L. 1023.  >
À Johann Caspar I Bauhin, le 5 mars 1634

Monsieur, [a][1]

Tandis que j’attendais de vos nouvelles, une occasion s’étant présentée, j’ai pris la hardiesse de vous écrire derechef ce petit mot : c’est que M. le président Vialart [2] s’en allant à Soleure [3] y être ambassadeur pour le roi, et ayant pris pour un de ses domestiques, en qualité de sommelier, celui qui avait été déjà en même charge chez M. le président Miron, par ci-devant ambassadeur en Suisse, [1][4] j’ai traité avec lui et m’a promis d’avoir du soin de toutes les affaires qui lui seront recommandées de ma part. Si vous prenez la peine de m’acheter quelques livres à Bâle, selon le catalogue que je vous ai par ci-devant envoyé et duquel, de peur qu’il ne soit perdu, je vous envoie une nouvelle copie, [2] vous n’avez qu’à les envoyer à Soleure pour être délivrés à M. Machet, concierge de l’hôtel de Messieurs les ambassadeurs ; [5] ou plutôt à ce sommelier nommé le sieur Claude Deschelete, [6] qui rendra l’argent qu’aurez avancé pour l’achat des dits livres et qui paiera le port depuis Bâle jusqu’à Soleure. Si prenez la peine de m’en envoyer quelque paquet, vous n’avez qu’à donner charge au messager de recevoir du dit sommelier telle somme que voudrez ; il m’a promis et lui ai donné charge de rendre telle somme que demanderez. Quand les livres seront en sa charge, il me les enverra selon les commodités qui se présenteront, et rendrai ici à sa femme l’argent qu’il aura de delà déboursé pour moi. Je vous prie de me faire cette faveur et m’excuser de tant d’importunité que je vous donne. J’espère que prendrez encore de bon cœur cette peine pour moi. Je voudrais surtout avoir un livre imprimé à Bâle, intitulé Disputationum Medicarum selectarum, etc. decas 1, 2, 3, 4, 5, 6, etc. Basileæ, sumptibus Io. Iac. Genathi, in‑4o[3][7][8] J’ai appris qu’il y en a huit ou neuf décades : tout ce qu’il y en aura, je désirerais fort de les avoir et vous en prie singulièrement ; en blanc s’il y a moyen. Je voudrais pareillement bien recouvrer ceux desquels suivent les noms : Grevinus de venenis in‑4o ; [4][9] Iulii Alexandrini Salubria, Antargenterica etc. quæcumque de eo reperiuntur ; [5][10][11] Francisci Vallesii comm. in aphorismos Hipp. et lib. de ratione victus in acutis ; [6][12][13] Calvini epistolæ en petit volume ; [7][14] Bruno Seidelius de morbis incurabilibus, in‑4o ; [15] Aloj. Mundellæ dialogi medicinales, in‑4o ; [16] Tidicæus de Theriaca ; [8][17][18] Stupani Physiologia et Pathologia ; [9][19] Cardanus de utilitate ex adversis capienda, in‑8o ; [20] Simonis Simonii quidquid reperitur de Medicina ; [10][21] Horstii quæstiones et exercitationes pharmaceuticæ, in‑8o ; [22] Erastus adversus Astrologos ; [23][24] Alexand. Massariæ de abusu vesicantium et theriacæ in febribus pestilentibus, in‑4o ; [25][26] Hippolyti Guarinonii quidquid prostat ; [11][27] Th. Erastus de strigibus et lamiis, in‑4o ; [12] Meurerus de meteoris ; [28] Lud. Gravii theses de peste ; [13][29] Io. Schroteri quidquid reperitus medicum ; [14][30] Tabernæmontani quidquid latine scriptum ; [15][31] Wierus de ira morbo ; [32] Cornarius de peste ; [33] Septalius de peste ; [16][34] Fortunati Fidelis, Dominici Terilli quidquid prostat ; [17][35][36] Thomæ Moresini Scoti liber de metallorum transmutatione ; [18][37][38] Th. Erasti examen simpl. Theriacæ Andromachi ; [39] Hier. Gemusæi quidquid reperitur ; [19][40] Melch. Adami vitæ philosophorum et professorum Germanorum, in‑8o ; [41] Tandleri decas διασκεψεων χειρουργικων ; [42] Arch. Mercenarii Elucidationes in Aristotelem, cum 4 tractatibus de putredine ejusdem et Erasti, in‑4o ; [20][43] Physica Neandri, Freigii, Sagittarii, toutes trois in‑8o ; [21][44][45][46] Pasquillorum quidquid reperitur, sunt 2 vel 3 tomi ; [22][47] Rhetorica Chytræi ; [48] Schollii exercit. Rhetor. ; [49] Siberi Instit. Rhetor. ; [50] Carolus magnus redividus, auct. Io. Gul. Stuchio, Tigurino ; [51] Horstius de scorbuto ; [52] Orationes qua futuro Medico necessaria explicantur, Argentorati apud Schererum in‑16 ; [23][53][54] Fienus de viribus imaginationis, in‑8o ; [24][55] Middendorpius de Academiis ; [25][56] Laurembergii Opus Anatomicum novum ; [26][57] Matthias Flacius de vita et morte ; [27][58] Nebelius de peste ; [28] Olhafii prælectiones Anatomicæ ; [29][59] Baccius de thermis, idem de vino ; [30][60] Onuphrius de vitis Roman. Pontificum[31][61]

Voilà, Monsieur, ce que je voudrais bien pouvoir obtenir de vous pour l’heure présente, si votre commodité vous le permet ; ou au moins, ce qui se pourra en recouvrer dans Bâle à votre loisir. Je vous prie de présenter mes très humbles mains à M. Platerus. [62] On ne dit ici rien de nouveau ; sinon qu’on parle du cardinal-duc de Lorraine [63] qui, ayant renvoyé son chapeau rouge à Rome, a épousé la sœur de l’ancienne duchesse, [64][65] à cause de quoi le roi [66] l’a fait arrêter prisonnier dedans Metz. [32][67] Si je vous puis servir en ce pays, je vous prie de m’employer comme un homme qui est tout à vous, en récompense de tant de peine que je vous donne ; à cause de quoi je serai toute ma vie, Monsieur, votre très humble et affectionné serviteur,

Patin.

De Paris, ce 5 mars 1634.


1.

Robert i Miron (v. note [20], lettre 180) avait été ambassadeur en Suisse de 1617 à 1627.

Michel Vialart, seigneur de Herse et de La Forest, avait été reçu conseiller au Parlement de Paris en 1607 ; président de la deuxième des Enquêtes en 1622, il venait d’être nommé ambassadeur en Suisse. Il mourut d’apoplexie à Soleure le 27 octobre 1634 (Popoff, 386 et 2450).

2.

Quelques lignes plus bas Guy Patin a complété et partiellement repris le catalogue de livres qui est transcrit et annoté à la fin de sa lettre du 10 février 1633.

3.

« Décades nos 1, 2, 3, 4, 5, 6, etc. de thèses médicales choisies, à Bâle, aux dépens de Johann Jakob Genath, in‑4o » (v. note [14], lettre 1020).

4.

Iacobi Grevini Claromontani Bellovaci Parisiensis Medici, et Philosophi præstantissimi de Venenis libri duo. Gallice primum ab eo scripti, et a multis hactenus Latini desiderati, et nunc tandem opera et labore Hieremiæ Martii Augustanæ Reipublicæ Medici, in Latinum sermonem, summa fide et diligentia, in rei medicæ studiosorum utilitatem atque commodum conversi. Quibus adiunctus est præterea eiusdem auctoris de Antimonio tractatus, eodem interprete, una cum rerum memorabilium, præcipue ad operis calcem, Indice.

[Deux livres de Jacques Grévin, natif de Clermont-en-Beauvaisis, très brillant philosophe et médecin de Paris, sur les Poisons. Il les a initialement écrits en français {a} et beaucoup les ont souhaités en latin ; les voici enfin maintenant traduits en langue latine, par les soins de Jeremiah Martius, médecin d’Augsbourg, avec extrême fidélité et diligence, pour le profit et l’avantage de ceux qui étudient la médecine. On y a en outre ajouté le traité de l’auteur sur l’antimoine, {a} par le même traducteur, ainsi qu’à la fin de l’ouvrage, un index des sujets mémorables]. {b}


  1. V. note [3], lettre 359, pour Jacques Grévin, ses Deux livres des venins… (Anvers, 1568) et son Discours contre l’antimoine (Paris, 1567).

  2. Anvers, Christophorus Plantinus, 1571, in‑8o de 332 pages.

5.

« les Salubria de Julius Alexandrinus, son Antargenterica et tout ce qui se trouve de lui ». V. note [24], lettre 1020, pour ses « Conseils de santé ». Guy Patin cherchait aussi à acheter les Julii Alexandri Antargenterica pro Galeno [Antiargentériques pour la défense de Galien] (Venise, sans nom, 1552, in‑fo), dirigés contre l’antigaléniste Giovanni Argenterio (v. note [3], lettre 9).

6.

Ces deux livres de Franciscus Vallesius {a} sont :

  • In Aphorismos et libellum de Alimento Hippocratis, Commentaria,

    [Commentaires sur les Aphorismes d’Hippocrate et sur son livre de l’Aliment] ; {b}

  • Commentaria in Libros Hippocratis de Ratione victus in Morbis acutis…

    [Commentaires des livres d’Hippocrate sur le régime alimentaire dans les maladies aiguës…]. {c}


    1. Francisco Valles, v. note [23], lettre 242.

    2. Alcala de Henares, Andrea ab Angulo, 1561, in‑8o de 608 pages.

    3. Ibid. et id., 1569, in‑8o de 550 pages.

7.

Ioannis Calvini vigilantissimi Pastoris, et fidelis Doctoris Ecclesiæ Genevensis, Epistolarum et Responsorum Editio secunda, quæ tam infinitis mendis est repurgata præter eas quas in calce operis nominatim excusabat editio prior : tum singulas Epistolas offert temporis ordine digestas, prout de die et anno, vel ex subscriptione authoris constabat, vel ex idoneis coniecturis diligenti cura potuit elici. Imo et quædam prætermissa, suis locis restituit. Interiectæ sunt etiam insignium in Ecclesia Dei virorum aliquot etiam Epistolæ. Eiusdem I. Calvini vita a Theodoro Beza Genevensis Ecclesiæ Ministro accurate descripta. Index rerum insignorum.

[Deuxième édition des Lettres et Réponses de Jean Calvin, {a} très vigilant pasteur et fidèle docteur de l’Église de Genève. On l’a purgée d’une infinité de fautes, outre celles dont on s’excusait nommément à la fin de la première édition. Elle présente toutes les lettres rangées dans l’ordre chronologique, dans la mesure où on a pu soigneusement s’assurer de leur date, en se fondant soit sur la souscription de leur auteur, soit sur des conjectures raisonnables. En outre, elle a remis à leur place certaines choses qui avaient été omises. On a aussi inséré quelques lettres d’hommes illustres en l’Église de Dieu. Théodore de Bèze, {b} ministre de l’Église de Genève a soigneusement décrit la vie de J. Calvin. Index des points remarquabes]. {c}


  1. V. note [30], lettre 97.

  2. V. note [28], lettre 176). note [28], lettre 176.

  3. Lausanne, Franciscus Le Preux, 1576, in‑8o de 693 pages, pour l’une des nombreuses éditions

8.

V. notes [25], [26] et [27], lettre 1020, pour : Bruno Seidel « sur les maladies incurables » (Francfort, 1593), les « Dialogues médicaux » de Luigi Mondella (Zurich, 1551), et Franciscus Tidicæus « sur la thériaque » (Thorn, 1607).

9.

V. note [57], lettre 216, pour la Medicina theorica, ex Hipp. et Galen. physiolog. patholog. et semeioticis libris… [Médecine théorique, tirée des livres physiologiques, pathologiques et sémiologiques d’Hippocrate et Galien…] (Bâle, 1614) de Johann Nicolaus Stupan.

10.

« Tout ce qui se trouve de Simone Simoni » : v. note [10], lettre 489.

V. note [30], lettre 6, pour le livre de Jérôme Cardan « sur le profit à tirer des infortunes » (Bâle, 1561).

11.

« Tout ce qui se présente à vendre d’Ippolito Guarinoni » : v. note [33], lettre 1020.

12.

V. note [31], lettre 1020, pour Thomas Éraste « sur les lamies et vampires » (Bâle, 1580).

13.

Ludovici Gravii Medicinæ Doctoris et Professoris ordinarii in inclyta Academia Heidelbergensi, Theses de peste : in quibus pestiferæ luis natura, præservatio et curatio methodice exponuntur, nonnullæque quæstiones circa eam materiam controversæ accurate discutiuntur. Tempore et loco consueto ad disputandum propositæ. Respondente M. Georgio Schallingio Ratisponensi.

[Thèses sur la Peste de , {a} docteur et professeur ordinaire de médecine en l’illustre Université d’Heidelberg ; où la nature, la préservation et le traitement de la maladie pestilente sont exposés avec méthode, et où quelques questions controversées sur cette matière sont soigneusement discutées. Proposées à l’heure et au lieu habituels pour être disputées par M. Georg Schalling, natif de Ratisbonne, répondant]. {b}


  1. Ludovicus Gravius (1547-1615).

  2. Heidelberg, Jacobus Mylius, 1583, in‑4o.

V. note [48], lettre 1020, pour les « Commentaires météorologiques » de Wolfgang Meurer (Leipzig, 1592).

14.

« Ce qui se trouve de Johannes von Schroeter en médecine. » : v. note [37], lettre 1020.

15.

« Tout ce qu’il y a de Tabernamontanus, écrit en latin ».

Jacobus Theodorus Tabernamontanus (Jakob Dietrich, Bad Bergzabern dans le Palatinat vers 1525-Heidelberg 1590), apothicaire puis docteur en médecine, devint premier médecin de plusieurs princes allemands. Adepte inconditionnel des remèdes végétaux, il a publié un volumineux recueil de botanique (Krauter Buch [Livre des plantes], v. note [3], lettre latine 145) et s’est aussi intéressé aux eaux minérales.

16.

Ludovici Septalii Medici Mediolanensis, de Peste, et Pestiferis affectibus libri quinque.

[Cinq livres de Ludovicus Septalius, {a} médecin de Milan, sur la peste et les affections pestifères]. {b}


  1. Lodovico Settala, v. note [9], lettre 8.

  2. Milan, Ioannes Baptista Bidellius, 1622, in‑4o de 341 pages.

V. les notes [35], pour Johann Wier « sur la maladie furieuse », et [36], pour Janus Cornarius « sur la peste », de la lettre 1020.

17.

« tout ce qui se présente à vendre de Fortunatus Fidelis, de Domenico Terilli » : v. notes [39] et [50] de la lettre 1020.

18.

Liber novus de Metallorum causis et transmutatione, editus per Thomam Moresinum, Aberdonanum Scotum, Doctorem Medicum ; in quo chimicorum qorundam inscitia et impostura Philosophicis, Medicis et Chymicis rationibus retegitur et demonstratur ; et vera iis de rebus doctrina solide asseritur.

[Livre nouveau sur les principes et la transmutation des métaux, publié par Thomas Moresinus, Écossais natif d’Aberdeen, docteur en médecine, {a} où des raisons philosophiques, médicales et chimiques dévoilent et démontrent l’ignorance et l’imposture de certains chimistes, et où est établie la véritable doctrine sur ces sujets]. {b}


  1. Thomas Moresinus (Morison, vers 1558-1603) a aussi été diplomate au service de la reine Elizabeth ire.

  2. Francfort, Johann Wechel, 1593, in‑8o de 130 pages, ouvrage vivement opposé à l’alchimie et à l’astrologie.

19.

« tout ce qui se trouve de Gemusæus » : v. note [41], lettre 1020.

V. note [31], lettre 1020, pour l’« Examen des simples entrant dans la composition de la thériaque d’Andromaque » par Thomas Éraste (Lyon, 1607).

20.

V. lettre 1020, notes :

  • [42], pour les « vies des philosophes et professeurs allemands, in‑8o » de Melchior Adam (Heidelberg, 1615-1620) ;

  • [43], pour la « décade de questions chirurgicales » de Tobias Tandler (Wittemberg, 1610) ;

  • [44], pour les « éclaircissements d’Arcangelo Mercenario sur Aristote, avec les quatre traités que lui et Éraste ont écrits de la gangrène, in‑4o » (Venise, 1588).

21.

V. note [45], lettre 1020, pour la « Physique » de Michael Neander (Leipzig, 1585). Les deux autres livres cités sont :

  • Joannis Thomæ Freigii Quæstiones physicæ. In quibus, Methodus doctrinam Physicam legitime docendi, describendique rudi Minerva descripta est libris xxxvi,

    [Questions physiques de Johann Thomas Freigius. {a} En 36 livres, y est décrite la Méthode pour correctement enseigner les sciences naturelles et les expliquer sans fioritures inutiles] ; {b}

  • M. Thomæ Sagittarii Professoris publici Exercitationes physicæ, certa methodo conformatæ, in plerisque per uberiorem δηλωσιν et απορηματων discussionem explicatæ, et in inclyta et celleberrima Academia Jenensi disputatæ et ventilatæ, discussæ et excussæ.

    [Essais de physique de M. Thomas Sagittarius, professeur public, {c} construits avec une méthode solide, expliqués par une très riche discussion, par interprétation et par débat ; disputés et exposés, débattus et résolus en l’illustre et très célèbre Université d’Iéna]. {d}


    1. V. note [22], lettre 449.

    2. Bâle, Sebastianus Henricpetri, 1579, in‑8o de 1 295 pages.

    3. Thomas Sagittarius (1577-1621), natif de Stendal (Stendel, Saxe-Anhalt), professeur à Iéna.

    4. Iéna, Henricus Rauchmaus, 1616, in‑4o de 30 feuilles.

22.

« tout ce qui se trouve de pasquins, ce sont 2 ou 3 tomes » : v. note [46], lettre 1020.

23.

« Discours où sont expliquées les choses nécessaires à un futur médecin, Strasbourg, Scherer, in‑16 » ; le seul titre pouvant correspondre est :

De Formandis Medicinæ studiis et Schola Medica constituenda Enchyridion selectum. Quo clarissimorum aliquot Philosophorum et Medicorum, Hier. Mercurialis, Jacob. Sylvii, Honor. Castellani, Placotomi et Alberti Wimpinæi Methodi et Epigraphαι continentur. E Schenckiana Bibliotheca eruit et conjunxit Joan. Georg. Schenckius a Grafenberg Philiater Hagenaviensis Poliater.

[Manuel choisi sur la manière de former les étudiants en médecine et d’organiser une École de médecine. Elle contient les méthodes et inscriptions de quelques très brillants philosophes et médecins, Girolamo Mercuriali, {a} Jacques Sylvius, {b} Honoré Castellan, {c} Placotomus et Albertus Wimpinæus. {d} Le philiatre Johann Georg Schenck von Graffenberg, premier médecin de la ville de Hagenau, l’a tiré de la bibliothèque schenckienne {e} et assemblé]. {f}


  1. V. note [16], lettre 18.

  2. V. note [9], lettre 9.

  3. V. note [3], lettre 102.

  4. Johann Brettschneider et Johann Albertus Wimpinæus.

  5. Johann Georg Schenck von Graffenberg (1560-1620), fils de Johann, (v. note [6], lettre 72).

  6. Strasbourg, Conrad Scherer, 1607, in‑12 de 143 pages.

    Pour le faux titre qu’il en donnait, Guy Patin avait en tête celui de l’Honorati Castellani oratio Lutetiæ habita, qua futuro Medico necessaria explicantur [Discours qu’Honoré Castellan a prononcé à Paris, expliquant ce qui est nécessaire au futur médecin] (Paris, 1555, v. note [3], lettre 102 ; réimprimé aux pages 36-68 du livre de Johann Georg Schenck), mais en omettant de changer son qua en quibus, ou son orationes en oratio.


V. notes :

  • [47], lettre 1020, pour la « Rhétorique » de David Chytræus (Wittemberg, 1556), les « Exercices rhétoriques » de Johannes Schollius (Franfort, 1607) et les « Institutions rhétoriques » d’Adam Theodor Siber (Wittemberg, 1608) ;

  • [6], lettre 16, pour « Charlemagne ressuscité, par Johann Wilhelm Stuck de Zurich » (1592) ;

  • [8] (9e référence), lettre 427, pour Gregor ii Horst « sur le scorbut » (Giessen, 1609).

24.

De Viribus imaginationis Tractatus, authore Thoma Fieno Antverpiano, Medicinæ in Academia Lovanensis Professore Primario, ac Serenissimorum Belgii et Bavariæ Ducum quondam Medico Cubiculario.

[Traité sur les forces de l’imagination, par Thomas Fienus, {a} premier professeur de médecine en l’Université de Louvain, et jadis médecin de la chambre des sérénissimes ducs de Flandres et de Bavière]. {b}


  1. Thomas Feyens, v. note [2], lettre 776.

  2. Louvain, Gerardus Rivius, 1608, in‑8o de 200 pages.

25.

« Middendorp sur les universités » ; ce sont deux ouvrages de Jacobus Middendorpius (nom que Patin a écrit Mildendorpius), Jakob Middendorp (vers 1537-1611), historien, juriste et théologien catholique allemand, professeur de l’Université de Cologne :

  • Academiarum universi terrarum orbis Libri (tres, nunc recens locupletati et recogniti)… Multitudo sapientum sanitas est orbis terrarum,

    [Trois livres des Universités du monde entier, récemment revus et corrigés… La mutitude des sages est la bonne santé du monde terrestre] ; {a}

  • Academiarum celebrium universis terrarum orbis Liber quartus : qui reliquas a Romana Academias Italiæ et Siciliæ edisserit…

    [Quatrième livre des célèbres universités du monde entier, qui décrit les universités d’Italie et de Sicile, autres que celle de Rome…]. {b}


    1. Cologne, Maternus Cholinus, 1583, in‑8o de 634 pages ; pour la France (livre iii, pages 555‑600), sont énumérées et brièvement décrites les universités : Paris, Angers, Avignon, Orléans, Bourges, Bordeaux, Caen, Dole, Lyon, Montpellier, Nantes, Nîmes, Poitiers, Reims, Toulouse, Cahors et Marseille.

    2. Ibid. Gosuinus Cholinus, 1602, in‑4o de 483 pages ; contient aussi les livres vviii les collèges du monde entier.

26.

« le nouvel ouvrage anatomique de Lauremberg ».

Peter Lauremberg (Petrus Laurembergius, Rostock vers 1585-1639), fils aîné de Wilhelm Lauremberg (vers 1547-1612, professeur de mathématiques et de médecine à Rostock), a successivement enseigné la philosophie à Montauban (1611), la physique à Hambourg (1614) et la poésie à Rostock (1624). Outre des thèses, il a publié deux ouvrages d’anatomie :

  • Procestria anatomica. In quibus proponuntur pleraque quæ ad generalem Anatomiæ et partium contemplationem attinent ; quædam etiam infimi ventris membra explicantur ; et Andrææ Laurentii Historia Anatomica multis locis castigatur et corrigitur,

    [Fortifications anatomiques. {a} Où sont présentés de nombreux faits qui touchent à l’observation générale de l’anatomie et des parties du corps ; y sont aussi détaillées les structures du bas-ventre ; de nombreux passages de l’Histoire anatomique d’André Du Laurens {b} y sont repris et corrigés] ; {c}

  • Collegium anatomicum xii. disputationibus compræhensum,

    [Collège anatomique embrassé en douze disputations]. {d}


    1. Traduction que j’ai préférée à « Antichambres ».

    2. V. note [3], lettre 13.

    3. Hambourg, Paulus Langius, 1619, in‑4o de 220 pages.

    4. Rostock, héritiers des Richelius, 1636, in‑4o, sans édition antérieure que j’aie su trouver.

Lauremberg s’est aussi adonné à la chimie paracelsiste, ce qui lui a valu les attaques d’Anton Günther Billich : v. note [28], lettre latine 88.

27.

Commentariorum physicorum de Vita et Morte, Libri iiii. In quibus ea, quæ eiusdem argumenti ab Aristotele et Galeno, cæterisque tum Philosophis tum Medicis brevius sparsim obscuriusve tradita sunt, expeditiori methodo copiosius explicantur. Autore Matthia Ill. F. Flacio, Medicinæ Doctore, et in inclyta Rostochensium Academia Professore. Cum gemino et accurato Indice.

[Quatre livres de commentaires physiques sur la vie et la mort. Où est plus copieusement expliqué, par une méthode plus simple, ce qu’Aristote et Galien, ainsi que d’autres auteurs, tant philosophes que médecins, ont plus brièvement ou obscurément relaté çà et là sur le même sujet. Par Matthias Flacius, fils d’Illyricus, {a} docteur en médecine et professeur de l’illustre Université de Rostock. Avec un double et soigneux index]. {b}


  1. Matthias Flacius (Braunschweig 1547-1593), fils de Matthias Flacius Illyricus, (v. notule {a‑i}, note [15], lettre 446).

  2. Francfort, Christophorus Corvinus, 1584, in‑4o de 217 pages.

28.

« Nebelius sur la peste » : référence dont je n’ai pas identifié l’auteur, qui n’est répertorié dans aucune bibliographie médicale, y compris les deux livres de Johannes Antonides Vander Linden, de Scriptis medicis [sur les Écrits médicaux], 1662 (v. note [29], lettre 925).

29.

Ioachimus Olhafius (v. note [6], lettre latine 16) a publié plusieurs « Leçons [Thèses] anatomiques » :

  • De Fœtu humano [Du Fœtus humain] (Dantzig, veuve de Guilhelmus Guillemothanus, 1607, in‑4o) ;

  • De Hepate [Du Foie] (ibid. Martinus Rhodus, 1614, in‑4o) ;

  • Sententiæ vulgaris de usu lienis Anasceua [Réfutation du jugement commun sur l’utilité de la rate] et De Motu cerebri Disputatio anaceuastica [Thèse réfutatoire sur le mouvement du cerveau] (ibid. Huneseldianus, 1615, in‑4o), etc.

30.

« Bacci sur les thermes, le même sur le vin » : v. note [7], lettre 283, pour ces deux livres d’Andrea Bacci, publiés en 1571 et 1596.

31.

« Onuphrius sur les vies des pontifes romains » ; Onophrius est Onofrio Panvinio (v. note [2], lettre 117) :

Historia B. Platinæ de Vitis Pontificum Romanorum. A D. N. Iesu Christo usque ad Paulum ii. Venetum Papam, longe quam antea emendatior, doctissimarumque annotationum Onuphrii Panvinii accessione nunc illustrior reddita. Cui etiam nunc accessit supplementum pontificum primum per eundem Onuphrium usque ad Pium v. et deinde per Antonium Cicarellam porro ad Paulum v. qui hodie Cath. Rom. Ecclesiæ præsidet. Quæ omnia brevi et commoda Chronologia illustrantur. Accesserunt nunc demum omnium pontificum veræ effigies : omnia summo studio emendata et correcta.

[Histoire de Bartolomeo Sacchi {a} sur les Vies des pontifes romains : depuis Notre Seigneur Jésus-Christ jusqu’à Paul ii, pape vénitien ; {b} beaucoup plus correcte qu’auparavant et désormais rendue plus lumineuse par l’addition des très savantes annotations d’Onofrio Panvinio. On y a aussi ajouté un premier supplément de pontifes, par le même Onofrio, qui va jusqu’à Pie v, {c} puis un autre, par Antonius Cicarella, jusqu’à Paul v, qui dirige aujourd’hui l’Église catholique romaine. {d} Le tout est enrichi d’une chronologie brève et commode. On y a ajouté pour la première fois les portraits authentiques de tous les pontifes. Tout a été revu et corrigé avec le plus grand soin]. {e}


  1. V. note [15] du Traité de la Conservation de santé, chapitre ii.

  2. 211e pape, de 1464 à 1471.

  3. 223e pape, de 1566 à 1572.

  4. V. note [5], lettre 25.

  5. Cologne, Gosuinus et Petrus Cholinus, 1611, in‑8o illustré.

32.

Nicolas-François de Lorraine (1609-1670), duc de Lorraine et de Bar, dit le prince François, était le troisième fils de François de Lorraine, comte de Vaudémont, et de Catherine de Salms. Sans avoir jamais reçu les ordres, Nicolas-François avait été nommé évêque de Toul en 1624 et cardinal en 1627. En janvier 1634, son frère Charles iv ayant abdiqué, François avait déposé ses habits ecclésiastiques (sans vraiment « renvoyer son chapeau rouge à Rome », car il ne l’avait jamais officiellement reçu du pape) et pris possession des duchés de Bar et de Lorraine. Encore cardinal et sans autorisation de Rome, mais désireux de réunir les droits des deux lignes, masculine et féminine, de la Maison de Lorraine, il avait épousé en février 1634 sa cousine germaine, la duchesse Claude-Françoise de Lorraine (1612-1648), fille de Henri le Bon, duc de Lorraine et de Bar, et de Marguerite de Gonzague-Mantoue ; Claude-Françoise était sœur cadette de la (désormais « ancienne ») duchesse Nicole, épouse de Charles iv (v. note [31], lettre 335).

Richelieu, dont ce mariage contrariait les projets, avait fait investir Lunéville où se trouvaient les deux époux. François était parvenu à s’échapper, mais avait dû quitter la Lorraine (qui fut rendue à Charles iv en 1641) ; il était passé en Italie, avait combattu ensuite en Flandre contre les Espagnols, puis était parti pour Vienne où il était resté 18 ans. Il en était parti à l’annonce de l’arrestation de son frère, le 26 février 1654 (v. note [36], lettre 342). Partout honoré comme un souverain, il réintégra ses États, s’entourant d’un Conseil. Il envoya ses troupes combattre sous son fils, Ferdinand de Lorraine, auprès de Condé à Arras. En 1655, Charles iv remit officiellement à sa femme, Nicole, l’administration de ses États. François protesta en 1662 contre la cession de la Lorraine à Louis xiv (G.D.U. xixe s. et Jestaz).

a.

Universitätsbibliothek Basel, cote Handschriften. SIGN.: G2 I 9:Bl. 9 (v. note [a], lettre 1020) : « À Monsieur/ Monsieur [Johann Caspar i] Bauhin,/ Docteur et Professeur/ en Médecine/ À Bâle » ; à côté, probablement de la plume du destinataire, cette date, qui pourrait être celle de la réception ou de la réponse, « 2 Maii 1634 » [2 (julien, « ancien style »)/ 12 (grégorien, « nouveau style ») mai 1634].

La cote Handschriften. SIGN.: G2 I 11:Bl. 31, est une copie manuscrite de cette même lettre, scrupuleusement exacte et de lecture plus aisée.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Johann Caspar I Bauhin à Guy Patin, le 5 mars 1634.
Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1023
(Consulté le 08.12.2022)

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