À Claude II Belin, le 6 mars 1650

Note [24]

« avant d’avoir atteint l’âge de 50 ans ».

Charles Vialart (1592-1644) portait en religion le nom de P. Charles de Saint-Paul. Supérieur général des Feuillants, il avait été nommé évêque d’Avranches en 1640. Il a laissé plusieurs savants ouvrages, dont une Géographie sacrée, mais son renom littéraire lui est surtout venu d’avoir prêté sa plume à cette Histoire du ministère du cardinal Richelieu. Elle avait été publiée pour la première fois en 1640 sous le titre de Mémoires du cardinal de Richelieu, avec diverses réflexions politiques. Elle reparaissait alors sous le titre d’Histoire du ministère d’Armand Jean du Plessis, cardinal-duc de Richelieu, sous le règne de Louis le Juste, xiiie du nom, roi de France et de Navarre. Avec des réflexions politiques et diverses lettres contenant les négociations des affaires de Piémont et du Monferrat (Paris, Gervais Alyot, Antoine de Sommaville, Jean Guignard, Toussaint Quinet, Michel Baubin, Edme Pépingué, au Palais, 1649, in‑fo). Le livre est divisé en quatre tomes qui couvrent les années 1624-1627 (i), 1628 (ii), 1629-1630 (iii) et 1631-1633 (iv, avec erreur de Guy Patin qui le faisait aller jusqu’à 1635) ; il n’y a ni privilège du roi ni achevé d’imprimer. Cette réédition fit scandale, avec condamnation à l’autodafé par un arrêt du Parlement le 11 mai 1650.

Journal de la Fronde (volume i, fo 181 vo, 6 mars 1650) :

« Mme d’Aiguillon obtint il y a quelque temps de M. le chancelier un privilège au nom d’un nommé Du Sault pour faire imprimer un livre intitulé L’Histoire du ministère du cardinal de Richelieu fait par feu M. Vialard, qui était évêque d’Avranche ; mais l’ayant obtenu, elle trouva que ce livre venait d’être imprimé en grand volume in‑fo par cinq ou six imprimeurs associés qui avaient eu la permission de M. le premier président, dont elle fit grand bruit ; et s’en étant plainte à ce dernier à cause que ce livre parle fort contre M. le duc d’Orléans et contre MM. de Vendôme, Châteauneuf, le président Le Coigneux, Mme de Chevreuse et autres, il lui fit réponse qu’elle s’en plaignît au Parlement et qu’on lui ferait justice. Depuis, on a fait une exacte recherche chez les imprimeurs pour enlever les exemplaires et l’on poursuit pour faire brûler ce livre par les mains du bourreau ; sur quoi le premier président soutient qu’il n’y a point vu toutes ces invectives lorsqu’il a donné la permission de le faire imprimer. »

Une nouvelle édition parut en 1664-1665 (Paris, Compagnie des libraires du Palais, 3 volumes in‑12o), mais Guy Patin n’en a pas parlé.

Le livre contient un chapitre spécifiquement consacré à Châteauneuf (tome i, pages 98‑100) : Députation du sieur de Chasteauneuf vers la République de Venise, pour les affaires ci-dessus écrites, sur la ratification du traité de Monzon (5 mars 1626) qui réglait la question de la Valtenine et rapprochait la France de l’Espagne ; mais on n’y lit rien d’offensant pour quiconque.

Trois chapitres concernent directement les affaires de MM. de Marillac.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à Claude II Belin, le 6 mars 1650, note 24.
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(Consulté le 18.04.2021)

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