À Claude II Belin, le 25 octobre 1641

Note [6]

« de Hollande, le livre sur la primauté de Pierre » : annonce fort prématurée du Cl. Salmasii librorum de Primatu Papæ, pars prima cum Apparatu. Accessere de eodem Primatu Nili et Barlaami tractatus [Première partie des livres de Claude i Saumaise sur la Primauté du pape, avec une Introduction. S’y ajoutent les traités de Nil et de Barlaam sur ladite Primauté] (Leyde, Elsevier, 1645, in‑4o).

Cet ouvrage, dont Guy Patin a souvent modifié le titre en de Primatu Petri [de la Primauté de Pierre (prénom générique de tous les papes qui ont succédé à saint Pierre l’apôtre fondateur de l’Église de Rome, v. note [14], citation 1, du Patiniana I‑1, qui explique aussi pourquoi le livre de Saumaise fit grand scandale chez les papistes)] est composé de trois parties, paginées séparément :

  1. l’Apparatus [Introduction] (307 pages) ;

  2. les 21 chapitres qui composent la prima pars [première partie] du de Primatu Papæ Tractatus [Traité sur la Primauté du pape] (405 pages, suivies d’un Index rerum [Index des sujets]) ; Saumaise n’a jamais publié d’autre partie ;

  3. les Nili Archiepiscopis Thessalonicensis de Primatu Papæ Romani Libri Duo. Item Barlaami Monachi. Cum interprete utriusque Latino. Cl. Salmasii opera et studio. Cum ejusdem in intrumque Notis [Deux livres de Nil (Cabasilas), archevêque de Thessalonique (ou Salonique, en Grèce, au xive s., avec quelques brefs compléments), et celui du moine Barlaam (le Calabrais, évêque de Gerace, en Calabre, au xive s.) sur la Primauté du pape romain. Tous trois traduits en latin par les soins de Claude Saumaise, et annotés par lui] (134 pages bilingues, grec et latin).

En 1640, quand Saumaise était venu recueillir la succession de son père, on lui avait offert une pension de 12 000 livres s’il acceptait d’écrire la vie du cardinal de Richelieu ; Saumaise répondit qu’il ne savait pas flatter, et s’en alla régler ses affaires personnelles en Bourgogne. Après la mort de Richelieu, Mazarin s’efforça à son tour de fléchir la résistance de Saumaise : une pension de 6 000 livres lui fut accordée et le brevet lui en fut expédié sans autre condition que son retour en France. Pour toute réponse à cette haute faveur, il fit imprimer son De Primatu Papæ. Le livre souleva contre lui l’Assemblée du Clergé de France, qui le dénonça à la reine mère et au Parlement (Michaud).


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à Claude II Belin, le 25 octobre 1641, note 6.
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(Consulté le 29.07.2021)

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