L. latine 228.  >
À Sebastian Scheffer, le 24 février 1663

[Ms BIU Santé no 2007, fo 136 ro | LAT | IMG]

Au très distingué M. Sebastian Scheffer, docteur en médecine à Francfort.

Très distingué Monsieur, [a][1]

J’ai reçu avec grande joie votre lettre datée de Francfort le 18e d’octobre de l’an passé ; mais j’ignore pourquoi elle ne m’est pas parvenue plus vite. M. Euchs [2] me l’a remise, à qui j’ai remboursé les frais de port, bien que presque 4 mois se soient écoulés depuis ; je me réjouis pourtant qu’elle me soit enfin arrivée et m’ait assuré du bon et heureux état de vos affaires. [1] Je me désole fort que ma lettre ne soit pas parvenue à M. Lotich, [3] et me résigne à contrecœur à sa perte, sans pourtant pouvoir deviner qui en est responsable. Si M. Lotich a besoin d’une autre lettre qui contienne la même chose que ce que je lui avais écrit l’an passé au mois de juillet, je la lui enverrai sans peine ; [2] mais en attendant, vous saluerez ce grand homme de ma part et lui ferez savoir qu’en raison de la dureté des temps, même depuis la paix conclue, [4] il n’y absolument aucun espoir de promouvoir ici l’édition de son Pétrone ; [5] dureté qui demeure chez nous extrême en raison du prix déraisonnable du papier et de l’abondance de moines qui alourdissent dangereusement la petite barque de Pierre ; [3][6][7] et je ne pense pas qu’il y ait en toute la France une ville qui puisse prendre soin d’imprimer un si gros ouvrage ; sinon, cela pourra peut-être se faire à Genève. Je salue votre très chère épouse, [8] puisse Dieu faire prospérer votre mariage, et le rendre heureux et fécond. N’allez pas vous mettre en peine pour les opuscules de Caspar Hofmann, [9] sauf si vous avez le loisir de vous en occuper. Je vous remercie de bien vouloir songer durant vos heures perdues à une nouvelle édition de votre Introductio ad artem medicam[4] J’ai moi-même remis votre lettre pour M. Mocquillon à M. Breteau, [10] qui est le père de son épouse ; [11] il m’en a promis une réponse que je vous enverrai s’il me l’apporte. Je n’ai pas encore reçu l’Historia de Vorburg ; [5][12][13] je l’espère pourtant dans les prochains jours car les frères Tournes [14] m’ont fait savoir qu’elle a été expédiée de Francfort à Genève, puis de Genève à Lyon, où j’ai écrit à un ami qui l’avait reçue d’eux pour qu’il me l’envoie à Paris, comme il fera sans aucun doute ; je l’espère donc avant le 20e de mars. Mais en attendant et [Ms BIU Santé no 2007, fo 136 vo | LAT | IMG] quoi qu’il en advienne, saluez de ma part ce très illustre auteur qui a voulu me gratifier d’un si volumineux, rare et singulier présent ; je lui écrirai pour lui témoigner ma gratitude aussitôt que je l’aurai reçu. J’aurais certes dû lui adresser mes remerciements bien plus tôt, mais n’avais pas osé le faire car, n’en ayant pas encore reçu l’avis, je n’avais pas pris la mesure de son opulent cadeau ; néanmoins, vous lui transmettrez ma reconnaissance et ma volonté de lui rendre la pareille, c’est-à-dire tout ce qu’il pourra attendre de moi, venant de cette ville, à titre de revanche. Mais dites-moi, je vous prie, qui est ce Vorburg : est-il vieux, est-il marié, qui m’en a fait un ami ? N’est-ce pas vous, comme je pense ? La lenteur que de tels livres mettent à nous parvenir ne me surprend guère : les causes en sont la longueur du voyage et tant de difficultés qu’il n’est pas facile de surmonter. Si au printemps prochain les frères Tournes sont aux foires de Francfort, portez-leur tout ce que vous aurez à m’envoyer, et cela finira sûrement par me parvenir. Je vous enverrai aisément mes lettres par nos marchands ; de votre côté, vous pourrez m’écrire par M. Öchs, par Sebastian Switzer ou par un autre de ses commis, [6][15][16] qui viennent chez nous deux ou trois fois l’an pour y commercer. J’ai ici cette Ampelographia de Philipp Jakob Sachs : [17] je ne m’étonne pas de ces nouveautés chimiques et ne m’y arrête guère ; je m’étonne seulement et m’indigne même profondément quod homines eruditi, canoris illis nugis tantopere delutentur ; [7][18][19] mais je pardonne volontiers à ceux qui ne perçoivent pas la vérité, la certitude et le mérite de la doctrine hippocratique et de la méthode galénique. [20][21] Ne cherchez pas plus longtemps la thèse du très distingué M. Conring de Scorbuto : [8][22][23] un médecin allemand me l’a promise. Pour votre graveur qui songe à rééditer les Elogia de Jean-Jacques Boissard, [9][24] saluez-le, s’il vous plaît, en mon nom le plus obligeamment que vous pourrez ; je voudrais que vous lui offriez de ma part tout ce qu’il pourra [Ms BIU Santé no 2007, fo 137 ro | LAT | IMG] souhaiter de moi venant de Paris : mon portrait en tout premier ; et même, s’il veut, je lui fournirai mon éloge, afin que d’autres ne se trompent pas en le faisant ; je l’ai ici, préparé naguère par un de mes savants auditeurs. Je vous enverrai mon portrait imprimé sur papier, [25] ainsi que gravé sur métal, battu en argent et en or il y a 12 ans, quand j’étais doyen de notre Faculté. [10][26][27] Mais indiquez-moi, je vous prie, qui sera ce graveur, et s’il joindra des portraits aux éloges des hommes illustres, ou plutôt des éloges aux portraits, comme avait fait jadis Boissard en divers tomes, et si ce qu’il nous donnera sera en plusieurs volumes. Combien y a-t-il aujourd’hui de tomes de ces Elogia et Imagines Virorum Illustrium ? Combien y en aura-t-il à l’avenir ? Je pourrais aussi, pour ce projet, vous envoyer bien d’autres portraits, comme ceux des deux Riolan, [28][29] de Jacques Cousinot l’ancien, [30] dont le fils a été professeur royal et premier médecin de notre roi très-chrétien[31] de René Moreau, [32] de Jean de Renou, [33] de Guillaume de Baillou, [34] de Jacques Mentel, [35] et d’autres encore. Indiquez-moi, je vous prie, ce que vous voulez là-dessus, et ce que vous pensez que je doive faire. Aujourd’hui, 14e de février, M. Jean Merlet, [36] plus ancien maître de notre Compagnie, [37] a été inhumé ; un catarrhe suffocant l’a étouffé en deux jours dans sa 82e année d’âge. [38] Il a été enterré en grande pompe, suivant notre coutume, dans l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, [39] où de grands hommes de jadis gisent et reposent dans la paix du Seigneur : Jean Fernel, [40] dont on ne doit jamais parler sans louange, Jean Tagault et Jean Haultin ; [41][42] le premier des deux a écrit une Chirurgie[11] mais le second a laissé des commentaires et des observations choisies sur le livre de Houllier de Morbis internis ; on imprime aujourd’hui cet ouvrage in‑fo et il sera achevé dans six mois. [12][43] À la sortie de l’église, après les funérailles, j’ai rencontré cet homme qui avait reçu mes lettres pour les envoyer à M. Granel ; [44][45] l’une vous était destinée, et l’autre à M. Lotich. Il m’a affirmé et solennellement promis que M. Granel avait reçu ce paquet, comme il le lui avait confirmé par un courrier. Il vous appartiendra de m’indiquer si cela est vrai, comme je le souhaite ardemment, et si vous et M. Lotich avez reçu vos lettres. [13] Si vous connaissez un gentilhomme allemand nommé M. Pentz von Pentzenau, [46] saluez-le s’il vous plaît de ma part ; il est revenu dans votre pays après avoir ici réglé des affaires pour un prince d’Allemagne, de la famille de Nassau. Je ne veux pas omettre de vous dire que 42 docteurs, vêtus de la toge pourpre, ont assisté aux funérailles de M. Merlet ; beaucoup d’autres en habit de deuil suivaient en grande procession ; ce qui ne s’est peut-être jamais fait pour quiconque et je suppute que c’est une rare sorte de félicité, qui pourtant est de grande importance, et relève plutôt de la coutume que de l’événement. Je dirai avec Martial : Si post fata venit gloria, non propero[14][47] Je salue monsieur votre vénérable père, [48] votre très douce épouse et M. Mocquillon, à qui vous confierez les lettres qu’il doit nous remettre quand il reviendra à Paris. Je salue de tout cœur le P. Gamans, ce révérend jésuite. [15][49] Le P. Philippe Labbe [50] mentionne beaucoup de livres qui n’ont pas encore vu le jour ; il n’a publié aucun ouvrage sur la médecine ; maintenant, il se consacre entièrement à promouvoir une nouvelle édition de tous les conciles, qui contiendra 15 tomes ; [16] quand il l’aura achevée, il songe à mettre au jour de nombreux manuscrits. Ce père Labbe est un homme très savant ; il porte certes l’habit jésuite, et en a même l’esprit, le style et la plume, mais pour le reste, c’est un excellent homme, honnête et parfaitement digne d’amitié, et je ne fuis [Ms BIU Santé no 2007, fo 137 vo | LAT | IMG] jamais sa conversation, n’en connaissant guère de meilleure et de plus savante. Il y a eu ici grande rumeur d’une guerre à engager contre le pape, [51] pour venger une insulte que des neveux du pape ont faite à notre ambassadeur, M. de Créqui ; [52] mais toute cette affaire est obscure ; hormis le roi, [53] nul mortel ne saurait pénétrer un tel mystère et un si grand secret. [17] M. Nicolas Fouquet, [54] autrefois notre surintendant des finances, est encore détenu dans les prisons du roi avec quelques partisans qui ont jadis misérablement tondu la France tout entière, sur l’ordre de Mazarin, [55] vaurien empourpré et immense pillard, et de concert avec lui. La nouvelle édition des œuvres complètes de Cardan paraîtra à Lyon le mois prochain. [56] M. Vander Linden [57] prépare un nouvel Hippocrate, grec et latin. [18][58] Nous attendons ici de Hollande quelque chose de Sternuatione, de Fermento et Fermentatione, de Cervisia, etc. ; [19][59][60][61][62] et d’Angleterre, le mois prochain, le Diogène Laërce [63] avec les notes de Henri Estienne, [64] Casaubon, [65] Aldobrandi, [66] Ménage [67] et d’autres, ainsi que le livre de Samuel Bochart, pasteur de Caen, de Animantibus sacræ Scripturæ, qu’on attend depuis longtemps. [20][68] Une rumeur incertaine annonce que le roi d’Espagne va mourir dans peu de temps ; [69] on en déduit que notre roi se prépare à la guerre en Italie, non tant contre le Jupiter capitolin que pour reprendre le duché de Milan, [70][71] sur lequel la Couronne de France a des droits depuis Louis xii, roi des Français, le meilleur de tous les bons princes. [21][72] Vale et continuez de m’aimer comme vous faites.

De Paris, ce samedi 24e de février 1663.

Vôtre de tout cœur, G.P.


1.

V. note [10], lettre latine 131, pour M. Euchs, correspondant de M. Öchs.

2.

Lettre à Johann Peter Lotich, datée du 7 juillet 1662 ; Guy Patin savait pouvoir en obtenir une copie à partir des brouillons qu’il conservait (et qui sont heureusement parvenus jusqu’à nous).

3.

Navicula Petri est une métaphore de l’Église catholique romaine (où Guy Patin déplorait la surabondance des moines). Elle fait allusion à la pêche miraculeuse (Luc, 5:1‑11) qui convainquit les quatre premiers apôtres, Simon-Pierre et ses compagnons Jacques, Jean et André, de suivre le Christ :

« Jésus dit à Simon : “ Rassure-toi ; désormais ce sont des hommes que tu prendras. ” Alors, ramenant leurs barques à terre et laissant tout, ils le suivirent. »

V. note [83], lettre 150, pour l’édition du Satyricon de Pétrone par Johann Peter Lotich (Francfort, 1629, jamais réédité).

4.

V. notes :

  • [1], lettre latine 171, pour l’Isagoge medica [Introduction à la médecine], première des trois Chrestomathies manuscrites de Caspar Hofmann, dont Guy Patin possédait les deux autres ;

  • [26], lettre 484, pour la propre « Introduction à l’art médical » de Sebastian Scheffer (Helmstedt, 1654).

5.

V. note [3], lettre latine 206, pour les 12 tomes des « Histoires » de Johann Philipp von Vorburg. Guy Patin ignorait qu’il était mort en 1660, et allait bientôt apprendre que c’était son neveu, Franz Johann Wolfgang von Vorburg, qui lui adressait ce cadeau.

6.

Pour rendre la phrase compréhensible et correcte, je l’ai traduite en remplaçant famulum (accusatif singulier de famulus, commis) par famulorum (génitif pluriel).

7.

« que de savants hommes s’enduisent à ce point de pompeux galimatias. »

Nugæ canoræ est une expression d’Horace (L’Art poétique, vers 322), qu’on peut aussi traduire plus littéralement par « harmonieuses futilités ». Érasme l’a employée pour conclure son adage no 2598, Bullatæ nugæ [Pétillantes sornettes].

L’ouvrage qu’éreintait ainsi Guy Patin est intitulé :

Αμπελογραφια sive vitis viniferæ ejusque partium Consideratio physico-philologico-historico-medico-chymica, in qua tam de Vite in genere, quàm in specie de ejus Pampinis, Flore, Lachryma, Sarmentis, Fructu, Vini multivario usu, de Spiritu Vini, Aceto, Vini Fæce et Tartaro, curiosa nota plurima ad normam Collegii Naturæ curiosorum instituta, plurimis jucundis secretis Naturæ, Artisque locupletata à Philippo Jacobo Sachs, à Levvenhaimb Siles. Phil. et Med. D. et Collegii Naturæ Curiosum Collega.

[Ampélographie {a} ou Observation physico-philologico-historico-médico-chimique de la vigne vinifère, {b} où, en suivant la règle de l’Académie des Curieux de la Nature, {c} sont présentés quantité de faits curieux, enrichis par de nombreux secrets plaisants de la Nature et de l’Art, sur la vigne tant en général qu’en particulier, sur ses pampres, sa fleur, sa gomme, son sarment, son fruit, sur les multiples usages du vin, sur l’esprit-de-vin, le vinaigre, la lie et le tartre de vin ; par Philipp Jakob Sachs von Lewenhaimb, natif de Silésie, docteur en philosophie et médecine, et membre de l’Académie des Curieux de la Nature]. {d}


  1. Description de la vigne.

  2. Qui produit du vin.

  3. V. note [1] de la biographie de Philipp Jakob Sachs.

  4. Leipzig, Vitus Jacobus Trescherus et Christian Michaël, 1661, in‑8o) ; avec un joli frontispice, centré sur le portrait de l’auteur, et un poème congratulatoire de Charles Spon, ami de l’auteur.

Le dernier tiers du livre, consacré aux emplois médicaux et chimiques de l’esprit-de-vin, de son vinaigre et de son tartre (tartrate de potasse), irritait puissamment Patin (qui ne figure pas dans la liste des auteurs cités). Sa lettre à l’auteur (10 février 1666) n’en déborde pas moins d’hypocrites éloges à son égard.

8.

V. notes [4], lettre latine 184, et [4], lettre latine 162, pour les deux thèses d’Hermann Conring « sur le Scorbut » (Helmstedt, 1634 et 1659).

9.

Bibliotheca sive thesaurus virtutis et gloriæ in quo continentur illustrium eruditione et doctrina virorum effigies et vitæ… per Ian. Iacobum Boissardum… incisæ à Ioan. Theodor de Bry…

[Bibliothèque ou Trésor de la vertu et de la gloire, qui contient les vies et les portraits des hommes qui se sont illustrés par leur érudition et leur doctrine… par Jean-Jacques Boissard {a}… gravures par Johann Theodor de Bry {b}…] {c}


  1. Jean-Jacques Boissard (Besançon 1528-Metz 1602), poète néo-latin franc-comtois, fut grand voyageur et collectionneur d’antiquités grecques et romaines.

  2. Johann Theodor de Bry (Strasbourg 1561-Francfort 1623), fils de Theodor (Liège 1528-Francfort 1598) est connu en médecine pour avoir illustré le Theatrum anatomicum de Caspar Bauhin (v. note [1], lettre 297).

  3. Francfort, Wilhelm Fitzer, 1628, in‑4o.

    Le quatrième tome (Francfort, sans nom, 1631, in‑4o) donne une bonne idée du luxe iconographique de cet ensemble. Il est intitulé :

    iv pars Iconum viros virtute atque eruditione illustres repræsentantium, quorum alij inter vivos esse jam olim desierunt, alij vero nunc quoque vitali lumine honorum et dignitatum suarum perfruuntur gloria. Natalium eorundem brevis et succincta notatio singulis Eiconibus adiuncta, Disticha item parsim addita. opera et studio I.I.B. In ære recens scite facta et forus data per hæredes Theodori de Bry Leod.

    [Quatrième partie des Portraits représentant les hommes qui se sont illustrés par leur vertu et leur érudition, dont certains sont jadis morts, et d’autres sont encore en vie, et jouissent pleinement de la gloire que leur valent leurs honneurs et dignités, avec leur date de naissance, et une brève et succincte notice, adjointe à chacun de leurs portraits et, ici et là, l’addition de distiques. Par les soins et le travail de J.J.B. (Jean-Jacques Boissard). Les gravures ont été récemment et artistement dessinées par les héritiers de Theodor de Bry natif de Liège].


Il y eut de nombreuses rééditions ultérieures de ces recueils sous le titre de Bibliotheca chalcographica… [Bibliothèque gravée] (dont celles de Clemens et Johann Ammon, Francfort et Heidelberg, 1652-1669), avec un total de 438 portraits et éloges de savants célèbres du xve au xviie s., mais sans celui de Guy Patin.

10.

V. note [42], lettre 288, pour le jeton décanal de Guy Patin, frappé en 1652, orné de son portrait et de sa devise. Il est revenu sur tout cela dans ses lettres des 3 et 19 mars 1663, sans toutefois permettre d’identifier avec assurance l’éloge qu’il souhaitait attacher à son effigie. Sans doute Sebastian Scheffer lui en avait-il fait la demande ; mais la modestie n’étouffait guère Patin quand une occasion se présentait de faire rayonner sa gloire. Toujours est-il qu’il a cessé de dicter sa lettre et repris lui-même la plume au cours de ce singulier aveu de fatuité.

11.

V. note [4], lettre 139, pour les cinq livres de Jean Tagault de chirurgica Institutione [sur la Doctrine chirurgicale] (Paris, 1543, pour la première de nombreuses éditions).

12.

V. note [14], lettre 738, pour la réédition (Paris, 1664), dédiée à Guy Patin (et préparée avec son aide), de Jacques Houllier « sur les Maladies internes » avec ses propres commentaires, et ceux de Louis Duret, Antoine Valet et Jean Haultin.

13.

Dans le post-scriptum de sa lettre du 7 juillet 1662 à Johann Peter Lotich (v. sa note [11]), Guy Patin lui avait dit qu’il la confiait (avec celle de même date à Sebastian Scheffer) à Henri-Auguste de Loménie, comte de Brienne et secrétaire d’État aux Affaires étrangères, pour qu’il la remît à M. Granel, résident de France à Francfort. Faute d’avoir eu les réponses à ses deux lettres, Patin doutait que la commission eût été bien accomplie.

14.

« Même si la gloire doit me venir après la mort, je ne suis pas pressé » (v. note [8], lettre 164).

Guy Patin a émis des avis mitigés sur son collègue Jean Merlet (v. note [39], lettre 101) : la causticité de l’éloge funèbre dont il l’honorait en atteste.

15.

Jean Gamans (1606-1684), jésuite allemand, a consacré l’essentiel de ses travaux aux vies des saints de l’Église catholique. C’est ici sa seule apparition dans notre édition.

16.

L’historien jésuite Philippe Labbe a tout de même publié (Paris, 1660) deux ouvrages sur Galien : son Chronologicum Elogium [Éloge chronologique] v. note [9], lettre 593) et sa Vita [Vie] (v. note [5], lettre 612, avec dédicace à Guy Patin).

Il avait annoncé son monument sur l’histoire ecclésiastique dans le Conciliorum generalium nation. provinc. diœces. cum vitis epistolisque Rom. Pontificum, Historica Synopsis ; amplissimæ collectionis, quæ singulari studio xiv. aut xv. tomis paratur, prima delineatio. Proponente, atque ad symbolam invitante omnes per orbem eruditos, Philippo Labbe, Biturico, Societatis Iesu Theologo [Synopsis historique des conciles généraux, nationaux, provinciaux et diocésains, avec les vies et les épîtres des pontifes romains ; première esquisse d’une très volumineuse collection, en 15 ou 16 tomes, qui se prépare avec une ardeur remarquable. Sur la proposition de Philippe Labbe, natif de Bourges, théologien de la Compagnie de Jésus, qui invite tous les savants du monde à y souscrire] [Paris, aux dépens de la Société d’imprimeurs de livres ecclésiastiques (Sébastien et Gabriel Cramoisy, Georges Josse, Denis Béchet, Louis Billaine, Guillaume Le Bé, Sébastien Huré, Gabriel et Nicolas Clopejau, Siméon Piget, Pierre Le Petit, Godefroy Marcher, Frédéric Léonard, Jean Dupuis) constituée par commandement du roi, 1661, in‑4o].

Les 11 tomes (sur 12 annoncés dans le tome 1) de la Conciliorum collectio regia maxima [Très grande Collection royale des conciles] parurent en 1714 et 1715, signés par les PP. Philippe Labbe, Gabriel Cossart et Jean Hardouin, jésuite.

17.

V. note [1], lettre 735, pour l’affaire des gardes corses qui provoquait un grave différend entre le Saint-Siège et la France.

18.

V. notes [8], lettre 749, pour les Opera omnia de Jérôme Cardan (Lyon, 1663), et [11], lettre 726, pour l’Hippocrate de Johannes Antonides Vander Linden (édition posthume, Leyde, 1665).

19.

V. notes [3], lettre 723, et [1], lettre 719, pour les traités de Marten Schoock « sur le Ferment et la fermentation » (Groningue, 1663) et « sur la Bière » (ibid. 1661, avec dédicace à Guy Patin, jamais réédité).

Patin citait aussi le :

Matini Schoockii de Sternuatione Tractatus copiosus : Omnia ad illam pertinentia, juxta recentia inventa, proponens. Editio altera, priori et emendatior et uberior

[Copieux traité de Marten Schoock sur l’éternuement, {a} qui présente tout ce qui le concerne et ce qu’on a récemment découvert à son sujet. Seconde édition, mieux corrigée et plus riche que la première]. {b}


  1. Éternuement (Trévoux) :

    « Sternutatio. Mouvement convulsif des muscles de la poitrine qui servent à l’expiration. Dans ce mouvement, après la suspension de l’inspiration commencée, l’air est repoussé par le nez et par la bouche avec une violence subite, ou momentanée. La cause de ce mouvement convulsif est l’irritation de la membrane supérieure du nez qui communique avec le nerf intercostal, à cause des rameaux que celui-ci lui fournit dès son principe. {i} Cette irritation se fait ou extérieurement par des odeurs fortes, comme par celle de la marjolaine et des roses, par des poudres qui, volant en l’air, sont reçues par l’inspiration ; ou par des médicaments acres, comme le cresson et autres sternutatoires, qui picotent la membrane du nez ; ou intérieurement, par l’acrimonie de la lymphe qui humecte naturellement la membrane des narines, comme dans le coryza. {ii} Cette lymphe devient âcre par sa chaleur et par son acidité, et alors elle irrite la membrane, ce qui fait éternuer. Les matières qui sont rejetées en éternuant viennent premièrement du nez et de la gorge, parce que la membrane pituitaire y exsude continuellement de la lymphe ; et en second lieu de la poitrine, de la trachée-artère, et des bronchies des poumons. Le Père Strada a fait un joli traité de l’éternuement, où il découvre la raison pourquoi on salue ceux qui éternuent, ce qui est une coutume venue des payens. Martin Schoockius, {iii} qui a écrit de l’éternuement, prétend qu’il se fait par l’irritation de la membrane inférieure des narines. L’éternuement qui vient de la tête étant sans blâme, nous lui faisons un honnête accueil. Ne vous moquez pas de cette subtilité, elle est d’Aristote. Mont. » {iv}

    1. L’irritation est perçue par les rameaux sensitifs du nerf trijumeau (5e paire crânienne) et transmise au tronc cérébral qui provoque l’éternuement réflexe provoqué le nerf phrénique (ici nommé intercostal), qui est moteur du diaphragme.

    2. V. notule {a}, note [1], lettre 151.

    3. À propos des coutumes éthiopiennes, Schoock cite Famiano Strada (v. note [11], lettre 152) dans le chapitre 34 (page 122) de son livre, mais sans dire qu’il a écrit un traité sur l’éternuement : en lisant bien Schoock, on comprend que Strada a seulement fait allusion au livre du R.P. Nicolaus Godignus, Vita Patris Gonzali Sylveriæ, Societatis Iesu Sacerdotis, in urbe Monomotapa martyrium passi [Vie du Père Gonçalo da Silveira, prêtre de la Compagnie de Jésus, qui a souffert le martyre (en 1561) dans la ville de Monomotapa (v. note [18], lettre 525)] (Lyon, Horatius Cardon, 1612, in‑8o), où la vénération du peuple pour les éternuements du roi de ce pays est mentionnée dans le livre ii, chapitre x (pages 120‑121). Le Trévoux manquait rarement de citer un auteur jésuite, même hors de propos.

    4. Montaigne, Essais, livre iii, chapitre 6, Des Coches :

      « Me demandez vous d’où vient cette coutume de bénir ceux qui éternuent ? Nous produisons trois sortes de vents. Celui qui sort par en bas est trop sale. Celui qui sort par la bouche porte quelque reproche de gourmandise. Le troisième est l’éternuement. Et parce qu’il vient de la tête et est sans blâme, nous lui faisons cet honnête recueil [accueil]. Ne vous moquez pas de cette subtilité, elle est (dit-on) d’Aristote. »

      Aristote, Problèmes, section xxxiii, § 9 (traduction de Pierre Louis, 1994) :

      « Pourquoi les émissions des autres gaz, comme le pet ou le rot, ne sont-elles pas considérées comme sacrées, et l’éternuement l’est-il ? Est-ce parce que, des trois régions que sont la tête, le thorax et le ventre, la plus divine est la tête ? Le souffle qui part du bas-ventre est le pet, de l’estomac le rot, et l’éternuement vient de la tête. Donc, du fait que cette région est plus sacrée, on vénère également comme sacré le souffle qui en sort. Ou est-ce parce que tous les gaz sont le signe que les parties en question sont généralement en meilleur état ? En effet, en l’absence d’évacuation, le passage du souffle rend plus léger, si bien que c’est aussi ce que fait l’éternuement pour la région de la tête, parce que celle-ci est alors en bonne santé et se montre capable d’opérer la coction. Car lorsque la chaleur qui règne dans la tête maîtrise l’humidité, alors le souffle devient un éternuement. C’est d’ailleurs pourquoi on excite les mourants avec une substance qui fait éternuer, avec l’idée que s’ils ne peuvent pas y parvenir, c’est qu’ils sont perdus. Par suite on considère l’éternuement comme un signe de santé de la région la meilleure et la plus saine, on le salue comme sacré et on en fait un présage heureux. »

  2. Amsterdam, Petrus vanden Berge, 1664, in‑12, 164 pages divisées en 44 chapitres  ; première édition ibid. 1649).

    Le Journal des Sçavans (no 1, 5 janvier 1665, pages 7‑8) en a publié une analyse :

    « Il est vrai qu’il a déjà été imprimé il y a environ 15 ans ; mais cela n’empêche pas que cette édition ne puisse passer pour nouvelle, puisqu’elle est beaucoup plus ample que la première, et que l’auteur y a changé entièrement d’opinion. Car au lieu qu’il tenait dans la première édition que l’éternuement vient de l’irritation du cerveau, qui tâche de repousser par le nez quelque matière âcre et piquante, enfermée principalement dans ses ventricules, il tient dans cette dernière édition que l’éternuement vient seulement de l’irritation de la membrane inférieure des narines qui, étant fort sensible, ne peut rien souffrir qui l’incommode, et s’efforce par une contraction violente de s’en délivrer, sans que le cerveau y concoure aucunement. »


20.

V. notes [17], lettre 750, pour l’édition de Diogène Laërce [sur les vies des philosophes de l’Antiquité] (Londres, 1664), commentée par d’érudits auteurs, et [14], lettre 585, pour le livre de Samuel Bochart « sur les Animaux de la Sainte Écriture » (Hierozoïcon, Londres, 1663).

21.

Louis xii (roi de France de 1498 à 1515) avait pris possession du duché de Milan en 1499. La France le conserva par éclipses jusqu’en 1535, où il passa sous domination espagnole. Guy Patin était nostalgique de l’Europe avant Charles Quint.

a.

Brouillon manuscrit, dicté (première moitié) et autographe (seconde moitié), d’une lettre que Guy Patin a écrite à Sebastian Scheffer, ms BIU Santé no 2007, fos 136 ro‑137 vo.

s.

Ms BIU Santé no 2007, fo 136 ro.

Cl. Viro Domino Sebastiano Scheffero, Med. D. Francofurtum.

Magno cum gaudio tuam accepi, Vir Cl. datam Francofurti 18.
octobris anni superioris : cur eam
unam verò eam citiùs non acceprim nescio :
Redditæ mihi fuerunt per Dom. Euchs, cui vecturæ pretium
persolvi, quavis 4. penè menses intervenissent : gaudeo tamen
quod tandem eas acceperim, per eam
que certior factus fuerim
de bono et felici rerum tuarum statu,
. qQuod Epistola mea
non pervenerit ad Dom. Lotichium, valdè doleo, gravitérque
fero ejus jacturam, sed tamen cujus culpa istud contigerit divinare
non possum. Si Dominus Lotichius requirat alteram meam
Epistolam quæ illud idem contineat quod ad eum scripseram
mense Julio anni superioris, facile mittam : interea verò
tantum virum salutabis meo nomine, atque facies ut intelligat
nullam omnino spem penes nos esse promovendæ editionis
Operis sui Petroniani, propter difficultatem temporum,
etiam pace confecta ; in Gallia
adhuc apud nos acerrimam, propter immodicum
chartæ pretium, et copiam Monachorum, naviculam Petri
supra fidem gravantium, nec puto nullam esse civitatem
in tota Gallia quæ possit ad tantum o
Opus attendere, nisi
forsan fuerit Geneva Allobrogum. Charissimam uxorem tuam saluto :
conjugium tuum utinam Deus fortunet, idque felix ac
faustum efficiat. De Opusculis Casp. Hofmanni non aliter
debes satagere, quàm quum licebit tTibi per otium. Gratulor
Tibi quod horis tuis subsivis scivis
subsecivis, cogitare velis de nova editione
tuæ Introductionis ad artem Medicam. Epistolam tuam
pro Dom. Mocquillon, ego ipse reddidi Dnæ Breteau,
ejus uxoris Parenti :
quæ mihi responsum promisit : quod si detulerit, ad te
mittam. Vorburgianam historiam nondum accepi ;
eam tamen spero intra
ante paucos dies, quia per Tornesios fratres
intelligo eam Francofurto Genevam fuisse transmissam, et Geneva
Lugdunum
, unde scripsi ad Amicum, qui eam ab ijs acceperat,
ut ad eam ad me Lutetiam transitteret, quod haud dubie
faciet, ideóque eam spero ante 20. diem Martij : interea verò,

t.

Ms BIU Santé no 2007, fo 136 vo.

quomodo-cumque res cadat ; iIllustrissimum illum Virum meo
nomine saluta, qui tanto munere beare me voluit : ad
quem ideó scribam, ut ei gratias agam, quamprimum
eximium atque singulare ejus donum accepero. Gratias
quidem longè citiùs agere ac deferre debuissem, quod
tamen aggredi non sum ausus, ex tanto munere non intellecto ;
necdum accepto ; nihilominus tamen offeras illi meo nomine, gratum animum,
et retaliandi mentem, id est quidquid ex hac opulenta Civitate
pro redhosti mento à nobis requisierit.
^ Verum dic sodes, quis/ ille Vorburgius ? an/ senex ? an conjugatus ?/ quis eum mihi fecit/ amicum ? an Tu ipse ?/ sic puto. Noli, etc. Noli mirari quod
ejusmodi Libri tam tardè ad nos perveniant : facit hoc
longinquitas itinerum, et tot difficultates quæ non facilè
superantur. Si Tornesij fratres vere proximo Francofurtenses
nundinas adeant, quidquid habueris mihi mittendum,
trade illis, tandem enim certò accipiam. Epistolas
meas Ego ad Te facilè mittam
per nostros mercatores : Tu quoque scribere
poteris ad me per D. Ochs, per Sebastianum Svids
tzerum,
aut alium ejus famulum, qui bis terve per annum
ad nos mercaturæ gratiâ veniunt
titant. Ampelographiam illam
Phil. Iac. Sachs hîc habeo : novitates illas Chymicas
nec miror, nec moror : hoc unum dumtaxat miror,
^ imò seriò indignor,
quod homines eruditi, canoris illis nugis tantopere
delutaentur : sed
autem verum illis lubens ignosco, qui Hippocraticæ
doctrinæ Galenicæque Methodi
veritatem, certitudinem
atque dignitatem non capiunt. Thesim de Scorbuto
Cl. Conringij
noli ampliùs querere : Germanus
quidam
Medicus mihi illam promisit. Quod spectat ad
vestrum Chalcographum, qui novam editionem
meditatur Elogiorum Jani Jacobi Boissardi, eum si placet
saluta quantum potent
eris officiosissimè, eique meo
nomine offeras velim quidquid à me ex hac Urbe

u.

Ms BIU Santé no 2007, fo 137 ro.

requiret, inprimis veróò Effigiem meam, imóò etsi
et
si voluerit, et Elogium meum illi subministrabo, ne in eo
conficiendo alij peccent,
quod hîc habeo ab erudito quodam ex meis Audito-
ribus antehac adornato. Effigiem meam Tibi mitto chartaceam, ut et sculptam ac
metallo impressam, argentem atque æream, ante 12. annos cusam, dum essem Decanus
Decanus nostræ Facultatis. Sed quæso, indica mihi quis sit ille Chalcographus ; ? an ima-
gines adjungat Elogijs illustrium virorum, vel potiùs Imaginibus Elogia, quod olim
varijs tomis fecerat Boissardus, et an plures tomos sit nobis daturus ? Ejusmodi Elogio-
rum et Imaginum Virorum Illustrium
quot sunt hodie tomi ? quot in posterum futuri ?
possem quoque Vobis in eam rem et alias Icones mittere, ut Riolani utriusque, Iacobi
Cusinoti Senioris,
cujus Filius fuit Professor regius, et Christianissimi nostri regis
Medicus primarius : Ren. Moreau, Io. Renodei, Phil. Guiberti, Gul. Ballonij, Iac. Mentelli, et
forsan aliorum : velim igitur indices mihi quid super ea re velis, et mihi faciendum putes.
Hodie 14. Febr. sepultus fuit et terræ mandatus M. Io. Merlet, Antiquior Magister
nostri Ordinis, quem in biduo catarrhus suffocans oppressit anno ætatis 82. Maxima
pompa, ut apud nos moris est, fuit tumulatus in æde sacra Sti Iacobi de Macello, in
qua jacent et in Domino dormiunt magni olim viri, Io. Fernelius, numquam sine fraude laude
loquendus, Io.Tagautius, et Io. Hautinus. Ille Chirurgiam scripsit : hic v. Commentaria
et Observationes selectas
reliquit in Hollerium de morbis internis : quod quidem Opus hodie
currit sub prælo, in folio, et intra sex menses ad finem perducetur. In egressu templi,
peracto funere, hominem illum in occursu habui, qui literas meas acceperat ad Dominum Granel,
mittendas, in quib. inclusæ duæ latebant, una ad Te, altera ad Dominum Lotichium : qui
mihi affirmavit et sanctè professus est, ejusmodi fasciculum Domino Granel fuisse
redditum, cujus facti certitudinem habebat ex Epistolis dicti D. Granel. Tuum erit
mihi indicare an istud verum sit, quod vehementer opto : et an Tu et D. Lotichius vestras
acceperitis. Si novisti nobilem quendam Germanum, dictum D. Pentz à Pentzenau, qui
post biennium hîc exactum, pro quodam suo Principe Germano, de familia Nassonicorum,
ante annum ad vos reversus est, eum si placet, nomine meo saluta. Nolo omissum, in funere
D. Merlet, interfuisse 42. Doctores, purpurea veste indutos : cæteri multi atrati seque-
bantur in magna catena : quod fortè cuiquam numquam contingit : et hoc reputo rarum genus
felicitatis, quæ tamen est exigui momenti, et magis ad morem quàm ad rem pertinet. Dicam
cum Martiale : Si post fata venit gloria, non propero. Venerandum Senem Dominum Paren-
tem
tuum saluto, suavissimam Uxorem, et Dominum Mocquillon, cui tutò committes literas
nobis reddendas quando Parisijs revertetur. Reverendum illum Iesuitam, P. Gamans,
ex animo saluto : Multorum librorum meminit P. Phil. Labbeus, qui nondum lucem videbunt :
De re Medica nihil emisit in lucem : nunc totus est in nova Editione promovenda
omnium Consiliorum, ^ quæ tomos xv. est/ habitura : qua peracta, de multis MS. in lucem emittendis cogitabit. Pater
iste Labbeus, est vir doctissimus, laboriosissimus, veste quidem Iesuista, imò mente,
manu et calamo, cætera vir bonus, optimus, et amicus dignissimus, à cujus colloquio

v.

Ms BIU Santé no 2007, fo 137 vo.

numquam nisi melior et doctior recedo. Magnus hîc fuit rumor de bello contra
Papam gerendo, ad ulciscendam injuriam illatam Legato nostro D. de Crequi, à
quibusdam Papæ nepotibus : sed totum illud negotium obscurum est : nec quisquam
mortalium novit tantum mysterium, vel tam grande secretum, præter Regem.
Dominus Nic. Fouquet, Gazophylax olim noster, adhuc in carcere regio detinetur,
cum quibusdam publicanis, qui olim cum et sub Mazarino, ^ purpurato nebulone,/ et maximo prædone,/ totam etc. totam Galliam miserè
expilarunt. Omnium Operum Cardani editio nova Lugduni prodibit in lucem, mense
proximo. D. Vander Linden novam editionem adornat sui Hippocratis Græco Latinam.
Hîc aliquid expectamus ex Hollandia, de Sternuatione, de Fermento et Fermentatio-
ne, de Cervisia, etc.
Ex Anglia expectamus proximo mense, Diogenem
Laertium, cum Notis Henr. Stephani, Casauboni, Aldobrandi, Menagij et aliorum :

ut et Sam. Bochart, Ecclesiasticæ Cadomensis, librum jamdiu expectatum, De
Animantib. sacræ Scripturæ.
Incerta quædam fama brevi minatur mortem Hispaniarum
Regi : ideòq. dicitur Rex noster sese ad bellum accingere in Italia, non tam adversus
Iovem Capitolinum, quàm pro recuperando Ducatu Mediolanensi, qui verè regij juris
est, à Ludovico 12. Galliarum rege, omnium bonorum Principum optimo. Vale, et me,
quod facis, amare perge. Scriptum Parisijs, die Sabb. 17. 24. Febr. 1663. Tuus ex animo G.P.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Sebastian Scheffer à Guy Patin, le 24 février 1663.
Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1261
(Consulté le 27.09.2022)

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