L. 307.  >
À Charles Spon, le 7 mars 1653

Monsieur, [a][1]

Je vous envoyai une lettre de deux pages le mardi, 4e de février par la voie de M. Falconet, auquel j’écrivis par occasion un mot de recommandation pour un jeune chirurgien de Lyon, [2] pour qui l’on m’avait prié. Depuis ce temps-là, le Mazarin, [3] qui est ici le tout-puissant, comme l’idole de la cour à qui s’adressent tous ceux qui ont quelque envie de faire fortune, s’est enfin résolu de fournir la surintendance vacante, laquelle il a donnée à deux hommes, dont l’un est M. de Servien [4] et l’autre est M. Fouquet, [5] procureur général du Parlement, qui l’exerceront conjointement. [1] Il a fait aussi un troisième directeur des finances, savoir M. Ménardeau-Champré, [6] conseiller de la Grand’Chambre[2] [La reine [7] l’avait elle-même dit ainsi, mais il s’est trouvé faux ; on croit qu’elle l’avait dit à dessein car le roi [8] même le dit aussi le lendemain : c’était à cause des rentiers [9] dont le fait n’était point encore réglé.] [3] Vous pouvez croire que tous ces gens-là sont animaux mazarins qui ont sacrifié à l’idole du temps et au veau d’or de la cour. Un gentilhomme normand nommé Saint-Ibar, [4][10] qui est du parti de M. le Prince, [11] a ici passé inconnu, est allé parler au duc d’Orléans, [12] qui est dans Orléans, [13] de la part du prince et l’a prié de ne bouger d’où il est, qui est à Orléans ; et delà s’en est allé à Bordeaux où il doit rencontrer le prince de Condé qui s’y rend par un autre chemin ; l’hui quatrième, [5] on croit qu’il a passé à Chalon-sur-Saône. [14] Saint-Ibar a été couru 30 lieues durant, mais il n’a pu être attrapé. Il y a bien du bruit à Bordeaux, [15] pour lequel apaiser, le prince de Conti [16] et la duchesse de Longueville [17] n’étaient plus suffisants : le premier maître n’y sera pas trop bon lui-même contre ces Gascons qui sont d’étranges gens, fort altiers, capricieux et obstinés. [6]

La Vie de feu M. Dupuy [18][19] est achevée, elle contient 40 feuilles d’impression, tant en soi qu’en choses qu’on y a ajoutées ; mais il y a six cartons à refaire par ordre et ordonnance de M. Rigault, que l’on fera cette semaine, et puis il sera en vente. [7] Dans cette même semaine, s’achèvera l’impression française de l’Encheiridion anatomicum et pathologicum de M. Riolan, [20] la traduction n’en est point trop élégante ni fidèle ; [8] aussi n’est-ce point pour cela que je vous la veux envoyer, mais pour une Anatomie pneumatique que M. Riolan [21] y a voulu faire mettre à la fin avec quelque préface. [9] Dès que j’aurai ces deux livres, je ferai emballer votre paquet sans autre remise et vous l’enverrai à Lyon. Il est tout prêt, je n’attends que quelqu’un qui envoie.

Ce 17e de février. Voilà que je reçois la vôtre datée du 11e de février, par laquelle je reconnais que vous n’avez pas encore reçu ma dernière du 4e février, laquelle M. Falconet vous doit faire délivrer. Dieu vous fasse la grâce de pouvoir recouvrer les deux livres du P. Th. [22] imprimés à Aix. [10][23] Serait-il possible que ceux d’Aix n’en envoyassent point à Lyon, n’y a-t-il point à Lyon quelque libraire qui traite avec ceux d’Aix ? Faites je vous prie tout ce que vous pourrez pour les avoir. Je ne lairrai point d’aller voir le sieur Buisson [24] à la foire [25] quand je saurai qu’il y sera, combien que je n’y aille que de dix ans en dix ans ; je n’ai point encore ouï dire qu’il y soit arrivé. [11]

Le sieur Du Rietz [26] est parti, il s’en va en Hollande ; delà à Hambourg [27] puis en Suède où, dit-il, la reine [28] l’a mandé pour affaire. Tout le fait de cet homme n’est que secret, chimique ou politique. Il porte grande envie à Bourdelot, [29] je ne sais s’ils n’auront point de noise ensemble. Quand il aura fait tous ses tours, on dit qu’il reviendra en France. Dieu le conduise ! Je suis d’accord avec vous de sa physionomie, elle ne vaut rien du tout et ne voudrais point me fier à cet homme. Je ne savais rien du malheur arrivé à votre chimiste [30] Arnaud, [31] mais il est bien étrange : a-t-il été pendu pour fausse monnaie, [32] à quoi sont sujets ces gens-là, ou bien pour quelque autre crime ? [12]

Le fils de M. Riolan [33] est guéri, il lui a fait ouvrir la gorge pour l’opération que l’on appelle bronchotomie ; [34] mais sa femme [35] est encore au lit et ne peut pas guérir sitôt. [13]

Pour les livres de M. Ravaud, [36] il faut attendre qu’il ait reçu ses balles, en toute patience. Pour ceux de M. Rodon, [37] j’en parlerai au sieur Buisson (dicitur non venturus, quod fuerit per viam revocatus[14] et les achèterai s’il en a. Voilà que mon fils aîné [38] s’en va à la foire avec mon ordre pour cela.

M. Burin [39] a été pris pour un autre que l’on attendait sur ce chemin et a composé de sa rançon à 24 000 livres ; mais quand on a su qu’il était si riche, comme il est, ils ont demandé autre chose. C’est sur quoi l’on traite et je n’ai pas encore ouï dire qu’il soit de retour. [15]

Un conseiller m’a dit ce matin que le Mazarin et le prince de Condé traitent ensemble pour s’accorder, que le Mazarin veut regagner le prince, qu’il quittera le gouvernement de Bordeaux et de toute la Guyenne, [40] qu’on lui donnera l’Alsace, Brisach [41] et Philippsbourg [42] en récompense. Quoi qu’il en soit, le Mazarin a peur du prince de Condé pour l’été prochain. Je ne me souviens point de votre M. Pons, [43] mais j’ai bien vu en ma vie des Lyonnais auxquels tous, quantum in me fuit[16] j’ai parlé et dit du bien de vous ; ce que je fais exprès, tant afin de savoir par eux de vos nouvelles qu’afin de vous faire connaître à eux ; ce que je fais très gaiement et très volontiers, tant par inclination que par obligation que je vous ai tout entière pour tant de bienfaits que j’ai reçus de vous. Sur cela vous me faites des compliments que je ne mérite point. Vivons s’il vous plaît en bonne intelligence et sans rancune ni reproche, comme nous avons fait ensemble depuis 10 ans passés. Je n’ai point assez bien fait, mais je ferai mieux à l’avenir si je puis.

Ismaël Bullialdus, [44] savant homme en mathématiques, a fait ici imprimer en trois feuilles in‑4o un petit traité de l’éclipse [45] de lune qui fut ici le mois de septembre passé et quelques observations sur la comète, [46] laquelle fut vue en plusieurs endroits de l’Europe le 22e de décembre dernier. J’ai mis ce livret dans votre paquet comme chose curieuse. Il parle aussi d’une grande éclipse [47] de lune, laquelle sera le mois de mars prochain et en quelque façon extraordinaire ; [17] mais le prince de Condé est bien plus à craindre avec le secours qu’il aura d’Espagne si on ne lui oppose bientôt une puissante armée.

On parle fort ici de la maladie de votre cardinal de Lyon, [18][48] on dit qu’il est hydropique et qu’il faut qu’il meure le mois prochain. J’en dirais bien autant d’un de nos compagnons nommé M. de Poix, [49] lequel j’ai vu aujourd’hui dans son lit détenu de la même maladie et qui, à mon avis, ne verra jamais Pâques. Totus est leucophlegmaticus[19] avec 66 ans. [50]

L’on me vient de donner un livre nouveau intitulé Discours sur les principes de la chiromance par M. de La Chambre, [51][52] médecin ordinaire du roi. [20] Vous en trouverez un dans votre paquet, que je vous prie de recevoir agréablement et avec votre bienveillance accoutumée.

Cette semaine dernière sont ici morts deux conseillers de la Cour : l’un fort vieux, nommé M. Bouguier de Montblain, [53] beau-frère du premier président[54] que l’on a trouvé mort dans son lit ; l’autre est un homme de 35 ans nommé M. Voisin, [55] que deux charlatans soi-disant médecins du duc d’Orléans ont tué avec trois prises d’antimoine. [21][56][57] Si Messieurs du Parlement chassaient de Paris tant de charlatans, ils n’en paieraient pas eux-mêmes la faute ni l’amende si chèrement.

Ce 2d de mars. Voilà que je viens d’apprendre d’un conseiller de la Cour que depuis huit jours, M. Rigault, [58] doyen des conseillers du parlement de Metz, [59] est mort à Toul, [60] fort vieux et fort cassé. Il a par ci-devant été bibliothécaire du roi, [61] c’est lui qui nous a donné le Tertullien[62] le Saint Cyprien[63] la Vie de feu M. Dupuy[7] laquelle n’est point encore en vente, et plusieurs autres bons livres. Il était vieux et cassé, et des savants de la grande bande, [22] in qua dux regit examen, et fere solus principatum obtinet vir Incomparabilis Cl. Salmasius, quem utinam fata diu servent : solus enim tristes hac tempestate Camenas sustinet[23][64][65] M. Heinsius, [66] le père, en approche ; et après lui, c’est peut-être un ministre qui est en Languedoc, nommé M. de Croy. [67] Reliqui velut umbra vagantur[24][68] au moins je ne sais s’il y en a un aujourd’hui dans Paris qui soit de cette force. Les gens de bien s’en vont et le monde est menacé de beaucoup de malheurs, propter tres vel quatuor nebulones superstites[25] Le duc d’Orléans est toujours là, à petite cour, ayant congédié la plupart de ses officiers, où il vit à petit bruit et en dévotion. Le prince de Condé menace de venir mettre le feu dans nos faubourgs de Paris dans le 15e du mois prochain, mais j’espère qu’on l’empêchera d’y approcher. Votre M. Burin est revenu, il lui en a coûté plus de 2 000 pistoles, mais cela est peu de chose au prix du grand bien qu’il a acquis au métier dont il se mêle. [15]

Tandis que M. de La Vieuville [69] était surintendant des finances, il avait près de soi un intendant nommé M. de Bordeaux [70] qui réglait toutes les finances avec lui. Aujourd’hui que M. de Servien est le maître, ce M. de Bordeaux est disgracié, et a[-t]-on mis en sa place un autre intendant des finances qui est de votre ville de Lyon, savoir M. Hervart. [26][71] Nous avons ici nouvelles que le parti du prince de Condé se fortifie devers Bordeaux et qu’il y est entré 3 000 hommes depuis peu. On dit aussi que le roi [72] s’en va envoyer une armée en Bourgogne pour assiéger Bellegarde. [27][73]

Il y a un jésuite natif d’Avignon, nommé le P. Alexandre de Rhodes, [74] qui vient de la Chine. [75][76] L’on dit qu’il a fait imprimer à Lyon in‑4o l’Histoire du royaume de Tonquin qui est joignant la Cochinchine. [28][77] Si ce livre se rencontre, obligez-moi de me l’acheter, comme aussi un autre in‑8o de Genève contre les jésuites, intitulé Arcana Societatis Iesu publico bono vulgata, cum appendicibus ultissimis [78] (je ne sais si ce sont là les propres termes, mais quoi qu’il en soit, en voilà le sens), [29] aux enseignes qu’au derrière de ce livre, il y a un traité du P. Mariana, [79] Espagnol, contenant les moyens de réformer les abus de la Société. [30][80] Je pense que ce livre, ayant été imprimé à Genève, ne sera ni fort cher, ni difficile à trouver à Lyon chez ceux qui y trafiquent. La première édition est de 1635, mais celui qui me l’a indiquée croit qu’il y en a une seconde qui est meilleure et plus ample, tu ipse videris[31] Je vous demande pardon de tant de peines que je vous donne si souvent pour mes petites curiosités.

Je pense que le paquet de livres que M. Musnier [81] m’a destiné est apprêté à Gênes [82] et en chemin d’arriver bientôt à Lyon chez M. Ravaud. Je vous prie de le saluer de ma part et de lui dire que je le prie de vous mettre entre les mains, aussitôt qu’il aura reçu ledit paquet en le remboursant, s’il vous plaît, de ce qu’il aura déboursé pour le port depuis Gênes jusqu’à Lyon ; de le garder chez vous en le faisant peser et me mander, s’il vous plaît, combien de livres il pèsera afin que là-dessus j’avise par quelle voie je le pourrai faire venir ; si ce n’est qu’alors que vous l’aurez reçu, il y ait grande facilité de commerce, et en ce cas-là, il n’y aurait qu’à mettre ledit paquet dans quelque balle de livres pour en être quitte en payant le port de deçà ; mais j’apprends qu’il y a bien des troupes en Nivernais à cause desquelles rien ne passe sur la rivière. [32][83]

Mais à propos de livres, M. Rigaud [84] ne commence-t-il point à imprimer nos manuscrits de feu M. Hofmann ? [33][85] Il doit maintenant avoir du papier, la guerre n’est point à Lyon et ne prend point son chemin de ce côté-là. Je vous prie aussi de vous souvenir des petits traités du P. Théophile Raynaud, tant de ceux de Lyon que des deux qui ont été imprimés à Aix et à Orange. [10] [86] Mais je vous demande derechef pardon de tant d’importunités et de tant de commissions. Aimez-moi s’il vous plaît toujours et croyez que je serai toute ma vie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Guy Patin.

De Paris, ce vendredi 7e de mars 1653.

On parle ici d’un grand combat sur mer entre les Anglais et les Hollandais. De quel parti êtes-vous ? Pour moi, je me déclare du côté des derniers à cause d’Érasme, [87] de Scaliger [88] et de M. de Saumaise, et des beaux livres qu’ils impriment : Angli vero mihi sunt lupi voraces[34][89]

Il me semble que par ci-devant vous m’avez témoigné qu’eussiez désiré recouvrer un Paulus Egineta [90] grec. [35] Mandez-moi là-dessus votre pensée, je sais bien où il y en a un tout grec in‑fo que je puis avoir fort aisément. Je vous supplie de faire mes très humbles recommandations à MM. Gras et Falconet, et même à M. Garnier qui vous rendra la présente.

On dit qu’il se prépare un grand voyage à la cour, que le roi et le Mazarin iront à Bordeaux, que la reine et le duc d’Anjou [91] demeureront ici, quod non credo[36] que le prince de Condé viendra avec une puissante armée de deçà, et hoc metuo[37]

Les Hollandais ont eu du pis, ils ont perdu 60 vaisseaux, [38] voilà ce que portent les nouvelles du Havre. [92] Le P. Paulin, [93] confesseur du roi, a honoré le ballet du roi de sa présence, [94] d’où sont venus les vers suivants (il y a eu aussi 36 évêques) : [39][95]

Laissez là le Père Paulin
Se divertir à votre danse,

Et mettez votre confiance
Entre les mains de Trivelin.
 [40]

Nous avons ici un Lyonnais nommé M. de Caimis [96] qui a épousé la sœur de M. Lorin, [97] jadis procureur du roi à Lyon. Il m’a promis de vous porter dans sa valise la Vie de feu M. Dupuy. Lisez-la en attendant le paquet que je vous enverrai dès que nos libraires enverront leurs balles ; mais ils se plaignent qu’ils n’ont eu aucune nouvelle de celles qu’ils ont envoyées depuis trois mois et croient que faute d’assurance, elles sont encore à Orléans.

On a arrêté ici près de Paris un gentilhomme nommé Vineuil [98] qui y venait de la part du prince de Condé. Il était chargé d’un manifeste dudit prince et de plusieurs lettres de créance, il est enfermé sous bonne garde dans le Bois de Vincennes. [41][99]

Si quelque Lyonnais de vos amis vient à Paris, ut fit interdum[42] tâchez de m’envoyer le livre du P. Th. Raynaud de bonis et malis libris, cela n’emplira pas de beaucoup sa valise.


1.

La surintendance des finances était vacante depuis la mort de Charles de La Vieuville, le 2 janvier 1653 (v. note [28], lettre 300). Un grand nombre de prétendants avaient brigué sa succession en récompense de leurs divers mérites.

Petitfils c (page 95) :

« Mazarin n’aimait guère trancher dans le vif, faire un heureux pour vingt déçus. Il hésita un moment à remplacer cette charge par un Conseil des finances, mais cela revenait à créer un organe nécessairement lourd et lent en une période où la rapidité de décision était essentielle. Finalement, il se rallia à l’idée de créer deux surintendants se surveillant l’un l’autre, choisis parmi ses fidèles : Abel Servien, le diplomate heureux, et Nicolas Fouquet, l’habile et si utile procureur général. Cette décision fut annoncée le 7 février 1653. »

Cette surintendance conjointe allait durer six ans (Dessert a, pages 284‑285) :

« […] la zizanie n’a pas manqué de s’élever rapidement entre Servien et Fouquet, le premier accusant le second d’empiéter sur ses attributions. En fait, le vieux serviteur, durant les deux premières années de sa fonction, a dominé son jeune alter ego. Cependant, son tempérament hautain et une certaine irrésolution l’ont gêné : il réussit mal auprès des gens d’argent à un moment pourtant où les dépenses militaires, la guerre se ravivant, nécessitent un effort financier important. Il fallait donc rendre à la surintendance une efficience certaine et éviter qu’elle ne soit paralysée par des rivalités de personnes ou de compétences. L’arrêt du 24 décembre 1654, pour clarifier la situation, précise alors les attributions de chacun des deux titulaires : tant que les hostilités dureront, Servien ordonnera les dépenses et délivrera les assignations sur les ordres du roi, c’est-à-dire, dans la réalité, sur les ordres du cardinal ; Fouquet devra contresigner sans manifester la moindre opposition les ordonnances de fonds, celles de comptant, les assignations après qu’elles auront été visées par Servien. De son côté, le procureur général se chargera expressément de la recette des fonds qui alimenteront l’Épargne ; mais surtout, il dirigera la politique financière du pays en choisissant les affaires extraordinaires proposées par les traitants, en fixant le volume des avances et le montant des remises accordées aux publicains, enfin en veillant à l’adjudication des fermes. Bref, il prend la haute main sur les différents revenus du monarque, dont il fixe la part respective, et il s’abouche avec tous les gens de finance dont il doit tirer, dans les conditions les meilleures, tout le secours qu’impose le service de l’État. Cette séparation des compétences, soigneusement établie entre les deux responsables qui devront chacun agir dans son département “ sans rien faire au delà ” subsiste jusqu’en février 1659, à la mort de Servien, moment où Fouquet reste seul en fonction et réunit sous son autorité tous les devoirs de la surintendance. »

2.

L’arrivée de ces nouveaux ministres perturbait l’ordonnance du Conseil (Journal de la Fronde, volume ii, fos 194 ro et vo, Paris, 18 février 1653) :

« Il y avait contestation entre les conseillers d’État et M. Ménardeau, {a} directeur des finances, auquel les premiers ne voulaient pas céder la préséance dans le Conseil. De part et d’autre, ils ont été voir M. le Cardinal à qui M. de La Poterie, conseiller d’État, représenta les droits de ses confrères avec beaucoup de vigueur. M. Ménardeau lui remontra aussi qu’on ne disputât point cette prérogative à M. d’Aligre, mais il avait témoigné, en plein Conseil que c’était une pure grâce qu’on lui avait faite et qu’il s’en départait volontiers, quoique fils de chancelier de France, pour ne préjudicier aux anciens conseillers d’État. Cette affaire fut réglée le 15 dans le Conseil. L’on disposa une table médiocrement longue au bout de laquelle est la chaise du roi ; à la droite, celle de M. le chancelier, au-dessous de lui M. Servien ; à la gauche, M. le garde des sceaux suivi de M. Fouquet, contre lequel ces mêmes conseillers d’État trouvèrent presque à redire pour la séance. Ensuite, de la droite et de la gauche, suivent ces mêmes conseillers d’État qui, pour être en grand nombre, sont bien au delà de la table, sans la clore ; et les intendants et directeurs sont au bout, à l’opposite de la chaise du roi. »


  1. V. note [143], lettre 166.

3.

Les crochets balisent une phrase que Guy Patin a ajoutée dans la marge, face à la fin du paragraphe ; elle n’est pas tout à fait adaptée au contexte, mais je n’ai pas trouvé meilleur endroit pour l’insérer.

4.

Henri d’Escars de Saint-Bonnet, seigneur de Saint-Ibar (Saint-Ybal ou Saint-Ibal), ennemi résolu de Mazarin, avait été l’un des agents les plus actifs du parti des princes.

Adam (in Tallemant des Réaux, Historiettes, tome i, page 936, note 7) :

« Au dire de Lenet, {a} c’était un homme de cœur et d’expérience, très brave et très bon officier. Comme les Importants, {b} dont il fut, il affichait une vertu stoïque et une “ humeur libre ”, c’est-à-dire un vif esprit critique au nom des grands principes de la morale ; mais “ il jugeait mal de tout le monde, ne pouvait souffrir ceux qui gouvernaient les affaires et n’avait ni le talent, ni la volonté de les conduire. Il était mélancolique, chagrin et inégal ”. […] Montrésor, son cousin germain, disait de lui : “ homme de hauts desseins et ennemi de la tyrannie ”. Et Montglat : “ homme ferme, hardi, secret, bon ami, et qui avait une telle aversion contre les favoris que si le meilleur de ses amis était entré en faveur, il se serait dès le lendemain brouillé avec lui. ” » {c}


  1. Mémoires, tome i, page 477.

  2. V. note [15], lettre 93.

  3. Mémoires, page 49, année 1636 ; ajoutant : « Il était cousin de Montrésor ; c’est pourquoi ils se voyaient souvent  et conférant ensemble de plusieurs affaires, ils proposèrent de ménager une liaison étroite entre Monsieur et le comte de Soissons. Ce dessein réussit si bien par leur entremise que quand Monsieur fut fait généralissime, le comte de Soissons en fut fort aise, au lieu d’en être fâché, comme prétendait le cardinal [Richelieu], prévoyant qu’il [Monsieur] serait appuyé pour exercer leur vengeance commune [en assassinant Richelieu]. »

5.

L’hui quatrième : aujourd’hui est le quatrième jour, il y a trois jours.

6.

Dénomination sentant la marine, « premier maître » désigne le prince de Condé qui guerroyait encore dans le Nord-Est. On l’attendait à Bordeaux où, en pleine alliance avec l’Ormée (v. note [1], lettre 244), se trouvaient son frère, le prince de Conti, sa sœur, la duchesse de Longueville, et son épouse, Mme la Princesse, qui venait de mettre au monde son second fils.

Journal de la Fronde (volume ii, fo 196 ro, Paris, 28 février 1653) :

« On écrit de Bordeaux, du 21, que tous les préparatifs pour le baptême du petit duc de Bourbon étant achevés, M. de Marchin le porta, le 18, dans l’église, suivi de grand nombre de gentilshommes qui marchaient en cérémonie. Mme de Longueville et le marquis de Todias, ancien jurat, le portèrent sur les fonds et le nommèrent Louis de Bordeaux ; et après cette cérémonie, outre les réjouissances extraordinaires, on distribua quantité de médailles d’argent, dont les unes portaient d’un côté les armes de la ville et de l’autre deux branches d’orme croisées, avec cette devise, Nunquam deficient ; {a} les autres, les armes de M. le Prince et sur le revers deux petits aiglons, au-dessus est une grande aigle qui les couvre de ses ailes. »


  1. « Jamais elles ne se sépareront ».

7.

Il existe deux éditions de la Viri eximii Petri Puteani, regi christianissimo a consiliis et bibliothecis, Vita. Cura Nicolai Rigaltii [Vie de l’insigne Pierre Dupuy (v. note [5], lettre 181), conseiller bibliothécaire du roi très-chrétien. Par Nicolas Rigault] (Paris, Cramoisy, in‑4o, 1652. Elles portent toutes deux le même millésime, mais seule la première a paru en 1652, sans privilège royal, ni achevé d’imprimer ; la seconde, parue en 1653, comporte un privilège daté du 15 décembre 1652 avec la mention Hæc prima editio perfecta fuit die 15. Feb. 1653 [Cette première édition a été achevée le 15e de février 1653].

La dédicace est adressée au premier président Mathieu i Molé. La Vie de Dupuy elle-même occupe les pages 5 à 76. Elle est précédée d’un portrait de Petrus Puteanus, Cl. Fil. (Nanteuil faciebat) [Pierre Dupuy, fils de Claude (par Nanteuil)]. Le reste du volume (pages 77 à 216) contient des éloges de Pierre Dupuy et des pièces de consolation adressées à son frère Jacques, avec les plus prestigieuses signatures du temps (Naudé, Balzac, etc.). À la fin (pages 217‑314) se trouvent diverses pièces concernant Claude et Clément Dupuy, père et grand-père de Pierre et Jacques, dont un éloge de Claude par Jacques-Auguste i de Thou.

Les signatures vont de A à Rr, soit exactement les 40 feuilles qu’annonçait Guy Patin. Les notes [27], lettre 308, et [3], lettre 325, détaillent des différences sensibles existant entre les deux textes, avant et après les modifications que Rigault a faites pour répondre à la demande des héritiers du cardinal Richelieu.

8.

Manuel anatomique et pathologique, ou Abrégé de toute l’anatomie, et des usages que l’on en peut tirer pour la connaissance et pour la guérison des maladies. Par Me Jean Riolan, ancien doyen de la Faculté de médecine de Paris, doyen des professeurs du roi et premier médecin de la reine Marie de Médicis, mère du roi Louis xiii. Augmenté de la sixième partie, sur les mémoires et livres imprimés de l’auteur, des traités des veines lactées, de la circulation du sang, des ongles, des poils, des valvules des veines et de l’anatomie pneumatique (Paris, Gaspard Meturas, 1653, in‑12o, traduit du latin en français par Sauvin ; réédition en 1672, Medic@).

À lui seul, le titre contient une belle erreur : Jean ii Riolan a été ancien, mais jamais doyen de la Faculté de médecine de Paris. La traduction en français de l’Encheiridium (v. note [25], lettre 150) ne pouvait que déplaire à Jean ii Riolan et à Guy Patin : il était en effet choquant pour eux de mettre à la portée de tous, et notamment des chirurgiens, un ouvrage que son latin d’origine réservait aux seuls médecins.

La Préface au lecteur et auditeur ne manque pas de le rappeler vivement :

« Lesquelles parties de l’anatomie {a} sont tellement nécessaires à un médecin qui veut tenir son rang, conserver sa dignité, et montrer son savoir dans les consultations et conseils des chirurgiens, que s’il les ignore, il faut qu’il acquiesce à leurs opinions et jugements ; car de tous les remèdes de chirurgie, de pharmacie et de la diète que les chirurgiens ont proposés par un long discours, ils ne laissent aux médecins que la seule faculté de prescrire de leur propre main la purgation et la saignée. De sorte que les chirurgiens sont maintenant avec nous les consulteurs des choses de la médecine, les qualificateurs des maladies et les directeurs des cures. Je rougis de honte de rapporter et de voir le mépris qu’ils font des médecins, étant remplis d’arrogance de ce qu’ils savent l’anatomie, de laquelle ils se vantent d’être les vrais possesseurs et professeurs ; mais si c’est bien ou mal, j’en ai laissé à juger aux anatomistes experts. »


  1. L’étude approfondie des os.

L’épître de l’imprimeur mise en tête de l’ouvrage donne le fin mot de l’affaire :

« À Monsieur Maître Guy Patin, docteur régent en la Faculté de médecine de Paris, et doyen en ladite Faculté.
Monsieur,
On tient pour constant que les eaux répandues par toute la Terre viennent de la mer, que les eaux qui rejaillissent sur la Terre et qui forment les rivières retournent incessamment dans la mer, que les eaux des fontaines ne montent pas plus haut que leurs sources. Cette considération m’a fait connaître que le docte Manuel anatomique et pathologique de M. Riolan m’ayant été donné de votre part pour l’imprimer comme un livre excellent en la médecine, étant traduit du latin en français, devait retourner à sa source, d’autant que M. Riolan vous l’a dédié en latin, avouant dans son Anthropographie que vous seul souventefois l’avez prié et incité à revoir ses ouvrages anatomiques pour leur donner la dernière façon et correction. Je sais que travaillant sur l’impression de l’Anthropographie, elle fut arrêtée pour imprimer ce présent Manuel que ledit sieur Riolan a composé à votre instance et sollicitation, à mesure que l’impression s’avançait en grande diligence. Voyant qu’il a été fort bien reçu en latin et qu’aussitôt que je l’ai mis en lumière on l’a rimprimé en Hollande, {a} j’ai cru qu’étant traduit en français, il aurait la même réputation puisque de tous les endroits de France les chirurgiens me le demandent. S’il n’a la même grâce en français comme en latin, cela ne doit point être imputé à l’auteur puisque je l’ai imprimé en cachette et à son insu, n’en ayant eu la connaissance que lorsque l’ouvrage a été achevé. J’espère que la dédicace de ce présent livre français, qui vous a été dédié en latin, portant le nom de M. Riolan qui est votre intime ami, ne vous sera point désagréable et que vous adoucirez l’esprit de l’auteur s’il a quelque dégoût de cette version que j’ai faite à mes dépens, en intention de servir aux chirurgiens français pour lesquels j’ai déjà imprimé beaucoup de livres en chirurgie, et <suis> tout prêt d’imprimer la Chirurgie allemande de Felix Wirtzius avec la Chirurgie espagnole admirable de Hidalgo d’Aguero, traduites en français par le sieur Saunin qui a fait cette version. Les médecins et chirurgiens vous doivent savoir gré du profit qu’ils recevront de cette édition, tant latine que française, et moi particulièrement vous demeurerai obligé de m’avoir procuré l’édition des ouvrages du sieur Riolan, vous protestant que je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur, Gaspard Meturas. De Paris, ce dernier jour d’octobre 1652. »


  1. V. note [5], lettre 209.

Meturas, qu’on sent tout de même mal à son aise, aurait pu rappeler en sa faveur que ça n’était pas la première traduction française d’un ouvrage de Jean ii Riolan : circulaient alors déjà depuis plus de 20 ans Les Œuvres anatomiques de Me Jean Riolan, conseiller, médecin, et professeur du roi en anatomie et pharmacie, revues et augmentées d’une cinquième partie en cette édition… Le tout rangé, corrigé, divisé, noté et mis en français par M. Pierre Constant, docteur en médecine (Paris, Denis Moreau, 1629, 2 tomes, in‑4o, avec une dédicace de Constant au duc d’Orléans , Medic@ ; réédition en 1661). Meturas n’en continua pas moins à publier les ouvrages de Riolan.

9.

L’Anatome pneumatica [Anatomie pneumatique] est un court et curieux traité qu’on trouvait déjà en latin dans la deuxième série des Opuscula anatomica (1652, pages 167‑173 ; v. note [30], lettre 282). Jean ii Riolan y proclame tout l’intérêt qu’il faut prêter aux études anatomiques utilisant les injections d’air dans les vaisseaux et autres viscères creux (tube digestif, uretères). Détaillant par le menu la technique à employer, mais ignorant que cette méthode expose largement aux artifices (car l’air poussé sous pression peut forcer son passage par des déchirures qui n’ont rien de naturel), Riolan prétend qu’elle permet de connaître « les voies de la circulation du sang dans les diverses parties du corps, sur lesquelles on est encore en doute », et de « convaincre de mensonge et d’imposture les nouveaux circulateurs du sang quand ils parlent des ridicules retours du sang vers la veine cave ». Hippocrate avait donc raison : toutes les parties de l’arbre vasculaire communiquent les unes avec les autres à plein canal ; il n’y a qu’un seul et unique compartiment où le sang va et vient, et non point deux, le veineux et l’artériel, où, comme le prétendent William Harvey et ses partisans, la masse entière du sang exécuterait un mouvement circulaire partant du cœur gauche par l’aorte et revenant au cœur droit par les veines caves.

Un peu plus haut, dans le le Discours contenant le jugement général du sieur Riolan touchant le mouvement du sang, tant aux brutes qu’aux hommes, tiré de la réponse qu’il a faite à Schlegel, et les utilités de la circulation, se lit la poétique rêverie de Riolan sur le mouvement du sang (v. note [18], lettre 192).

10.

Ces deux traités du P. Théophile Raynaud avaient été imprimés à Aix pour l’un (v. note [4], lettre 302), mais à Orange et Avignon pour l’autre (v. note [4], lettre 304).

11.

V. note [4], lettre 209, pour la foire Saint-Germain.

Le libraire Pierre Du Buisson avait exercé à Montpellier de 1644 à 1651. Sans doute attaché à l’Université de médecine, il avait publié les harangues du doyen Siméon Courtaud et trois ouvrages du médecin Samuel Formy : Le Cheveu de Vénus (1644), L’Idée de la peste (1649) et Le Traité chirurgical des bandes, lacs, emplâtres, compresses, attelles… (1651). Dès 1642, Du Buisson avait fait paraître le Catalogue des livres portés à Paris… à la foire Saint-Germain en son magasin, rue des Peintres, au bout de la rue des Orfèvres, dit autrement la Boutique des antiques (Jestaz).

Guy Patin, qui le nomme ici Buisson, a décrit les circonstances de sa mort en janvier 1659 (v. note [14], lettre 554).

12.

Seul emploi du mot physionomie dans toute la correspondance, avec le sens de « mine », dérivé du sens savant d’« art qui enseigne à connaître l’humeur ou le tempérament de l’homme par l’observation des traits de son visage, et la disposition de ses membres » (Furetière) ; technique divinatoire à laquelle on a depuis donné le nom de physiognomonie, dont Marin Cureau de La Chambre fut l’un des inventeurs (v. note [23], lettre 226), avec son Art de connaître les hommes. Première partie où sont contenus les discours préliminaires à cette science… (Paris, P. Rocolet, 1659, in‑4o, Gallica).

V. note [3], lettre 243, pour E.R. Arnaud, médecin chimiste de Montpellier.

13.

Élisabeth Simon épouse de Jean ii Riolan ; v. note [14], lettre 301, pour sa maladie et la bronchotomie (trachéotomie) qu’on avait dû faire pratiquer sur leur fils Philippe, abbé de Flavigny (v. note [16], lettre 1020).

14.

« on dit qu’il ne viendra pas parce qu’il aura été retenu en chemin » (ajout de Guy Patin, dans la marge) ; v. note [1], lettre 302, pour Rodon (David Derodon).

15.

V. note [3], lettre 302, pour l’enlèvement de Rolin de Burin.

16.

« autant qu’il en est venu chez moi ». Charles Spon avait ici meilleure mémoire que Guy Patin qui disait dans la lettre qu’il lui adressait le 21 avril 1643 (v. note [9], lettre 80) avoir rencontré « le jeune Pons » (Claude Pons, petit-fils de Jacques, tous deux agrégés au Collège des médecins de Lyon). La fin du paragraphe laisse à penser que Pons avait pu rapporter à Spon une petite aigreur que Patin lui avait confiée sur le compte de son ami lyonnais.

17.

Parmi les très nombreux ouvrages d’Ismaël Boulliau (ou Bouillaud), Guy Patin citait ici son Observatio secundi deliquii lunaris anno 1652 mense septembri facti, una cum calculo illius, et futuri alius lunæ defectus mense martio 1653 ex tabulis Philolaicis, et Observationes circa cometam qui mense decembri 1652 fulsit… [Observation de la seconde éclipse lunaire qui survint au mois de septembre 1652, en même temps que son calcul, que la prévision de l’autre éclipse de lune qui se produira au mois de mars 1653 à partir des tables de Philolaüs ; et les Observations sur la comète qui a brillé au mois de décembre 1652…] (Paris, Edme Martin, 1653, in‑4o de 22 pages).

Une éclipse partielle de lune avait été visible à Paris le 17 septembre 1652 à 18 heures 30, et une autre, complète, survint le 14 mars 1653 à 4 heures (A.V.D.). L’astronomie était le passe-temps favori de Boulliau qui fut le premier à donner une explication plausible du changement de lumière dans quelques étoiles, en l’attribuant à une révolution sur leur axe qui nous montre successivement des parties obscures ou lumineuses. Il a défendu avec grande constance le mouvement de la Terre qui avait encore de nombreux adversaires, même parmi les astronomes. Un cratère de la Lune porte son nom.

18.

Alphonse-Louis du Plessis de Richelieu (v. note [12], lettre 19), frère du cardinal-duc de Richelieu.

19.

« Il est tout leucophlegmasique ».

La leucophlegmasie, leucophlegmatie ou anasarque (Nysten) est une infiltration de tout le corps sous la forme d’œdème des tissus mous (hydropisie) et d’épanchement dans les enveloppes viscérales – plèvre, péritoine (ascite), péricarde.

En 1653, la fête de Pâques fut célébrée le 13 avril, Claude de Poix (v. note [4], lettre 110) mourut le 4 août.

20.

Discours sur les principes de la chiromance. Par le Sr [Marin Cureau] de La Chambre [v. note [23], lettre 226], conseiller du roi en ses conseils et son médecin ordinaire (Paris, Pierre Rocolet, 1653, in‑8o, achevé d’imprimer le 19 février 1653).

« Divination qui se fait par l’inspection de la main, la chiromance est une science fort vaine et qui n’a aucun fondement en la nature » (Furetière).

Un extrait (pages 11‑14) de l’épître dédicatoire à « Monsieur Beiot docteur en médecine » donne une idée du propos, aussi extravagant que spécieux, de l’auteur :

« En effet, comme le premier et principal fondement de la chiromance est la disposition des planètes qu’elle a diversement placées dans la main, car elle a mis Jupiter au premier doigt que l’on nomme index, Saturne au second, le Soleil au troisième, Mercure au quatrième, Vénus au pouce, Mars au creux de la main, et la Lune dans sa partie inférieure. Ce fondement, dis-je, qui renverse l’ordre naturel des planètes et qui, par conséquent, semble être plutôt un effet du caprice des premiers inventeurs de cette science que d’aucune raison qu’ils aient eue pour les ranger de la sorte, bien loin de la pouvoir par là rendre suspecte de fausseté, est à mon avis une des choses qui donne les premiers soupçons de la vérité qui s’y trouve. Car il faut que l’esprit humain qui est si amoureux de la proportion et qui, partout où il la peut faire couler, ne manque jamais d’en orner et d’en enrichir ses imaginations, ne l’ait pas oubliée ici sans sujet ; et qu’il ait été forcé par la vérité des expériences que l’on a faites de changer l’ordre des planètes qu’il a conservé si exactement dans la métoposcopie {a} et dans mille autres rencontres où il a eu la liberté d’en faire l’application. Et sans doute si c’était une pure imagination, il eût été plus facile et plus raisonnable de mettre Saturne au premier doigt, Jupiter au second, Mars au troisième, le Soleil au quatrième, et suivre ainsi le rang que ces étoiles gardent entre elles, que de les transposer comme on a fait. Ou s’il eût fallu le changer, il semble qu’il eût été plus à propos de faire gouverner le plus grand doigt par le plus grand astre, ou de lui donner celui qui est le plus mobile, que le troisième qui est le moins agissant. De sorte qu’il y a grande apparence qu’une si extraordinaire disposition des planètes n’est pas un ouvrage de la fantaisie de ceux qui ont les premiers travaillé à cette science, mais de la nécessité qu’ils ont eue de suivre les raisons et les expériences qui leur marquaient cette vérité. » {b}


  1. « Art qui enseigne à connaître le tempérament et les mœurs des personnes par la seule inspection des traits du visage » (Furetière).

  2. V. note [60], lettre 332, pour une autre citation de cet ouvrage.

21.

Pierre Bouguier, sieur de Montblain, abbé de Chambrefontaine, avait été reçu conseiller clerc au Parlement de Paris en 1606, en la deuxième des Enquêtes. Son père, Christophe Bouguier, conseiller au Parlement en 1567, avait épousé Marie Chartier, qui, devenue veuve, s’était remariée en 1581 à Édouard Molé, seigneur de Lassy et de Champlâtreux, président à mortier au Parlement de Paris. Pierre Bouguier était donc demi-frère (frère utérin, ou « beau-frère » par alliance, comme on disait alors) du premier président et garde des sceaux, Mathieu i Molé, fils d’Édouard (Popoff, no 690).

V. note [7], lettre 301, pour Charles Voisin.

22.

Bande : « troupe de plusieurs personnes associées ensemble pour un même dessein. La grande bande des violons se dit des 24 violons du roi » (Furetière).

23.

« dont Claude Saumaise, homme incomparable, est le chef qui mène la troupe, presque le seul qui tienne encore le premier rang. Dieu fasse que la destinée l’y maintienne longtemps. Seul en effet, dans le siècle où nous sommes, il soutient les Camènes dolentes » ; Juvénal (Satire vii, vers 2‑5) :

Solus enim tristes hac tempestate Camenas
respexit, cum iam celebres notique poetæ
balneolum Gabiis, Romæ conducere furnos
temptarent
.

[Lui seul, dans le siècle où nous sommes, a jeté un regard d’intérêt sur les Camènes {a} dolentes ; alors que de poètes déjà connus, célèbres, essayaient de louer un petit établissement de bains à Gabies ou des fours de boulanger à Rome].


  1. Les Muses.

24.

« Tous les autres errent comme l’ombre » (paroles de Caton l’Ancien [v. note [5] de Guy Patin contre les consultations charitables de Théophraste Renaudot] dans Plutarque, Apophthegmes de rois et de généraux, Scipio Minor, iii).

Jean de Croy ou Croï, natif d’Uzès, ministre protestant, avait d’abord exercé à Béziers, puis dans sa ville natale où il mourut en 1659. Il a laissé un grand nombre d’ouvrages de polémique religieuse où il s’attaqua notamment à Daniel Heinsius et au P. Petau (Michaud).

Bayle :

« Il publia en français plusieurs livres de controverse, mais ses ouvrages latins lui ont fait beaucoup plus d’honneur parce qu’ils font paraître qu’il entendait admirablement les langues, la critique, l’érudition judaïque, les antiquités ecclésiastiques, et tout ce que l’on comprend sous le nom de philologie et de polymathie. Il se piquait d’être universel et il entreprit même de critiquer M. de Balzac sur sa langue maternelle. Lorsque les disputes de la grâce universelle étaient les plus échauffées, chaque parti s’efforça de le gagner. »

25.

« à cause de trois ou quatre fripons qui subsistent. » Tout le début de ce paragraphe a été repris en abrégé dans une lettre, datée du 26 août 1654, prétendument destinée à Charles Spon dans l’édition Bulderen (lxxxix, tome i, pages 241‑242) et à André Falconet dans l’édition Reveillé-Parise (ccccxxvi, tome iii, pages 37‑38).

26.

Guillaume de Bordeaux (mort à Paris le 4 octobre 1660), seigneur de Montfort-l’Amaury et de Gentoy, avait été successivement secrétaire du roi et du Conseil d’État et des finances, payeur de gages à la Chambre des comptes, surintendant des finances du duc d’Orléans (1644), puis conseiller d’État aux finances et intendant des finances de France en 1649. Il s’était rendu célèbre par une banqueroute, ce qui ne l’empêcha pas de se mettre sur les rangs quand il s’était agi, en janvier 1653, de nommer un nouveau surintendant des finances (v. note [1], lettre 307) (Jestaz et Adam).

Dessert a (page 284) :

« Fidèle à ses habitudes, il {a} a choisi deux titulaires à la surintendance {b} pour jouer sur la différence entre les deux promus sur leurs caractères opposés, afin de mieux contrôler les caisses de l’État. Précautionneux, il les a flanqués d’une de ses créatures, Guillaume de Bordeaux, présenté comme un commis de l’enregistrement des fonds, mais qui se charge surtout de les surveiller ; comme on pouvait s’y attendre, Servien n’a pas tardé à s’emporter contre l’intrus qu’il a fallu remplacer par le grand financier Barthélemy Hervart, {c} autre fidèle de l’Italien, que l’on nomme pour la circonstance contrôleur général des finances. »


  1. Mazarin.

  2. Servien et Fouquet.

  3. V. note [1], lettre 209.

Il est aussi question dans la suite des lettres d’Antoine de Bordeaux (v. note [2], lettre 314), fils de Guillaume.

27.

Le duc d’Épernon, gouverneur de Bourgogne, allait diriger ses troupes contre Bellegarde (v. note [7], lettre 221), encore tenue par le parti des princes, pour en entamer le siège le 6 mai 1653.

28.

Alexandre de Rhodes (Avignon 1591-Ispahan 5 novembre 1660), frère ou cousin d’Henri (v. note [13], lettre 203), était entré dans la Compagnie de Jésus en 1612. En 1619, Alexandre était parti pour les Indes, avait séjourné à Goa, à Macao, était passé dans le Tonkin en 1627, et y avait gagné la confiance du roi et de plusieurs personnages considérables. Forcé de quitter le pays après la publication d’un édit contre les chrétiens, le P. de Rhodes était retourné à Macao où il avait résidé 10 ans. En 1640, il s’était de nouveau rendu en Cochinchine. On l’y avait arrêté et condamné à mort, mais sa peine avait été commuée en un bannissement perpétuel (1646). En revenant en Europe, il avait visité Java, Bantam, Surate, l’Anatolie, l’Arménie et Smyrne. Après un séjour de trois années à Rome, il vint à Paris puis partit pour la Perse où il mourut. Guy Patin citait ici son Histoire du royaume de Tunquin et des grands progrès que la prédication de l’Évangile y a faits en la conversion des infidèles, depuis l’année 1627 jusques à l’année 1646… (Lyon, Jean-Baptiste Devenet, 1651, in‑4o ; traduction par le P. Albi de la première édition en italien, Rome, 1650).

29.

Caspar Scioppius (Schoppe), s.j. : « Secrets de la Compagnie de Jésus divulgués au grand public, avec leurs tout derniers appendices » (Genève, A. Pernet, 1635, in‑8o). Guy Patin avait ici corrigé une première version qu’il avait donnée du titre : Arcana Iesuistica, sive de secretis Iesuisticorum [Arcanes jésuitiques, ou les secrets des jésuites].

30.

Juan Mariana (Talavera, province de Tolède 1537-Tolède 1624) se fit jésuite en 1554. « Il devint un des plus habiles hommes de son siècle ; grand théologien, grand humaniste, profond dans la connaissance de l’histoire ecclésiastique et de l’histoire profane, bon Grec et docte dans la langue sainte. Il alla à Rome l’an 1561 et y enseigna la théologie. Au bout de quatre ans, il s’en alla en Sicile et y enseigna pendant deux années. Il vint à Paris l’an 1569 et y expliqua Thomas d’Aquin pendant cinq ans. Sa santé ne lui permit pas de continuer et l’obligea de s’attacher à des études moins pénibles. Il s’en retourna en Espagne l’an 1574 et passa le reste de ses jours à Tolède » (Bayle).

Le plus célèbre ouvrage de Mariana est son traité De Rege et regis institutione [Du Roi et de l’institution du roi], imprimé à Tolède en 1598 : se demandant s’il est permis de se défaire d’un tyran, il donne le récit de l’assassinat d’Henri iii et approuve l’action de Jacques Clément, et admire son courage et sa fermeté intrépide. L’ouvrage « fut brûlé à Paris par arrêt du Parlement à cause de la pernicieuse doctrine qu’il contenait. Il n’y a rien de plus séditieux ni de plus capable d’exposer les trônes à de fréquentes révolutions, et la vie même des princes au couteau des assassins, que ce livre de Mariana. Il exposa les jésuites, et surtout en France, à mille sanglants reproches et à des insultes très mortifiantes que l’on renouvelle tous les jours, qui ne finiront jamais, que les historiens copieront passionnément les uns des autres, et qui paraissent d’autant plus plausibles qu’il fut imprimé avec de bonnes approbations. On publia que Ravaillac y avait puisé l’abominable dessein qu’il exécuta [en 1610] contre la vie d’Henri iv et qu’il l’avait avoué dans son interrogatoire. Ce fait fut contredit publiquement » (ibid.).

Tandis qu’il était en prison pour avoir publié ce brûlot, on fouilla tous les papiers de Mariana pour y trouver le manuscrit qui intéressait ici Guy Patin, de Govierno de la Compania de Jesus, « où l’auteur représentait les malheurs funestes dont la Compagnie était menacée si elle ne corrigeait les désordres de son gouvernement ; sur quoi il suggérait de fort bons conseils. L’évêque d’Osma ne fit point difficulté de donner à lire ce manuscrit à ses amis et de leur en laisser tirer des copies. De là vint que cet ouvrage tomba entre les mains de quelques personnes qui l’envoyèrent en France, en Allemagne et en Italie. Un libraire français le fit imprimer, non seulement en espagnol, qui était la langue de l’original, mais aussi en latin, en français et en italien. Dès qu’il eut été porté à Rome, le jésuite Floravanti, confesseur d’Urbain viii, le lut et s’écria, heu ! heu ! actum est de nobis Iesuitis, quando nimis vera sunt quæ liber hic cantat [hélas ! hélas ! c’en est fait de nos jésuites car ce que chante ce livre n’est que trop vrai]. Le général des jésuites n’épargna rien pour obtenir la condamnation de ce livre, et cela lui fut enfin accordé l’an 1631 » ; on contesta plus tard que Mariana en eût été le véritable auteur (ibid.).

Il avait paru en français pour la première fois en 1625 : Discours du Père Jean Mariana, jésuite espagnol, des grands défauts qui sont en la forme du gouvernement des jésuites ; traduit d’espagnol en français (par Auger de Mauléon) (sans lieu ni nom, in‑8o). En latin, sous le titre de Discursus de erroribus, qui in forma gubernationis Societatis Iesu occurrunt, xx capitibus [Discours en 20 chapitres sur les erreurs qui se commettent dans l’organisation du gouvernement de la Société de Jésus], on le vendait en 1635 avec le livre de Caspar Schoppe cité supra dans la note [29].

31.

« vous en jugerez de vous-même ». Je n’ai pas trouvé d’édition des Arcana… postérieure à 1635.

32.

Le transport des marchandises de Lyon à Paris se faisait par terre, de Lyon à Roanne, puis par bateau en descendant la Loire soit jusqu’à Orléans, soit jusqu’à Briare, puis par le canal de Briare, achevé en 1642, jusqu’à Montargis ; et enfin de nouveau par terre jusqu’à Paris.

33.

De nouveau l’édition lyonnaise, par Pierre Rigaud, des Chrestomathies de Caspar Hofmann (v. note [1], lettre 274).

34.

« pour moi les Anglais sont vraiment des loups voraces. »

V. infra note [38], pour les engagements navals anglo-hollandais de mars 1653.

35.

Les deux principales éditions grecques de Paul d’Égine (v. note [13], lettre 153) sont celles de Venise (1528, in‑fo) et de Bâle (1538, in‑fo).

36.

« ce que je ne crois pas ».

37.

« et c’est ce que je crains. »

38.

Nouvel engagement naval de la première guerre franco-hollandaise : escortant un convoi de navires marchands hollandais dans la Manche, l’amiral Maarten Tromp attaqua la flotte de la République anglaise, dirigée par Robert Blake, entre l’île de Portland et le cap de La Hague. L’engagement dura trois jours (9‑12 mars). Les pertes furent bien plus considérables du côté hollandais (huit à douze vaisseaux de guerre et 40 à 50 vaisseaux marchands) que du côté anglais (entre un et trois vaisseaux de guerre). Une autre grande bataille navale eut lieu en Toscane le 14 mars, devant Livorno (Leghorn en anglais) ; ce fut une complète victoire de la flotte hollandaise commandée par Johan van Galen.

39.

V. note [3], lettre 204, pour le P. Charles Paulin, s.j.

Du 23 février au 16 mars 1653, Louis xiv dansa plusieurs fois en public le Ballet royal de la Nuit. Le livret d’Isaac de Benserade (Paris, Robert Ballard, 1653, in‑4o ; v. note [2], lettre 889) est une allégorie de la Fronde divisée en quatre parties ou veilles, que résume ainsi l’Avant-propos :

« Le Sommeil et le Silence font le récit de la quatrième et dernière partie, et produisent les différents songes qui la composent. Ainsi paraissent des furieux, des aventuriers, un ixion épris des beautés de Junon, un peureux, des poètes, des philosophes, des amoureux transis et autres diverses expressions de la bile, du sang, du flegme et de la mélancolie. Après cela, le jour commence à poindre et le ballet finit avec son sujet : l’Aurore traînée sur un char amène le plus beau Soleil qu’on ait jamais vu, qui d’abord dissipe les nuages, et qui promet la plus belle et la plus grande journée du monde ; les génies lui viennent rendre hommage et tout cela forme le grand ballet. Ce sujet est vaste et dans toute son étendue assez digne d’exercer les pas de notre jeune monarque, sans le détourner du dessein qu’il a de n’aller à rien que de grand et de noble. »

Le final représente déjà Louis xiv en Roi Soleil :

Le roi représentant le Soleil levant

Sur la cime des monts commençant d’éclairer,
Je commence déjà de me faire admirer
Et ne suis guère avant dans ma vaste carrière,
Je viens rendre aux objets la forme et la couleur,
Et qui ne voudrait pas avouer ma lumière
Sentira ma chaleur.

Déjà seul je conduis mes chevaux lumineux
Qui traînent la splendeur et l’éclat après eux,
Une divine main m’en a remis les rênes,
Une grande déesse a soutenu mes droits,
Nous avons même gloire, elle est l’astre des reines,
Je suis l’astre des rois.

En montant sur mon char, j’ai pris soin d’écarter
Beaucoup de Phaétons qui voulaient y monter,
Dans ce hardi dessein leur ambition tremble,
Chacun d’eux reconnaît qu’il en faut trébucher,
Et qu’on verse toujours si l’on n’est tout ensemble
le maître et le cocher. […]

Je n’ai que depuis peu roulé sur l’horizon,
Je suis jeune, et possible est-ce aussi la raison
Qui m’exempte des maux que la beauté nous cause,
De là naît le repos dont mon âme jouit :
Car enfin tout me voit, j’éclaire toute chose,
Et rien ne m’éblouit.

Sans doute j’appartiens au monde à qui je sers,
Je ne suis point à moi, je suis à l’Univers,
Je lui dois les rayons qui couronnent ma tête,
C’est à moi de régler mon temps et mes saisons,
Et l’ordre ne veut pas que mon plaisir m’arrête
Dans toutes mes Maisons.

Mon inclination m’attache à ce qu’il faut,
Et s’il plaît à celui qui m’a placé si haut,
Quand j’aurai dissipé les ombres de la France,
Vers les climats lointains ma clarté paraissant
Ira victorieuse au milieu de Byzance
Effacer le Croissant.

Journal de la Fronde (volume ii, fo 196 ro, Paris, 28 février 1653) :

« Le 25, Sa Majesté dansa encore son ballet où se trouvèrent tous les évêques qui sont en cour, et grand nombre de présidents et conseillers, mais il n’y eut point de bal. »

40.

Trivelin : type de comédie italienne créé à Paris vers le milieu du xviie s., c’est un valet, une espèce d’Arlequin, moins la finesse et avec une certaine dose de scélératesse en plus. Domenico Locatelli joua à la Comédie italienne ce rôle avec succès en 1653. Cet acteur donna à l’emploi de Trivelin le caractère qu’il n’a plus cessé d’avoir, celui d’un valet intrigant. Le costume traditionnel de Trivelin était composé d’une veste et d’un pantalon jaune chamois bordés de triangles d’étoffe verte, galons et bordures rouges, croissants et étoiles rouges, boutons de métal, d’un manteau vert doublé de rouge, bordé de jaune, d’un chapeau gris à queue de lièvre, d’une ceinture de cuir jaune, de souliers de cuir jaune à nœuds rouges, de bas rouges, d’un masque et d’une mentonnière noirs (G.D.U. xixe s.). Trivelin désignait ici Mazarin.

41.

Journal de la Fronde (volume ii, fo 195 ro, Paris, 18 février 1653) :

« Un parti de cavalerie a fait prisonnier auprès de Reims M. de Vineuil, {a} gentilhomme de M. le Prince qu’on a trouvé chargé de quelques lettres, et on le doit amener ici à la Bastille. »


  1. V. note [11], lettre 272.

42.

« comme il arrive quelquefois ». V. note [7], lettre 205, pour le traité du P. Théophile Raynaud « sur les bons et mauvais livres ».

a.

Ms BnF Baluze no 148, fos 62‑63, « À Monsieur/ Monsieur Spon,/ Docteur en médecine,/ À Lyon » ; Jestaz no 87 (tome ii, pages 1034‑1043). Note de Charles Spon au revers de l’enveloppe : « 1653./ Paris 7 mars./ Lyon, adi 14 ditt./ Risp./ Adi le 1 avr. »


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Charles Spon à Guy Patin, le 7 mars 1653.
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(Consulté le 28.11.2020)

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