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À Claude II Belin, le 11 mars 1652

Monsieur, [a][1]

Je vous assure que votre avocat, M. Simon Piètre, [1][2] qui est un excellent homme, presse le jugement de votre cause tant qu’il peut ; il est diligent et fidèle, et de plus, fort habile homme. J’ai trouvé dans le Palais le jeune médecin, [3] fils de votre Bailly, [4] auquel ayant dit par compliment qu’il eût fallu accorder cette affaire, [2] il me témoigna que son père était tout prêt et qu’il le souhaiterait fort. Peut-être que vous en auriez plus d’avantage et de profit qu’à le poursuivre par arrêt. Nous en fîmes ainsi il y a 20 ans avec les apothicaires [5] de Paris qui nous en donnèrent six fois plus que nous n’eussions pu en avoir par arrêt, et ce par ordre de nos avocats. [3] Pensez-y, je n’ai point d’autre intérêt que le vôtre, vous le croyez bien.

Ce qu’a fait M. Tardy [6] est très peu de chose, et encore moins ce qu’a fait M. Mentel [7] pro Pecqueto[4][8] car ce n’est qu’une épître ; sunt isthæc mera mapalia[5] M. Riolan [9] fait imprimer la seconde partie de son Encheiridium anatomicum et pathologicum[6] où il y a de fort bonnes choses et plusieurs petits traités ajoutés ; entre autres une réponse ad Harvæum, ad Gassendum, ad Pecquetum, etc[10][11] Cela ne saurait être fait que dans six semaines.

Si vous voulez avoir de bons livres d’Italie, demandez Baccius de vinis, de thermis et aquis[7][12] ce sont deux petits volumes in‑fo. Le Mercurial [13] y a été réimprimé in‑fo[8] Il y a à Rome Historia Mexicana [14] in‑fo, Lucretius cum comment. Nardii [15] in‑4o, Iulii Cæsaris Benedicti a Guelfalione, Epistolæ medicinales, et Consilia [16] en deux volumes in‑4o[9] M. Du Monstier [17] a quatre harangues à dire contre le jésuite pro Petro Ramo[10][18] il veut les prononcer et puis les faire imprimer, mais il est si empêché que ce ne sera qu’après Pâques. Nous l’avons fait, à nos assemblées chez le recteur, [19] procureur fiscal de l’Université ; [20] ce fut moi qui le nommai le premier, où j’étais tamquam decanus medicinæ[11] Cette charge l’occupe tout entier et néanmoins, tout est prêt. Il a été obligé de faire trois voyages à Rouen pour obtenir un arrêt qu’ils ont eu contre les partisans qui les chicanaient pour les messageries de Normandie. On commence à vendre le Socrate de Balzac, [12][21] je ne l’ai point encore vu, mais le libraire m’a dit qu’il en avait de reliés. On imprime ici deux volumes, l’un in‑fo, l’autre in‑4o, pour les loyolites [22] contre Jansenius ; [23] les jansénistes [24] ne manqueront pas de se bien défendre : faciendi plures libros, nullus est finis[13][25] Je vous baise les mains et suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Guy Patin.

De Paris, ce lundi 11e de mars 1652.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Claude II Belin à Guy Patin, le 11 mars 1652.
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(Consulté le 21.10.2019)

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