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À MM. de Tournes, le 8 octobre 1666

Monsieur, [a][1]

J’ai fort bonne opinion du livre que vous avez sous la presse, Index librorum prohibitorum et expurgat[orum][1] en deux tomes in‑fo, c’est un ouvrage bien curieux. Des livres de droit, je n’en ai que faire ; mais pour ceux qui regardent votre religion, je les aime car il y a à savoir, principalement quand ils sont du mérite de ceux de M. Daillé. [2] Tous ces bons livres-là tiennent bien leur place dans une bibliothèque. [3] Un honnête homme a toujours bonne grâce d’apprendre la vérité, et de se détromper et même délivrer de la bigoterie du siècle, et de se garantir des impostures, des fraudes et de la cabale des cafards. On déplore fort ici l’horrible perte qu’a faite l’Angleterre dans l’incendie de Londres [4] qui cause une perte inestimable. Je suis de toute mon âme votre, etc.

De Paris, ce 8e d’octobre 1666.


1.

Deux répertoires de livres mis à l’index ont paru en 1667 :

  • celui du pape Alexandre vii, Index librorum prohibitorum Alexandri vii Pontificis Maximi iussu editus… Multi autem ex eis qui fuerant curiosa sectati, contulerunt libros et combusserunt coram omnibus [Index des livres interdits édité sur l’ordre du Souverain Pontife Alexandre vii… Beaucoup de ceux qui avaient été poursuivis avec diligence ont apporté les livres et les ont brûlés en public] (édité par Vincènzo Fano, Rome, Imprimerie de la Chambre apostolique, un volume in‑fo) ;

  • celui du roi d’Espagne, Index librorum prohibitorum et expurgandorum novissimus, pro Catholicis Hispaniarum Regnis : Antonii a Sotomaior generalis inquisitoris, iussu ac studiis, luculenter et vigilantissime recognitus [Tout nouvel index des livres interdits et qu’il faut censurer, pour les États catholiques d’Espagne : révisé par l’autorité et les recherches d’Antoine de Sotomaior, inquisiteur général] (Madrid, Diaz, 1667, in‑fo).

Il faut croire que les de Tournes, libraires protestants de Genève, comptaient aussi en faire une édition, mais renoncèrent à leur projet.

a.

Bulderen no ccccxx (tome iii, pages 189‑190), à Monsieur D.T.M.L. (de Tournes, maître libraire), qui pouvait être Jean‑Antoine ou son frère Samuel ; Reveillé-Parise no dccxxiii (tome iii, pages 616‑617), à Falconet.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de MM. de Tournes à Guy Patin, le 8 octobre 1666.
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(Consulté le 08.08.2020)

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