L. 312.  >
À Charles Spon, le 9 mai 1653

Monsieur, [a][1]

Je vous envoyai ma dernière le vendredi 25e d’avril par la voie de M. Huguetan le libraire. [2] Depuis ce temps-là, le roi, [3] la reine, [4] le Mazarin [5] et toute la cour sont allés à Fontainebleau [6] pour dix ou douze jours. On dit ici que le duc d’Orléans [7] s’y rendra pour y voir le roi et y faire son accord, ce que je ne crois point. On parlait ici du siège de Bellegarde [8] et qu’on l’allait commencer ; [1] mais il est arrivé une autre difficulté, c’est qu’il faut envoyer des troupes à la duchesse de Savoie [9] pour conserver Pignerol, [10] et encore d’autres dans la comté de Roussillon pour sauver Perpignan [11] qui est dans une grande disette et qui est fort menacée des Espagnols. Ces deux secours si fort nécessaires emportent ce qui aurait bien servi au siège de Bellegarde.

Notre premier président de Bellièvre [12] fait espérer une réformation de plusieurs abus qui se pratiquent tous les jours au Parlement, et entre autres des arrêts obtenus sur requête [13] et des parler sommairement [14] qui sont des vaches à lait pour les greffiers et les conseillers. Dieu lui fasse la grâce d’en ôter tous les abus et d’en étouffer la chicane.

Ce 3e de mai. Je viens de recevoir du coche de Lyon un petit paquet par votre ordre, franc de port, qui vient de Nuremberg. [15] C’est celui de M. Volckamer, [16] il contient Animadversiones in pharmacopœiam Augustanam[2][17][18] un traité de febre maligna[3] etc. [19] Tout cela ne vaut pas en bonté tout ce qu’il a coûté de port depuis Nuremberg et néanmoins, je vous en rends grâces, tant pour le soin et la peine qu’en avez pris que pour le port qu’en avez payé, que je vous prie de mettre sur mon compte. Il m’avait mandé l’an passé qu’il s’en allait faire imprimer quelque chose de notre bon ami feu M. Hofmann, [20] sous le nom de Quæstiones medicæ[4] J’espérais que ce serait cela, mais j’ai été trompé ; et au lieu de cela, je n’y ai trouvé qu’Animadversiones in pharmacopœiam Augustanam, c’est-à-dire un sot commentaire à un sot livre car c’est une chétive sorte de livres que ces antidotaires, et presque tous inutiles, principalement quand ils sont grands. Les plus petits antidotaires sont les meilleurs, c’est pourquoi j’aime celui de Leyde [21] qui n’est qu’un petit in‑24 qui n’a que trois feuilles de papier, encore n’y en a-t-il que trop. [5] La plupart des compositions sont superflues, et la médecine se fait mieux avec du séné [22] et du sirop de roses pâles [23] qu’avec ce grand fatras de simples, qui ne semblent avoir été produits en médecine que pour faire gagner les apothicaires : [24] multitudo remediorum filia ignorantiæ ; [6] aussi les abus de cette nature en notre métier ne sont-ils fomentés que par l’ignorance des uns et l’avarice des autres. Sed desino[7] Le P. Bagot [25] n’a point voulu être confesseur du roi, on a mis en sa place le P. Dinet [26] qui confessa le feu roi en sa dernière maladie. [8]

Ce 5e de mai. Voilà que je reçois votre lettre du 29e d’avril pour laquelle je vous rends grâces. Pour le paquet qui vient de Nuremberg, je l’ai, Dieu merci, reçu, comme je vous l’ai dit ci-dessus. Je vous avais omis de dire qu’il m’a été envoyé céans par un commis qui est au coche de Lyon (combien que je n’eusse pas encore reçu votre lettre), qui dit à mon fils lorsqu’il fut recevoir le paquet du P. Théophile, [27] il y a tantôt deux mois, [9] qu’il m’honorait fort, qu’il m’avait obligation de la vie il y avait plus de 20 ans et qu’il aurait soin de tout ce qui me serait adressé. Je n’ai encore pu avoir le loisir d’y aller, je ne sais qui il est. Je vous prie de dire à M. Ravaud [28] que je lui recommande notre paquet de Gênes, [29] lequel je crois être aujourd’hui entre Marseille et Lyon. [10]

Vous m’avez fort obligé de faire parler au P. Théophile et suis fort aise que vous m’ayez acheté ce que vous m’avez mandé, que vous m’enverrez à votre commodité. Cela pourra être mis avec le paquet de Gênes s’il vient bientôt, ou dans les balles que M. Ravaud s’en va envoyer ici à M. Huguetan, ou par M. Devenet [30] qui m’a promis quelques autres livres. Je suis ravi de la commodité que vous avez trouvée de faire apporter à Lyon des exemplaires du livre de M. Sebizius : [31] quod negotium utinam tibi succedat[11]

Je remercie M. Garnier de son salut. Nous avons ici quantité de fièvres tierces [32] et peu de continues, [33] mais elles sont toutes vermineuses. Je leur fais la guerre avec séné, [34] rhubarbe, [35] sirop de roses pâles, [36] et m’en trouve bien. J’y ajoute quelquefois le sirop de fleurs de pêcher ; [37] le pourpier [38] et la chicorée [39] y seront excellents en leur saison pour la décoction, [12][40] mais nous n’y sommes pas encore. Omnia tempus habent[13][41]

M. Devenet est parti, il sera à Lyon aussi tôt que ses balles et espère de vous rendre lui-même notre paquet. Il a rendu chez M. Bouvard [42] le paquet que lui aviez commis, et la lettre aussi. M. Du Prat [43] est à Paris, il vint hier céans ; quand il y reviendra, je ne manquerai point de lui faire vos recommandations.

M. Huguetan [44] l’avocat m’est aujourd’hui venu voir, qui m’a dit que Mlle Caze [45] arriva à Paris hier au soir et qu’elle est logée auprès de M. Hervart [46] dans la rue des Vieux-Augustins. [14][47] Je tâcherai de l’aller saluer demain ou après-demain.

Le prince de Condé [48] a été à Bruxelles [49] où on lui a fait de grands honneurs et de beaux présents de la part du roi d’Espagne. [15][50] On dit que dans un mois il aura 20 000 hommes et qu’il a dessein sur Châlons-sur-Marne. [51] Il est vrai que s’il attrape cette place, il fera bien de la peine à Paris. J’aimerais mieux la paix que tout cela. On dit ici que ceux de Bordeaux [52] ont envoyé demander du secours à la République d’Angleterre, mais on doute s’ils en pourront obtenir, tandis que le prince de Conti [53] y est. [16]

On a fait espérer à M. le maréchal de Villeroy [54] qu’il aurait l’archevêché de Lyon pour son frère M. d’Aisnay, [55] mais à la charge que le vidame d’Amiens, [56][57] fils du feu maréchal de Chaulnes [58] et gendre de M. le maréchal de Villeroy, remettrait entre les mains du roi la citadelle d’Amiens, ce qu’il n’a garde de faire. [17] Le Mazarin traite avec le comte d’Harcourt [59] pour retirer Brisach [60] de ses mains et lui promet une de ses nièces [61] pour son fils aîné, [62][63] mais le marché n’est point encore fait. [18] Cet homme fait de ses nièces ce que le duc de Bourgogne [64] faisait de sa fille, [65][66] qu’il promettait à tout le monde, pourvu que l’on fît à son dessein et qu’on lui aidât à faire la guerre à son ennemi qui était alors Louis xi[19][67][68]

M. le chancelier [69] et le garde des sceaux [70] sont ici en grosse querelle l’un contre l’autre, on dit déjà que M. Molé en perdra les sceaux et qu’il se fera évêque de Bayeux. [20][71][72]

Nous avons ici un de nos vieux médecins fort malade, c’est M. Merlet, [73] âgé de 69 ans, mais fort cassé et usé. On commence ici l’impression d’un livre pour l’antimoine qui sera intitulé l’Antimoine justifié, l’antimoine triomphant[74][75] fait par quelqu’un de la cabale de ceux qui en ordonnent, dont Guénault [76] est le chef. On dit que l’auteur est un des fils [77] du Gazetier[21][78] Cela nous fera encore de nouveaux bruits en nos Écoles qui ne sont pas encore bien assoupis. Il se faut résoudre à tout, mundum tradidit disputationi eorum ; [22][79] la guerre civile est encore pire que tout cela.

Je vous avertis que le sieur de Mayerne-Turquet [80] n’est point mort, qu’il est encore en belle santé pleine de vigueur, combien que très vieux, et qu’il a depuis peu marié sa fille [81][82] à un gentilhomme français nommé M. de Cugnac [83] qui est petit-fils du maréchal de La Force. [23][84] Il est si riche qu’il a eu le moyen de s’acquérir un gendre de si haute alliance.

Je vous supplie de faire mes très humbles recommandations à Messieurs nos bons amis qui sont MM. Gras, Falconet, Garnier et Ravaud, auquel, s’il vous plaît, vous rendrez ce qu’il aura déboursé pour le port du paquet de Gênes depuis Marseille jusqu’à Lyon ;[10] et puis après, il le mettra dans une de ses balles si alors il en apprête quelques-unes, pour envoyer de deçà à M. Huguetan, qui est ce qu’il me dit hier lui-même.

Un docteur de Sorbonne [85] nommé M. de Saint-Amour, [24][86] qui est à Rome il y a déjà quelque temps pour le parti des jansénistes, [87] duquel il est fort avant, m’a envoyé un présent qui est un in‑fo. Ce sont des commentaires in librum Hippocr. de Alimento en quatre parties, auctore Stephano Roderico Castrensi, professore Pisano[25][88] C’est un fort bon livre, et rempli d’une grande érudition. J’ai déjà de ce même auteur divers autres petits traités qui me plaisent fort. Il était chrétien et tel est mort il y a environ 14 ans. Quelques ennemis et envieux qu’il a eus en Italie lui ont reproché qu’il était juif, mais les rabbins [89] du judaïsme ne sont pas ordinairement si savants. [90]

N’avez-vous jamais ouï dire qu’il y a eu deux Avicenne, [91] ne l’avez-vous point lu quelque part, et que tout ce grand livre que nous avons aujourd’hui sous ce nom n’est point d’un seul et même auteur ? [26] Si vous savez quelque chose de cette difficulté, je vous prie de m’en instruire, j’en suis fort en peine et ne crois point que tout cet ouvrage si fort bigarré soit d’un même auteur.

Un conseiller de la Cour me vient de dire que le prince de Condé est sorti de Bruxelles malcontent et qu’il s’est retiré à Stenay ; [92] que son principal mécontentement est sur le peu d’argent que l’Espagnol lui promet par chaque mois. [27]

On dit que le prince de Condé a été fort malade d’une néphrétique [93] et qu’il a vidé deux pierres ; que le roi de Portugal [94] est d’accord avec nous de nouveau de nous donner deux millions, à la charge que nous continuerons la guerre en Catalogne. [95]

M. le comte de Brienne [96] a vendu sa charge de secrétaire d’État à M. de Bordeaux, [97] intendant des finances, et M. de Chabenat [98] aura cette charge d’intendant. [28]

M. Bourdelot [99] m’a écrit de Suède qu’il a fort heureusement travaillé pour la santé de la reine, [100] laquelle est aujourd’hui en fort bon état ; qu’il n’y a plus rien à faire pour lui en ce pays-là qu’à recevoir cette grande récompense qu’on lui a fait espérer ; et qu’après cela, il tâchera de nous venir voir pour nous raconter toutes les curiosités et singularités du Nord. Je vois bien par là qu’il s’ennuie en ce pays-là, qu’il voudrait bien tenir de l’argent, pour lequel seul il y est allé, et se venir reposer ici. Peut-être que tant de petits métiers dont il se mêle lui réussiront mieux ici qu’à Stockholm où il est fort haï. [101] Dans cette même lettre, il me mande la mort de M. Marquardus Slegelius, [102] médecin de Hambourg, [103] lequel écrivit il y a deux ans un livre de Circulatione sanguinis ad Ioan. Riolanum[29] selon l’opinion de M. Harvæus. [104][105] M. Riolan [106] lui a répondu (comme vous verrez dès que vous aurez le paquet de M. Devenet). Il n’eût pas manqué de répondre à M. Riolan, mais la corde a rompu. Ces gens-là qui veulent répondre à M. Riolan sont malheureux : en voilà déjà trois et tous jeunes qui sont morts en cet état ; j’entends M. Walæus [107] de Leyde, M. Veslingius [108] de Padoue, [109] et M. Schlegel de Hambourg. Je ne mets point en ce compte feu notre bon ami M. Hofmann qui fatali morte videtur nobis eruptus[30] Le même M. Bourdelot m’écrit que M. Du Rietz [110] ne s’en va en Suède que pour recueillir la succession de son beau-père qui y est mort. Je vois bien encore par là que ce M. Du Rietz est un grand et effronté menteur, hominum genus abominabile[31] Quand vous aurez reçu le paquet de M. Devenet, vous m’obligerez d’en distribuer les parcelles à ceux à qui elles sont adressées, et surtout à notre cher ami M. Gras ; et vous m’obligerez d’être toute ma vie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Guy Patin.

De Paris, ce vendredi 9e de mai 1653.


1.

Journal de la Fronde (volume ii, fo 222 vo, Paris, 16 mai 1653) :

« M. d’Épernon fait travailler puissamment à la circonvallation de Bellegarde qui est investie depuis le 6 de ce mois. »

2.

Animadversiones in Pharmacopœiam Augustanam et annexam ejus Mantissam, sive Pharmacopœia Augustana reformata, in qua vera et accuratissima methodo medicamentorum simplicium et compositorum præparationes tam dextre traduntur, ac insuper Antiquorum errores deteguntur, ut inde servatis et exaltatis simplicium medicaminum facultatibus, instrumenta multo aptiora Medico evadant, quibus Cito, Tuto et Jucunde affectus humanum corpus infestantes propulsari queant. Nunc primum in lucem edita, opera et studio Joannis Zwelfer Palatini, M.D. Cum Privilegio Sacræ Cæsareæ Majestatis.

[Remarques sur la Pharmacopée d’Augsbourg et l’Annexe qui y a été ajoutée, ou la Pharmacopée réformée d’Augsbourg, où sont fort adroitement enseignées, avec une méthode authentique et très précise, les préparations des médicaments simples et composés, et en outre exposées les erreurs des Anciens ; de sorte que les facultés des médicaments simples ayant été conservée et exaltées, le médecin dispose d’instruments bien mieux adaptés, qui lui permettent d’écarter vite, sûrement et heureusement les maladies qui infestent le corps humain. Aujourd’hui publiée pour la première fois, par les soins et l’étude de Johann Zwelfer, docteur en médecine natif du Palatinat. {a} Avec privilège de Sa Majesté sacrée l’Empereur]. {b}


  1. Natif du Palatinat, Johann Zwelfer (1618-1668) s’était d’abord exclusivement consacré pendant 16 ans à la pharmacie, puis avait étudié la médecine et reçu le bonnet doctoral à Padoue. Installé à Vienne (Autriche), il y exerça jusqu’à sa mort.

  2. Sans lieu, aux dépens de l’auteur, 1652, in‑4o de 467 pages ; v. note [48] de la Leçon de Guy Patin sur le laudanum et l’opium, pour la réédition de 1657.

Il existe de nombreuses éditions de la Pharmacopoeia Augustana [Pharmacopée d’Augsbourg (Augusta Vindelicorum)]. La première a paru dans les années 1560, sans lieu ni date, ni nom d’imprimeur (in‑4o de 261 pages) :

Enchiridion, sive ut vulgo vocant dispensatorium compositorum medicamentorum, pro Reipub. Augsburgensis Pharmacopœis. Ex quibus ea quæ asterisco signantur, semper in prompti parata esse debent.

[Manuel ou, comme on dit vulgairement, Dispensaire des médicaments composés, pour les pharmaciens de la République d’Augsbourg. Parmi lesquels ceux qui sont marqués d’un astérisque doivent toujours être disponibles].

Avant celle de Zwelfer, la plus récente, Hippocratica et Hermetica Mantissa locupletata [enrichie d’un supplément hippocratique et hermétique], avait été imprimée à Augsbourg, Andreas Apergerus, 1640, in‑4o de 350 pages.

3.

V. note [15], lettre 338, pour le Febris maligna puncticularis… [La Fièvre pourpée maligne…] de Pedro de Castro.

4.

« Questions de médecine » : ouvrage non identifié de Caspar Hofmann, qui laissa Guy Patin aussi perplexe que Charles Spon.

5.

Pharmacopœa et hortus ad usum pauperum Reipublicæ Leydensis [Pharmacopée et jardin à l’usage des pauvres de Leyde] (Leyde, Elsevier, 1638, in‑24).

6.

« la multitude des remèdes est la fille de l’ignorance » (Francis Bacon, v. note [23], lettre 601).

7.

« Mais je m’arrête là. »

8.

Jacques Dinet (Moulins 1580-Paris 12 décembre 1653), admis au noviciat de la Compagnie de Jésus en 1604, s’était fait remarquer par ses talents de prédicateur. Nommé recteur d’Orléans, de Tours, de Reims puis enfin de Paris, il était devenu provincial de France et de Champagne, confesseur de Louis xiii. Il était alors nommé confesseur de Louis xiv après la mort du P. Paulin (v. note [3], lettre 204), mais il mourut peu de temps après avoir acquis cette charge (Jestaz).

Le P. Dinet a laissé une relation fidèle de la dernière maladie de Louis xiii :

L’Idée d’une belle mort ou d’une mort chrétienne, dans le récit de la fin heureuse de Louis xiii, surnommé le Juste, roi de France et de Navarre. Tiré de quelques mémoires du feu P. Jacques Dinet, son confesseur, de la Compagnie de Jésus. Par le P. Antoine Girard, de la même Compagnie. {a}


  1. Paris, Imprimerie royale, 1656, in‑4o de 60 pages.

9.

V. le passage daté du 14 mars dans la lettre à Charles Spon, datée du 1er avril 1653 ; le fils dont parlait ici Guy Patin était son deuxième, Charles.

10.

C’était le paquet de livres qu’Alcide Musnier envoyait de Gênes à Guy Patin (v. deuxième P.‑S. de la lettre à Charles Spon du 25 avril 1653).

11.

« Dieu fasse que cette affaire vous réussisse. »

V. note [11], lettre 273, pour le livre de Melchior Sebizius sur la saignée, paru à Strasbourg.

12.

Chicorée (Furetière)  :

« herbe blanche qu’on met dans les potages pour rafraîchir, dans les salades, dans des sauces de jus de mouton, etc. Il y a deux sortes de chicorée : l’une sauvage et l’autre qui vient dans les jardins. La sauvage est aussi de deux sortes : l’une a la fleur bleue, et est celle que Dioscoride appelle picris, à cause de sa grande amertume ; l’autre a la fleur jaune, {a} et est nommée par les Latins dens leonis, {b} caput monachi, {c} par les Arabes taraxacon, et par les Français pisse-en-lit. Entre les domestiques, celle qui a les feuilles plus larges s’appelle vulgairement endive, en Latin intybus ; l’autre qui les a plus étroites, scariole, comme qui dirait, seriole ou petite cerise. »


  1. V. note [4], lettre 144.

  2. Dent-de-lion.

  3. Tête de moine.

Dictionnaire de Trévoux :

« La chicorée sauvage est fort employée en médecine. Son eau distillée est rafraîchissante, et elle entre dans les potions rafraîchissantes et fébrifuges. Ses feuilles sont fort amères ; on les met dans les bouillons amers et rafraîchissants. Ses racines sont usitées dans les tisanes pour les fébricitants. La conserve de ces fleurs est aussi d’usage. Si l’on broie de la chicorée sauvage dans un mortier, qu’on en tire le suc et qu’on le passe, qu’ensuite pendant douze heures de suite, ou même plus, on prenne alternativement d’heure en heure un verre de ce jus de chicorée sauvage, un verre de vin, un bouillon, on suera beaucoup, et ce remède est excellent dans les pleurésies, les rhumatismes et semblables maux. »

13.

Omnia tempus habent, et suis spatiis transeunt universa sub cœlo [Il y a le bon moment pour tout, et un temps pour tout faire sous le ciel] (L’Ecclésiaste 3:1).

14.

Au nord-est du Palais-Royal, la rue des Vieux-Augustins est aujourd’hui remplacée par les rues Hérold et d’Argout (ier et iie arrondissements de Paris).

V. note [64], lettre 297, pour Marie Caze, née Huguetan, et épouse du financier lyonnais Jean Caze.

15.

Condé, déçu par la tournure que prenaient les événements, s’était longtemps fait désirer dans la capitale des Pays-Bas espagnols.

Journal de la Fronde (volume ii, fos 210 ro et 222 ro) :

« On écrit de Bruxelles, du 12 de ce mois, {a} que M. le Prince était encore ce jour-là à Namur ; que néanmoins le comte de Fuensaldagne avait fait préparer le meilleur appartement de son palais à Bruxelles pour l’y recevoir au premier jour ; qu’on y parlait diversement du sujet qui pourrait retarder sa venue, les uns voulant qu’il ne fût pas satisfait des honneurs et de la réception qu’on lui voulait faire, et de la manière de sa contenance auprès de l’archiduc {b} et du duc de Lorraine, et les autres, qu’on obligeait, sous prétexte de lui préparer une plus belle réception, d’attendre que les ministres d’Espagne fussent en état de lui présenter une grosse somme d’argent, qui serait le meilleur régal qu’ils lui pourraient faire ; que cependant, il pressait extraordinairement qu’on lui baillât de quoi commencer la campagne, mais que le manque d’argent la retardait beaucoup ; que néanmoins, on se résolvait, pour en avoir promptement, de donner en gage le territoire d’Alost, dans la province de Flandres, au duc de Lorraine qui offrait de prêter, sur cette assurance, 600 mille florins ; qu’en attendant, on faisait marcher quelques troupes vers la Champagne pour fortifier les garnisons de Rethel et Sainte-Menehould ; et que M. le Prince menace toujours de venger le mauvais traitement qu’on ferait en France à M. de Croissy sur les prisonniers qu’il tient et de le faire venger encore sur ceux que son frère {c} tient à Bordeaux ; mais il paraît bien qu’on ne l’appréhende pas ici [à Paris] puisque le Conseil a ôté la connaissance de cette affaire au Parlement et a député MM. de La Poterie et de Besons, conseillers d’État, pour interroger Croissy et Vineuil, et en instruire leur procès, qu’on parle, après, de faire juger par quatre maréchaux de France, quatre conseillers d’État, et par quatre maîtres des requêtes. […]

Les avis de Flandres portent que M. le Prince était encore le 10 de ce mois {d} à Bruxelles où l’archiduc lui donnait la droite et la porte, et lui faisait aussi tous les honneurs qu’il a accoutumé de faire au duc de Lorraine ; qu’il y préparait un beau ballet pour danser devant lui, mais que cela n’empêchait pas qu’il ne continuât à solliciter qu’on commençât la campagne de bonne heure ; que pour l’obliger à patienter, on lui avait donné 100 mille écus en attendant qu’on fût en état de lui accorder sa demande ; et qu’il avait fait défendre au Gazetier de le nommer dans la Gazette, ayant trouvé mauvais qu’il eût fait mention de son arrivée à Bruxelles. » {e}


  1. Avril 1653.

  2. Léopold.

  3. Conti.

  4. Mai.

  5. L’ordinaire de la Gazette (no 55, du 10 mai 1653, page 435) annonçait en effet, en date de Bruxelles, le 26 avril 1653 :

    « Le prince de Condé étant parti le 22 du courant de Namur, où il a demeuré près d’un mois, le 22 il vint coucher à Limale, et le lendemain sur les quatre heures après midi, arriva en cette ville où il a été fort bien reçu de l’archiduc Léopold qui lui a donné son logement dans le palais. »

16.

Journal de la Fronde (volume ii, fo 220 [sic pour 219] ro, Bordeaux, 24 avril 1653) :

« M. le prince de Conti ayant assemblé quelques-uns des principaux de l’Ormée et d’autres de la Ville de ses plus affidés, leur a fait voir une lettre écrite de Londres par laquelle l’envoyé de M. le Prince mande que le secours est tout prêt à partir, mais que la République d’Angleterre désire qu’on lui députe auparavant quelqu’un du parlement et de cette ville ; sur quoi, il a fait députer vers cette république un conseiller du parlement, un héraut d’armes de la Ville et deux bourgeois qui sont huguenots, lesquels ont été envoyés au cap de Buch {a} pour y être embarqués dans une frégate ; et cette députation a été tenue secrète jusqu’après leur départ. On croit même que cette lettre a été faite à plaisir afin de mettre les esprits en suspens et donner loisir, par ce moyen, aux Espagnols d’envoyer le secours qu’ils ont promis. »


  1. La Tête-de-Buch sur le bassin d’Arcachon.

17.

V. note [25], lettre 308, pour l’attribution de l’archevêché de Lyon à l’abbé d’Aisnay, Camille de Neufville, frère du maréchal de Villeroy. Henri-Louis d’Albert d’Ailly (né en 1620 ou 1621), fils aîné du maréchal duc Honoré de Chaulnes (v. note [41], lettre 176), vidame d’Amiens en 1632 (seigneurie qui lui venait de sa mère), avait été nommé lieutenant général en Picardie, Boulonnais, Artois et pays reconquis, en 1643. À la mort de son père, en 1649, il était devenu par survivance gouverneur de la Haute et Basse-Auvergne, et fut reçu, le 30 octobre, duc de Chaulnes et pair de France. Il avait épousé en 1646 Françoise de Neufville, fille aînée du maréchal de Villeroy, qui était veuve de Juste-Louis, comte de Tournon. Henri-Louis mourut dans son château de Chaulnes le 21 mai 1653.

En date d’octobre-novembre 1649, le cardinal de Retz (Mémoires, page 575) écrivait :

« Le vieux duc de Chaulnes, {a} gouverneur d’Auvergne, lieutenant de roi en Picardie et gouverneur d’Amiens, mourut en ce temps-là. Le cardinal, à qui la citadelle d’Amiens eût assez plu pour lui-même, eût bien voulu que le vidame lui en eût cédé le gouvernement, dont il avait la survivance, pour avoir celui d’Auvergne. Ce vidame, {b} qui était le frère aîné de M. Chaulnes {c} que vous voyez aujourd’hui, {d} se fâcha, écrivit une lettre très haute au cardinal, et il s’attacha à M. le Prince. »


  1. Henri de Chaulnes.

  2. Henri-Louis.

  3. Charles d’Albert d’Ailly, duc de Chaulnes.

  4. 1675-1677.

18.

Le fils aîné de Henri de Lorraine, comte d’Harcourt (v. note [4], lettre 29), se prénommait Louis, comte d’Armagnac (1641-1718). Grand écuyer de France en 1658, il se fit dès lors connaître sous le nom de Monsieur le Grand (v. note [29] des Deux Vies latines de Jean Héroard). Pour s’acquérir la faveur des grands du royaume et éteindre les derniers feux de la Fronde en se les ralliant, Mazarin jonglait avec les attributions de faveurs, et menait une intense activité matrimoniale au profit de ses nièces.

Journal de la Fronde (volume ii, fo 218 vo, 2 mai 1653) :

« Le 29 du passé, M. le marquis de la Meilleraye arriva ici avec une procuration du maréchal son père pour conclure son mariage avec Mlle Martinozzi, nièce de M. le cardinal, en faveur duquel mariage on croit que ce maréchal aura le gouvernement de Bretagne en chef, et son fils la survivance, et que Mlle Martinozzi, sœur de celle-ci, qui est encore en Italie, viendra pour épouser M. de Candale. Quant à Mlle Mancini, on parle de la marier avec le comte d’Armagnac, fils du comte d’Harcourt, le traité duquel se tient pour conclu, à un gouvernement près. On avait proposé de lui donner celui de Saintonge et Angoumois, mais on n’en est pas encore demeuré d’accord avec le marquis de Montauzier qui est ici depuis huit jours ; et qu’il n’est pas vrai qu’on lui donne le brevet de maréchal de France. »

19.

Marie de Bourgogne (1457-1481), fille de Charles le Téméraire (1433-1477, v. note [5], lettre 869), duc de Bourgogne, et d’Isabelle de Bourbon, épousa en 1477 l’archiduc d’Autriche, qui devint l’empereur Maximilien ier, à qui elle apporta en dot la Bourgogne, les Pays-Bas et la Franche-Comté. Marie et Maximilien devinrent les grands-parents de Charles Quint (v. note [4], lettre 692).

V. notes [17][21] du Borboniana 8 manuscrit pour une généalogie détaillée des Habsbourgs d’Autriche et d’Espagne aux xve et xvie s.

Fils de Charles vii (v. note [30], lettre 279), Louis xi (1423-1483) monta sur le trône de France en 1461. Son brillant règne est principalement évoqué dans notre édition au travers des Mémoires de Philippe de Commynes, son secrétaire et conseiller intime. V. note [5], lettre 692, pour les manœuvres matrimoniales de Louis xi visant à se concilier la faveur de la Maison de Bourgogne. Le traité d’Arras (1482) couronna ses efforts en rattachant la Bourgogne et la Picardie au royaume. Charles viii succéda à son père en 1483 (v. note [14], lettre 997).

20.

À la mort d’Édouard Molé, évêque de Bayeux et fils aîné de Mathieu i, garde des sceaux, survenue le 6 avril 1652 (v. note [15], lettre 285), le roi avait attribué son siège à François Molé, troisième fils de Mathieu i. Le 16 décembre 1650, François, abbé de Sainte-Croix de Bordeaux, de Saint-Paul de Verdun, etc. avait été reçu conseiller clerc en la quatrième Chambre des enquêtes du Parlement de Paris. Il renonça à l’évêché de Bayeux en 1654, en faveur de François Servien (v. note [45], lettre 155), frère aîné d’Abel (Gallia Christiana). François Molé devint maître des requêtes en 1657. Il mourut en 1712 âge de 87 ans, après avoir été lieutenant de la vénerie du roi et « un des plus grands chasseurs de son temps aux chiens courants, dont il donna encore des preuves la dernière année de sa vie » (Popoff, no 123).

21.

L’Antimoine justifié et l’antimoine triomphant, ou Discours apologétique faisant voir que la poudre et le vin émétique et les autres remèdes tirés de l’antimoine ne sont point vénéneux, mais souverains pour guérir la plupart des maladies, qui y sont exactement expliquées. Avec leurs préparations les plus curieuses tant de la pharmacie que de la chimie. Par Me Eusèbe Renaudot, {a} conseiller médecin du roi, docteur régent en la Faculté de médecine à Paris. Est in quibusdam tanta perversitas ut innuentis frugibus glande vescantur {b}. {c}


  1. V. note [16], lettre 104.

  2. « Il y a chez certains tant de bizarrerie qu’ils se nourrissent de glands, quand on a le blé » : Cicéron, L’Orateur, chapitre ix, § 31 ; citation reprise en exergue des Remarques… de Jean Merlet (Paris, 1654, v. note [3], lettre 346), et du Rabat-joie de l’Antimoine triomphant de Jacques Perreau (Paris, 1654, v. note [3], lettre 380).

  3. Paris, Jean Hénault, 1653, in‑4o. Un touchant exemplaire est exposé dans une vitrine du petit musée Théophraste Renaudot (père d’Eusèbe) à Loudun (sa ville natale).

Ce livre, qui venait après La Science du plomb sacré des sages… de Jean Chartier (Paris, 1651, v. note [16], lettre 271), répondait à l’Orthodoxe ou de l’abus de l’antimoine… de Claude Germain (Paris, 1652, v. note [2], lettre 276). La dédicace est à François Guénault, le « patron » de l’auteur :

« Monsieur, L’antimoine a été trop persécuté pour demeurer sans défense et je lui suis trop redevable pour ne la pas entreprendre. Je m’y sens d’autant plus engagé que j’ai cru ne pouvoir mieux m’acquitter de ce que je vous dois, et à la vertu de ce grand remède, que par l’aveu solennel que je fais, que sans vous il serait sans éclat, comme sans vous et sans lui je serais sans vie. Car bien qu’il ait des qualités excellentes et tout à fait singulières pour dompter les maladies les plus rebelles, il est pourtant certain que ce qu’il vaut serait sans prix et ce qu’il peut sans estime, si vous n’aviez découvert ses rares vertus par les heureux succès qu’il a eus depuis 40 ans que vous l’employez à la guérison de vos malades. Ces considérations, Monsieur, étaient assez fortes pour m’obliger à ce devoir, quand même je n’y aurais pas été poussé par la voix publique ; laquelle vous ayant si justement procuré cette haute réputation qui vous a fait connaître au traitement des rois et des princes l’un des plus judicieux médecins de l’Europe, je ne puis trouver un plus honorable asile, pour garantir l’antimoine de l’oppression de ceux qui ont conjuré sa perte, que celui de votre protection, puisqu’il y rencontrera sa sûreté, et moi la satisfaction de faire savoir à tout le monde que je suis, Monsieur, votre très humble, et très obligé serviteur. E. Renaudot. »

Suit un panégyrique enflammé de l’antimoine, long de 386 pages, dont le style touche parfois au lyrique, comme le montre cet extrait (pages 102‑103) parmi quantité d’autres :

« Encore qu’il me semble vous avoir manifesté nettement l’innocence de notre antimoine, […] je me dispose […], pour son entière justification, de le mettre entre les mains de ses adversaires pour le dépouiller de tous ses ornements et l’entamer à leur fantaisie, afin d’éplucher exactement toutes les pièces qui le composent. Dans leur anatomie, je me promets qu’au lieu de ces substances vénéneuses qu’on lui reproche, on y rencontrera des propriétés singulières contre les maux les plus obstinés. Et comme la charmante Phryné {a} ayant été si puissamment accusée par ses ennemis {b} que ses juges étaient prêts de la condamner, ne fit que leur montrer sa belle gorge nue pour se garantir de leur jugement, je m’assure qu’aussitôt que l’antimoine vous aura exposé les beautés et les raretés qu’il cache dans son sein, que je me propose vous ouvrir par une division exacte et artificielle de toutes ses moindres parcelles, vous jugerez en sa faveur ; et que comme l’éloquence de l’orateur romain {c} fit tomber insensiblement des mains de Cæsar l’arrêt de mort qu’il avait porté contre le roi Dejotare, les vérités parlantes et solides qui vont achever de gagner vos esprits vous feront perdre la mauvaise opinion que vous pouvez avoir conçue contre cet innocent criminel. »


  1. Hétaïre (courtisane) grecque (béotienne) du ive s. av. J.‑C.

  2. Accusée d’avoir introduit à Athènes le culte d’un dieu étranger, Phryné fut mise en procès, mais acquittée après s’être dénudée devant ses juges.

  3. Cicéron, auteur du plaidoyer Pro rege Deiotaro en 46 av. J.‑C., en faveur de Deiotarus (ici Dejotare), roi des Galates, mort vers l’an 42.

  4. Roi d’Arménie qui bénéficia de la clémence de César.

On peut en sourire, mais ces roucoulades n’ôtent rien au sérieux de Renaudot qui assène ailleurs ses arguments avec une clarté et une rigueur alors fort inhabituelles dans les ouvrages de polémique médicale : on en lira des exemples dans la relation des tractations qui ont conduit la Faculté à inclure le vin émétique dans son Codex de 1638 (v. note [14], lettre 15), et dans les notes [9], [10] et [40] de l’observation de Guy Patin sur l’antimoine.

22.

« il [Dieu] a voué le monde à la discussion de ces choses » (L’Ecclésiaste 3:11).

23.

Élisabeth Turquet de Mayerne (v. note [27], lettre 297), fille de Thédore (dont Guy Patin avait prématurément annoncé la mort, v. note [28], lettre 287), avait épousé en 1652 Pierre de Caumont de La Force, marquis de Cugnac, fils de Henri-Nompar de Caumont de La Force, lui-même fils puîné de Jacques-Nompar de Caumont, duc et maréchal de La Force (v. note [22], lettre 287) ; ce gentilhomme venait juste d’émigrer en Angleterre.

24.

Louis Gorin de Saint-Amour (Paris 1619-Saint-Denis 1687) était fils d’un cocher du roi et filleul de Louis xiii. Reçu docteur en théologie à la Sorbonne en 1646, il avait été recteur de l’Université (v. note [3], lettre 595) en 1642-1643 alors qu’il n’était que bachelier. Il s’était signalé dans ce poste par sa très vive opposition aux jésuites. De 1650 à 1653, Gorin de Saint-Amour séjourna à Rome pour défendre la cause des jansénistes ; ce fut en vain car le jansénisme finit par être condamné par la bulle Cum Occasione (31 mai 1653, v. note [16], lettre 321). Par la suite il ne désarma pas et publia en 1662 son Journal… qui fit grand bruit (v. note [22], lettre 752) (Dictionnaire de Port-Royal, pages 472‑475).

25.

« par Estevan Rodrigo de Castro, {a} professeur de Pise » :

Commentarius in Hippocratis Coi libellum De Alimento, in quo multiplici didascalia variæ controversiæ in utramque partem disputantur, et argumentorum funibus, authorumque securibus satyro cornua ligantur, confringuntur. Opus in quatuor sectiones divisum, quarum priores duæ in hoc volumine continentur…

[Commentaire sur l’opuscule d’Hippocrate de Cos De l’Alimentation, où diverses controverses sont discutées dans chacune des deux parties par toute sorte de didactique : les cornes des auteurs sont liées par les cordes des arguments et tranchées par la satire. {b} Ouvrage divisé en quatre parties, dont ce volume contient les deux premières…] {c}


  1. V. note [1], lettre 116.

  2. Traduction contestable d’un latin tortueux.

  3. Florence, Sermatelli, 1635, in‑4o de 325 pages ; les deux parties suivantes ont été publiées ibid. en 1637 et 1639.

26.

Guy Patin doutait que le Canon fût bien d’Avicenne (v. note [11], lettre 11). Il est revenu un peu plus tard sur les deux Avicenne : v. note [24], lettre 317.

27.

La nouvelle était partiellement inexacte : Condé était alors encore à Bruxelles (v. supra note [15]) ; mais de fait, il était dépité du peu d’argent qu’on lui avançait.

28.

Étienne Chabenat appartenait à l’entourage de Michel i Particelli d’Émery, le surintendant des finances dont le Catalogue des partisans (page 8) a énuméré les crimes, en ajoutant :

« Les suppôts de ses débauches, débordements, larcins, violences et persécutions sont Petit, son honnête maquereau, qui est celui qui recevait tous les pots de vin et pensions ; par le moyen de quoi lui et Chabenat, son gendre élevé dans les mêmes intrigues, ont acquis chacun plus d’un million de livres de bien, quoique, comme il est notoire, ledit Petit fût auparavant procureur au Châtelet, à tort et sans cause, et ledit Chabenat copiste au Conseil. »

Les échanges que Guy Patin annonçait n’eurent pas lieu : le comte de Brienne conserva le secrétariat d’État aux Affaires étrangères jusqu’en 1663, et Guillaume de Bordeaux demeura intendant des finances.

29.

« sur la circulation du sang, contre Jean Riolan » : v. note [31], lettre 282.

30.

« que nous avons vu brisé par une mort fixée par le destin. » Caspar Hofmann était mort âgé de 76 ans en 1648.

31.

« abominable genre d’hommes. »

a.

Ms BnF Baluze no 148, fos 70‑71, « À Monsieur/ Monsieur Spon,/ Docteur en médecine,/ À Lyon » ; Jestaz no 91 (tome ii, pages 1072‑1078). Note de Charles Spon au revers : « 1653/ Paris 9 mai/ Lyon 14 ditto/ Risp. 3 juin ».


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Charles Spon à Guy Patin, le 9 mai 1653.
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(Consulté le 02.07.2022)

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