À un médecin anonyme, le 26 mai 1653

Note [5]

V. note [4], lettre 12, pour les commentaires de René Moreau « sur l’École de Salerne » (Paris, 1625), fameux ouvrage sur la conservation de la santé par un sain régime de vie.

Ce livre n’est pas la meilleure référence sur la purgation, car son sujet principal est l’hygiène et non la thérapeutique. Le passage sous-titré Ad purgandum quæ necessaria [Ce qui est nécessaire pour purger] occupe la fin du chapitre vii (pages 140‑142) et se fonde principalement sur les écrits de Galien, comme en témoigne ses premières phrases :

Gal. lib. 5 simpl. cap. 20 duo purgantium genera contituit alterum quod quovis modo excrementa purgat, alterum quod per vomitum tantum et ventris deiectionem expurgat. Quæcunque autem purgant trahendi vim habent, vel unum, vel duos pluresve succos, sed prioris generis purgantia improprie sic dicuntur, proprie vero bechica, vel diuretica, vel menses moventia et id generis. posterioris differentiæ purgantia proprie sic vocantur quod vim habeant familiarium succorum attractricem. ea est Gal. sententia ad quam acrium facultatem reducemus.

[Galien, au chapitre 20, livre 5 des Simples, {a} a établi deux sortes de purgatifs : le premier purge les excréments par quelque moyen que ce soit ; le second purge seulement par le vomissement et la défécation. Tous possèdent néanmoins la capacité d’extraire un suc ou deux, voire plus ; {b} mais ceux de la première sorte sont improprement appelés purgatifs, car ce sont véritablement des béchiques, des diurétiques, {c} des inducteurs du flux menstruel, etc. ; ceux de la seconde sorte sont proprement appelés purgatifs parce qu’ils ont en commun la faculté d’attirer les sucs. Telle est la sentence de Galien que nous réduirons à la faculté des purgatifs violents]. {d}


  1. Titre latin abrégé du traité De simplicium medicamentorum temperamentis et facultatibus [Tempéraments et facultés des médicaments simples] (11 livres).

  2. Une ou deux des quatre humeurs corporelles, voire plus.

  3. Médicaments respectivement inducteurs de l’expectoration (crachats) et de la diurèse (urine).

  4. Autrement nommés drastiques, mais la suite s’en tient aux considérations générales, sans en nommer aucun, qu’il s’agisse de la scammonée (v. note [4], lettre 172) ou des autres purgatifs puissants. Le correspondant de Guy Patin dut, comme moi, demeurer sur sa faim de mieux comprendre les principes de la purgation, méthode qui fondait la thérapeutique au xviie s.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à un médecin anonyme, le 26 mai 1653, note 5.
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(Consulté le 29.11.2022)

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