À Charles Spon, le 1er mars 1650

Note [20]

Le Boulonnais est la région de Boulogne, port et évêché français appartenant alors à la Picardie (aujourd’hui Boulogne-sur-Mer, Pas-de-Calais).

Ardres, ville forte de Picardie à 24 kilomètres au nord-est de Saint-Omer, avait été en 1520 le site de la fameuse entrevue de François ier et de Henri viii, connue sous le nom de Camp du drap d’or.

L’archiduc Léopold dirigeait les troupes espagnoles de Flandre, principalement composées de soldats allemands, placés « sous le commandement d’un cadet de Wurtemberg, qui était nommément à la solde du roi catholique » (Retz, Mémoires, page 917) ; il s’agissait d’Ulrich de Wurtemberg-Neufchâtel (ou Wirtemberg, 1617-1671).

Journal de la Fronde (volume i, fo 169 vo) :

« Le 14 au matin, deux courriers arrivèrent au palais d’Orléans presque en même temps. […] L’autre, qui était envoyé par M. de Mazan, lieutenant de roi qui commande dans la ville de Mouzon, apporta une lettre de ce lieutenant à Son Altesse Royale, par laquelle il lui mandait qu’il avait avis certain que le maréchal de Turenne, qui n’attendait que la jonction du duc de Wurtemberg avec 1 500 hommes pour venir assiéger cette place, de laquelle le comte de Grandpré, {a} qui en est gouverneur, en est sorti, n’ayant pu obliger les habitants ni la garnison de suivre le parti de M. le Prince, et était allé trouver le maréchal de Turenne avec qui on assure qu’il s’est accommodé, en sorte qu’ils ont résolu ensemble de l’assiéger. C’est pourquoi ce lieutenant suppliait Son Altesse Royale de lui procurer un prompt secours, disant qu’il ne pouvait résister, la place n’étant pas forte et ne pouvant bien se fier aux officiers de ce comte qui sont en garnison. Depuis il n’est point venu de nouvelles que cette place ait été assiégée, mais on eut avis hier, de Sedan, du 14, que ce maréchal avait surpris d’assaut la petite ville de Beaumont proche Mouzon, dont le siège sera facilité par ce moyen, et qu’il attendait encore à cette fin la jonction des troupes du duc de Wurtemberg et celles qui se sont ramassées en Bourgogne ; après quoi il espérait d’avoir plus de 6 000 hommes. Cependant, il n’a d’autres places que Stenay. »


  1. V. note [26], lettre 216.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à Charles Spon, le 1er mars 1650, note 20.
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(Consulté le 01.10.2022)

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