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À Johann Georg Volckamer, le 26 août 1666

[Ms BIU Santé 2007, fo 209 ro | LAT | IMG]

Au très distingué Johann Georg Volckamer, à Nuremberg.

Très distingué Monsieur, [a][1]

Je vous ai déjà écrit pour vous remercier des livres que vous m’avez envoyés ; [1] je reprends pourtant la plume et vous en remercie de nouveau. Comment se portent nos amis, MM. Dilherr, [2] Richter, [3] Rolfinck, [4] Felwinger [5] et Johann Theodor Schenck ? [6] Je voudrais avoir ce que ce dernier a écrit de sero, de plantis, etc., s’il s’y trouve des nouveautés. [2] Anglais et Hollandais sont toujours d’opinions divergentes ; [7] on dit pourtant que l’hiver prochain, tous autant qu’ils sont traiteront d’une paix amicale, par l’intermédiaire et l’arbitrage de l’électeur de Brandebourg [8] et du roi de Suède, [9] dont je soigne ici l’ambassadeur, qui est le comte de Königsmarck. [3][10][11] On parle ici d’une maladie très grave et presque mortelle du pape à Rome, [12] mais nous ferons facilement le sacrifice de ce pontife, uno enim vi fatorum avulso non deficit alter[4][13] Nous n’avons ici rien de nouveau en librairie : on prépare seulement la parution prochaine de quelques ouvrages de divers historiens, portant principalement sur ce qui s’est passé en France depuis environ 70 ans ; la nouvelle édition des Opera omnia D. Sennerti vient de paraître à Lyon. [5][14] Portez-vous bien, très distingué Monsieur, et aimez-moi.

De Paris, le 26e d’août 1666.

Vôtre de tout cœur, Guy Patin.


1.

Lettre du 9 juillet 1666.

2.

« sur le sérum, sur les plantes, etc. » : v. notes [4], lettre latine 52, pour l’Historia de sero sanguis [Essai sur le sérum du sang] (Iéna, 1655, réédité en 1663), et [4], lettre latine 295, pour l’Historia plantarum generalis [Histoire générale des plantes] (Iéna, 1656, seule édition existante).

3.

V. notes [8], lettre 916, pour la paix de Breda, qui ne fut signée que le 31 juillet 1667, et  [6], lettre 863, pour Otto Wilhelm, comte de Königsmarck, ambassadeur de Suède en France depuis le printemps 1666.

Dans ses Mémoires (année 1667, page 231), Louis xiv a décrit les embûches qu’il a dû déjouer pour conclure la paix entre les Anglais, les Hollandais et les Français :

« Aussi la Maison d’Autriche, ne pouvant plus s’imaginer d’autre expédient pour la rompre, me fit proposer la médiation de l’empereur, prétendant que dans le détail des articles qui restaient encore à digérer, {a} ses agents trouveraient peut-être moyen d’exciter quelque nouvelle contestation. Mais comme le motif de cette proposition n’était pas difficile à pénétrer, je ne manquai pas de prétexte pour m’en défendre, disant que les Suédois avaient déjà été reçus pour médiateurs, tant par moi que par les autres parties qui avaient intérêt dans ce traité, et qu’après que les choses avaient été portées par leur entremise au point où elles étaient alors, il n’était pas juste de leur donner un associé qui partageât avec eux la gloire du succès. À quoi le résident de l’empereur ne manqua pas de repartir ; {b} mais je sortis de cette conversation en rejetant toujours ses offres avec toutes les honnêtetés possibles. »


  1. « Mettre par ordre, en bon état » (Furetière).

  2. Répliquer. Probablement s’agissait-il de l’audience que le roi avait accordée au baron Johann Franz von Wicka, envoyé de l’empereur, le 4 mars 1667 à Saint-Germain (Levantal).

4.

« car quand la force du destin nous en enlève un, il ne manque pas d’un autre pour le remplacer » (imitation de Virgile, v. note [11], lettre 92). Le pape Alexandre vii ne mourut que le 22 mai 1667.

5.

V. notes [3], lettre 819, et [6], lettre 827, pour la nouvelle édition lyonnaise des « Œuvres complètes de Daniel Sennert » (parues en deux temps, 1666 et 1676).

a.

Brouillon autographe d’une lettre que Guy Patin a écrite à Johann Georg Volckamer, Ms BIU Santé 2007, fo 209 ro.

s.

ms BIU Santé 2007, fo 209 ro.

Clariss. viro D. Io. G. Volcamero, Noribergam.

Antehac ad Te scripsi, Vir Cl. gratias agens pro libris à Te transmis-
sis : ecce iterum ad Te scribo, et iterum gratias ago. Quî valent amici nostri
Viri Cl. Dilherus, Richterus, Rolfincius, Felwinger, Io. Theodorus Schenkius :
cujus vellem habere quæ scripsit de sero, de plantis, etc. si quæ sint nova.
Adhuc inter se dissentiunt Angli et Batavi : dicitur tamen omnes et singuli hyeme
proxima venturi in fœdera pacis amicæ, mediatore et arbitro Electore Brandeburgensi, cum Suecorum
Rege, cujus Legato Comiti de Königsmarck hîc facio Medicinam. Hîc agitur de
morbo gravissimo, eóq. penè lethali Papæ Romani : sed facilis jactura istius
hominis, uno enim vi fatorum avulso non deficit alter. Nihil hîc habemus novi
in re literiararia : tantùm quædam historica à varijs scriptoribus parantur
in aliquod tempus, præsertim de rebus in Gallia gestis ab annis propè 70.
Lugduni nuper prodijt nova Editio omnium Operum Sennerti. Vale, Vir Cl. et
me ama. Parisijs, 26. Aug. 1666. Tuus ex animo, Guido Patin.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Johann Georg Volckamer à Guy Patin, le 26 août 1666.
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(Consulté le 16.10.2019)

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