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À Thomas Bartholin, le 18 mars 1663

[Ms BIU Santé no 2007, fo 140 vo | LAT | IMG]

Au très distingué M. Thomas Bartholin, professeur royal de médecine, à Copenhague. [a][1]

Après avoir tant bénéficié de votre libéralité, je ne serais rien d’autre qu’un ingrat si je me taisais et ne vous témoignais pas, à tout le moins, ma reconnaissance, vous qui êtes le prince de mes amis. Je vous écris donc pour vous faire savoir que je vis et me porte bien, me souvenant souvent de vous. Si vales bene est, ego quidem valeo ; [1] bien qu’à dire vrai, je me sente fatigué après cet hiver trop long et trop froid. L’Arétée grec et latin de Pierre Petit progresse lentement, [2][3] mais finira par toucher à son terme ; [2] tout comme le Hollierus de Morbis internis avec ses notes, [4] les commentaires et annotations de Louis Duret, [5] et les exercitations d’Antoine Valet ; [6] à tout cela s’ajouteront, en cette nouvelle édition, pour enrichir un si remarquable ouvrage, les commentaires et observations choisies de Jean Haultin, [7] très célèbre médecin de Paris. [3] Quand ces deux livres seront achevés, je vous les enverrai ; j’entends le Hollierus et l’Arétée. Votre compatriote M. Flescher, [8] après avoir guéri de sa très cruelle et très vive affection, savoir une dysenterie maligne, atrabilaire et presque mortelle, [9][10] et après s’être remis de cette grave maladie, puis fortifié pendant 4 mois, a songé à regagner sa patrie ; mais l’embellie n’a été que temporaire et il s’en est finalement allé dans l’au-delà : après être parvenu à Iccius Portus, qui est Calais en français, [11] à cheval dans un hiver glacé, cet homme frêle et de santé délicate tomba dans une fièvre continue, [12] due à des efforts excessifs dans le très grand froid, et elle a suffoqué son homme en cinq jours. Je déplore profondément son malheur. Ce vers de Martial, le pénétrant poète, n’est pourtant que trop vrai : [13]

Nullo fata loco possis excludere, quum mors venerit, etc. [4]

J’ai ici soigné un gentilhomme danois nommé M. Thot, deux Danois nommés Casparson, un Norvégien nommé Anderson [14] et un autre noble qui tient le premier rang dans la maison de M. l’ambassadeur Hannibal Sehested [15] et que lui-même appelle M. le Maréchal[5][16] Celui-là souffrait d’une affection cholérique depuis quelques jours, je l’ai soigné et Dieu l’a guéri. [17] J’ai aussi salué votre prince sérénissime [18] qui m’a reçu à dîner somptueusement et a bu à ma santé, avec l’épouse de M. l’ambassadeur. [19] Sa fille unique, [20] qui est certes jam matura viro, jam plenis nubilis annis[6][21][22] cherche un très noble et puissant mari, et mérite bien d’en trouver un. Le majordome de M. l’ambassadeur m’a même salué en personne de votre part, ainsi que son secrétaire ; [7][23] tous deux sont vos amis. Quand ils feront, chez M. l’ambassadeur, des paquets pour le Danemark, nous en ajouterons aussi un à vous remettre, contenant toutes les choses qui se trouveront ici et qui, j’espère, vous seront utiles ou, du moins agréables. Nous aurons ce mois-ci, ou un peu plus tard, le Cardan complet en 10 tomes in‑fo ; [24] au mois de juin, on nous apportera d’Angleterre le remarquable livre de Animantibus sacræ Scripturæ de Samuel Bochart, très savant pasteur de Caen. [8][25] Immédiatement après viendra le Diogenes Laertius de Vitis philosophorum[26] avec les notes de quatre très brillants personnages, illustres pour [Ms BIU Santé no 2007, fo 141 ro | LAT | IMG] leur grande érudition, savoir Henri Estienne, [27] Isaac Casaubon, [28] Aldobrandi [29] et notre ami Ménage. [9][30]

Ce 16e de mars : hier matin, j’ai rendu visite à monsieur votre ambassadeur avec mon fils Charles, [31] qui lui a offert son livre de Fulvio Orsini [32] de Familiis Romanis, qu’il a augmenté et enrichi d’un grand supplément ; [10] il en a remis à M. l’ambassadeur un autre exemplaire, royalement relié, pour votre sérénissime souverain ; [33] il en a aussi offert un troisième à votre prince sérénissime, qui a tenu ce petit présent pour très agréable et nous a retenus à dîner avec lui. J’avais conservé chez moi l’exemplaire destiné à votre roi, pour vous l’envoyer, mais M. l’ambassadeur s’en chargera. Vous en trouverez donc un seul dans votre paquet, qui sera pour vous, offert par mon fils Charles. Je vous supplie encore et encore de le recevoir avec gratitude ; nous vous sommes redevables de l’affection que M. l’ambassadeur et votre prince ont pour notre famille, et de tout ce qui en découlera dorénavant. Gratia, Musa tibi ! [11][34] Grâces au très distingué Bartholin, le meilleur des amis, et même grâces à toi, excellent Galien, [35] et aussi à vous mes très vénérés précepteurs, qui fûtes jadis d’excellents hommes : Jean Duret, [36] Pierre Seguin, [37] Nicolas Piètre, [38] Michel de La Vigne, [39] René Moreau, [40] André Du Chemin, [41] qui m’ont enseigné la méthode galénique qui permet de bien remédier. Jamais je ne m’en suis écarté, à défaut d’en avoir une meilleure ; et ainsi ai-je exercé pendant 40 ans le plus salutaire des métiers, pour le plus grand avantage du public, sans fraude ni imposture, sans déguisement ni tromperie, à la manière des Anciens, sans antimoine, [42] ni gilla de Théophraste, [12][43][44] ni autres poisons chimiques. [45] Je me suis contenté d’un petit nombre de remèdes, séné, [46] casse, [47] rhubarbe, [48] manne [49] et, de temps en temps, compositions de scammonées, [50] diaphénic [51] et autres médicaments de cette sorte, avec du sirop laxatif de rose, [52] de fleurs de pêcher, [53] la composition de chicorée et de rhubarbe ; [54] et avec le premier de tous nos remèdes, la divine phlébotomie, [55] dont l’opération vainc et terrasse heureusement les maladies aiguës. Nous disposons d’autres recours, mais les employons plus rarement, tels que les bains et les thermes, [56] le changement d’air et de séjour, toutes les sortes de laits, [57] les eaux métalliques ; [58] tous ceux-là, bien qu’ils reposent certes solidement sur l’expérience, forment une seconde ligne de remèdes et ne servent à chasser la maladie qu’à la manière des troupes auxiliaires dans une armée. {J’ai vu aujourd’hui un homme légèrement malade qui se fait appeler le gouverneur de M. le prince ; [59] c’est un homme de bien, savant et de bonnes mœurs.} [13] On dit que le différend entre le roi [60] et le pape [61] est maintenant réglé, mais les articles de la paix n’ont pas encore été prononcés. [14] Nicolas Fouquet [62] est encore détenu dans les prisons du roi, [63] tout comme de nombreux partisans, voleurs publics et pilleurs de la France. J’ai ici un petit cadeau pour vous, qui est un jeton ou médaille d’argent, frappé pendant mon décanat par décret de la Faculté ; [64] je vous prie instamment de l’accepter avec reconnaissance. Je vous écrirai d’autres nouvelles une autre fois ; mais en attendant, très distingué Monsieur, vale et aimez-moi.

De Paris, ce lundi 18e de mars 1663.

Vôtre de tout cœur, G.P.


1.

« Si vous vous portez bien, tant mieux ; moi aussi je me porte bien » (S.V.B.E.E.Q.V., banalité cicéronienne, v. note [12], lettre 504).

2.

V. note [3], lettre 731, pour l’édition d’Arétée de Cappadoce par Pierre Petit, parue incomplète à Londres en 1726 (mais dont Gabriel Cramoisy avait alors entrepris l’impression à Paris, v. note [2], lettre latine 209).

3.

V. note [14], lettre 738, pour la réédition (Paris, 1664), dédiée à Guy Patin (et établie avec son aide), de « [Jacques] Houllier sur les Maladies internes », avec ses propres commentaires et ceux de Louis Duret, Antoine Valet et Jean Haultin.

4.

« Il n’y a pas de lieu sur terre où tu puisses échapper à ton destin ; quand la mort vient, etc. » (v. note [17], lettre 75).

La maladie du Danois Flescher (v. note [6], lettre latine 209) avait commencé en septembre 1662 par une dysenterie aiguë à caractère épidémique (possible choléra, v. note [12], lettre de Thomas Bartholin, datée du 18 octobre 1662) ; mais une cause intercurrente ou une complication tardive avait dû être responsable de sa mort, survenue six mois plus tard et après une période de rétablissement.

V. note [7], lettre latine 103, pour Iccius Portus, nom latin de Calais.

5.

Mise en italique de mots en français et soulignés dans le manuscrit.

La suite de la correspondance identifie ce diplomate danois à Marcus Falksen Giöe (ou Gjöe) von Brabesborg (1635-1698), que Guy Patin appelait Guen. Les Portraits historiques des hommes illustres du Danemark… (1746, pages 73‑76, v. note [7], lettre 735) fournissent sa biographie détaillée, avec ce passage :

« […] le roi {a} le nomma en 1661 son Chambellan et il alla depuis avec l’ambassadeur Hannibal Sehested à la cour de France en qualité de premier gentilhomme de l’ambassade, ce qu’on appelait dans ce temps-là Maréchal. Lorsque Sehested quitta en 1663 cette cour, il y fut Chargé des affaires, et il n’oublia rien pour s’y faire des amis, nécessaires pour bien exécuter ses commissions. Le roi son maître, qui connaissait sa capacité et son mérite, le rappela en 1669 ; {b} et ayant rendu compte de ses négociations, Sa Majesté en parut si contente qu’elle l’honora de nouvelles commissions en Hollande, où il remplit ses fonctions avec une grande habileté pendant l’espace de trois ans. Alors le roi {c} le choisit encore pour trois ambassades successivement : premièrement en Angleterre, où il fut sept ans, au bout desquels le roi le nomma Conseiller de Justice et d’État, et l’envoya en qualité d’ambassadeur à la cour de France pour la seconde fois ; il y fut reçu avec joie et admiré par son esprit doué de fort belles connaissances ; il quitta ce pays pour aller en la même qualité en Espagne, où il resta cinq ans. »


  1. Frédéric iii, roi de Danemark, a régné de 1648 à 1670 (v. note [34], lettre 219).

  2. Sic pour 1668, v. note [1], lettre latine 329.

  3. Christian v a régné de 1670 à 1699 (v. note [13], lettre 748).

Le Norvégien dénommé Anderson, qui avait reçu les soins de Patin, est réapparu dans deux de ses lettres à Thomas Bartholin (10 avril et 27 juin 1664), où il l’a dit noble, mais sans nous renseigner autrement à son sujet.

6.

« mûre déjà pour un époux, nubile déjà, en pleine fleur » (Virgile, Énéide, chant vii, vers 53).

Hannibal Sehested (v. note [7], lettre 735) avait épousé la comtesse Christiane de Schleswig-Holstein (1626-1670), fille du roi Christian iv de Danemark (v. note [16], lettre 61). Leur fille unique se prénommait Christiane Sophie (1644-1694). Elle épousa Wilhelm Frederik von Wedel von Wedelsburg (1640-1706), noble danois d’origine allemande.

Dans sa lettre du 4 mai 1663 à André Falconet, Guy Patin a relaté sa rencontre avec le prince sérénissime du Danemark, fils de Frédéric iii et futur roi du Danemark, sous le nom de Christian v (v. note [13], lettre 748).

Parmi plusieurs autres, ce passage montre bien que les ambassades parisiennes procuraient une clientèle fortunée à Patin : bénéfice de sa correspondance étrangère qui s’ajoutait à la satisfaction de sa bibliomanie et de son désir de renommée européenne.

7.

Conrad Biermann (Badenweller, Baden-Durlach 1629-Hambourg 1698), homme politique et diplomate allemand, s’était mis au service de la Couronne danoise en 1658. Anobli en 1681, il attacha à son nom le titre de von Ehrenschild. Biermann a servi d’intermédiaire dans la correspondance de Guy Patin avec Thomas Bartholin jusqu’en avril 1664.

8.

V. notes [8], lettre 749, pour les Opera omnia de Jérôme Cardan (Lyon, 1663), et [14], lettre 585, pour le livre de Samuel Bochart « sur les Animaux de la Sainte Écriture » (Hierozoïcon, Londres, 1663).

9.

V. note [17], lettre 750, pour l’édition de « Diogène Laërce sur les vies des philosophes [de l’Antiquité] » (Londres, 1664), avec les commentaires des quatre érudits cités.

10.

V. note [11], lettre 736, pour l’édition augmentée par Charles Patin (Paris, 1663) du livre de Fulvio Orsini « sur les Familles romaines » (Rome, 1577).

11.

« Grâces à toi, ma Muse ! » (Ovide, v. note [3], lettre latine 44).

12.

Le gilla (v. note [9], lettre 311), dit de Théophraste ou de Paracelse (dont c’était un des prénoms), était une préparation vomitive de zinc vitriolé qui fut supplantée par l’antimoine.

13.

Phrase (mise entre accolades) que Guy Patin a barrée, préférant probablement rester discret sur un familier du Grand Condé ; mais Patin semblait tout de même enclin à se vanter de compter un si éminent personnage dans sa clientèle.

14.

Mettant fin à l’affaire des gardes corses, le traité de Pise ne fut conclu, entre Rome et la France, qu’en février 1664 (v. note [1], lettre 772).

a.

Brouillon autographe d’une lettre que Guy Patin a envoyée à Thomas Bartholin, ms BIU Santé no 2007, fos 140 vo‑141 ro ; imprimée dans Bartholin c, Centuria iv, Epistola lx (pages 319‑323), De editione Hollerii. Galenicæ Medicinæ laus [Sur l’édition d’Houllier. Louange de la médecine galénique].

s.

Ms BIU Santé no 2007, fo 140 vo.

Cl. viro Thomæ Bartholino, regio Medicinæ Professoris, Hafniam.

Post tot à liberalitate tua accepta beneficia, non alius quàm ingratus
esse possim, si taceam, et si saltem gratum animum non ostendam Tibi, Amicorum
meorum principi. Scribo igitur ut scias me Tui memorem, vivere et valere.
Si vales bene est, ego quidem valeo : sed ut verum fateor, longior ac frigi-
dior hyems tædium mihi pariunt. Aretæus GræcoLatinus Petri Petiti,
lentè procedit, sed tandem ad finem perveniet : ut et Hollerius de morbis internis,
cum Scholijs, Lud. Dureti Ennarationibus et Annotationibus, ac Ant. Valeij
Exercitationibus :
quib. singulis nova hac Editione ad locupletationem magni
Operis, accedent Io. Hautin, Med. Paris. celeberrimi Commentarij et Observa-
tiones selectæ :
quum ad umbilicum pervenerint, utrumque ad Te mittam :
Hollerium dico et Aretæum. Tandem vester D. Flescher, postquam ex
atrocissimo acerrimóq. affectu convaluit, nempe dysenteria maligna,
atrabiliaria, penéq. lethali, ac ex tanto morbo per 4. menses roboratus
fuit atque recreatus, de repetenda patria cogitavit, et pro temporali
illa, ad æternam penetravit : postquam enim cursorijs equis media hyeme
frigidissima ad Caletum Icium portum, vulgò Calais, pervenit, ex immodico labore in summa frigiditate,
vir delicatus ac teneræ valetudinis, in febrem continuam incidit,
quæ hominem quinto die suffocavit : cujus casum infelicem seriò lugeo : sed
nimis verum est istud Martialis, ingeniosi Poetæ.

Nullo fata loco possis excludere, quum mors venerit, etc.

Hîc feci Medicinam nobili Dano, dicto D. Thot : duob. Danis Casparson dictis :
Norwego cuidam dicto Anderson : alij nobili, qui vocatur M. le Mareschal,
qui primus est in æde Domini Legati Annib. Sested, ab ipso Legato ; quem etiam
ab aliquot diebus ex cholerico affectu decumbentem curavi, et Deus sanavit.
Vestrum quoque Serenissimum Principem salutavi, qui me opiparo prandio
etiam excepit, mihiq. præbibit, cum Uxore Domini Legati, ejusdem Filia
unica, quæ quidem jam matura viro, jam plenis nubilis annis, dignissimum
et valentissimum conjugem requirit, et talem meretur. Œconomus ipse D.
Legati etiam tuo nomine me salutavit : ut et ejusdem Secretarius, ambo amici
tui. Quando apud D. Legatum fient fasciculi in Daniam mittendi, unum
quoque Tibi reddendum superaddemus, ex ijs omnibus quæ hîc nobis occurrent,
et quæ spero Tibi profutura, vel saltem placitura. Intra mensem, vel
paulò post, habebimus totum Cardanum, x. tomis in folio : Iunio mense deferetur
nobis ex Anglia, Sam. Bocharti, Ecclesiastæ Cadomensis, viri doctissimi liber
eximius de Animantib. sacræ Scripturæ : quem statim sequetur Diogenes
Laertius, de vitis Philosophorum,
cum Notis Clariss. 4. virorum, multæ eruditio-

t.

Ms BIU Santé no 2007, fo 141 ro.

nis nomine inclitorum, nempe Henr. Stephani, Is. Casaubon, Aldrobandi et nostri
Menagij.
16. Martij. Heri ante prandium invisi cum filio meo Carolo, Dominum vestrum Legatum
cui obtulit Ille librum suum Fulvij Ursini de Familijs Romanis, à se adauctum,
et magna accessione locupletatum : alterum Exemplar regio more compactum
tradidit etiam Domino Legato, pro serenissimo Rege vestro : tertium quoque obtulit
serenissimo vestro Principi : qui gratum habuit munusculum, et nos secum ad
prandium retinuit. Exemplar Regi vestro destinatum apud me detinueram
ad Te mittere, sed Dominus Legatus hoc onus in se suscepit : idcirco, unicum in
tuo Fasciculo unicum reperies Exemplar, quod tuum erit, à Filio meo Carolo
Tibi oblatum, quod ut grata mente accipias, etiam atq. etiam rogo. Ex amore
in nostram familiam Domini Legati, ut et vestri Principis, quidquid inde in
postremum redundabit, Tibi debebimus : Gratia Musa tibi : gratias amicissime
et clarissime Bartoline : imò etiam gratias tibi, optime Galene, vel vobis quoque
colendissimi præceptores olim mei, et viri optimi, ^ Io. Durete, Petre Seguine, Nic Pietree, Mich. de la
Vigne, Renate Moreau, Andreas du Chemin,
à quib. Galenicam bene medendi
methodum edoctus, numquam nisi melior recessi, indéq. saluberrimam
artem feliciter exercui ab annis 40. summo popularium commodo, sine fraude et impos-
tura, sine fuco et fallacia, more majorum, absque stibio, Gilla Theophrasti, et alijs venenis
Chymicis, paucis remedijs contentus, sena, cassia, rheo, manna, quandoque
compositionibus scammoniatis, diaphenico et alijs ejusmodi, cum syrupis rosa-
rum solutivo, et de florib. mali persicæ, de cichorio compos. cum rheo, et omnium
nostrorum remediorum principe, divina Venæ sectione, cujus ope acutiores
morbi feliciter debellantur atque profligantur. Sunt et nobis in usu et
ad manum alia præsidia, sed quæ rarius usurpantur, qualia sunt balnea
et thermæ, aeris et loci mutatio, lactis species omnes, aquæ metallicæ ; quæ quidem singula quum
magis pendeant ab experimento, faciunt secundum ordinem remediorum, et dumtaxat
in morborum depulsione easdem vices obtinent quàm turmæ auxiliares in
exercitu. Nobilem quendam virum hodie vidi leviter ægrotantem, quem
vocant Le Gouverneur de M. le Prince : virum bonum, eruditum ac bene
moratum.
Dissidium Regis cum Papa dicitur hîc compositum : sed articuli Pacis
nondum enuntiantur. Nic. Fouquet adhuc est in regio carcere, ut et multi
publicani, fures publici, et Galliæ deprædatores. ^ Aliàs alia scribam. Interea
verò, Vir Cl. vive, vale, et me ama. Parisijs, die Lunæ, 18. Martij, 1663.

Tuus ex animo. G.P.

^ Hîc habeo munusculum, nempe calculum argenteum, sive numisma,
cusum in meo Decanatu, ex decreto Facultatis : quod
ut grato animo
accipias, enixè precor.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Thomas Bartholin à Guy Patin, le 18 mars 1663.
Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1266
(Consulté le 24.09.2022)

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