À Charles Spon, le 16 août 1650

Note [21]

Journal de la Fronde (volume i, fo 272 ro et vo, août 1650) :

« Le sieur de Roquépine, gouverneur de La Capelle, capitula le 3 du courant et rendit la place aux ennemis le 4, en étant sorti avec armes, bagages et deux pièces de canon, et escorté à Marle ; mais on assure que pour sauver 50 000 écus qu’il y avait amassés, il l’a rendue plus de huit jours plus tôt qu’il ne fallait, qu’il avait encore assez de vivres et munitions, et qu’il n’y avait ni brèche faite ni mine prête à jouer ; mais on ne croit pas qu’il en soit repris, étant sur le point de s’allier avec M. Le Tellier par le mariage que son fils a conclu avec la fille de M. Tilladet, beau-frère de celui-ci, outre qu’il se défend là-dessus, disant qu’il n’avait que 400 hommes qui ne suffisaient pas pour défendre la place. Après la reddition de laquelle, les ennemis ayant résolu d’aller attaquer quelques-unes de celles que nous tenons en Flandres, sur les pressantes instances que faisaient les villes d’Anvers, Lille et autres, le maréchal de Turenne déclara aux Espagnols que si l’on ne suivait les termes de son traité et si l’on n’entrait en France le plus avant qu’il se pourrait, afin d’obliger le Conseil à mettre les princes en liberté par les cris que la ville de Paris ferait sur cette approche, qu’il s’irait jeter dans Stenay où il ferait son accommodement et y porterait aussi le duc de Bouillon, son frère ; ce qui obligea les Espagnols à suivre son sentiment. Cependant, ce maréchal s’étant avancé à Marle pour y attaquer notre armée, dont une bonne partie avait déjà été mise dans les places pour les conserver, trouva que le maréchal du Plessis en avait déjà décampé et s’était venu poster avec cinq à six mille hommes à une lieue de Laon, que les ennemis avaient résolu d’attaquer, où il n’y a point de vivres que ceux que nos soldats y portent, après avoir eux-mêmes moissonné les blés d’alentour. Depuis, les ennemis ont leur principal quartier à Marle et quoiqu’ils menacent plusieurs de nos places, néanmoins jusqu’à présent, ils ne s’amusent à autre chose qu’à faire eux-mêmes cueillir les blés, lesquels ils mettent dans Le Catelet et La Capelle. »


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à Charles Spon, le 16 août 1650, note 21.
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(Consulté le 27.10.2020)

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