À Charles Spon, le 13 juillet 1649

Note [4]

Mme de Motteville (Mémoires, pages 278‑279) :

« À l’arrivée de la cour dans Amiens, le cardinal Mazarin manda au marquis d’Hocquincourt, gouverneur de Péronne, de le venir trouver pour l’entretenir de quelques affaires importantes. Il n’était pas content de ce qu’il avait laissé passer Mme de Chevreuse, qui était revenue de Flandre {a} sans le consentement du roi ; il lui faisait voir aussi qu’il voulait le récompenser de {b} sa place pour la joindre au gouvernement de Picardie qu’il paraissait avoir dessein de prendre. Le marquis d’Hocquincourt était un homme vaillant et de grand cœur, mais léger et facile à dégoûter. {c} Il avait pris liaison avec les frondeurs sur quelque petit mécontentement et avait quitté l’armée pour aller se renfermer dans sa place, disant qu’il avait eu avis qu’on le voulait arrêter. Sur l’ordre qu’il reçut du ministre, il vint le trouver avec une bonne escorte, étant convenus avant leur entrevue du lieu et de la quantité de gens qu’ils devaient avoir l’un et l’autre, et de toutes leurs sûretés. Ils se virent enfin dans une campagne au milieu de cinquante hommes de cheval de chaque côté. Hocquincourt était un bon Picard, franc cavalier et bon ami. Il dit au cardinal, qui lui témoignait vouloir être de ses amis à des conditions avantageuses, qu’il ne lui pouvait accorder son amitié ni recevoir ses offres s’il ne lui permettait de travailler à les remettre bien ensemble, lui et le duc de Beaufort, ayant promis de ne rien faire sans ce prince. Le ministre, qui ne demandait que la paix, lui donna pouvoir d’aller traiter avec son ami le duc de Beaufort et consentit même à quelques offres qu’il lui permit de lui faire de sa part. Hocquincourt partit ensuite de Péronne et vint à Paris chercher ce prince pour tâcher de lui persuader cet accommodement. Il le trouva {d} embarrassé dans une grande brouillerie qu’il avait eue avec beaucoup de personnes de la cour et mal intentionné pour le cardinal, si bien que ne pouvant réussir dans sa négociation et voyant qu’il {e} était obligé au ministre, il se dégagea du parti de la Fronde et s’accommoda avec le cardinal, sans pourtant se défaire de son gouvernement. »


  1. À Paris, le 12 avril.

  2. Lui acheter.

  3. Décourager.

  4. Il trouva Beaufort.

  5. Hocquincourt.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à Charles Spon, le 13 juillet 1649, note 4.
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(Consulté le 06.03.2021)

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