À André Falconet, le 22 juin 1666

Note [11]

Saint Paul, Épître aux Philippiens (3:18‑19) :

Multi enim ambulant quos sæpe dicebam vobis nunc autem et flens dico inimicos crucis Christi, quorum finis interitus quorum deus venter et gloria in confusione ipsorum qui terrena sapiunt.

« Car il en est beaucoup, je vous l’ai dit souvent et je le redis aujourd’hui avec larmes, qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ : leur fin sera la perdition ; ils ont pour dieu leur ventre {a} et mettent leur gloire dans leur honte ; ils n’apprécient que les choses de la terre. » {b}


  1. Emprunt de Guy Patin.

  2. Traduction de l’École de Jérusalem.

Mémoires de Louis xiv (tome 1, pages 159‑162, année 1666) :

« Les habitants de Tunis, fatigués des continuelles alarmes que leur donnaient mes vaisseaux, désirèrent de faire la paix avec moi ; et ceux d’Alger, passant plus avant, m’offraient encore de me servir contre l’Angleterre. Je ne voulus pas accepter cette dernière proposition. Mais au surplus, touché du désir de procurer la liberté à tant d’esclaves chrétiens que ces barbares tenaient en leurs fers, et de donner moyen à tous les fidèles de trafiquer sûrement sous la bannière de la France, je fis partir Dumoulin, qui, en peu de temps, termina l’un et l’autre traités avec des conditions plus avantageuses qu’aucun autre prince de l’Europe en eût jamais obtenues de ces nations.

Il arriva néanmoins un incident au traité de Tunis, qui en rendit la conclusion difficile, car le roi, {a} avec qui les articles avaient été concertés, ayant été emprisonné par une sédition, ses ennemis, qui avaient toute l’autorité dans l’administration de la république, auraient sans doute rompu cet accord, comme ils firent tous les autres actes faits durant le règne de ce prince, si la terreur de mes armes ne les eût obligés à l’accomplir ; et le premier fruit que j’en recueillis fut de voir plus de trois mille esclaves français retirés des mains de ces infidèles.

J’étais dès lors si considéré sur la mer Méditerranée que les Espagnols, ayant à faire passer l’impératrice en Italie, n’osèrent l’entreprendre sans me demander passeport, lequel je leur accordai incontinent avec toute l’honnêteté dont je pus l’accompagner. Car je donnai ordre en même temps sur toutes mes côtes qu’en cas que l’impératrice fût obligée d’y aborder, on la traitât avec les mêmes respects que l’on m’eût pu rendre à moi-même. Ces ordres furent pourtant sans effet à l’égard de l’impératrice qui, ayant eu le temps favorable, arriva sans danger en Italie ; mais ils furent fort utiles à sept galères espagnoles qui, ayant un jour rencontré Vivonne, commandant les miennes, refusèrent de baisser l’étendard au commandement qu’on leur en fit. Car Vivonne, qui était le plus fort, et en nombre et en équipage, les renvoya par ce seulement qu’elles étaient chargées des hardes {b} de l’impératrice. »


  1. Le bey de Tunis.

  2. Bagages.


Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 22 juin 1666, note 11.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0871&cln=11

(Consulté le 17/04/2024)

Licence Creative Commons "Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron." est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.