À Johannes Antonides Vander Linden, le 31 décembre 1660

Note [12]

« [Saint] Sylvestre a fermé l’année, mais [le pape] Jules, son anus ; [quand] les poètes ont faim, les fesses sont à l’honneur. »

Jules iii (Giammaria Ciocchi del Monte) porta la tiare de 1550 à 1555, et vécut dans le luxe et la débauche. Ce distique impie et licencieux, construit sur le mode léonin (v. notule {d}, note [4], lettre 58), s’attaque à la fois aux mœurs sodomites dont on accusait ce pontife, et aux poètes affamés qui, à la Saint-Sylvestre, présentent leurs ouvrages aux grands seigneurs, pour les déchirer de leurs satires s’ils n’en reçoivent pas de récompense.

Je n’ai pas trouvé l’auteur des deux vers, mais Jacques-Auguste i de Thou en a donné une version adoucie (Poésies latines, Posteritati [À la Postérité], au début de l’Histoire universelle ; Thou fr, volume 1, page 297), parmi quelques autres pasquinades (v. note [5], lettre 127) :

Annum Sylvester claudit : vis cætera dicam ?
Esuriunt vates : nosti quid deinde sequatur
.

[Sylvestre a fermé l’année, veux-tu que j’en dise plus ?
Les poètes ont faim, vous savez ce qui en découlera].


Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Johannes Antonides Vander Linden, le 31 décembre 1660, note 12.

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(Consulté le 20/07/2024)

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