L. latine 345.  >
À Johann Daniel Horst, le 9 mars 1665

[Ms BIU Santé 2007, fo 187 ro | LAT | IMG]

Au très distingué M. Johann Daniel Horst, docteur en médecine, à Francfort. [a][1]

En plus de ce que je vous ai écrit tout récemment, ce 4e de mars, par l’intermédiaire de votre fils, [2] je reprends la plume pour vous faire savoir que j’ai confié à votre M. Sebastian Switzer, courtier de Francfort, [3] un colis à vous porter ; dedans, vous trouverez notre Hollierus que vous m’avez demandé, [4] avec un autre paquet à remettre à notre ami M. Sebastian Scheffer. [5][6] J’y ai aussi mis le privilège pour votre Beyer, dont je vous ai écrit les conditions. [1][7] Ici sévit un froid très intense, fort ennemi des Muses ; mais le mois prochain, nous espérons un temps plus agréable et plus doux, mieux adapté aux études. Depuis bientôt un an, nous avons eu ici peu de malades ; néanmoins, après notre rigoureux hiver, je crains fort qu’au printemps prochain, quantité de fièvres et autres maladies n’assaillent nos citoyens, lesquelles en abandonneront beaucoup à la Libitine. [8] Sortes nostræ in manibus Domini[2][9] les bienfaits nous viennent de Lui seul, et à nous d’endurer nos malheurs. [10] Je salue votre famille. Portez-vous bien et aimez-moi. Si vous m’achetez quelque chose à vos foires, [11] envoyez-moi la note de vos dépenses pour que j’en rembourse votre fils ; comme tout le monde ici, il éprouve l’âpreté d’un si dur hiver et l’endure à contrecœur.

De Paris, le 9e de mars 1665.

Votre G.P. de tout cœur.


1.

Johann Beyer était le libraire-imprimeur de Francfort qui mettait alors au jour les sept livres d’Observationum medicarum rariorum [Observations médicales plus que rares] de Johann Schenck (Francfort, 1665, v. note [2], lettre latine 355), réédition pour laquelle Guy Patin avait obtenu le privilège du roi de France (v. note [1], lettre latine 343).

V. note [4], lettre latine 343, pour ce que le paquet contenait d’autre.

2.

« Notre sort est entre les mains du Seigneur » (v. note [1], lettre 371).

a.

Brouillon autographe d’une lettre que Guy Patin a écrite à Johann Daniel Horst, Ms BIU Santé 2007, fo 187 ro.

s.

ms BIU Santé 2007, fo 187 ro.

Cl. Viro D. Io. Dan. Horstio, Med. Doctori, Francofurtum.

Præter ea quæ nuper ad Te scripsi per Filium, 4. Martij, iterum scribo,
ut scias me fasciculum tradidisse D. Sebast. Switzero, Mercatori vestrati, Tibi
tradendum, in quo reperies Hollerium nostrum quem petijsti : et alium exiguum
fasciculum, reddendum Amico nostro D. Seb. Scheffero. Ibi quoque deprehendes
Privilegium pro vestro Beyero, de cujus conditionibus ad Te scripsi. Hîc viget
frigus intensissimum, Musis valde inimicum : sed mitiorem ac molliorem tempestatem
studijsque accommodatiorem speramus mense proximo. Paucos hîc habuimus
ægros ab anno penè integro, sed post elapsam hyemem acriorem, valde metuo ne
vere proximo multæ febres alijque morbi in cives nostros impetum faciant,
ex quibus multi Libitinæ addicantur. Sortes nostræ in manibus Domini, à quo
solo bona nostra proveniunt, et mala tolerantur. Familiam tuam saluto. Vale,
et me ama. Si aliquid mihi emeris in vestris nundinis, mitte Indiculum impensar[um],
ut eas refundam Filio tuo, qui ut alij, tantæ hyemis asperitatem percipit ac
perfert non admodum grato animo. Parisijs, 9. Martij, 1665. Tuus ex animo G.P.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Johann Daniel Horst à Guy Patin, le 9 mars 1665.
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(Consulté le 24.11.2020)

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