À Charles Spon, le 22 juin 1655

Note [15]

V. note [21], lettre 312, pour L’Antimoine justifié et l’antimoine triomphant… d’Eusèbe Renaudot.

Tallemant des Réaux a consacré une historiette à Macé i Bertrand, sieur de La Bazinière, ainsi qu’à ses deux fils et à ses deux filles (tome ii, pages 201‑212). Mort le 10 novembre 1642 dans sa maison de la rue des Petits-Champs, Macé i avait été commis de Daniel Voisin, greffier du Conseil, avant de devenir trésorier de l’Épargne.

« Il était fils d’un paysan d’Anjou et à son avènement à Paris, il fut laquais chez le président Gayant, président des Enquêtes. C’était même un fort sot garçon, mais il fallait qu’il fût né aux finances. Après, il fut clerc chez un procureur, ensuite commis, et insensiblement il parvint à être trésorier de l’Épargne. »

Son épouse s’appelait Marguerite de Verthamon (Popoff, no 2448), veuve de Daniel Voisin ; elle mourut en 1658, saluée dans la Muse historique de Loret, datée du 14 décembre :

« L’autre jour, avec un long deuil,
On mit dans un triste cercueil
Madame de La Bazinière,
Non la belle, mais la douairière. »

Elle mourut, dit Loret,

« Sans que son argent, ni son or,
Dont elle avait un grand trésor,
eussent pu, du moindre intervalle,
Retarder son heure fatale. »

Elle avait fait avant sa mort de grands dons aux hôpitaux de Paris. La fille aînée des La Bazinière, celle dont Guy Patin narrait ici la mort, se prénommait Marie ; Tallemant des Réaux (tome ii, page 210) :

« Bautru, qui, avec 500 000 écus de bien, ne cherchait encore que de grands partis, ayant manqué Mme de Noailles, maria son fils, qu’on appelle M. <Guillaume> de Serrant, avec cette fille qui n’avait guère que 12 ans et à qui on donna 400 000 livres en mariage. […] Elle haïssait son mari mortellement ; c’était une étourdie, et lui un benêt qui voulait railler et faire l’esprit fort comme son père ; mais cela lui réussit si mal qu’il fait pitié. Il fait toutes choses à contretemps ; il prend tout de travers ; on lui fait les cornes en jouant avec lui. Sa femme disait : “ Quand je serai veuve, je ferai ceci et cela car je suis assurée que M. de Serrant mourra jeune. ” Elle s’est fort trompée car elle est morte à 22 ans et a laissé deux enfants, que je crois à ce mari qu’elle devait enterrer. »

Son mari mourut 16 ans plus tard, le 7 septembre 1671 (Adam). Patin a parlé plus loin de Macé ii Bertrand de La Bazinière, fils aîné de Macé i.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à Charles Spon, le 22 juin 1655, note 15.
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(Consulté le 11.12.2019)

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