L. 16.  >
À Claude II Belin, le 20 mars 1633

Monsieur, [a][1]

J’espère que vous m’excuserez si j’ai été longtemps sans vous récrire. Ce n’a point été par oubliance, ni négligence, mais seulement faute de sujet et d’occasion. Depuis ma dernière, il n’est ici rien arrivé de nouveau que la disgrâce de M. le garde des sceaux de Châteauneuf, [1][2] à la place duquel le roi [3] a mis M. le président Séguier. [2][4][5][6][7][8] On ne parle ici que de la trêve et de l’incertitude si elle se fera ou non. [3] On vend ici le troisième tome de la Pratique de Sennertus [9] in‑4o, impression de cette ville, et in‑8o de Lyon ; dans 15 jours, le quatrième, qui est de morbis mulierum, sera achevé avec le traité de consensu chymicorum, une Physique et le traité des fièvres, le tout in‑4o du même auteur. [4] Je vous prie de me mander si en désirez quelque chose. Je voudrais bien avoir un livre qui a été imprimé à Troyes in‑8o[10] l’an 1619, sous ce titre : Mélanges historiques, ou recueil de plusieurs actes, traités, lettres missives et autres mémoires qui peuvent servir en la déduction de l’histoire depuis l’an 1390 jusqu’à l’an 1580[5][11] S’il se trouve en votre ville, je vous prie de me l’acheter et me l’envoyer à votre première commodité. Je vous prie pareillement si vous recouvrez un livre intitulé Carolus Magnus redivivus[6][12] comme aussi le livre de Papyrus Masson [13] des vies des papes[7] qui est in‑4o. Retenez-les pour moi, j’en donnerai ce que vous jugerez être raisonnable. Il y a ici gros bruit entre les jésuites [14] et les sorbonistes, [8][15] pour deux livres in‑4o qu’un anonyme a faits sous le nom de Petrus Aurelius contre les jésuites. [9][16][17][18][19][20] M. le Cardinal [21] quitte sa maison de la rue Saint-Honoré, [22][23] où on va bâtir puissamment, pour aller demeurer à l’Arsenal. [10][24] Je vous prie de présenter mes très humbles mains à Monsieur votre frère et de m’excuser de tant de peine que je vous donne, prêt d’en prendre autant et davantage pour vous, avec assurance que je serai toute ma vie, Monsieur, votre très humble et affectionné serviteur.

Patin.

De Paris, ce 20e de mars 1633.

Mandez-moi si vous désirez que je vous envoie un Soldat suédois[11][25] qui nous est venu de Genève. [12][26]


1.

Le garde des sceaux de Châteauneuf (v. note [13], lettre 10), bien que considéré par Richelieu comme un homme sûr, avait succombé aux charmes de Mme de Chevreuse (v. note [37], lettre 86) et commis la faute de l’informer des délibérations du Conseil (et d’exciter peut-être aussi la jalousie galante du cardinal). Châteauneuf avait été arrêté le 25 février et emprisonné au château d’Angoulême.

Tallemant des Réaux (Historiettes, tome i, page 160) :

« Elle {a} se mit aussi à cabaler avec M. de Châteauneuf qui était amoureux d’elle. C’était un homme tout confit en galanterie. […] En voyage, on le voyait à la portière du carrosse de la reine où elle était, à cheval, en robe de satin et faisant manège. Il n’y avait rien de plus ridicule. Le cardinal en avait des jalousies étranges, car il le soupçonnait d’en vouloir aussi à la reine, et ce fut cela plutôt qu’autre chose qui le fit mener prisonnier à Angoulême, où il ne fut guère mieux traité que son prédécesseur, le garde des sceaux Marillac. {a} Mme de Chevreuse fut reléguée à Dampierre, d’où elle venait déguisée, comme une demoiselle crottée, chez la reine, entre chien et loup [au crépuscule]. La reine se retirait dans son oratoire ; je pense qu’elles en contaient bien du cardinal et de ses galanteries. »


  1. Mme de Chevreuse.

  2. V. note [17], lettre 10.

2.

Pierre Séguier (Paris 1588-Saint-Germain-en-Laye 28 janvier 1672), comte de Gien, etc., appartenait à une lignée de magistrats parisiens remontant au règne de Louis xi (1462). Il était fils de Jean Séguier, seigneur d’Autry en Berry. Après avoir un temps songé à se faire chartreux, Pierre Séguier était à son tour devenu conseiller au Parlement de Paris en 1612. Il avait épousé en 1615 Magdeleine Fabry, fille d’un trésorier de l’Extraordinaire des guerres. Nommé maître des requêtes en 1618, il était ensuite devenu intendant de Guyenne. En 1624, il avait succédé à son oncle Antoine comme président à mortier. Grand travailleur, ayant une remarquable entente des affaires, il avait attiré sur lui l’attention du cardinal de Richelieu qui lui confiait alors les sceaux.

Les lettres de Guy Patin ont évoqué toute la suite, parfois fort tumultueuse, de sa très longue carrière politique, liée à la perpétuité de la charge de chancelier de France qui allait lui être conférée le 19 décembre 1635. Séguier garda les sceaux jusqu’en 1650, puis les reprit temporairement du 14 avril au 7 septembre 1651, et définitivement en janvier 1656, pour les tenir jusqu’à sa mort (G.D.U. xixe s. et Popoff, no 150).

3.

La guerre d’Allemagne (depuis baptisée guerre de Trente Ans, 1618-1648) était alors dans sa phase « suédoise », opposant, d’un côté, les électorats protestants de l’Empire, alliés à la Suède, et de l’autre, les électorats catholiques, alliés à l’Autriche (v. note [7], lettre 21).

La mort du roi de Suède Gustave-Adolphe (v. note [23], lettre 209), tué le 6 novembre 1632 à la bataille de Lutzen (v. note [10], lettre 13), avait plongé les belligérants dans l’indécision, avec la perspective d’une trêve évitant la reprise des hostilités au printemps de 1633. Il n’en fut rien : le chancelier suédois Axel Oxenstierna reconstitua à Heilbronn, le 15 avril, l’alliance de la Suède et des princes protestants, et renouvela le 23 avril le pacte franco-suédois. Moyennant le versement annuel d’un million de livres à la Suède, la France, qui n’était pas encore en mesure de s’engager directement, entretenait la guerre d’Allemagne en finançant les opérations militaires suédoises. Son objectif était d’empêcher ainsi l’empereur de soutenir la guerre de l’Espagne contre les Provinces-Unies, alors protégées par Louis xiii. En mai 1633, Wallenstein, à la tête des troupes impériales, allait attaquer en Silésie (Bogdan, pages 150‑151).

4.

V. note [15], lettre 14.

5.

Titre exact d’un ouvrage (Troyes, Jean Moreau, 1619, in‑8o) de Nicolas Camusat (Troyes 1575-1655), chanoine et historien, auteur de nombreuses autres chroniques, qui faisait partie des intimes de Claude ii Belin. D’autres Camusat, dont a parlé Guy Patin, étaient libraires à Paris (v. note [14], lettre 155).

6.

Johann Wilhelm Stuck (Zurich 1542-ibid. 1607), professeur de théologie à Zurich : Carolus Magnus redivivus, hoc est Caroli Magni Germanorum, Gallorum, Italorum, et aliarum gentium Monarchæ præstantissimi, cum Henrico M. Gallorum et Navarrorum Rege florenstissimo comparatio : utriusque Regis historiam breviter complectens, quam Regum et Principum Speculum possis appellare… [Charlemagne ressuscité, qui est une comparaison de Charlemagne, très éminent monarque des Allemands, des Français, des Italiens et d’autres peuples, avec Henri (iv) le Grand, roi très brillant de France et de Navarre ; présentant brièvement l’histoire de ces deux rois, que vous pourriez appeler le Miroir des rois et des princes…] (Zurich, J. Wolph, 1592, in‑fo)

7.

Jean-Papire Masson (Saint-Germain-Laval, Loire 1544-1611) fit quelque temps partie de l’Ordre des jésuites, qu’il quitta pour devenir professeur au Collège du Plessis à Paris. Il renonça à l’enseignement en 1570, se rendit alors à Angers et y étudia la jurisprudence sous François Beaudoin. De retour à Paris, il devint bibliothécaire du chancelier de Chiverny, se fit recevoir avocat au Parlement en 1570, renonça au barreau après avoir plaidé une seule cause qu’il gagna, puis devint référendaire de la chancellerie, et enfin substitut du procureur général. Masson a laissé de nombreux ouvrages, presque tous consacrés à l’histoire, notamment celle de France (G.D.U. xixe s.).

Guy Patin mentionnait ici ses Libri sex de episcopis Urbis qui Romanam Ecclesiam rexerunt, rebusque gestis eorum [Six livres sur les papes (les évêques de Rome) qui ont dirigé l’Église romaine, et sur les affaires qu’ils ont menées] (Paris, Sébastien Nivelle, 1586, in‑4o). Patin a cité plus tard les Elogia de Masson, qu’il a peut-être lui-même augmentés (v. note [11], lettre 35).

8.

Les jésuites ou prêtres de la Compagnie ou Société de Jésus (s.j.), fondée par Ignace de Loyola (v. note [1], lettre 46), ont tenu une place de tout premier rang dans l’histoire du xviie s., mais aussi dans la passion de Guy Patin contre tout ce qui obéissait au pape. Fin connaisseur du sujet, le P. Henri Fouqueray, s.j., a résumé l’histoire des jésuites en France depuis leur fondation jusqu’aux années 1640 (chapitre xv, Derniers jours des trois puissants protecteurs [1641-1643], pages 461‑463) :

« Ainsi avait crû, dans l’espace d’un siècle, la Compagnie de Jésus, implantée en France l’an 1540 par une colonie de jeunes religieux reçus à titre de boursiers au Collège des Trésoriers. Elle a mis 22 ans à obtenir l’admission légale dans le royaume, tant les ennemis du pape et de l’Église avaient peur d’elle. Depuis lors, partageant le sort de son chef ici-bas, méconnue ou calomniée, elle a toujours combattu les puissances des ténèbres. Consumant toutes ses forces à la défense de la foi, elle n’a pas cessé de bien servir la patrie en lui conservant ou en lui infusant la vie chrétienne. Adversaire née de la Réforme, elle a grandi sous ses coups et même, on peut le dire, en proportion de la haine que lui vouèrent les protestants. À cette haine en effet, les catholiques comprirent que Luther et Calvin avaient trouvé leur maître ; ils éprouvèrent le sentiment de Henri iv disant au sujet des clameurs dont les calvinistes dieppois accueillirent les prédications du P. Gontery : “ Le mouvement des humeurs prouve que le remède commence à produire un effet salutaire. ” Bientôt, ce remède providentiel était réclamé de toutes parts ; pasteurs et fidèles appelaient les jésuites, leur confiaient la prédication, la controverse, la direction des âmes et l’instruction de la jeunesse.
Le succès de la nouvelle milice augmenta la résistance des réformés qui trouvèrent contre elle des alliés dans les universités et les parlements parmi leurs coreligionnaires ou les catholiques “ à gros grain ”. {a} Le trouble des esprits à l’époque de la Ligue favorisa cette cabale et lui promit un triomphe momentané ; quelques mois après le sacre de Henri iv, {b} les jésuites furent bannis par un arrêt du Parlement de Paris du 29 décembre 1594. Mais neuf ans plus tard, le prince mieux informé les rétablissait : “ Je vous ai aimés, leur dit-il, et chéris depuis que je vous ai connus, sachant bien que ceux qui vont à vous, soit pour leur instruction, soit pour leur conscience, en reçoivent un grand profit. ” En vrai roi qui veut le bonheur de son peuple, il aida la Compagnie à se recruter, à fonder des résidences et des collèges.
Lui mort, nous avons vu Marie de Médicis et Louis xiii, avec une sympathie inaltérable, continuer à l’Ordre de saint Ignace les bienfaits de la protection royale. Cependant, l’esprit d’erreur et de mensonge ne désarmait pas. Jaloux de l’influence croissante des jésuites et enchaîné par leur multiple apostolat, il imagina de les représenter comme les ennemis du gouvernement et de la patrie : ce sont eux qui ont tué Henri iv, leur insigne bienfaiteur ; ce sont les tenants du tyrannicide ; ils travaillent pour l’Espagne ; ils veulent faire du roi l’humble serviteur et l’aveugle instrument du pape. Contre eux donc le gallicanisme, sous des formes diverses, mena la bataille dont les péripéties ont été décrites dans nos deux derniers volumes. Que nous ont-ils montré ? Le plus français et le plus susceptible des ministres, le très gallican Richelieu, favorisant de tout son crédit et parfois de sa bourse les œuvres de la Compagnie de Jésus. C’est qu’à l’épreuve, il l’a trouvée aussi respectueuse de l’autorité légitime du roi très-chrétien que ferme dans la défense des droits imprescriptibles du Vicaire de Jésus-Christ ; il l’a jugée l’un des meilleurs soutiens du pouvoir temporel par son zèle pour la sanctification des âmes et par son attachement même à la pure doctrine de l’Église romaine sur le pouvoir spirituel.
À toutes les calomnies élevées contre les jésuites français du premier siècle de la Compagnie, la meilleure réponse était de montrer la conduite, à leur égard, d’un monarque comme Henri iv et d’un premier ministre comme le cardinal de Richelieu. […] Quant à l’influence des religieux de la Compagnie de Jésus en France au xviie s., elle est indéniable. Avec leurs nombreuses résidences, leurs nombreuses congrégations d’hommes, leurs très nombreux collèges où se pressent chaque année de 40 à 45 000 jeunes gens, ils ont eu une part considérable sur la formation des esprits. Oserons-nous dire qu’ils ont préparé le Grand Siècle ? »


  1. « Libertins, hommes peu dévots, qui ne vont à l’église que par manière d’acquit » (Furetière).

  2. Le 27 février 1594.

Les sorbonistes étaient les gradués de théologie (bacheliers, licenciés et docteurs) issus de la Maison et Société de Sorbonne (v. note [5], lettre 19), laquelle n’admettait pas de jésuites dans ses rangs.

9.

C’est la première allusion de Guy Patin au conflit entre les jésuites et les jansénistes, qui s’allumait alors. L’auteur qui se cachait derrière Petrus Aurelius était Jean Duvergier de Hauranne, abbé de Saint-Cyran (v. note [2], lettre 94), défenseur du gallicanisme (sans encore parler de jansénisme, dont l’attachement à l’autonomie de l’Église de France à l’égard de Rome n’était d’ailleurs qu’une facette) contre les jésuites ultramontains (c’est-à-dire défenseurs de la primauté romaine). Paraissaient alors deux écrits (mais in‑8o et non in‑4o) qui allaient faire partie du gros Petrus Aurelius, publié en 1642 (v. note [9], lettre 108) :

  1. Petri Aurelii Theologi Anæreticus adversus errores et hæreses, quibus Canonem Arausicanum et Sacramentum Confirmationis aspersit Iacobi Sirmondi Societatis Iesu Presbyteri Antirrheticus. Ubi omnes Antirrhetici partes ad verbum refelluntur… [Attaque du théologien Petrus Aurelius, contre les erreurs et hérésies, dont l’Antirrheticus de Jacques Sirmond, prêtre de la Société de Jésus, a éclaboussé le Canon d’Orange et le sacrement de confirmation. Où toutes les parties de l’Antirrheticus sont réfutées mot pour mot…] (Paris, sans nom, 1633, in‑8o), qui répondait à l’Antirrheticus de Canone Arausicano [Antirrheticus sur le Canon d’Orange] (sans lieu ni nom, 1633, in‑8o) du P. Jacques Sirmond, s.j. (v. note [7], lettre 37) ;

  2. Confutatio collectionis locorum, quos Iesuitæ compilarunt tanquam sibi contumeliosos et iniurios, ex defensione epistolæ… Galliæ episcoporum et censuræ sacræ theologiæ Facultatis Parisiensis, a Petro Aurelio edita [Réfutation, établie par Petrus Aurelius, de la collection de passages que les jésuites ont détournés comme étant outrageants et injurieux à leur encontre, tirés de la défense de la lettre… des évêques de France et de la censure de la Faculté de théologie de Paris] (sans lieu ni nom, 1633, in‑8o).

10.

La construction du Palais-Cardinal, devenu le Palais-Royal en 1643 (v. note [33], lettre 104), avait commencé en 1624 sur les plans de l’architecte François Lemercier. On transformait alors de fond en comble le vieil hôtel de la rue Saint-Honoré, à deux pas du Louvre, que Richelieu avait acquis en 1624 et où il avait jusque-là résidé. V. note [26], lettre 327, pour l’Arsenal.

11.

Friedrich Spanheim (Amberg, Palatinat 1600-Leyde 14 mai 1649) avait étudié la théologie à Genève, puis y avait occupé une chaire de philosophie et s’était fait ordonner pasteur, avant d’être nommé professeur de philosophie (1626). En 1631, Spanheim avait quitté Genève pour aller occuper une chaire de théologie à Leyde, et devenir recteur de l’Université (1633-1637). Grand défenseur de la prédestination (v. note [50], lettre 101), c’était un controversiste ardent, un esprit étroit et méticuleux, en un mot un digne disciple de Calvin, rivalisant d’intolérance avec les catholiques. V. note [8], lettre latine 371, pour son fils Ezechiel.

Guy Patin signalait ici son histoire de Gustave-Adolphe (v. note [23], lettre 209), intitulée Le Soldat suédois ou Histoire de ce qui s’est passé en Allemagne depuis l’entrée du roi de Suède en l’année 1630 jusques après sa mort (Genève, Pierre Albert, 1633, in‑12o).

12.

Genève (avec quelques villages de ses proches environs) était constituée en république, libre, après avoir été ville d’Empire. Solidement fortifiée, Genève était alliée aux cantons suisses, mais ennemie de la Savoie, où elle était enclavée. Ville prospère, accueillant de nombreux étrangers, elle avait adopté la réforme calviniste en 1534, en même temps que son évêché fut transféré à Annecy. Guy Patin a surtout parlé de Genève en raison l’intense activité de ses libraires-imprimeurs.

a.

Ms BnF no 9358, fo 22 ; Triaire no xvi (pages 63‑65) ; Reveillé-Parise no xiii (tome i, pages 24‑25).


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Claude II Belin à Guy Patin, le 20 mars 1633.
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(Consulté le 15.10.2019)

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