L. 137.  >
À Claude II Belin, le 12 octobre 1646

Monsieur, [a][1]

Depuis que j’écrivis la semaine passée à monsieur votre fils, [2] pour réponse à celle qu’il m’avait envoyée après son retour de Montpellier, [3] par laquelle voie je vous envoyai aussi le livre nouveau de Caspar Hofmannus, [4] mon bon ami, de Medicamentis officinalibus[1] j’ai reçu céans en mon absence un paquet de la poste qui vient de Catalogne, [5] du camp de Lérida. [6] C’est Monsieur votre second fils [7] qui m’écrit et qui me prie d’intercéder pour lui envers vous. Je vous envoie ses deux lettres afin que vous sachiez par icelles l’état entier de ses affaires et que vous en fassiez ce qu’il vous plaira. Le roi, [8] la reine, [9] le Mazarin [10] et toute la cour sont ici de retour de Fontainebleau. [2][11] On n’attend plus pour couronner les exploits militaires de cette année que de bonnes nouvelles de Lérida et de Dunkerque ; [12] encore dit-on que M. le duc d’Enghien [13] entra hier dans ce dernier et que nous aurons l’autre le mois qui vient. [3] Je ne sais pas si par ci-devant je vous ai envoyé les trois pièces qui ont été faites à l’occasion de M. Courtaud. [14] La première et la troisième sont d’une même main, et ne sont pas assez sérieuses pour être pièces de défense et démonstratives ; mais celle qui porte le titre de Diffibulation vaut quelque chose de bon. [4][15] M. Courtaud en dira ce qu’il pourra, mais il y a là-dedans quelques articles qu’il ne peut réfuter. S’il répond quelque autre chose que des injures ou des solécismes, on parlera à lui ; sinon, son libelle sera méprisé. Je pense bien que ceux de Montpellier tâcheront de faire autre chose, mais ils ressemblent à la France durant la Ligue, [16] non habent hominem[5] ils n’ont pour le présent personne chez eux. Si feu M. Ranchin [17] eût encore vécu, ils n’eussent point donné cette vilaine et honteuse intervention au Gazetier[6][18] Ils ont tenté la voie du privé Conseil [19] pour y faire revoir notre arrêt. [7][20] M. le chancelier [21] a cassé leur requête, et leur a dit que de tels arrêts d’audience et de police n’étaient point sujets à révision ; que ce n’était qu’une confirmation de nos anciens privilèges, etc. Ils disent pour s’excuser qu’ils n’ont pas donné d’intervention au Gazetier. Qu’ils agissent donc contre lui comme contre un faussaire ! Ils auraient besoin d’avoir un Joubert [22] parmi eux encore, ou quelque autre habile homme. [8] Il y en a de leur École dans les provinces, mais ils n’entreprendront point leur défense. Ceux de Rouen [23] disent dans un grand factum imprimé il y a deux ans contre un docteur de Montpellier qu’ils ont l’obligation à ceux de Paris de leur avoir enseigné leur art, idque gratis[9] mais qu’ils n’en ont aucune à ceux de Montpellier qui, pour toute marchandise, leur ont donné du parchemin [24] et ont pris leur argent. Mais c’est assez de cette querelle, si quelque chose s’en imprime par ci-après, je pourrai bien vous en faire part. Pour la harangue de M. Courtaud, on n’en peut avoir ici pour de l’argent. J’en espère quelques exemplaires par votre moyen et vous en serai obligé toute ma vie. Je vous baise les mains, à madame votre femme, à monsieur votre fils, à Messieurs vos frères, à M. Sorel, M. Allen, M. Camusat, et suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Patin.

De Paris, ce 12e d’octobre 1646.

Nous avons perdu le pauvre M. Du Val, [25] notre collègue, âgé de 67 ans. [10]


1.

V. note [7], lettre 134.

2.

La cour avait séjourné à Fontainebleau du 10 juillet au 8 octobre (Levantal).

3.

La campagne de Flandre de 1646, dont le siège et la prise de Mardyck avaient été les préludes, s’était poursuivie par le siège de Dunkerque. Arrivé devant cette place forte le 19 septembre, le duc d’Enghien l’avait brillamment enlevée le 10 octobre à onze heures du soir, malgré la bravoure de sa garnison et l’habile défense de son gouverneur, le marquis de Leyde (Triaire). Un Te Deum fut chanté pour célébrer cette victoire à Notre-Dame de Paris le 16 octobre, en présence du roi et de la reine. V. note [9], lettre 135, pour le nouvel échec que les Français allaient subir devant Lérida en Catalogne.

4.

Centonis Κακορραφιας diffibulatio, in qua pleraque diplomata pontificia et regia Academiæ monspeliensis falsi convincuntur [Démontage du centon perfide, où sont dénoncés pour faux grand nombre de brevets pontificaux et royaux de l’Académie de Montpellier] (Paris, sans nom, mai 1646, in‑4o), ouvrage attribué à René Moreau ; diffibulatio est un néolatinisme dérivé de diffibulare, dégrafer (de fibula, agrafe). En exergue du titre, on lit cette devise tirée de Sénèque le Philosophe : Quæ decipiunt nihil habent solidi : tenue est mendacium, perlucet si diligenter inspexeris. Seneca Ep. 79 [Les faux-semblants n’ont point de consistance. Rien de plus mince que le mensonge : avec un peu d’attention, on peut voir au travers. Sénèque, Lettres à Lucilius, livre ix, lettre lxxix, § 18]. C’est une réplique acerbe à l’Oratio de Siméon Courtaud contre la Faculté de médecine de Paris (v. note [19], lettre 128). Moreau qualifiait ce discours de centon (pot-pourri) et y recensait cruellement toutes ses fautes de syntaxe et de goût qu’il avait pu y dénicher. La diffibulatio se compose de trois parties.

  1. D’abord (pages 1 à 4) un texte anonyme en prose pédantesque, intitulé Centonis Κακορραφιας, réfute κεντογραφων Dom. Curtaudum Decanum Monspeliensem, et Medicinæ Professorem Illustrissimum, quod Priscianum colaphisaverit ; quia sola Latinitatis et elegantiæ thesaurum apud se habet reconditum, si diis placet, pleraque eius verba et sententias carpit, licet illas non intellexerit, quod turpe existimabat fateri ; typographi errores passim ipsi adscribit, et monstra fingit ut illa facilius debellare possit.

    [Maître Courtaud, auteur de centon, doyen de Montpellier et très illustre professeur de médecine, parce qu’il a roué Priscien (grammairien latin du vie s.) de coups de poing ; pour cette seule raison qu’il a chez lui caché le trésor de la latinité et de l’élégance, que les dieux me pardonnent, il y cueille des phrases et quantité de mots, et sans les avoir compris, il se permet de publier ce qu’il méditait indignement ; il ajoute en tous sens ses propres fautes à celles de l’imprimeur, il façonne des monstruosités pour qu’on puisse plus facilement triompher d’elles]. Suit une première liste des fautes qui jalonnent le discours de Courtaud. Page 2 est reprise la locution qui a le plus induit les Parisiens à se gausser du doyen de Montpellier :

    Legitur a multis imo fere ab omnibus Canterius sic apud Marcum Varronem in Satyris Menippeis. Sed huic operi inepte præponitur : hæc enim tria male inter se cohærent, Navicula solis, Cento extemporalis, Cantherius in fossa : Ita ut vere videatur ipse Cantherius in porta. Sicut ex sequentibus multa cantherino ritu somniasse, et vere κανθηλιος εν βορβορω dicendus, demonstrabitur.

    [Chez Varron, dans les Satires Ménippées, tout le monde ou presque a lu le mot Canterius ainsi écrit. {a} Mais le voilà sottement placé en tête de cet ouvrage : ces trois expressions se lieront en effet mal ensemble, Navicula solis, {b} Cento extemporalis, {c} Cantherius in fossa, {d} si bien qu’on dirait voir le nommé Cantherius en personne à la porte. Comme on montrera dans la suite il a dit bien des choses à dormir debout, à la façon des chevaux, et en vérité il faut le traiter d’âne bâté dans le bourbier].


    1. Satires ménippées de Varron, page 1 de ses Fragmenta [Fragments] (Franeker, 1591, v. note [47] de la thèse de la Sobriété, 1647), vers 5‑6 du poème intitulé Aborigines, περι ανθρωπων φυσεως [Les Aborigènes, sur la nature des hommes] :

      Sed neque vetulus canterius quam novel-
      lus melior, nec canitudini comes virtus

      [Mais la vieille bourrique n’est pas meilleure que la jeune et la vertu n’est pas compagne de la vieillesse].

    2. « Le petit Navire du soleil » (allégorie de l’École médicale de Montpellier).

    3. « Centon improvisé ».

    4. « Cantherius dans le bourbier ».

  2. Le reproche portait sur l’h qu’on met ou pas en latin au mot cantherius, selon qu’on veut ou non respecter l’étymologie grecque (κανθηλιος). À sa décharge, Courtaud avait fait comme le docte Érasme dans ses Adages (no 521) :

    Cantherium in fossa rusticum proverbium, sed tamen e re militari natum. Hoc licebit uti, quoties quis ad id negotii trahitur, in quo nequaquam valeat. Aut ubi res vehementer erit impedita periculosave. Refertur a T. Livio decadis tertiæ libro tertio. Narrat autem, cum Fabius Capuam obsideret secundo bello Punico, Jubellium Tauream, inter equites Campanos nobilissimum, e Romanorum exercitu quemvis ad singulare certamen evocasse ausumque prodire Claudium Asellium. Deinde ubi diutius uterque alterum libero campo elusisset, Campanus in cavam viam descendere jussit, alioqui equorum, non equitum fore certamen. Eo cum Romanus, re quam verbis ferocior, exemplo descendisset, rursum elusit Taurea sermone, qui postea in rusticum versus est proverbium, minime scis, inquiens, cantehrium in fossa ? Quamquam ex Livianis verbis parum liquet adagii sensus, tamen conjecturis facile deprehenditur. Pugnat autem cum illo, quod alibi dicemus, Τον ιππον εισ πεδιον, id est equum in planitiem. Etenim quemadmodum plurimum valet equus in planitie, ita minime in fossa.

    [Cantherium in fossa est un proverbe rustique, mais dont l’origine est militaire. On pourra l’utiliser chaque fois que quelqu’un est entraîné en ce genre d’affaire où rien ne va bien, ou quand les choses prennent un tour fort menaçant ou dangereux. On le trouve chez Tite Live, au livre xxiii. {a} Il raconte que, tandis que Fabius assiégeait Capoue durant la seconde Guerre Punique, Iubellius Taurea, le plus noble des chevaliers de Campanie, défia en combat singulier qui le voudrait de l’armée des Romains, et Claudius Ausellus osa s’avancer. Alors, après que chacun eut facilement esquivé les attaques de l’autre en terrain bien dégagé, le Campanien proposa de descendre dans un chemin creux, disant que sinon ce serait un combat entre chevaux, et non entre cavaliers. Sur cette incitation, le Romain, plus brave en action qu’en paroles, descendit, mais Taurea se joua de lui avec ces mots que depuis on a tournés en proverbe dans les campagnes : « Ne sais-tu pas, dit-il, combien un cheval est incapable de faire quoi que ce soit dans un fossé ? » Bien que le sens de l’adage ne découle pas clairement des mots de Tite Live, on le devine facilement. C’est aussi le contraire de ce que je dirai ailleurs : τον ιππον εισ πεδιον, qui veut dire « Un cheval dans la plaine ouverte » ; {b} et de fait, on se rend compte de la valeur d’un cheval dans une plaine dégagée, mais il ne vaut rien dans un fossé].


    1. Ab Urbe condita [Histoire de Rome].

    2. Equum in planiciem (adage no 782) : « S’emploie chaque fois qu’un homme est encouragé à faire une chose pour laquelle il est le meilleur et qui le réjouit au plus haut point. »

  3. Le Centonis Κακορραφιας diffibulatio poursuit longuement (pages 5 à 31) la charge virulente contre le fond et la forme du discours de Courtaud, avec une contestation sur l’authenticité des bulles fondatrices de l’Université de Montpellier.

  4. L’Appendix ad Centonis Κακορραφιας diffibulationem détaille de nouveau en 11 pages les fautes de Courtaud et s’achève sur ce paragraphe :

    In fossa Cantherius iacet et iacebit semper : nunquam a suis fœtoribus exurget : nunquam ab iis, tua opera, extrahetur, ut semper minus perito te utetur Equisone : ita nunquam tolutim in via bonæ Latinitatis gradietur. Sed quoniam, quacumque illud fiat ratione, merito vel immerito, Curtautio Decano patrocinari decrevisti, scis quid te moneam ? Fac te dignum Ostracismo quem nobis, inops iudicii, decernis, (nobiliorum enim semper fuit) Bonam mentem tibi precare, virtuti da operam, vitia et obscœnitates dedisce, veni in familiaritatem probiorum : Hipponam deam rogato, ut quod Atheniensibus mos fuit, ad Argos Hippium, magno tuo merito, relegeris. Ibi non Bovis ænei, sed Cathrii stupendæ magnitudinis servandi causa, diceris exulare. Ibi quod de se prædicat Curtautius, ambo in tonico vestrarum functionum motu magnifice quiescetis. Finis. m.dc.xlvi mense Iunio.

    [La bourrique gît dans le bourbier et y demeurera pour toujours ; jamais elle ne se débarrassera de sa puanteur ; jamais, écuyer, elle ne se sortira de là par tes soins, quelque talent que tu y emploies ; jamais donc elle ne trottera sur la voie de la bonne latinité ; mais puisque tu as mis moins d’ardeur à protéger le doyen Courtaud, quelle qu’en soit la raison et que ce soit ou non mérité, sais-tu à quoi je t’exhorte ? Rends-toi digne de l’ostracisme que, sans jugement, tu prononces contre nous, supplie que Dieu t’accorde un esprit mieux timbré (comme ont toujours fait les gens de la meilleure notoriété), applique-toi à la vertu, oublie les vices et les obscénités, rapproche-toi des honnêtes gens, prie la déesse Hippona {a} afin que tu t’en retournes, comme tu l’as bien mérité, à Argos Hippium, {b} suivant l’ancienne coutume des Athéniens. Là tu diras qu’on t’a banni parce que tu dois veiller à la grandeur assoupie non pas du bœuf d’airain, mais de Cathrius. Là, comme le prône Courtaud à son propre sujet, dans l’agitation fébrile des fonctions qui sont les vôtres, tous deux vous reposerez magnifiquement. Fin. Au mois de juin 1646].


    1. Déesse « protectrice des chevaux ».

    2. Surnom de la ville d’Argos dans le Péloponnèse.

Les deux autres pièces de défense parisienne contre Courtaud étaient :

  • l’Appendix ad centonis Κακορραφιαs [sic pour le S final] diffibulationem [Appendice au démontage du centon perfide] (sans lieu ni nom, juin 1646, in‑4o) qui ajoute 11 pages de railleries au précédent ;

  • et le Navicula solis de Cantherius in fossa (v. note [56], lettre 348).

La réplique de Montpellier ne se fit guère attendre, sous le titre de Diffibulatoris Μορολογια [Morologie (néo-hellénisme ridiculisant René Moreau ?) du diffibulateur] (sans lieu ni nom, 1646, in‑4o de 24 pages) attribuée à Isaac Cattier, avec en sous-titre :

Ut tela a duro resiliunt ; et cum dolore cædentis solida feriuntur : Ita nulla magnum animum iniuria ad sensum sui adducit, fragilior eo quod petit. Seneca cap. 5 lib. 3 de Ira.

[Ainsi les traits rebondissent sur un corps dur, et les masses compactes affectent douloureusement la main qui les frappe. Non, jamais un grand azur n’est sensible à l’injure, elle est toujours moins forte que lui. Sénèque le Philosophe, De la Colère, livre iii, chapitre v].

5.

« ils n’ont pas d’homme qui en soit capable ». Quoi qu’en pût dire Guy Patin, le Gazetier dont il continuait à se moquer, Théophraste Renaudot, était homme à pouvoir éclabousser de son encre les meilleures plumes de la Faculté de médecine de Paris : les quelques extraits de ses pamphlets que j’ai donnés prouvent amplement son talent polémique (v. notes [8] et [11], lettre 57, [9] de la lettre 96, et [68] de L’ultime procès de Théophraste Renaudot…) ; mais Renaudot, qui avait avivé la querelle, s’il était gradué de Montpellier, vivait désormais à Paris et avait été réduit au silence par la Faculté qui tenait ses deux fils en otages.

6.

Intervention : « action par laquelle on se rend partie en une affaire » (Furetière).

7.

« Le Conseil privé, ou des parties, est un autre conseil composé des mêmes conseillers d’État [que le Conseil d’État], où se jugent les affaires des particuliers qui y sont évoquées, comme les règlements de juges entre des cours souveraines, les évocations pour parentés et alliances, les demandes en cassation d’arrêts, etc. » (Furetière).

Autrement appelé Conseil des parties (v. note [23], lettre 222), c’était l’organe exécutif de la justice royale et la plus haute instance judiciaire du royaume, dont les décisions devaient ensuite être approuvées (enregistrées) par un parlement. Il était distinct du Conseil d’en haut ou Conseil d’État (v. note [4], lettre 205), qui délibérait des affaires politiques.

8.

Avec Jean Varanda (v. note [2], lettre 145), Guillaume Rondelet et François Ranchin, Laurent Joubert (Valence, Dauphiné 1529-Lombert près de Toulouse 1583) était l’un des quelques médecins de Montpellier que Guy Patin estimait. Il fit ses études de médecine à Montpellier où il devint le fils spirituel de Guillaume Rondelet et obtint le doctorat en 1558. Il succéda en 1566 à son maître comme professeur et à Antoine Saporta (v. note [2] du Naudæana 4) comme chancelier en 1574. Henri iii fit venir Joubert à Paris en 1579.

L’année précédente, il avait publié la première édition du livre qui lui valut le plus de célébrité, les Erreurs populaires au fait de la médecine et régime de santé. Corrigées par M. Laurent Joubert, conseiller et médecin ordinaire du roi et du roi de Navarre, premier docteur régent, chancelier et juge de l’Université en médecine de Montpellier. Celle-ci est de toute l’œuvre, la première partie, contenant cinq livres, avec l’indice des matières, qui seront traitées aux autres (Bordeaux, Simon Millanges, 1578, in‑8o. Il n’avait pas craint de la dédier À très haute, très excellente et studieuse princesse, Marguerite de France, très illustre reine de Navarre, fille, sœur et femme de roi, Laurent Joubert, son très humble et très affectionné serviteur ; c’est-à-dire à la scandaleuse reine Margot, première et stérile épouse du futur Henri iv (v. note [4], lettre latine 456). Jugée trop hardie, cette dédicace ouvrit une controverse, et Joubert dut la retirer de la quinzaine d’éditions ultérieures de son ouvrage.

La première édition complète est disponible sur la bibliothèque numérique Medica : Erreurs populaires et propos vulgaires, touchant la médecine et le régime de santé. Expliqués et réfutés par M. Laur. Joubert, conseiller et médecin ordinaire du roi, et du roi de Navarre, premier docteur régent stipendié, chancelier et juge de l’Université en médecine de Montpellier. Celle-ci est de toute l’œuvre, la première partie, contenant cinq livres, avec l’indice des matières, qui seront traitées aux autres. Revue, corrigée et augmentée presque de la moitié, et dédiée au très renommé seigneur de Pibrac chancelier de la très illustre reine de Navarre ; suivie de la Seconde partie des erreurs populaires… Avec deux catalogues de plusieurs autres erreurs ou propos vulgaires, qui n’ont été mentionnés en la première et seconde édition de la première partie. Item deux autres petits traités concernant les Erreurs populaires, avec deux Paradoxes du même auteur ; plus l’Apologie de son orthographe, divisée en quatre Dialogues (Bordeaux, Simon Millanges, 1579, in‑8o).

Après son séjour à la cour, Joubert revint à Montpellier poursuivre dans le calme sa brillante carrière d’enseignant et de praticien (R. Desgenettes in Panckoucke).

9.

« et ce gratuitement ».

Les inscriptions aux quatre premières années de médecine à la Faculté de Paris étaient gratuites, mais les philiatres avaient à couvrir d’autres frais (v. note [11] des Comptes de la Faculté de médecine en janvier 1652). Il n’en allait pas de même pour l’obtention des degrés (baccalauréat, licence, doctorat), pour laquelle il fallait débourser plusieurs milliers de livres (v. note [60] des Décrets et asemblées de la Faculté de médecine de Paris en 1651-1652).

V. note [16], lettre 117, pour le factum de Rouen contre les médecins de Montpellier.

10.

V. note [10], lettre 73, pour Guillaume Du Val, mort le 22 septembre 1646.

a.

Ms BnF no 9358, fo 104, « À Monsieur/ Monsieur Belin, le père,/ docteur en médecine,/ À Troyes » ; Triaire no cxl (pages 508‑510) ; Reveillé-Parise, no lxxxii (tome i, pages 126‑128).


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Claude II Belin à Guy Patin, le 12 octobre 1646.
Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0137
(Consulté le 07.05.2021)

Licence Creative Commons "Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron" est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.