L. 932.  >
À André Falconet,
le 22 juin 1668

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Monsieur, [a][1]

J’ai reçu le livre de M. Gontier, [1][2] qu’il vous a dédié et dont je suis bien aise ; mais à propos de livre, < de > qui est celui que M. Spon m’a mandé être achevé à Lyon, savoir l’Histoire du ministère du cardinal Mazarin, et un autre de Febribus, in‑fo, imprimé depuis peu à Lyon, fait par un médecin italien ? [2][3] J’en écris un mot à M. Spon et le prie de me les envoyer. On voit ici force soldats congédiés qui ont une épée au côté, point d’argent, et qui demandent l’aumône ; ils trouvent plus de charité dans la ville de Paris qu’ils n’en ont trouvé en l’armée. Le roi [4] a reçu du pape [5] un chapeau rouge pour faire un cardinal, duquel il fera présent à qui il voudra. Plusieurs croient que ce sera pour M. l’archevêque de Paris. [3][6] Le roi envoie au pape 6 000 hommes pour les employer où il voudra. On croit qu’il les donnera aux Vénitiens pour les employer contre les Turcs en Candie, [7] ils ne le sauraient être plus utilement. Le carrousel [8] destiné pour le plaisir de la cour à Versailles [9] est remis au mois prochain ; quelques-uns disent jusqu’après les couches de la reine. [4][10][11][12]

Nous avons ici un des nôtres extrêmement malade, qui est M. Germain Préaux, [13] âgé de 64 ans, et qui pis est, c’est d’une rechute. Ce serait dommage qu’il mourût car c’est un savant homme, honnête et digne de vivre. Monsieur votre fils, le médecin, [14] que je salue de tout mon cœur, le connaît, il a été son professeur en botanique. [15][16] La maladie de Soissons [17][18] cesse, mais il y en a bien autour d’Amiens ; [19] c’est peut-être le passage des soldats qui en est cause. [5] Bon Dieu ! qu’il arrive bien des malheurs au monde, dont les gens de bien ne sont pas coupables. Je lis dans mes mauvaises heures, et à mon loisir, pour tâcher de me consoler, le livre de Justus Lipsius [20] De Constantia ; mais tout cela m’étonne et presque me renverse l’esprit, sic me ipsum decipio, et rideo me ; [6] je n’ai besoin que de patience, car tout le monde est plein d’embûches de malice et d’affliction. Mme de Villequier, [21] fille de M. Le Tellier, [22][23] âgée de 26 ans, est ici fort malade. [7] Je souhaite fort qu’elle guérisse. Je vous baise très humblement les mains et suis de toute mon âme votre, etc.

De Paris, ce 22e de juin 1668.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 22 juin 1668

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(Consulté le 19.10.2019)