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Observations de Guy Patin et Charles Guillemeau sur les us et abus des apothicaires (1648) : x  >

Du laudanum des chimistes [a][1][2]

Ces prétendus nouveaux philosophes [3] ne se sont pas contentés de corrompre les meilleures choses et de dépouiller les plus excellents remèdes de leurs vraies et naïves propriétés par les divers degrés de leur feu chimique ; [1] leur fausse monnaie [4] a passé et pénétré plus avant : ils ont soigneusement recherché tous les poisons que la Nature tenait cachés en son sein et les ont mis en parade, superbement et ambitieusement, pour tâcher de faire croire au peuple que leur philosophie leur apprend les moyens de tirer du secours, pour la guérison des maladies, des choses mêmes qui sont manifestement contraires aux principes de la vie. Mais de peur que, de prime abord et tout d’un coup, on ne les prît pour des empoisonneurs publics, tels qu’ils sont et qui est le vrai nom qu’ils méritent, ils ont changé les vrais titres de ces poisons avec autant d’impudence que d’ignorance. C’est ainsi qu’ils ont traité le vif-argent, [5] le cachant sous le nom de mercure, l’antimoine, en l’appelant crocus metallorum, [6] vin émétique, [7] régule, [8] panacée[2][9][10] et autres spécieuses dénominations qui servent à couper la gorge aussi bien que la bourse des pauvres malades qui, malheureusement, se servent de ces trompeurs, ou plutôt de ces dangereux philosophes, au lieu d’un bon, sage et savant médecin qui connaisse les vraies et naturelles qualités des choses, qui sache s’en servir en temps et lieu, qui ménage la vie des hommes et qui ne hasarde jamais rien que bien à propos. Ils ont fait la même chose du vitriol que Galien, lib. viii de Compos. pharmac. sec. locos cap. iii, reconnaît être purement venin, [3][11][12][13] en le déguisant sous ombre de diverses préparations, et particulièrement sous le nom de Gilla Theophrasti[14] qui est un vrai coupe-gorge de chimistes, couvert du spécieux titre d’un grand philosophe de la Grèce [15] et qui, néanmoins, en sa vraie nature, n’est qu’un pur poison, de l’invention de Paracelse, [16] qui n’a jamais été qu’un empoisonneur public, comme il se peut voir dans notre thèse. [4]

Les sectateurs de ce pestilent patriarche ont de même retenu de lui ce remède dont je veux parler, qui est ce qu’ils appellent du laudanum[17] nom barbare et extravagant qui couvre le suc de pavot oriental que les médecins appellent opium en son propre nom, [5][18] drogue si pernicieuse et si dangereuse que les plus sages et les plus retenus n’en donnent point du tout. Galien même, après en avoir beaucoup parlé en divers endroits, le dissuade plutôt qu’il ne l’approuve, s’il n’y a une grande nécessité, et ne l’ordonne que dans de longues et perpétuelles veilles, dans les fluxions horribles, ou dans les douleurs excessives et qui ne se peuvent supporter plus longtemps sans un manifeste danger de la vie. [6][19] En ces cas susdits, les médecins intelligents et sages se servent de l’opium, mais par grains seulement, et quelquefois d’un grain tout seul, sans oser aller jusqu’au second qu’avec beaucoup de précautions, par la juste appréhension qu’ils ont de trouver un homme le lendemain mort en son lit par la maligne qualité de ce suc ; ce qui arrive souvent aux chimistes, qui font litière de la vie des hommes et qui, pour être très ignorants dans la bonne méthode de bien guérir, ne savent pas se servir avec prudence et modération de ce pernicieux médicament ; duquel je dirai en passant qu’il est bien plus dangereux que l’antimoine même, que j’ai ci-dessus tout à fait improuvé ; vu que cet antimoine sort du corps assez vite, entraînant quant et soi quantité de diverses humeurs pêle-mêle, sans les choisir, et laissant un feu dans les entrailles ; à quoi, néanmoins, on remédie quelquefois par divers remèdes rafraîchissants, par saignées, [20] par remèdes pris par la bouche, par lavements, [21] par régime de vivre, [22] par bains et demi-bains, [23] petit-lait, [24] eaux minérales [25] et semblables bons remèdes, quand l’antimoine n’a pas tout à fait égorgé un homme le même jour qu’il l’a pris, comme il arrive souvent. [26] Mais il est tout autrement de l’opium, qui ne tire rien dehors et qui, étant une fois entré dans le corps, en étouffe la chaleur naturelle à un tel point qu’il s’en ensuit une entière privation, qui est, à proprement parler, la mort même, contre laquelle il n’y a point de remède, cette extinction de chaleur ne se pouvant rétablir par aucune vertu, science ou industrie humaine : mortuos enim suscitare non est humanæ virtutis, sed divinæ[7][27]

Et d’autant que ce mot d’opium, ou larme de pavot, [8] sent la mort, et qu’il fait peur aussi bien que la drogue fait mal en tuant ceux qui en prennent, les chimistes l’ont déguisé du mot de laudanum pour en cacher le poison. Paracelse semble avoir été l’inventeur de ce nom qui ne contient autre chose que de l’opium déguisé, mêlé, préparé, ou plutôt mixtionné et fardé de plusieurs autres remèdes dangereux et inutiles, tels qu’est le suc de jusquiame, [28] l’ambre, [29] le musc, [30] la mumie, [9][31] le sel de perles et de coraux, [32][33] la liqueur d’ambre blanc [10][34] extrait par le vin, l’os du cœur d’un cerf, [35] la pierre de bézoard, [36] la corne de licorne, [37] l’or potable [38] et autres telles bagatelles, pauvres denrées et méchantes drogues, inutiles et superflues, dont nous avons condamné la plupart ici dessus, [11] et qui ne sont du tout bonnes à rien qu’à appauvrir les malades en enrichissant celui qui les vend. Jugez, cher lecteur, équitablement et sincèrement si Paracelse, Crollius, [39] Béguin, [40] La Violette [41] et telles autres pestes du genre humain, qui ont coupé la gorge à cent mille personnes avec leur alchimie et fausse monnaie de médecine ; jugez, dis-je, si ces ouvriers de malheur ne doivent pas être tenus pour des fous, des insensés ou, tout au moins, privés du sens commun, de vouloir corriger la malignité et vénénosité de l’opium avec ces bagatelles qui sont purement inutiles. Un singe est toujours un singe, comme quoi qu’il soit habillé ; [12] un poison est toujours un poison, comme quoi qu’il soit déguisé ou préparé. Et je soutiens qu’il est impossible d’en ôter la malice ; mais s’il y avait quelque chose au monde qui pût corriger l’opium, ce ne serait point avec de telles forfanteries que ce fanatique et enragé Paracelse nous propose. Je sais bien que le laudanum se prépare, selon l’avis de quelques chimistes, d’autres façons et à moindres frais, mais c’est toujours bille pareille, [13] c’est toujours un poison, quelque drogue qu’on y puisse mêler. Il vaudrait mieux, à tout prendre, ne le point préparer et se servir, en cas d’urgente nécessité, de l’opium tout pur, comme quelquefois a fait Galien, combien que très rarement et en très petite quantité, comme d’un grain ou deux ; et mieux serait encore de ne s’en servir jamais en aucune façon. Mais j’entends quelque suffisant chimiste qui m’objecte qu’il peut bien se servir d’opium puisque Galien en a donné et qu’il s’en est servi en la guérison de quelques maladies. Et moi, je lui répondrai que si les charlatans [42] ressemblaient à Galien, s’ils étaient bons, sages et savants, tel qu’il a été ou, tout au moins, s’ils étaient capables d’amendement et d’instruction, je leur produirais l’autorité de ce grand homme qui, lib. ix de Compos. med. secundum locos, cap. iv, prononce en souveraine conclusion ces termes effroyables : Opium itaque fortissimum est ex iis quæ sensum stupefaciunt, ac somnum soporiferum inducunt[14] Est-ce une drogue à être donnée par des ignorants, puisque les meilleurs médecins ne la donnent que par grains, un ou deux au plus, vu que trois sont capables d’éteindre la chaleur naturelle d’un des plus forts hommes qui soient, et que, quand un grain suffit, il y a du danger de la vie d’en prendre deux ? Galien même remarque que l’usage de l’opium est si fort dangereux aux parties externes qu’étant mêlé dans des collyres en très petite quantité, il a causé la perte de la vue ou, tout au moins, sa diminution ; et là même, qui est lib. ii de Compos. medic. secund. locos, cap. i, il reconnaît le danger qu’il y a de se servir d’Opium, vu que très rarement en a-t-on besoin, savoir quand la douleur est si violente qu’il y va de la vie, combien que, même alors, les parties solides en soient offensées pour la grande froideur qu’il leur cause. Et au livre iii du même traité, il confesse qu’il fuit l’occasion de se servir d’opium en tout rencontre et qu’il n’en vient jamais là sans nécessité très urgente. [15] Et néanmoins, nos chimistes d’aujourd’hui triomphent à parler des vertus du laudanum, comme si c’était un remède par-dessus toute louange, combien que ce ne soit qu’un poison et de l’opium déguisé en diverses façons, et n’y en a pas un d’entre eux qui ne se flatte du secret de quelque préparation et ne s’en fasse accroire. Hofmannus raconte, lib. ii de Medic. offic., cap. clxix[43] que le savant Zwingerus [44] parlait de l’opium comme d’un chien enragé, duquel il ne fallait jamais user en aucune façon, et qu’il lui dit à l’oreille, avec un grand soupir, pour un étrange secret, que l’opium n’était pas moins à craindre que le mercure des chimistes. [16] Et moi, en renchérissant par-dessus ce grand homme, je proteste que le seul opium est plus dangereux que tous les poisons de la chimie, et même que l’antimoine. Les malheureux effets qu’il produit en sont trop communs ; on trouve trop souvent morts dans leur lit la plupart de ceux qui en ont pris le soir en se couchant, sous l’espérance d’un gracieux sommeil de quatre ou cinq heures. Et delà, que les plus simples apprennent à ne se fier aux belles promesses de ces souffleurs promettant merveilles de leur laudanum qui, sous ombre d’endormir les malades pour quelques heures, leur donne un sommeil éternel et les envoie en ce lieu unde negant redire quemquam[17][45]

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1.

Natif, originel, est le premier sens (aujourd’hui archaïque) du mot naïf, dérivé du latin nativus.

V. note [5], lettre latine 35, pour le surnom de philosophes par le feu (philosophi per ignem) qu’on donnait aux chimistes (alors assimilés aux alchimistes).

2.

Πανακεια, Panakéia (de pan, tout, et akos, remède) avait deux sens en grec : comme nom propre, c’était une déesse, fille d’Esculape et d’Épione, qui présidait à la guérison de toutes les maladies ; comme nom commun, c’était un remède universel, sens conservé en français moderne avec le mot panacée qui désigne l’immortelle chimère des exaltés et des charlatans. Thomas Corneille en a donné cette sage définition humorale :

« Les médecins appellent panacées, des remèdes relevés {a} que l’on emploie pour guérir toutes sortes de maladies, c’est-à-dire, au sens d’Hippocrate, que la nature les guérit toutes, ou la plus grande partie ; car, comme ces remèdes universels n’agissent qu’en fortifiant les forces naturelles ou en corrigeant les causes occasionnelles qui troublent la nature, ils ne peuvent remédier qu’aux maladies par causes internes, et non pas aux luxations, aux plaies, aux fractures et aux autres vices qui demandent une opération de la main. Ces panacées agissent en deux manières, la première, en apaisant l’impétuosité morbifique des esprits et en les fortifiant pour remettre dans l’ordre naturel les fonctions naturelles troublées. Cela n’est pas plus tôt fait que les causes occasionnelles se retirent d’elles-mêmes et le corps reprend sa tranquillité. Ainsi l’opium, pris avec circonspection, calme d’abord tous les symptômes pressants et donne un repos, au moins superficiel, pendant quoi la nature se fortifie et chasse la matière morbifique par la sueur, par les urines ou par quelque autre voie. L’autre manière dont les panacées opèrent, c’est en corrigeant, tempérant et arrêtant ces causes occasionnelles des maladies ; de sorte que tout ce qui est capable en général de tempérer l’acrimonie et d’arrêter par ce moyen les mouvements intestins contre nature des humeurs, leurs effervescences, leur sublimation, leurs coagulations, soulage presque toutes les maladies internes ; et le sel volatil huileux de Sylvius, {b} qu’il ordonne presque partout, est un exemple de ces panacées. Il agit en tempérant l’âcre et en arrêtant les mouvements contre nature que cet âcre cause. Les mercures catholiques {c} qui, par le moyen de leur soufre, tempèrent l’âcre et le jettent dehors par l’insensible transpiration, {d} sont aussi du nombre des panacées, ainsi que les autres soufres métalliques {e} qui opèrent en partie en tempérant, et en partie par leur vertu anodine. {f} Enfin les sels qu’on tire de l’air, de la rosée {g} et de la pluie sont mis dans le même rang, parce que l’on est persuadé qu’ils ont beaucoup de conformité avec les esprits, et de quoi tempérer et résoudre toutes sortes d’humeurs. » {h}


  1. De haute valeur.

  2. Défini par Packoucke comme « du sous-carbonate d’ammoniaque associé à diverses huiles », ce fut l’une des rêveries chimiques de Frans Sylvius de Le Boë (v. note [13], lettre 759).

  3. Universels.

  4. V. note [3], lettre 824.

  5. Dont l’antimoine (Encyclopédie) :

    « Panacée antimoniale : Il y a un grand nombre de préparations antimoniales, la plupart fort mal entendues, qui portent ce nom. On doit mettre dans cette classe celle qui est décrite dans la pharmacopée de Paris, et dans le Cours de chimie de [Nicolas] Lémery [1645-1715], de laquelle l’intelligent commentateur a porté un jugement aussi sévère que le nôtre.

    La panacée antimoniale la plus simple, et qui mérite le titre exclusif, au moins par la réputation de son auteur, savoir la panacée antimoniale de Glauber [v. note [19], lettre 532], n’est autre chose qu’une espèce de soufre doré, précipité de la lessive ordinaire d’hepar antimonii [foie ou safran d’antimoine, v. note [52], lettre 211], ou de celle des scories du régule [v. note [9] de l’observation ii] appelé simple ou vulgaire, par la crème de tartre [v. note [2], lettre 548], au lieu de l’esprit-de-vinaigre. Des observations suffisantes n’ont pas encore constaté si ce précipité diffère dans l’usage du précipité analogue obtenu par le vinaigre distillé. »

  6. Antalgique (v. note [12], lettre 803).

  7. V. note [6], lettre 853, pour les extraordinaires vertus qu’on attribuait à la rosée, notamment celle qu’on recueillait au mois de mai.

  8. La théorie humorale a fait long feu, mais les panacées et leurs promoteurs ont survécu et survivront à toutes les évolutions de la médecine.

Le mot panacée n’est apparu qu’une fois dans toutes les lettres de Guy Patin, comme titre d’une thèse de Philipp Scherbe contre le remède mercuriel universel inventé et prôné par Georg Amwald (Leipzig, 1614, v. note [9], lettre latine 16). Jamais Patin n’a qualifié l’antimoine de panacée ; ce détail fait douter qu’il soit seul auteur de la présente observation.

3.

Je n’ai pas trouvé le chalcanthum, ancien nom latin (χαλκανθος, khalcanthos en grec) du vitriol (v. note [13], lettre 336), dans le chapitre iii, Stomachica medicamenta ab Asclepiade in primo internorum conscripta [Médicaments stomachiques qu’Asclépiade (de Bithynie) a décrits dans son premier (traité) des (maladies) internes], livre viii, du traité de Galien « sur la Composition des médicaments selon les lieux affectés » (Kühn, volume 13, pages 140‑167). Les patientes recherches de Marie-France Claerebout m’ont heureusement guidé vers le chapitre v, De ocularium medicamentorum viribus [Effets des médicaments ophtalmiques], livre iv du même traité, qui cite le chalcanthum, mais sans le qualifier de poison (Kühn, volume 12, page 721, traduit du grec) :

vehementer astringens medicamentum, quemadmodum aliqui chalcanthum neutro genere appellatum, atque etiam ut aliqui usurpant, chalcanthum tum masculino tum muliebri genere, quod ad astringendum una cum acredine vehementissimum inter hæc omnia medicamentum existit. Manifestum est autem quod multo moderatius redditur ustum et lotum.

[le chalcanthum est un médicament extrêmement astringent ; certains lui donnent le genre neurtre, mais d’autres en font aussi un mot masculin ou féminin ; par son âcreté unique, il est le plus puissant astringent de tous les médicaments. Son effet est manifestement fort atténué après qu’il a été brûlé et lavé].

Galien a surtout donné une longue et fort intéressante description de cette substance dans le chapitre ii, § 34, De atramento sutorio [Du noir de cordonnier (autre nom latin du chalcanthum)], livre ix de son traité de simplicium medicamentorum temperamentis et facultatibus [sur les tempéraments (propriétés) et facultés des médicaments simples]. V. Kühn, volume 12, pages 238‑240, pour la transcription grecque et la traduction latine de ce surprenant passage consacré à la métallurgie du cuivre :

Forte fortuna et chalcanthum in chalcitin transire conspexi. Asportavi enim ex Cypro et hujus medicamenti ingentem copiam. Extimum ejus omne post annos plus minus viginti chalcitis effectum est, intima ejus parte chalcanthi speciem servante. Quamobrem et usque in hunc diem quod sic mutatur asservo, observans dum ad imum usque volventibus annis procedat mutatio, ceu chalcitidis quoque in mily, ut est ante positum. Cæterum mirari subit de hoc mediamento, quo pacto vehementissimæ astrictioni admixta est caliditas non instrenua. Constat ergo quod omnium maxime condire servareque carnes humidas potest, nimirum caliditate humiditatem absumens, atque astrictione substantiam contrahens atque constipans, hoc enim opere nonnihil etiam humiditatis ipsius exprimit. Constringit vero, desiccat atque contrahit in sese totius substantiam carnis. Porro quo tempore in Cypro diversabar, hunc in modum medicamentum hoc colligi conspexi. Domus erat magna quidem, sed humilis ingressui in metallum objecta. Ad parietem autem domus sinistrum, qui erat ingredientibus dexter, effossus erat specus in continentem collem ea latitudine, ut tres sese viri in eo contingerent, tanta vero altitudine, ut viro summe procero recto liceret incidere. Specus hic declivis quidem erat, non tamen præceps ac præruptus. Porro ad finem ejus quasi in stadium porrecti lacus erat aquæ viridis et crassæ tepidæ plenus. At in toto descensu calor similis qualis in primis balneorum ædibus percipitur, quas promalacteria appellare consueverunt. Aqua vero quotidie guttatim ex pertuso colle destillans, quatuor et viginti horis totius diei ac noctis colligi assolet ad amphoras Romanas quasi octo. Eam vincti quidam in piscinas quasdam quadratas fictiles, in domo ad ingressum posia sitas efferebant, in quibus paucis diebus concrescebat, fiebatque chalcanthus. Mihi vero, ubi ad terminum effossi specus descendissem, ubi videlicet tepida hæc viridis aqua colligitur, aëris odor visus est suffocans et toleratu difficilis, chalcitin æruginemque redolens. Et aqua quoque gustu præferebat qualitatem ejusmodi. Eapropter et nudi et cum summa festinatione amphoras vincti exportabant, nec longiorem illic moram perferre poterant, sed celeriter recurrebant. Accensi autem erant mediocribus in specu intervallis lychni, qui nec ipsi longo tempore durabant, sed celerrime extinguebantur. Hunc ergo specum pedetentim excavatum multis annis ab iis tunc didiei. Hæc enim inquiebant aqua viridis, quam vides ex colle in lacum manantem, sensim se ipsa minor effici assolet. At ubi prope adest ut desinat, rursum vincti, quod continens est ipsius collis perfodere pergunt. Evenitque aliquando olim in subito quicquid perfossum esset concideret, omnesque ad unum occideret ac totam viam corrumperet. Id ubi sit alio formanini fodiendo eousque insistunt, quoas rursum aqua illis adsit. Hæc habui quæ tibi de chalcantho exponenda censerem, et sane fortasse non necessaria, cæterum quæ scire præstaret quam ignorare. Memineris autem quod ad sinistram manum ingredientibus conspectum nobis dixerim metallum foreos, chalciteos et misyos, ut ex iis conjicere liceat aquam pluviam totius collis terram illam colluere atque abluere, ex qua sponte quidem fiebat sory, misy et chalcitis, et per fornaces aës, cadmia, pompholyx, spodium et diphryges.

Une version française très fidèle (quoique plaisamment surannée) s’en lit dans les Deux livres des Simples de Galien, traduits par Jean Canape (Paris, 1555, v. note [6], lettre 6), pages 177‑181 :

« Calcanthos, ou calcanthum : id est atramentum sutorium, vulgo vitriolum. {a}

J’ai vu par cas de fortune calcanthum transmué en chalcitis, {b} car j’en ai apporté une grande quantité de Chypre, {c} dont toute la partie extérieure, vingt ans après, ou plus ou moins, est devenue en chalcitis ; toutefois, la partie intérieure gardait l’espèce de chalcanthum. Par quoi, jusques à ce jourd’hui ce qui est ainsi mué, en observant et prenant garde jusques à ce que la mutation procède à la profondité ; et ce par succession de temps. Comme aussi j’observe la mutation de chalcitis en misy, ainsi que dessus a été dit. {d} Toutefois, je m’ébahis de ce médicament, comme il est possible qu’une grande chaleur soit mêlée avec une véhémentissime astriction. {e} Il est donc manifeste que chalcanthum, sur toutes choses, peut conduire et garder les chairs humides, c’est à savoir en consumant l’humidité par sa chaleur, et en retirant et constipant {f} la substance par son astriction ; car, en cette opération, il exprime aussi quelque humidité de ladite substance. Item, {g} il restreint et dessèche, et retire en soi la substance de toute la chair. Or, du temps que j’étais en Chypre, j’ai vu amasser ce médicament à la manière qui s’ensuit. Il y avait une grande maison, laquelle toutefois était basse, au-devant de l’entrée, pour aller au métal ; {h} mais vers la paroi sénestre de ladite maison (laquelle était dextre à ceux qui y entraient), {i} il y avait une caverne vers la montagne contiguë, de si grande largeur que trois hommes pouvaient entrer se touchant l’un l’autre ; et de si grande hauteur qu’un homme bien grand s’y pouvait bien promener tout droit. Cette caverne était déclive ou descendante, non pas toutefois plane et unie, mais rompue en plusieurs lieux. {j} Et à la fin de ladite caverne (laquelle était quasi longue d’un stade), {k} il y avait un lac, où il y avait une eau verte et grosse d’une chaleur tépide. {l} Mais en toute la descente, il y avait une chaleur telle que l’on sent aux premières maisons des bains (lesquelles sont appelées en grec promalactêria), pour ce qu’en icelles, on a accoutumé d’amollir premièrement les corps. {m} Mais l’eau distillant tous les jours goutte à goutte de la montagne percée est amassée par l’espace de vingt-quatre heures, qui est tout le jour et la nuit, à la quantité de huit amphores romaines ‘ce sont vaisseaux) {n} ou environ. Laquelle eau, aucuns serfs {o} liés ensemble apportaient en certaines piscines carrées et fictiles (c’est-à-dire faites de terre cuite), lesquelles étaient situées en la maison qui était à l’entrée ; esquelles piscines, ladite eau se concressait ou congelait, et devenait chalcanthum. Or, quand je fus descendu au bout de ladite caverne fouie, {p} c’est à savoir là où était cette eau tiède et verte, je sentis une odeur d’airain suffocante et difficile à endurer, laquelle sentait l’odeur de chalcitis et d’ærugo ; {q} et aussi, au goût, elle avait telle qualité. Pour cette cause, lesdits serfs étaient tout nus et, avec grande diligence, apportaient lesdites amphores, ou vaisseaux, ne pouvant longtemps demeurer là, ains subitement s’en allaient courant. {r} Item, {g} il y avait en quelques médiocres intervalles de {s} ladite caverne des lampes allumées, lesquelles ne pouvaient pas durer longuement, mais incontinent étaient éteintes. Or je sus lors desdits serfs comment cette caverne avait été cavée et fouie peu à peu, par plusieurs années, lesquels me disaient en cette manière : Vois-tu bien cette eau {t} verte, laquelle flue de la montagne dedans le lac, elle a de coutume de se diminuer peu à peu ; mais quand ce vient près d’être deffault, {u} derechef, lesdits serfs fouissent ladite montagne. Or, il est advenu le temps passé que tout ce qu’ils avaient foui et cavé venait en ruine et tuait tous lesdits serfs jusques à un, {v} et gâtait tout le chemin. Et quand cela advient, ils s’en vont fouir en un autre lieu, tant qu’ils aient derechef trouvé l’eau. J’ai bien voulu te déclarer ces choses quand au chalcanthum, lesquelles, possible, n’étaient pas nécessaires à raconter ; toutefois, mieux vaut les savoir que les ignorer. Toutefois, aie mémoire de ce que t’ai dit : c’est qu’en entrant à la main sénestre, j’ai vu sory, chalcitis et misy, à celle fin, que tu conjectures, que la pluie lave la terre de toute ladite montagne ; de laquelle terre, sory, misy et chalcitis étaient faits naturellement et de soi-même ; mais l’airain, cadmia, pompholyx, spodium et diphrygès {w} sont faits par artifice aux fournaises. »


  1. « Le calcanthum ou noir de cordonnier, vitriol en français. »

  2. Le chalcitis (ou chalcite), de khalkos, cuivre en grec, est une « espèce de minéral qui est rouge comme le cuivre, friable et non dur, ayant des veines jaunes et luisantes au-dedans. Il a le goût du vitriol ; il se fond au feu lorsqu’on le met seul dans un creuset et se dissout aisément dans les liqueurs aqueuses. Il y a deux autres minéraux appelés misy et sory, qui sont fort semblables au chalcitis. Toute leur différence ne consiste que dans la ténuité ou grossièreté de leur substance. Ils se trouvent tous trois dans les mines de cuivre, et même ils se changent avec le temps l’un en l’autre. Le sory a les parties les plus grossières, le chalcitis vient après, et ensuite le misy, dont les parties sont les plus ténues. Le misy se forme sur le chalcitis, comme le verdet [vert-de-gris] sur le cuivre ; c’en est proprement la rouillure. Le chalcitis se forme de la même manière sur le sory. On trouve ces trois sortes de minéraux en Allemagne. Le chalcitis est un des ingrédients de la thériaque ; on a de coutume de lui substituer le vitriol calciné. Ces trois minéraux sont caustiques et escarrotiques ; c’est pourquoi on ne les donne point intérieurement. Par la même raison, bien des gens voudraient qu’on retranchât le chalcitis de la thériaque » (Trévoux). Pour Littré (DLF), la chalcite est le sulfate de cuivre.

  3. L’île de Chypre (Kupros en grec) est à l’origine du mot latin cuprum, cuivre, en raison des riches gisements de ce métal qui ont assuré sa renommée et sa fortune dès la plus haute Antiquité.

  4. Le paragraphe sur le misy et le sory est traduit pages 165‑168 de l’ouvrage.

  5. Astringence (v. note [30], lettre 222).

  6. Resserrant.

  7. Pareillement.

  8. Pour entrer dans la mine.

  9. Sénestre, gauche ; dextre, droite.

  10. La galerie (caverne) de la mine s’enfonçait par gradins.

  11. Mesure de longueur antique équivalant à 180 mètres.

  12. Une eau verte, trouble et tiède.

  13. Promalactêria, mot dérivé de malaktêr, qui ramollit, et pro, au préalable.

  14. Récipients dont le volume ordinaire était d’une vingtaine de litres.

  15. Des esclaves.

  16. Creusée dans la montagne.

  17. L’airain est le vieux nom du cuivre et l’ærugo, celui du vert-de-gris (rouille du cuivre).

  18. Mais s’en allaient prestement en courant.

  19. De loin en loin dans.

  20. Pour la cohérence du texte et par fidélité à la traduction de Kühn, qui emploie ici le mot aqua, j’ai remplacé « caverne » par « eau ».

  21. Se tarir.

  22. Jusqu’au dernier. Les réflexions attentives de Galien sur les risques professionnels en font ici un précurseur de la médecine du travail.

  23. Le cuivre, la calamine (oxyde de zinc), l’arsenic blanc, le spode (oxyde de zinc, du grec spodos, cendre) et le marc de bronze ou tutie (oxydes mêlés de zinc, fer, plomb, cadmium, etc.).

Dans tout ce chapitre, Galien réservait apparemment le chalcanthum et ses dérivés (chalcitis, misy et sory) aux traitements externes, mais sans les qualifier de poisons (venins). On comprend aisément l’embarras que les ennemis de la médecine chimique, comme Guy Patin et Charles Guillemeau, éprouvaient à voir que leur idole avait porté tant d’intérêt aux remèdes métalliques, 14 siècles avant Paracelse. On comprend aisément pourquoi : (1) Patin a préféré ignorer ces faits dans les écrits qui sont entièrement de sa plume ; (2) Canape a traduit en français ce livre de Galien ; et (3) la vraie chimiatrie galénique n’a pas été directement référencée dans la présente observation.

4.

Dans la thèse sur la médecine hippocratique, qui précède les observations, l’attaque la plus virulente contre Paracelse et les alchimistes se lit aux pages 21‑25.

V. note [9], lettre 311, pour le gilla, autre nom du vitriol, qui était l’une des inventions de Paracelse (prénommé Théophraste, v. note [7], lettre 7), mais qui n’avait rien de commun (autrement que pour s’en glorifier ou s’en indigner sottement) avec Théophraste d’Érèse, botaniste grec du ive s. av. J.‑C. (v. note [7], lettre 115).

5.

V. note [14], lettre 75, pour le laudanum de Paracelse et son étymologie tortueuse, voire barbare (au sens de mauvais latin).

6.

V. notes [19], [20] et [21] de la Leçon de Guy Patin au Collège de France sur le laudanum et l’opium pour ces mises en garde de Galien contre les médicaments opiacés, dont le plus fameux a été la thériaque.

7.

« Ressusciter les morts n’est pas dans le pouvoir des hommes, mais de Dieu », réminiscence possible de saint Paul (Deuxième épître aux Corinthiens, 1:9) :

Sed ipsi in nobismetipsis responsum mortis habuimus, ut non simus fidentes in nobis, sed in Deo qui suscitat mortuos.

[Mais nous avions en nous-mêmes l’arrêt de notre mort, afin de ne pas mettre notre confiance en nous-mêmes, mais de la mettre en Dieu, qui ressuscite les morts].

Il n’est plus exact de dire qu’il n’y a pas moyen de contrer l’action de l’opium : la naloxone (Narcan) est l’antidote qui supprime les effets de la morphine (principe actif de l’opium) sur le cerveau (coma opiacé) en bloquant ses récepteurs neuronaux. La chimie pharmaceutique a seule permis cette fort utile découverte.

8.

V. note [37] de la Leçon de Guy Patin au Collège de France sur le laudanum et l’opium pour l’étymologie incertaine du mot opium.

9.

Distincte de l’esprit influent (baume radical) permettant la cicatrisation, dans la médecine de Paracelse (v. notule {a}, note [2], lettre latine 31), mais apparentée au sens moderne exclusif de cadavre éviscéré, desséché et embaumé pour être durablement conservé, la mumie ou momie était une substance médicinale dont il existait deux sortes (Furetière) :

  • « composition visqueuse mélangée de bitume et de poix, découlant des montagnes et forêts d’Arabie ou autres pays chauds de l’Orient ; Dioscoride parle d’une mumie qui se trouve sur les bords de la mer aux environs d’Épidaure, que les torrents y apportent des montagnes Cérauniennes, {a} qui est séchée par le soleil en gros morceaux ; elle sent comme le bitume, mêlé avec la poix ; ceux du pays l’appellent cire minérale ; en latin pissaphaltus ; {b} Ménage, après Bochart, dérive ce mot de l’arabe mumia, qui a été fait de mum qui signifie cire ; Saumaise le dérive du mot de amomo, signifiant une espèce de parfum, quoique d’autres disent qu’en arabe ce mot signifie un corps mort, embaumé et aromatisé » ;

  • « est enfin, selon quelques-uns, un corps dépendu dont on a ôté la cervelle et les entrailles, qu’on a séché au four et trempé en poix noire, ou autres drogues que les charlatans vendent pour bonne et vraie mumie d’Égypte ; voyez Ambroise Paré qui a fait un Traité curieux des mumies, {c} qui en a montré l’abus et fait voir qu’elles ne peuvent jamais servir de remède ; Matthiole est de même avis aprés Sérapion, qui croient que ces corps sont seulement embaumés avec du pissaphaltum. »


    1. Chaîne montagneuse d’Épire (actuelle Albanie).

    2. Pissaphalte en français, du grec pissasphaltos, mélange de poix (pissa) et de bitume (asphaltos).

    3. Comme montrent ces trois extraits de son Discours de la mumie, Ambroise Paré a fort décrié cet épouvantable remède (Œuvres complètes, Paris, 1841, tome troisième, pages 474‑490) :

      « On dit que la mumie dont on a usé jusques aujourd’hui est venue de là : à raison d’un mâtin [chien de] médecin juif qui, par une brutalité, avait écrit que cette chair, ainsi confite et embaumée, servait grandement à la curation de plusieurs maladies, et principalement aux chutes et coups orbes [contusions fermées] et meurtrissures, pour garder que le sang ne caillebottât et congelât dans le corps ; qui a été cause que l’on les tirait furtivement, ou par argent, hors des tombeaux. Ce qui semble chose fabuleuse, parce que les nobles, riches et anciennes maisons n’eussent jamais enduré, pour rien au monde, que les sépulcres de leurs parents et amis, desquels ils étaient tant curieux [soigneux], fussent ouverts, et les corps emportés hors de leurs pays pour être mangés des chrétiens [...].

      Autres tiennent que la mumie se fait et façonne en notre France, et que l’on dérobe de nuit les corps aux gibets, puis on les cure, ôtant le cerveau et les entrailles, et les fait-on sécher au four, puis on les trempe en poix noire. Après, on les vend pour vraie et bonne mumie, et dit-on les avoir achetés des marchands portugais, et avoir été apportés d’Égypte. Mais qui voudra rechercher, comme j’ai fait, chez les apothicaires, on trouvera des membres et portions des corps morts, voire de tout entiers, être embaumés de poix noire, lesquels sentent une odeur cadavéreuse. Néanmoins, je crois qu’ils sont aussi bons que ceux qu’on apporte d’Égypte, parce que tout n’en vaut rien. [...]

      Or, par ce discours du juif, on voit comme on nous fait avaler indiscrètement et brutalement la charogne puante et infecte des pendus ou de la plus vile canaille de la populace d’Égypte, ou de vérolés, ou de pestiférés, ou ladres [lépreux] ; comme s’il n’y avait moyen de sauver un homme tombé de haut, contus et meurtri, sinon en lui insérant et comme entant [greffant] un autre homme dedans le corps ; et s’il n’y avait autre moyen de recouvrer la santé, sinon que par une plus que brutale inhumanité. Et si en ce remède y avait quelque efficace, véritablement, il y aurait quelque prétexte d’excuse ; mais le fait est tel de cette méchante drogue que, non seulement, elle ne profite de rien aux malades, comme j’ai plusieurs fois vu par expérience à ceux auxquels on en avait fait prendre, mais leur cause grande douleur à l’estomac, avec puanteur de bouche, grand vomissement, qui est plutôt cause d’émouvoir le sang et le faire davantage sortir de ses vaisseaux que de l’arrêter. »


10.

Distinct de l’ambre gris, animal (v. note [24], lettre 386), l’ambre blanc ou jaune, végétal, autrement appelé succin, est (Chomel) :

« une gomme ou résine d’arbre qu’on nomme autrement ambre ; {a} on le nomme ainsi à cause qu’on a cru que c’était un suc d’arbre comme le pin, dont il a l’odeur quand il est brûlé.

La simple préparation du succin, en le broyant sur le porphyre, n’est pas à rejeter, tant parce qu’on peut donner fort à propos le succin en poudre dans les maladies du cerveau, de l’estomac, des intestins et de la matrice, et même dans les pertes de sang, et partout où il est nécessaire de resserrer.

On fait une distillation du succin qui a de très grandes propriétés : l’huile qu’on en tire s’emploie principalement dans les apoplexies, épilepsies, convulsions, paralysies, et toutes les maladies froides du cerveau ; de même que dans celles de la matrice ; on l’estime même beaucoup contre les vers et contre le mauvais air, tant prise par la bouche, depuis une ou deux gouttes jusqu’à cinq ou six, incorporées avec du sucre en poudre et dissoutes dans quelque liqueur propre, qu’en onction aux narines, aux tempes et aux endroits des sutures du crâne. »


  1. L’article de Chomel (1741) s’accompagne d’une gravure montrant l’extraction du succin.

11.

V. les observations :

12.

Simia semper simia est, etiamsi aurea gestet insignia [Un singe est toujours un singe, même s’il arbore des armoiries dorées], v. note [7], lettre 1000.

13.

Toujours la même chose, v. note [16], lettre 508.

14.

« L’opium est donc le plus puissant des soporatifs, ceux qui étourdissent les sens et induisent le sommeil » : v. note [46] de la Leçon de Guy Patin au Collège de France sur le laudanum et l’opium pour cette citation qui se trouve dans le fameux discours de Galien sur Philon de Tarse et son philonium (traité « sur la Composition des médicaments selon les lieux [affectés] »).

15.

Pour ces deux autres références au traité de Galien « sur la Composition des médicaments selon les lieux », v. la Leçon de Guy Patin au Collège de France sur le laudanum et l’opium :

  • note [19], pour les méfaits potentiels des collyres opiacés sur la vision (livre ii) ;

  • note [22], pour la recommandation de n’employer l’opium que si la violence des douleurs y contraint (livre iii).

16.

V. note [20], lettre 407, pour ce Cave canem [Prends garde au chien] de Jakob Zwinger (v. note [44], lettre 1019) sur l’opium, que Caspar Hofmann a rapporté dans son livre ii « des Médicaments officinaux » (Paris, 1646, dont Guy Patin avait assuré l’édition, v. note [7], lettre 134).

17.

« d’où, dit-on, nul ne revient jamais » (Catulle, v. note [11], lettre 237).

Cette citation et d’autres références familières à Guy Patin (comme le renvoi aux « Médicaments officinaux » de Caspar Hofmann, v. supra note [16]), attestent de sa contribution à la présente observation ; mais il a plutôt relu qu’entièrement écrit le texte de Charles Guillemeau, comme je l’ai remarqué pour l’emploi du mot « panacée » appliqué à l’antimoine (v. supra note [2]).

a.

Méthode d’Hippocrate, Observation x, pages 81‑86.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Observations de Guy Patin et Charles Guillemeau sur les us et abus des apothicaires (1648) : x.
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(Consulté le 26.05.2020)

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