génère paradoxalement de nouveaux coûts : à côté de l’auto-archivage en ligne (voie « verte ») se développe la voie « en or » (gold) ; ce ne sont plus les abonnés aux revues qui payent, mais ceux qui se font publier (chercheurs, institutions, laboratoires).

Les éditeurs commerciaux, qui ont pris le train en marche, privilégient cette approche, qui leur fournit de nouvelles sources de revenus : ce ne sont plus seulement les bibliothèques qui payent, mais aussi les auteurs. Sans parler des nouveaux éditeurs qui se lancent dans l’aventure, d’où une multiplication de titres et des dépenses afférentes.

Mais les déclarations d’intention en faveur de l’OA ne suffisent pas. Des pays, de plus en plus nombreux, incitent à la diffusion en libre accès des résultats des recherches financées sur fonds publics (généralement un an après la première publication). C’est le cas du Royaume-Uni, de l’Irlande, des États-Unis… Ces derniers viennent d’ailleurs de confirmer leur volonté en ce sens, avec un vote du Congrès annoncé le 16 janvier dernier.

La France demeure en retard sur ces questions, comme le soulignait Geneviève Fioraso il y a un an déjà, malgré les initiatives déjà prises en la matière : portails HAL pour les archives ouvertes, licences nationales ISTEX… Le programme européen H2020, lancé en décembre dernier, sera-t-il l’occasion de changer la donne ?

Pour ceux que ces questions intéressent, la 6e conférence sur l’édition savante en accès libre (COASP : Conference on Open Access Scholarly Publishing) se tiendra justement à Paris, au siège de l’UNESCO, du 17 au 19 septembre 2014.

Pour en savoir plus :

Le communiqué de l’université de Montréal ;

Un article de la revue Archimag sur ce même sujet ;

Un article sur les bibliothèques de Health Canada ;

Un billet de nos collègues d’Angers sur l’agenda de l’Open Access en France ;

Le discours de Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, aux 5e journées Open Access (24 janvier 2013).

Des nouvelles de l’Open Access

Pour mémoire, l’Open Access (ou « libre accès » en bon français) est un mouvement de mise en ligne de contenus numériques, dont on parle surtout à propos des travaux de niveau universitaire. Il permet au final d’avoir accès de manière gratuite et sans abonnement aux résultats de la recherche (tout en sachant que le système n’est pas toujours gratuit du côté des auteurs et des institutions).

L’actualité est particulièrement riche en la matière, après l’Open Access Week qui vient d’avoir lieu fin octobre (comme tous les ans)  – et les appels et controverses du début de l’année :

– Le 24 octobre 2013 a eu lieu à Lausanne un colloque intitulé « auteurs, éditeurs, financeurs et institutions au service de la diffusion des résultats de la recherche scientifique ».

Les présentations et vidéos de cette manifestation viennent d’être mises en ligne à l’adresse suivante par la bibliothèque de l’EPFL ;

– Le 18 novembre 2013 a été lancé l’Open Access Button. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un… bouton à rajouter dans votre navigateur Internet. Il vous permettra de faire part de votre dépit au monde entier quand vous n’arrivez pas à accéder à un article en ligne (dans le but de cartographier les « entraves » au libre accès). Cet outil vous aide ensuite à vérifier qu’une alternative gratuite n’existe pas pour accéder au contenu recherché (via Google Scholar, par exemple) ;

Plus d’informations à lire dans cet article de la Boîte à outils des historiens ou celui de Framasoft ;

– Les 19 et 20 novembre 2013 s’est tenue la conférence internationale Berlin 11 : nos collègues de la BU d’Angers reviennent sur cette manifestation fondatrice de l’Open Access dans leur blog consacré aux archives ouvertes ;

– La Royal Society of Chemistry vient de lancer un répertoire d’articles en libre accès. On y trouve des articles en… chimie (!) déposés par leurs auteurs (mais pas de pré-publications) ;

– Au contraire, bioRxiv n’accueille que des pré-publications dans le domaine des sciences de la vie. Cette archive ouverte a été mise en place par le Cold Spring Harbor Laboratory.

– Pour finir, nous vous rappelons l’existence de Base Lab (pour Bielefeld Academic Search Engine). Ce moteur de recherche est spécialisé dans les ressources scientifiques en accès libre. Vous y trouverez beaucoup de documents médicaux (PubMed Central, entre autres), sans compter les inestimables ressources de Gallica et Medic@ (en toute modestie). Une interface mobile est disponible, ainsi qu’un système de création d’alertes par flux RSS.

La BIU Santé n’a pas peur de l’Open Access

Une tribune relative à l’Open Access (“Qui a peur de l’Open Access ?”) a été publiée le 15 mars dernier sur le site du journal Le Monde (quotidien auquel vous pouvez accéder en intégralité depuis les postes de la BIU Santé).J'aime l'accès ouvert

Plus de 2 000  personnes ont déjà ajouté leur signature à cette initiative : présidents d’université, chercheurs et enseignants, bibliothécaires, simples citoyens…

Au cœur de ces problématiques, la BIU Santé s’associe à ce mouvement, pour lequel vous pouvez signer en cliquant sur ce lien.

Notre bibliothèque effectue depuis longtemps une veille et une mise en valeur particulières des revues et bases de données en accès ouvert dans le domaine de la santé.

Cette annonce intervient dans un contexte riche en discussions autour de l’accès aux résultats de la recherche :

Recommandation de la commission européenne relative à la publication en accès ouvert des résultats de la recherche financée sur fonds publics (juillet 2012) ;

5èmes journées Open Access / Couperin (24 et 25 janvier 2013) à Paris, sur le thème « Généraliser l’accès ouvert aux résultats de la recherche » ;

Réflexion de l’administration américaine sur le même sujet (février 2013) ;

Article du Monde (2 mars 2013) sur la diffusion des connaissances et l’édition académique.