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À Johann Georg Richter, le 26 janvier 1669

[Ms BIU Santé no 2007, fo 226 vo | LAT | IMG]

Au très distingué M. Johann Georg Richter, jurisconsulte à Nuremberg.

Très distingué Monsieur, [a][1]

Vous n’avez pas lieu de me blâmer pour le retard de ma réponse car il est l’effet d’un froid excessif, bien qu’il ne soit pas hors de saison, de ma santé de verre et de mes nombreuses occupations. Votre fils, G. Sigism. Richter, [1][2] me sera toujours éminemment recommandé, vous me l’enverrez donc quand vous voudrez. Vous n’aurez pas à vous soucier de la dépense : je serai disposé à en faire autant et même plus pour lui que ce que vous avez fait pour moi, vous ou notre ami , le très distingué M. Volckamer, [3] à qui je dois tant. Il logera chez un bourgeois de Paris, homme honnête et sage ; je veillerai à sa bonne instruction ; pour les frais d’habillement, ce sera comme vous en déciderez ; pour les repas, la viande et le gîte, 30 sols par jour suffiront, ce qui fera que, pour un mois de 30 jours, il faudra compter 15 thalers, [4] qui font 45 livres tournois de notre monnaie. [2] Je désire pourtant que vous ne l’envoyiez pas avant le 15e jour de mars, en raison du fort long hiver que nous endurons ici. Il visitera aisément et commodément une immense ville très peuplée, qui est un abrégé du monde entier : il verra le roi très-chrétien, toute la cour, le Parlement, le Louvre, etc. ; n’allez pas vous soucier du prix ; et après qu’il aura séjourné quelques mois à Paris, il s’en ira à Lyon sur la Saône, chez le très distingué M. Spon, [5] qui est mon ami et celui de M. Volckamer. Pensez-y donc, très distingué Monsieur, puis ordonnez et décidez, je ferai en effet comme vous voudrez, car vous devez me tenir pour votre très dévoué et très obligé

Guy Patin.

De Paris, le 26e de janvier 1669.


1.

Georg Sigismund Richter Norinbergensis [natif de Nuremberg] suivait les traces académiques de son père, Johann Georg, et de son grand-père, Georg, à en juger sur sa Dissertatio juridica de Aquæductibus [Dissertation juridique sur les Aqueducs], disputée en novembre 1666, sous la présidence de Georg Adam Struve (1619-1692), professeur de droit canonique à Iéna (sans lieu ni nom, in‑4o), qui est la seule trace imprimée que j’aie trouvée de lui

2.

Bien qu’il ait souvent accueilli les enfants de ses correspondants, Guy Patin n’a jamais été aussi précis sur les frais de séjour d’un étudiant à Paris : la mensualité était rondelette, mais devait garantir à l’hôte les meilleures conditions d’existence quotidienne. La manière comptable dont Patin en écrivait laisse planer le doute sur son intention de couvrir lui-même ces dépenses.

La suite de la Correspondance ne permet pas de savoir si Johann Georg Richter donna une suite au projet d’envoyer son fils parfaire sa connaissance du droit en France.

a.

Brouillon autographe d’une lettre que Guy Patin a écrite à Johann Georg Richter : ms BIU Santé no 2007, fo 226 vo.

s.

Ms BIU Santé no 2007, fo 226 vo.

Cl. viro D. I. G. Richtero, I.C. Noribergam.

Non est, Vir Cl. quod accuses tarditatem meæ responsionis : frigus nimium quamvis non
intempestivum, vitrea valetudo, negotia multa hoc effecerunt. Filium tuum G. Sigism.
Richterum habebo semper commendatissimum : quem ideo mittes quum volueris. De pretio
non est quod satagas : quod Tu pro me faceres, vel carissimus Amicus noster, cui tam
multa debeo, Dominus Volcamerus, idem et supra facere conabor : Locabitur apud civem
Parisinum, virum bonum et frugi : ejus educationis curam habebo : pro victu et vestitu, Tu impe-
rabis et
quod volueris : pro prandio et carna et lecto, triginta asses quotidie sufficient : erunt
itaque pro mense 30. dierum, numerandi quindecim Imperiales, qui faciunt monetæ nostræ
45. lib. Turonenses : vestem dabis qualem volueris : sed ne mittas eum cupio ante xv. diem
Martij, propter longiorem hyemem cui sumus obnoxij. Facile et commode totius Orbis
compendium, populosissimam et maximam civitatem lustrabit : Regem Christianissimum,
totam Aulam, Senatum, palatium, etc. videbit : de pretio ne cures : et ubi post aliquos
menses hæserit Lutetiæ, Lugdunum as Ararium transibit, ad Cl. Sponium nostrum, et D.
Volcameri amicum. Vide ergo, Vir Cl. jube, et decerne, faciam enim quod volueris : habes
enim me Tibi deditissimum et addictissimum Guidonem Patinum.

Parisijs, 26. Ianu. 1669.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Johann Georg Richter à Guy Patin, le 26 janvier 1669.
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(Consulté le 13.05.2021)

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