Autres écrits : Ana de Guy Patin :
L’Esprit de Guy Patin (1709),
Faux Patiniana II-2

Note [11]

Dans sa correspondance, Guy Patin a parlé une fois de l’humaniste italien du xviie s. Pierius Valerianus (v. note [23], lettre 164) et ses deux livres « sur l’Infortune des écrivains » (Venise, 1620). On le retrouve sous la plume de Patin dans les triades du Borboniana (v. leur note [16]) pour ses Hieroglyphica (Lyon, 1602), et aussi dans le Patiniana I‑1 (v. sa note [39]) pour trois autres de ses ouvrages non mentionnés ici : les corrections sur Virgile (Rome, 1521), et les traités sur la Sphère (Paris, 1561) et sur les éclairs (Rome, 1517).

S’ajoute ici la :

Pierii Valeriani Defensio pro sacerdotum barbis.

[Défense de Pierius Valerianus pour le port de la barbe par les prêtres]. {a}

Elle est adressée au cardinal Ippolito de Médicis (1511-1535, nommé en 1529), avec privilège du pape Clément viii, {b} accordé pour cinq ans. Ces deux phrases de la conclusion en résument le propos (avant-dernière page de l’édition de 1531) :

Si ex Antiquorum institutis, sanctissimisque præceptis, ratio vobis allata est, cur barbam omnino promittere debeamus, ut Christi scilicet et eius Discipulorum, totque aliorum integerrimæ vitæ Patrum exempla nobis sequenda proponamus : opprobria et ignominiosos eventus molliciei suspicionem et calumnias evitemus : Viri denique potius quam fœminæ videamur. Nam quid Barbæ demum nos pudeat, si quid barba sit et ut gravem honestumque Virum deceat ostensum : Si quantum ad Sacerdotis dignitatem existimationemque faciat exploratum.

[S’il faut, en nous fondant sur les institutions des Anciens et sur les préceptes les plus sacrés, vous expliquer pourquoi nous devons nous laisser très librement pousser la barbe, c’est que nous proposons de suivre ainsi les exemples du Christ et de ses disciples, ainsi que de tant d’autres Pères dont la vie fut absolument irréprochable : ce qui nous met à l’abri des outrages et des railleries ignominieuses, du soupçon de mollesse et des calomnies ; et ce qui enfin nous donne l’allure d’hommes plutôt que de femmes. Il n’y a rien de honteux à arborer la barbe parce qu’elle sied à un homme grave et honnête, et qu’elle incite au respect et à l’estime dus au prêtre].


  1. Rome, Calvus, 1531, in‑4o de 4 feuilles, pour la première de nombreuses éditions.

  2. V. note [2], lettre 47.

Ce n’est sans doute pas par pur hasard qu’on retrouve tous ces ouvrages de Valerianus et de copieux détails sur sa biographie dans les Éloges de Jacques-Auguste i de Thou, avec les deux additions qu’Antoine Teissier y a apportées (Genève, 1683, tome premier, pages 23‑24, et seconde partie, pages 393‑394), car ce recueil appartient à la bibliographie des rédacteurs de L’Esprit de Guy Patin (v. infra note [12]).


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
L’Esprit de Guy Patin (1709),
Faux Patiniana II-2, note 11.
Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=8215&cln=11
(Consulté le 15.08.2022)

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