L. 758.  >
À André Falconet,
le 10 octobre 1663

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Monsieur, [a][1]

M. de Verthamon, [2] conseiller clerc, homme fort riche et fort épargnant, n’est point mort pauvre. Il avait si rudement épicé ses procès qu’on lui a trouvé dans son coffre après sa mort 400 000 livres en or et en argent comptant. [1][3] Il était chanoine de Notre-Dame, [4] mais il ne donnait jamais l’aumône. Le roi [5] est avec les reines et M. le Dauphin [6] dans le Bois de Vincennes, [7] on dit qu’il s’en va bientôt avec tout son train à Versailles. [2][8] On dit ici que les députés des Suisses [9] sont en chemin. [3] Quel grand dessein a donc le P. Gibalin, [10] dans lequel il y aura tant de volumes ? Qui vous a dit que le grand ouvrage de Plantis d’Ulysses Aldrovandus [11] soit achevé à Bologne ? [12] En avez-vous vu quelques exemplaires à Lyon ? Votre M. Bara [13] ne pense-t-il plus à son Rondelet ? [4][14] Que font vos deux jeunes médecins à Lyon, Basset [15] et Lucques, [16] et ce musicien provençal n’y demeure-t-il point aussi ? Que devient donc l’édition des œuvres du R.P. Théophile, [17] y a-t-il apparence qu’elle sera bientôt achevée ? J’apprends que vous serez bientôt échevin de Lyon, [18] je vous le souhaite et m’en réjouis de tout mon cœur. [5] On fait ici des préparatifs chez quelques moines pour y solenniser la fête de sainte Thérèse, [19] à cause de la reine. [6][20][21] Dieu soit loué de tout, mais le peuple est bien grevé, il faudrait que la taille [22] diminuât afin qu’il se pût réjouir aussi bien que les moines pour qui il est fête tous les jours. Il n’est point ici de malades, j’en loue Dieu. Je ne serais point fâché de ce loisir s’il pouvait durer, nous nous gendarmons assez toute l’année, [7] nous nous tuons pour autrui, Aurum dum quærimus, ævum perdimus ; [8][23] et comme Martial [24] a fort bien dit, Iactamur in alto urbis, et in sterili vita labore perit[9] Mais il faut prendre patience, le bon temps viendra quand il plaira à Dieu ; si nous ne l’avons, c’est que nous ne le méritons pas. Fornicaverunt filii Adam, et declinaverunt ad avaritiam[10][25] Je vous baise les mains et suis de toute mon âme votre, etc.

De Paris, ce 15e de mars < sic pour 10e d’octobre > 1663.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 10 octobre 1663

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(Consulté le 19.10.2019)