Autres écrits : Ana de Guy Patin :
L’Esprit de Guy Patin (1709),
Faux Patiniana II-1

Note [26]

Le mot enseigne a conservé le premier sens, commercial, qu’il avait au xviie s. (Furetière) :

« signe, marque publique et évidente qu’on met en quelque endroit pour trouver quelque personne ou quelque chose. Les marchands mettent une enseigne à leurs boutiques, afin qu’on les reconnaisse. Ils enveloppent leurs marchandises dans une image de leur enseigne. Ils payent un droit au voyer {a} pour poser leur enseigne, pour changer d’enseigne. Quand on vend un logis, pour le désigner, on dit “ où pend pour enseigne ”. Il est défendu aux marchands et aux artisans de changer ou d’usurper les enseignes ou les marques les uns des autres. »


  1. Officier responsable de la voirie (v. note [16], lettre 357).

Avant la numérotation des immeubles (à la fin du xviiie s.), les enseignes permettaient de les situer dans leur rue. Une raison du succès que connut le Bureau d’adresse de Théophraste Renaudot (v. note [6], lettre 57) fut de les avoir répertoriées. Sous le pseudonyme d’Abraham Du Pradel, Nicolas de Blégny (mort en 1722), chirurgien de Saint-Côme qui se disait aussi apothicaire et médecin, fondateur d’une curieuse académie empirique, émule des Renaudot, a publié un Livre commode des adresses de Paris, dont l’édition de 1692 a été rééditée par Édouard Fournier (Paris, Paul Daffis, 1878, 2 volumes in‑16). Le contenu, très incomplet et mal organisé, est fort décevant, mais on y voit en annexe la Liste des avis du Bureau d’adresse pour les années 1670, 1688 et 1689 (volume 2, pages 302 et suivantes).

Ces deux sources ne m’ont pas permis d’identifier « Monsieur M.M.R.D. », dont la précieuse collection d’enseignes, continuée après son grand-père et son père, n’a, me semble-t-il, jamais fait l’objet d’un ouvrage imprimé. L’Esprit de Guy Patin y voyait un moyen pour tout curieux malveillant de connaître les origines plébéiennes de riches familles qui se targuaient de plus noble ascendance.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
L’Esprit de Guy Patin (1709),
Faux Patiniana II-1, note 26.
Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=8214&cln=26
(Consulté le 19.10.2021)

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