Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 1 manuscrit

Note [2]

V. note [8], lettre 584, pour le Dialogus Ciceronianus [Dialogue cicéronien] (Paris, 1528, plusieurs fois réédité depuis), où Érasme s’attaquait notamment au style latin de Christophe de Longueil (Christophorus Longolius, v. note [53] du Naudæana 2), comme le montre l’extrait transcrit dans la note [3] de la lettre latine 331.

En écrivant ad Tulliane convitiandum [pour injurier dans le style de Tullius] (c’est-à-dire de Cicéron, Marcus Tullius Cicero), le Borboniana manuscrit renvoie à un autre passage du Dialogus où Bulephorus répond à Nosoponus qui lui vante les ouvrages de Longueil (Leyde, 1643, page 199) :

Adversus Martinum Lutherum rem agit et seriam et gravem. Ubi qui potuit esse Tullianus, de rebus disserens, quas M. Tullius prorsus ignoravit ? At oratio non potest esse Tulliana, id est, optima, quæ nec tempori, nec personis, nec rebus congruit. Satis quidem Tulliane conviciatur. Ubi tandem ventum ad errorum capita recensenda, subobscurus est, et vix ab illis intelligitur, qui Lutheri dogmata tenent.

[Contre Martin Luther, {a} il s’attaque à un sujet à la fois sérieux et difficile. Comment a-t-il bien pu être cicéronien en dissertant sur des questions dont M. Tullius n’a pas eu la moindre connaissance ? Son discours ne peut être dans le style de Tullius, c’est-à-dire excellent, quand ni l’époque, ni les personnes, ni les affaires ne concordent avec les siennes. La façon d’injurier y est certes assez dans le style de Tullius. {b} Quand il en vient enfin à recenser les principaux chefs de divergences, il est un peu obscur et à peine compréhensible pour ceux qui défendent les dogmes de Luther].


  1. Christophori Longolii viri doctissimi ad Luterianos iam damnatos oratio, omnibus numeris absoluta.

    [Discours du très savant Christophe de Longueil contre les luthériens dorénavant damnés, dépourvu de toute subdivision].

    1. Cologne, Joannes Gymnicus, 1529, in‑8o de 95 pages : bloc unique de texte continu, composé d’un seul paragraphe sans le moindre alinéa.

    À titre d’échantillon, la longue première phrase ressemble plus à de la crème fouettée qu’à du Cicéron :

    Si ea esset apud me causæ vestræ ratio, ut neque vobiscum iam agi fas esse ducerem, et vos perpetuo quodam voluntatis vestræ iudicio, ita de reip. Christianæ statu persuasos putarem, ut nulla cuiusquam oratione ab ista sententia deduci possetis, non equidem committerem, id ut negocii nunc denique suscepisse videri possem, in quo nec a vobis, quibus maxime consultum vellem, ullam essem omnino gratiam initurus, et eos quorum potissimum sequerer auctoritatem, etiam gravissime offensurus.

    [Si mon évaluation de votre cause me conduisait à ne pas me permettre de débattre avec vous, ni à penser que, par quelque jugement définitif de votre volonté, vous avez pris votre parti sur l’état de république chrétienne, au point que vous ne puissiez être dissuadés de cette sentence par quelque discours que ce soit, je ne me hasarderais sans doute pas à pouvoir sembler m’être maintenant enfin engagé dans une affaire où je ne trouverai absolument aucune grâce à vos yeux, quand je voudrais vous y faire très profondément réfléchir, et où j’offenserai aussi très gravement ceux dont je suivrais surtout l’autorité].

  2. J’ai mis en exergue le passage qui se réfère à la mention du Borboniana.

Les Philippiques (contre Marc-Antoine, v. note [8], lettre 655) et les Verrines (contre Verres, v. note [17] du Borboniana 8 manuscrit) sont deux recueils des discours politiques les plus virulents de Cicéron.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 1 manuscrit, note 2.
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(Consulté le 06.10.2022)

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