L. 720.  >
À André Falconet,
le 20 janvier 1662

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Monsieur, [a][1]

Ce matin, il s’est fait un duel [2] signalé à demi-lieue de Paris, près de Chaillot, [1][3] de huit seigneurs, desquels plusieurs ont été blessés et un est demeuré mort sur la place, qui est M. le marquis d’Antin, [4] neveu de l’archevêque de Sens. [2][5][6] Le marquis de Noirmoutier [7] et M. de La Frette, [8] et le comte de Chalais [9] sont du nombre. Il y a eu cette semaine une querelle dans la buvette de la Grand’Chambre entre M. Talon, [10] avocat général, et M. le président de Mesmes, [11] le président de Novion [12] et autres, mais on croit que la querelle n’ira pas plus loin. C’était pour l’autorité du Parlement par-dessus la Chambre de justice. [13] L’accord du cardinal de Retz [14] est conclu tout à fait. On sait qu’il a été en plusieurs endroits, déguisé, habillé de gris, se faisant appeler le baron de Neuville. Il parlait latin, connaissait tout le monde et se faisait aimer de tout le monde. Il a été à Dunkerque, [15] à Anvers, [16] à La Haye, [17] à Rotterdam [18] (pays du bon Érasme), à Paderborn [19] à Münster, [20] en Westphalie, [3] où il a demeuré trois mois entiers inconnu, mais admiré merveilleusement pour les belles qualités qu’il possède. Il était logé chez un savant médecin nommé M. de Rottendorf qui lui parla de moi avec affection ; le cardinal lui répondit de même, et lui dit qu’il me connaissait fort bien et qu’il faisait grand état de moi. [4][21][22] Le médecin, son hôte, qui l’admirait, et particulièrement pour deux choses, dont la première était de voir qu’il connaissait tout le monde, la seconde qu’il savait tout et qu’il excellait particulièrement en politique, soupçonna qu’il n’était pas homme du commun, outre qu’en cette occasion il parlait mieux latin que ne font tous les gentilshommes français. Cela fut cause que ledit hôte en entretint M. l’évêque de Münster, [5][23] prince du pays, qui témoigna de la curiosité à connaître ce gentilhomme ; mais lui, sachant qu’il eût été en danger, s’en défendit prudemment et délogea dès le lendemain de grand matin, de peur qu’il ne lui arrivât pis. C’est qu’il n’y veut point manger le carême [24] prochain de jambon de Westphalie, que nous appelons ici jambon de Mayence, petasones Mogontini[6][25] parce qu’autrefois cette grande foire de jambon était à Mayence (et aujourd’hui à Francfort) et la grande quantité que nous en avons à Paris vers Pâques nous vient par les marchands hollandais. [26][27] Mais vous direz que je ne vous entretiens que de jambons, j’aimerais mieux vous en faire manger ici, en dépit des juifs qui s’en font une loi. [28] Que j’aurais de plaisir de vous faire bonne chère ! au moins je vous la ferais spirituelle, sans que les moines s’en mêlassent. Je vous baise les mains et suis de toute mon âme votre, etc.

De Paris, ce 20e de janvier 1662.


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L. 721.  >
À Mgr Pierre de Marca,
le 23 janvier 1662

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Je demande pardon à Monseigneur l’archevêque de Toulouse [1][2] si je ne vais moi-même en personne lui faire la réponse au billet qu’il m’a fait l’honneur de m’envoyer, [a] præteriti morbi et nondum prorsus extincti reliquiæ adhuc me exercent[1][3]

La maladie de la lèpre [4] est fort commune dans la Sainte Écriture. J’ai connu des gens très doctes qui prétendaient que par cette ladrerie il fallait entendre la grosse vérole. [5] Les vieux interprètes de la Sainte Écriture n’en ont rien dit, non plus que de cette bestialité. [2][6] Galien [7] a dit Ægyptios obnoxios esse factos elephantiasi, quod carnibus asininis vescerentur[3][8] Les Arabes, [9] qui ont été de grands coquins en médecine et fort ignorants dans les bonnes lettres, scriptum relinquerunt elephantiasim fieri et elephanticos nasci ex coïtu cum muliere menstruata. Bestialitatis nullus meminit quod sciam, saltem nullus medicorum, neque ex veteribus, neque ex recentioribus. De bestialitate et aliis contra naturam concubituum speciebus multa leguntur apud Virginalem doctorem Thomam Sanchez, Iesuitam Hispanum[4][10][11] que j’ai céans au service de Monseigneur ; il est de la première édition qui n’a point été châtrée. La ladrerie est aujourd’hui commune, comme en Afrique [12] et en Arabie, dans les pays chauds aussi bien que dans les pays froids. Il y en a en Allemagne et en Danemark, aussi bien qu’en Égypte et aux Indes Orientales. [13] Je fais la révérence à Monseigneur avec tout le respect que je lui dois, et suis son très humble et très obéissant serviteur.

Guy Patin.

Ce 23e de janvier 1662.


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L. 722.  >
À André Falconet,
le 7 février 1662

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Monsieur, [a][1]

La Chambre de justice [2] a donné un arrêt considérable contre un partisan nommé Boislève, [3] ci-devant intendant des finances. On avait saisi ses beaux meubles et on avait avis d’une bonne somme d’argent qui lui appartenait. Un sien frère, ci-devant conseiller de la Cour, aujourd’hui évêque d’Avranches, [4][5] et de plus grand fourbe, est intervenu, prétendant revendiquer lesdits meubles, et l’argent aussi, comme s’ils lui appartenaient. [1] Il en a fait serment, dont la fausseté fut aussitôt découverte par M. Talon. [6] Ensuite de quoi, les meubles et l’argent furent trouvés et déclarés biens saisis, et l’évêque condamné à une amende de 12 000 livres parisis ; [2][7] et pour cet effet, on envoya tout à l’heure chez lui saisir sa maison et ses meubles. Vous voyez qu’il y a encore d’honnêtes gens à Paris, qui font justice nonobstant le sacré caractère. À Rome, on eût dit que l’évêque avait raison et on eût condamné M. Talon comme d’un attentat, etc.

On imprime en Hollande deux petits livres qui seront fort curieux, savoir les Mémoires de Monsieur de la Châtre de Nançay[8] qui a été colonel des Suisses [9] et qui est mort en Allemagne. C’était un brave gentilhomme de bonne maison que j’ai autrefois connu à Paris. L’autre a pour titre Mémoires de Monsieur le duc de La Rochefoucauld[3][10] La guerre de Paris est dans ce livre et le Mazarin [11] n’y est point épargné, qui a néanmoins cet avantage aujourd’hui d’être regretté par plusieurs qui se plaignent qu’il ne se fait point d’affaires, et que le roi [12] aime trop l’argent pour un grand prince comme il est. On ne saurait empêcher le monde de parler.

Le roi a rappelé de Hollande M. de Thou [13] qui y était notre ambassadeur. On dit que c’est pour l’envoyer en Suisse ou à Venise. Quoi qu’il en soit, il a rendu de bons services au roi, et fort agréables. Je suis ravi qu’il soit un peu en crédit car c’est un grand personnage.

On imprime à Anvers [14] en un gros volume in‑fo la traduction latine des deux tomes en italien faits par un jésuite nommé Pallavicino [15] qui était confesseur du pape et qui est devenu cardinal. C’est une prétendue réformation de l’Histoire du concile de Trente faite par Fra Paolo, [4][16] laquelle a été fort approuvée de tout le monde, et principalement des savants et des raisonnables, vu qu’elle avait été faite par un habile homme sur les mémoires de la République de Venise qu’on avait exprès tirés du trésor public qu’on appelle la Secreta[5][17] C’étaient des relations faites de jour à jour, et vraiment éphémérides, que les ambassadeurs de la République avaient apportées au retour du concile de Trente. [18] Un libraire du Palais fort bon homme, nommé M. Rocolet, [19] est mort cette nuit d’une apoplexie [20] en demi-heure. Il était grand, mais gras et replet, à col court et de bonne chère. Ces gens-là meurent presque tous comme cela, ex suffocatione[6] J’étais son médecin depuis 30 ans, je lui ai bien fait tirer du sang, et il n’est mort que pour en avoir trop. J’en ai grand regret, il valait bien mieux que beaucoup d’autres. On tient ici pour certain que le roi d’Espagne est mort. [7][21] On ne laisse point de danser fortement le ballet, [8][22] bien que la famine soit en campagne, principalement à Orléans, à Tours, au pays du Maine et ailleurs. [23] Il y a même de la pauvreté à Paris, mais chacun fait bonne mine en attendant le bon temps et le succès des bonnes inclinations du roi. J’ai peur de mourir avant que de le voir. Je vous baise les mains et suis de tout mon cœur votre, etc.

De Paris, ce 7e de février 1662.


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L. 723.  >
À Christiaen Utenbogard,
le 8 février 1662

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Monsieur, [a][1]

Je vous ai par ci-devant écrit le mois passé par la voie de M. Vander Linden, [2] tant pour vous donner de mes nouvelles que pour vous remercier de l’honneur que m’avez procuré par M. Martinus Schoockius, [3] qui a eu la bonté de me dédier un livre de Cervisia et de m’en envoyer deux copies avec quelques autres petits livres de sa façon. [1][4] Je vous en ai à tous deux grande obligation, mais je voudrais bien savoir tout ce qu’a fait ce galant homme pour tâcher de le recouvrer, ou par votre moyen ou par quelque autre. C’est de quoi je vous ai aussi prié par ma dernière, et vous y ai indiqué les diverses pièces que j’avais de lui ; qui est ce dont je vous prie encore aujourd’hui, comme aussi de me mander, s’il vous plaît, qui est ce M. Mart. Schoockius, s’il enseigne encore actuellement la philosophie, quel âge il a, s’il est marié et s’il a des enfants. Je voudrais bien, pour tâcher de le récompenser de sa bonne volonté et de l’honneur qu’il m’a fait, lui envoyer quelque présent de deçà, soit en livres, soit en argent ou en quelque autre façon, ut tandem agnoscat gratum meum animum[2] Je vous prie là-dessus de me dire sincèrement votre avis, comme aussi de m’apprendre s’il a mis sous la presse son livre nouveau de Fermentatione[3] duquel il m’a fait l’honneur de m’écrire. Quand il vous plaira me donner votre avis sur tous ces points, vous pourrez envoyer votre réponse à Leyde [5] chez M. Vander Linden qui me la fera aisément tenir. Et en attendant, si vous voyez ledit M. Mart. Schoockius, je vous prie de l’assurer de mes très humbles services ; comme aussi à un autre honnête homme de ce même pays nommé Antonius Deusingius, [6] que je pense être un professeur en médecine, qui a déjà écrit plusieurs traités que j’ai céans et dans quelques-uns desquels il m’a fait aussi l’honneur de me nommer. [4] Si l’occasion s’en présente, je vous prie de lui témoigner et lui faire connaître le gré que je lui en sais, et de lui offrir mes très humbles services de par deçà.

Pour des nouvelles de ce pays, je ne vous en saurais dire. La Chambre de justice [7] continue toujours contre les partisans. M. Fouquet [8] est toujours prisonnier dans le bois de Vincennes, [9] mais on ne lui a encore rien dit. Je me porte, Dieu merci, fort bien présentement [10] et tiens ma santé toute rétablie. Il court ici un bruit sourd que le roi d’Espagne [11] est mort, mais cela n’est point encore bien certain. On parle ici du retour de M. le président de Thou, [12] votre ambassadeur, on dit que le roi est fort content de lui et qu’il aura l’ambassade de Suisse. Je lui en souhaite davantage, vu qu’il le mérite bien. Vale et me ama. Tuus ex animo,

Guido Patin[5]

De Paris, ce 8e de février 1662.


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L. 724.  >
À Charles Spon,
le 10 février 1662

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Monsieur, [a][1]

Je vous donne avis que j’ai délivré à M. Josse, [2] par ci-devant syndic des libraires de la rue Saint-Jacques, [1][3] un paquet de livres pour vous qu’il a envoyé à M. de La Garde, libraire de Lyon, [4] qui vous le doit rendre franc de port. Obligez-moi je vous prie, au nom de Dieu, de voir M. Falconet, [5] votre collègue, et de lui dire (en ami) que vous vous êtes chargé de le voir de ma part et de lui rendre tout l’argent qu’il a déboursé pour un paquet de livres qui me vient par eau, pour un baril d’huile d’Aramon [6][7] et pour un autre livre intitulé Bibliotheca Ravanelli [8] qu’il a fait acheter pour moi dans Genève et qu’il a payé de ses propres deniers. [2] Je lui ai tant d’obligation de toutes les peines que je lui donne qu’après qu’il aura été remboursé de son argent, je lui serai encore très obligé. L’argent qu’en aurez déboursé, sur le premier mémoire que m’en enverrez, s’il vous plaît, vous sera rendu par mon ordre, par les mains du commis de M. Troisdames, [9] l’ordinaire suivant. Pour le paquet que je vous ai envoyé, ce n’est pas si grande chose que je voudrais bien, mais je vous prie de le recevoir de bon cœur en attendant mieux. Vous y trouverez deux in‑fo en blanc, un in‑4o de M. Minjot, et quelques autres petits livres curieux. [3]

Le roi [10] s’en va être duc de Lorraine, [11] on dit que le traité en est fait et conclu, sed nondum sunt exploratæ conditiones tanti negotii[4] On ne dit plus rien du cardinal de Retz. [12] Ses créatures croient qu’il est arrivé à Commercy, [13] dont il est seigneur, c’est sur la frontière de Lorraine. On traite avec le roi d’Angleterre [14] pour Dunkerque. [15] Le roi n’ira point en Alsace, c’était un voyage feint par raison politique. Vive, vale et me ama. Carissimam tuam saluto. Datum Parisiis, die Veneris, 10 febr. 1662.

Tuus ex animo, Guido Patin[5]


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L. 725.  >
À André Falconet,
le 14 février 1662

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Monsieur, [a][1]

Je vous envoie la thèse des jésuites, [2][3] laquelle a ici fort réveillé les esprits de ceux qui aiment la controverse. La Sorbonne [4] même s’en remue encore, mais je ne sais ce qui en sera. [1][5] On dit que dans peu de jours le roi [6] doit aller au Parlement pour faire vérifier la convention qu’il a faite avec le duc Charles [7] pour le duché de Lorraine. [2] Le prince François [8] et le duc Charles, [9] son fils, se sont retirés à petit bruit en Allemagne, voyant leur Maison ruinée. [10] Le roi rachète Dunkerque [11] du roi d’Angleterre [12] et l’on dit qu’il la rend au roi d’Espagne [13] pour deux autres villes qu’il nous donne en Flandres. [14] Le roi n’ira que samedi prochain au Parlement [15] pour l’affaire du duc de Lorraine, c’est M. le premier président qui me le vient de dire. M. Talon [16] a demandé ce temps qui lui est nécessaire pour un plaidoyer de si grande importance. On va travailler vigoureusement au procès de M. Fouquet, [17] le roi veut qu’il soit fait en 15 jours.

M. Arnauld d’Andilly, [18][19][20] seigneur de Pomponne, conseiller d’État, neveu de M. Arnauld [21] le janséniste, docteur en Sorbonne, et de l’évêque d’Angers, [22] a reçu commandement du roi de se retirer à Verdun. [3][23] Il a répondu qu’il était prêt d’y obéir, mais qu’il priait le roi de changer le lieu de son exil et de l’envoyer plutôt à Angers chez son oncle, l’évêque du lieu ; adeo vere dixit Lucrecius : [24]

   Medio de fonte leporum
Surgit amari aliquid quod in ipsis faucibus angat
[4]

Voilà M. Cani qui vient de sortir de céans et m’a rendu l’Almanach de votre M. Meyssonnier. [25] Pour le grand livre, [il] n’est pas encore arrivé, [5] il est avec ses hardes, il faut attendre encore huit jours à cause que la rivière est trop grosse. M. Cani a un procès à la quatrième des Enquêtes où j’ai plusieurs amis que je lui fournirai lors du jugement. Il y a sur la rivière de Seine [26] près de Rouen trente grands bateaux de blé pour venir à Paris, et quarante autres qui viennent de Dantzig [27] et d’Amsterdam, [28] et qui seraient déjà arrivés s’ils avaient eu le bon vent.

Le voyage du roi au Palais est différé jusqu’au retour du courrier que l’on a envoyé au prince François en Allemagne avec un nouveau traité pour tâcher de le contenter. Quand nous aurons l’Alsace avec la Lorraine, la Franche-Comté [29] n’aura qu’à se bien tenir et se garder de nos gens, aussi bien que Strabourg et autres villes sur le Rhin, en vertu du vieux proverbe Gallum habeas amicum, non vicinum[6]

La Chambre de justice [30] a fait donner des assignations à tous les traitants et gens d’affaires pour venir répondre sur les faits qui leur sont proposés. Girard [31] y a été plusieurs fois et a tâché de faire pitié, mais les juges n’y ont pas consenti. [7] On continue de vendre dans la Cour du Palais les beaux meubles de Boislève [32] qui est en fuite.

Pour monsieur votre lieutenant général, sa mort a été plus soudaine qu’étrange. Il est mort, comme vous me le mandez, d’une obstruction de cœur et de poumon, à quoi il n’y avait nul remède. Cette maladie est fort contraire aux mélancoliques. [33] S’il eût été ouvert, on lui aurait trouvé dans les vaisseaux du cœur [34] du sang figé, et aliquod vitium in substantia pulmonis, quod nihil aliud est, quam insignis illa diaphtora tantopere celebrata, quæ facit asthma lethale, et quam graphice descriptit Fernelius, pauci a Fernelio, nullus ante Fernelium[8][35][36] Cet homme était infailliblement mélancolique et asthmatique ; [37] au moins est-il mortel ex vitio lienis, qui transmittit in pulmonem et facit affectum immedicabilem per viam suffocationis[9] La syncope est une marque infaillible que les canaux du cœur sont bouchés. [38] Il peut être qu’il y avait ωμον φυμα in lævibus arteriis pulmonis[10][39] La sueur diaphorétique [40] cum ασφυξια [11] est une marque certaine que tout était perdu. La maladie d’Antipater dans Galien, [41] in Locis affectis, était de ce genre, hormis qu’elle dura plus longtemps ; aussi y a-t-il des interprètes qui ont douté de morbo Antipatri[12][42] Dieu veuille avoir son âme.

De Paris, ce 14e de février 1662.


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L. 726.  >
À Charles Spon,
le 21 février 1662

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Monsieur, [a][1]

J’ai reçu ce matin votre dernière des mains de M. de Gonsebac [2] qui est un honnête homme (vous n’en mettez point d’autres en besogne). Il m’en avait rendu une autre il n’y a que six jours, de M. Baumgartner [3] que connaissez, médecin de leur ville de Saint-Gall, [4] de la science et expérience duquel il se loue fort. La lettre qu’il m’a écrite est fort belle et bien faite, il est savant et bon ouvrier, il a appris à travailler de chirurgie chez M. Jamot, [5] chirurgien de la Charité, qui est tout près d’étouffer d’une forte apoplexie, [6] tant il est gros et gras, et replet, imminet ictus sanguinis[1] Je vous remercie du Rod. Castrensis[7] il m’en vient une demi-douzaine par le coche d’eau, [2][8] que M. Falconet m’a achetés. J’aime mieux avoir cet autre que vous m’indiquez, savoir le Bauderon in‑4o[9] Nous y verrons ce qu’y aura fait l’apothicaire Verny. [3][10] Il y a longtemps que je n’ai point vu M. de Sorbière, [11] je le chercherai pour ce que me mandez de lui. Pour le paquet de livres que je vous ai envoyé, je vous prie de l’avoir agréable. Il est dans une balle adressée à M. de La Garde [12] par M. Josse. [13] Vous y trouverez quelque chose de beau, mais je ne sais quand vous l’aurez, d’autant qu’ils se plaignent fort des voitures à cause des mauvais chemins. Il n’y a point ici de peste [14] ni même guère de malades, hormis quelques quartanaires ; [15] mais le pain y est bien cher, [16] il vaut encore 4 sols et demi la livre. Les rues sont pleines de mendiants, nonobstant l’Hôpital général. [17] Il me semble que tous ces livres de M. de Tournes [18] que me mandez sont tous bons. J’en ai quelques-uns céans, j’ai mandé les autres qui me viendront. Le moindre que je sache est celui des deux cardinaux, Richelieu [19] et Mazarin, [20] qui ont été deux grands larrons. Geier de superstitione numquam vidi[4][21] Epistolas Reinesii habeo ante annum[5][22] vous y êtes nommé. On s’en va ici imprimer l’histoire de ce qui s’est fait et passé en France depuis la mort du cardinal de Richelieu jusqu’à celle du Mazarin, c’est un livre latin fait par M. Priolo, [23] jadis médecin de feu M. de Rohan. [6][24] M. le comte de Brienne, [25] secrétaire d’État, m’en a fait voir quelque chose, dont il fait grand cas. M. Huguetan l’avocat [26] connaît bien cet auteur, et moi je salue de tout mon cœur M. Huguetan et mademoiselle votre femme. On imprime en Hollande les mémoires de M. le duc de La Rochefoucauld [27] touchant la dernière guerre de Paris et ceux de M. de La Châtre, comte de Nançay. [7][28] On dit ici que l’affaire du duché de Lorraine [29] et de son achat est une affaire échouée : celui qui veut vendre [30] n’en a pas le pouvoir, le duché ne lui appartient point, et celui qui peut vendre n’en a aucune envie ; c’est le prince Charles [31] (fils du prince François) [32] qui s’est prudemment sauvé d’ici et s’est retiré en Allemagne, après avoir fait ici les protestations légitimes contre le procédé de son oncle. [8] On parle ici d’une nouvelle Histoire de Dauphiné in‑fo faite par M. Chorier, [33][34] que je connais, et d’une autre de la ville de Lyon en deux volumes in‑fo nouvellement achevée, de laquelle deux pères de la Société sont auteurs ; [9][35][36] j’espère qu’on ne manquera pas d’envoyer ici de l’un et de l’autre quand ils seront achevés. On imprime toutes les œuvres d’Érasme en sept tomes in‑fo à Rotterdam [37] en Hollande, sa ville natale, aux dépens du public. J’espère que ce sera un bel ouvrage, [10] j’aimerais mieux être Érasme que d’avoir été duc de Lorraine. [38] M. Vander Linden [39] m’a écrit qu’il fait commencer un Hippocrate nouveau, grec et latin, à Leyde, [40] avec ses notes. [11] Il aime fort l’Hippocrate, [41] mais en récompense, il n’aime guère Galien [42] qu’il méprise fort et condamne où il peut. Toutes ces passions sunt lusus ingeniorum, imo ludibria[12] Dans le catalogue des livres de MM. de Tournes, il y en a un de Mart. Schoockius de Cervisia [43][44] qu’il m’a dédié. [13] C’est un petit in‑12, je ne vous en envoie point d’autant que je n’en ai aucun exemplaire. Je lui ai écrit et l’ai remercié, j’ai grande envie de voir ce qu’il me répondra. Je recommencerai mes leçons [45] publiques, Dieu aidant, d’aujourd’hui en huit jours dans la salle de Cambrai[46] Vale et me amare perge.

Tuus ex animo, Guido Patin[14]

De Paris, ce mardi 21e de février 1662.

Plusieurs médecins sont morts depuis peu : M. Richelet à Reims, [47] M. Thibault à Joigny, [48] M. Du Sausoy [49] à Abbeville, M. de Fontenettes à Poitiers, [50] M. Belin à Troyes, [51] M. Patin à Chartres, etc., [15][52][53] tous savants et habiles hommes. Mors nulli parcit[16] plaise à Dieu que notre tour ne vienne pas si tôt. Vale et me ama[17]


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À André Falconet,
le 24 février 1662

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Monsieur, [a][1]

Vous êtes un merveilleux ami : vous m’avez ci-devant envoyé tant de présents et vous continuez encore de m’en accabler ; je suis réduit à ne savoir plus me gouverner avec vous car vous me réduisez à l’impossible. J’ai reçu ce matin, mercredi des cendres, 22e de février, votre baril d’huile [2] et le Ravanel [3] par les soins de M. Cani. [1] Je vous prie d’en recevoir le prix des mains de M. Spon, comme je lui ai mandé, avec ce que vous avez déboursé. Pour l’autre paquet qui vient de chez MM. Arnaud [4] et Borde, [5] je ne sais quand je le recevrai ; il n’était point dans ce dernier coche d’eau, [6] mais les eaux ont été mauvaises jusqu’à présent ; peut-être qu’il est enfermé dans quelque balle de nos libraires. On ne parle plus ici du duché de Lorraine [7] ni de M. Fouquet, [8] ni du cardinal de Retz, [9] qui est à Commercy. [10] On dit seulement que le roi [11] va la semaine prochaine au Bois de Vincennes. [2][12]

On imprime en Hollande pour les jansénistes [13] quelque chose qui sera fort contre la thèse des jésuites de infaillibilitate Papæ[3] On y a achevé une impression de toutes les œuvres de Hugo Grotius, [4][14] que j’ai autrefois connu ici, ambassadeur de la reine de Suède. [15] Il a été le plus bel esprit de son temps. Il y aura neuf tomes in‑fo. Il était admirablement savant, et d’un savoir tout beau et tout noble. On parle ici d’une espèce de nouveau carrousel [16] où le roi fait entrer plusieurs seigneurs qui seront obligés à une belle dépense, tant pour les chevaux que pour les habits ; il en aura cinq compagnies, dont chacune sera conduite par un prince. [5] Il est venu du blé de Rouen, mais la police est ici si mauvaise que le blé ne rabaisse point ; sur quoi les pauvres crient bien fort, nec tamen habetur ratio tot querelarum[6] Je vous baise très humblement les mains et suis de toute mon âme votre, etc.

De Paris, ce 24e de février 1662.


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L. 728.  >
À André Falconet,
le 28 février 1662

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Monsieur, [a][1]

Depuis peu de jours, le duc de Lorraine, [2] raillant avec le prince de Condé [3] du traité qu’il avait fait avec le roi [4] par lequel, entre autres, le roi lui accordait que les princes de Lorraine [5] deviendraient princes du sang, il lui dit : En toute votre vie vous n’avez pu faire qu’un prince du sang, qui est le duc d’Enghien, [6] et moi, d’un trait de plume, j’en ai fait 24. M. de Vendôme [7] et M. de Courtenay [8] ont présenté requête contre cette nouvelle création de princes du sang. [1] M. le chancelier [9] a aussi parlé hardiment contre ce traité et dit au roi qu’il ne pouvait faire aucun prince du sang qu’avec la reine. Le roi n’a point trouvé bon telles remontrances, c’est pourquoi l’on dit que, nonobstant cela, il ira lundi matin au Parlement pour cette affaire et quelques autres. [2][10]

On parle ici d’amener M. Fouquet [11] dans la Bastille. [12] Son secrétaire Pellisson [13] est dans la Conciergerie. [14] Sans parler du maître, ce M. Pellisson est très habile ; sa disgrâce est plainte de tous les honnêtes gens, on dit qu’elle lui fera perdre l’esprit. Le roi veut envoyer un ambassadeur à l’empereur (on dit que ce sera M. de Vitry) [15][16] pour y faire maintenir le droit de préséance par-dessus tous les autres princes, que le roi d’Espagne [17] lui a cédé. [3]

Ce 26e de février. Hier, la duchesse de Retz [18] fut trouver la reine mère [19] au Louvre et elle la conduisit jusque dans le cabinet du roi, où elles furent avec lui plus d’une heure. [4] Les uns disent que c’est pour la démission de l’archevêché, les autres disent que ce sera un accord pour faciliter le retour du cardinal de Retz. [20] M. de Louvois, [21][22] fils de M. Le Tellier, [23] secrétaire d’État, qui est reçu en survivance, s’en va épouser Mlle de Courtenvaux. [5][24][25] M. l’abbé des Roches, [26] chanoine de Notre-Dame [27] et archidiacre, mourut hier. Il était bien riche du bien d’Église et en faisait un bel usage : carrosse, laquais, équipage, beaux meubles, etc. On parle d’un carrousel [28] qui coûtera bien de l’argent à la noblesse qui y aura part. La reine [29] est grosse et sur cette nouvelle, le roi a dit : Nous ne manquerons pas de petits Courtenay[6] c’est-à-dire de pauvres princes, et incommodés.

Ce lundi 27e de février. Le roi a été ce matin au Palais en grande pompe pour l’affaire du duché de Lorraine et y a demeuré jusqu’à midi ; nous en saurons le succès ce soir. Demain sur les onze heures du matin, sera enterré dans Notre-Dame [30] M. des Roches qui autrefois nous a promis 10 000 écus pour faire rebâtir nos Écoles. [31] Toute notre Faculté est priée à cet enterrement, je ne sais pourtant si nous aurons les 10 000 écus, bien que la donation en soit bien faite, et même insinuée au Châtelet de Paris [32] dès l’an 1644. [7] On dit qu’il laisse plus de 100 000 écus à l’Hôtel-Dieu de Paris [33] et sa grande bibliothèque [34] à la Sorbonne. [35] Il aurait bien pu nous faire davantage de bien, mais il se mécontenta de nous sur le refus que nous lui fîmes de rompre nos statuts [36] pour plusieurs particuliers qu’il nous recommandait trop souvent, et cela n’allait qu’à ruiner notre Faculté. Moribus antiquis res stat Romana, virisque[8][37] Je lui dis un jour chez lui, ayant été député de notre Faculté, qu’il eût été à souhaiter qu’il nous laissât dans l’observance rigoureuse de nos statuts plutôt que de nous porter à les rompre, et que nous étions résolus avec sa permission de n’en rien faire.

On ne parle plus ici de ces derniers duellistes, [38] ils sont assez malheureux d’être hors de France et d’avoir perdu leurs biens. [9] Le cardinal de Retz a donné sa démission de l’archevêché de Paris, duquel, une heure après, le roi envoya le brevet à M. de Marca, [39] archevêque de Toulouse. [40] Voilà bien du malheur pour le premier, qui est un honnête homme, et une étrange fortune pour le second, qui vient de si loin à une si belle charge. On dit aussi qu’il deviendra cardinal, mais il est déjà bien vieux et je crois qu’il a plus de 70 ans. Je l’ai entretenu deux heures dans sa chambre depuis un mois, il a encore l’esprit fort présent, mais je le trouve sec et cassé, senectus ipsa morbus est[10][41] Le roi s’en va dans peu de jours au Bois de Vincennes, [42] il veut être duc de Lorraine absolument, iure vel iniuria[11] ce n’est pas à moi à le décider. Sa déclaration en fut hier enregistrée au Parlement où M. le premier président [43] harangua fort bien, et où il parla de la misère du peuple et des punitions exemplaires que le roi veut faire en bref ; ce que l’on sous-entend des partisans. La Chambre de justice [44] a fait donner assignation à plusieurs particuliers pour savoir s’ils n’ont aucun commerce avec Bruant, [12][45] Catelan, [46] Boislève [47] et autres. Si ceux qui ont été mandés n’y obéissent, ils sont déjà condamnés à payer le jour même 500 livres d’amende. Je vous baise les mains et suis de tout mon cœur votre, etc.

De Paris, ce 28e de février 1662.


Rédaction : guido.patin@gmail.com — Édition : info-hist@biusante.parisdescartes.fr
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À Charles Spon,
le 3 mars 1662

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Monsieur, [a][1]

Je fus hier au Collège royal [2] où je commençai mes leçons [3] en bon nombre d’auditeurs, Dieu merci. Le libraire M. Josse, [4] auquel j’ai délivré votre paquet, m’a assuré qu’il était parti et qu’il vous sera rendu franc de port. Je vous prie de l’avoir agréable, combien que ce soit peu de chose au prix de ce que je vous dois. Peut-être que l’occasion nous fournira par ci-après le moyen de mieux faire, je vous prie de prendre toujours cela en attendant, d’aussi bon cœur que je vous l’offre. Il n’y a rien ici de nouveau, sinon que le roi [5] a été au Parlement [6] où il s’est fait déclarer duc de Lorraine [7] en vertu de la vente que lui a faite le duc [8] qui n’en est pas le maître ; sauf à attendre la ratification de tous ceux qui y prétendent intérêt et qui pensent y avoir quelque droit, soit par leurs naissances ou par leurs femmes, comme fait M. de Vendôme [9] qui en a présenté une belle requête au roi. [1] On parle ici d’un beau carrousel [10] que le roi veut faire au plus tôt et qui, nonobstant la cherté du pain [11] et de toute autre chose, coûtera bien de l’argent, sed nihil curæ talia sunt Hippoclidi[2][12] Le carrousel eût été joué et exécuté devant Pâques, mais les apprêts ne peuvent être prêts que dans deux mois d’ici. On ne dit rien de nouveau de la Chambre de justice [13] ni de M. Fouquet, [14] mais tout le monde est en attente. Obligez-moi de présenter mes très humbles baisemains à MM. Huguetan et Ravaud, et leur dire que je les prie le plus tôt qu’ils pourront, de m’envoyer, dans quelque balle qui se fera pour Paris, Quæstiones medico-legales Pauli Zacchiæ[3][15] que vous leur paierez comptant, s’il vous plaît, et je vous le ferai rendre par le commis de M. Troisdames. [16] Je suis fort pressé de ce livre et voudrais bien l’avoir pour l’envoyer à Bruxelles, [17] c’est pourquoi ils m’obligeront de me l’envoyer au plus tôt. Vale cum tua et D. Falconet. Datum Parisiis, die Veneris, 3a Martii 1662.

Tuus ex animo, Guido Patin[4]


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 20 janvier 1662

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(Consulté le 29.11.2022)