L. latine 163.  >
À Hermann Conerding, le 23 mars 1661

[Ms BIU Santé no 2007, fo 102 ro | LAT | IMG]

Au très distingué M. Hermann Conerding, docteur en médecine, à Wolfenbüttel. [1][1]

Très distingué Monsieur, [a][2]

Par monsieur votre neveu, [3] j’ai reçu votre très agréable lettre avec très grande joie. Dieu tout-puissant soit loué et remercié, ainsi que vous, de ce qu’après tant d’années, vous vous souveniez si sincèrement de moi. Je vous vaux bien en cela car j’ai fort souvent pensé à vous et parlé de vous avec divers Allemands. Je vous remercie aussi de m’avoir jadis recommandé au très distingué M. Johann Daniel Horst, qui m’a parlé de vous il y a quelques années et m’a déclaré par écrit votre singulière bienveillance à mon égard. [4] Je puis en effet vous affirmer que vous avez très souvent occupé mes pensées et mes rêveries, et que vous le faites encore ; et si j’étais meilleur dessinateur, je vous dépeindrais encore facilement (tant vous vivez dans mon souvenir). Vous n’êtes donc pas sorti de ma mémoire : non seulement, je vous tiens pour présent, mais si vous vouliez et si vous étiez près de moi, je me mettrais entièrement à votre service. Si donc vous désirez quelque chose de notre ville, écrivez-moi je vous prie ; mais en attendant, souffrez que je vous demande une chose et une seule : on soutient et écrit en vos universités d’Allemagne des dissertations et des thèses de médecine, que même on imprime ; [5] s’il s’en trouve à vendre, achetez-les et envoyez-les-moi ; j’en rembourserai de très bon cœur le prix et les frais de port. Je salue MM. les très distingués Conring [6] et Horst. Vale, très distingué Monsieur, et aimez-moi.

De Paris, le 23e de mars 1661.

Votre Guy Patin de tout cœur.

Je vous joins un livre en français contre l’antimoine ; [2][7] je l’ai remis à monsieur votre neveu. S’il s’en présente quelque autre qui vous soit agréable, je vous le ferai parvenir sans peine, pourvu que je dispose de quelqu’un à qui le confier en toute sûreté.


1.

Wolfenbüttel (Basse-Saxe) était la résidence du duc Auguste de Brunswick-Wolfenbüttel (v. note [1], lettre 428). La ville devait son renom à la Bibliotheca Augusta qui y était établie (v. note [2], lettre d’Hermann Conring, datée du 24 septembre 1663).

2.

La floraison de livres et libelles pour et contre l’antimoine s’était éteinte à Paris en 1655. V. note [3], lettre 380, pour Le Rabat-Joie de l’Antimoine triomphant… de Jacques Perreau (Paris, 1654), dernier ouvrage en français paru sur le sujet. Celui que Guy Patin envoyait à Hermann Conerding était plus probablement l’Orthodoxe de Claude Germain (Paris, 1652, v. note [2], lettre 276) : le même dont il avait fait cadeau à Thomas Bartholin à la fin de sa lettre du 27 février précédent (v. sa note [2]).

a.

Brouillon autographe d’une lettre que Guy Patin a écrite à Hermann Conerding, ms BIU Santé no 2007, fo 102 ro.

s.

Ms BIU Santé no 2007, fo 102 ro.

Cl. viro D. Hermanno Conerdingio, Medicinæ Doctori, Wolferbytum.

Suavissimas tuas accepi, Vir Cl. per Dominum Nepotem tuum, cum summa
animi lætitia. Deo Opt. Max. sit laus et gratiarum actio ; Tibique ; quod post
tam multos annos tam libenter mei memineris : in quo quidem negotio paria
Tecum facio, sæpius enim de Te cogitavi, et cum varijs Germanis de Te egi. Tibi
quoque gratias ago, quod me olim commendaveris Cl. Viro D. Io. Dan. Horstio,
qui ante aliquot annos de Te mecum egit, et singularem tuam in me benevo-
lentiam scripto declaravit. Et verè possum affirmare, me sæpius Te habuisse
in mente et in oculis, in quib. adhuc Te habeo : et certè si Pictor essem
egregius, (adeo Te tam præsentem habeo) quam adhuc facilè pingerem : ergo memoriâ mihi
non excidisti : nec solùm Te præsentem habeo, sed Tu præsentem habebis si
volueris, Tibi quippe addictissimum. Si quid igitur cupias ex hac Urbe nostra,
scribe si placet : interea v. patere ut Te rogem hoc unum : In vestris Academijs
Germaniæ multa habentur et celebrantur Disputationes et Theses Medicæ, quæ
etiam typis mandantur : si quæ prostent apud vos vænales, eas si placet mihi
emito, et mitte : satisfaciam emptiones ac vecturæ pretium libentissimè persolvam. tam de pretio, quàm de vectura
Clariss. viros saluto D. Conringium et Horstium. Vale Vir Cl. et me ama.

Datum Parisijs, 23. Martij, 1661.

Tuus ex animo Guido Patin.

Ecce Tibi mitto librum Gallicum contra Stibium, quem tradidi
Domino Nepoti tuo ; si quid aliud occurrat Tibi gratum, facilè mittam, modò
aliquem habeam cui tutò possim committere.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Hermann Conerding à Guy Patin, le 23 mars 1661.
Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1196
(Consulté le 27.09.2022)

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