L. 937.  >
À Charles Spon,
le 27 juillet 1668

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Monsieur, [a][1]

Grâces très humbles pour la vôtre du 17e de juillet. Je vous rends grâces pour le soin que voulez prendre de l’affaire de Carolus [2] vers M. de Virelle. [3] Enfin, les livres de M. Anisson [4] ont été portés chez M. Du Bray ; [5] mais j’ai congédié mes auditeurs jusqu’à l’an prochain, j’espère de recommencer après les Rois, si Deus annumerit[1] et alors je le recommanderai puissamment. [6] Je vous supplie d’écrire à M. de Tournes [7] que, comme je lui ai écrit depuis peu (dont je vous ai adressé la lettre), je le prie de rabattre de ladite somme de 200 livres qu’il me demande les 50 livres, comme je lui ai mandé. Voyez, Monsieur, s’il a raison de se plaindre : son compte passe plus de 700 livres, il en a reçu 500 ; sur les 200 qui restent, je demande le rabais de 50 livres et je vous proteste que j’achète ses livres plus chers qu’à Paris. Il y a longtemps qu’ils me fournissent des livres, je les ai toujours bien payés. Ils n’ont nulle raison de me refuser cette grâce ni de se plaindre de moi. Je leur en ai écrit sérieusement, ils ne me doivent pas traiter si rudement ; joint que je suis prêt de continuer ce même commerce avec eux, à la charge qu’ils me traitent plus amiablement et plus humainement. Je leur offre donc 50 écus pour terminer ce compte, et qu’on n’en parle plus, à la charge que nous demeurerons bons amis comme par ci-devant. La rougeole [8] est, à ce que je vois, bien plus dangereuse à Genève. [9] On les saigne ici ab initio[2] rudement, afin d’éteindre ce feu érysipélateux [10] et de garantir le poumon de cette rude attaque ; c’est un feu qui met la gangrène [11] partout. J’attendrai la Febrilogia [12] de M. Anisson, aussi bien que le livre de M. Bonet [13] sur le Baillou[3][14] Pour les soldats qui viennent de Flandres, [15] cela est tout à fait pitoyable, on les a ici fort assistés. Vous aurez le livre de M. Le Vasseur, [16] de quo antehac scripsi[4] Van Helmont [17] était un méchant fou, aussi bien que ceux qui l’imitent. [5] Je prie Dieu qu’il fasse la grâce à Monsieur votre fils [18] d’achever heureusement son agrégation et de continuer à bien faire, [6] ce que j’espère qu’il fera en vous imitant. Pour la réformation et suppression des facultés de médecine que tente M. Vallot, [19] je n’en ai rien ouï dire et m’en étonne, vu que cet homme ne songe qu’à gagner, quærendo lucrum per omne casus ; [7] néanmoins, j’en suis bien aise, et le souhaite de tout mon cœur à cause de tous les grands et énormes abus qui s’y commettent journellement. Pour le pèlerin qui s’en va à la Sainte-Baume, [20] Dieu le conserve, je n’ai pu le deviner. [8] Je vous remercie d’en avoir usé de la sorte envers un homme inconnu ; je vous prie de vous souvenir de ce qu’a dit saint Paul, attendite a falsis prophetis[9][21] Je remercie M. et Mme Du Mas de leur affection et vous prie de leur faire mes très humbles recommandations. De libro D. Phil. Iac. Sachs, Oceano, etc. quem hic habeo edit. Germ.[10][22][23] je n’ai point ouï dire que l’on l’imprime à Paris, nec puto. Sunt enim nostri homines hyeme Gallica frigidiores[11][24] et combien qu’il fasse bien chaud, supra modum frigent[12] Ils me font pitié et se plaignent étrangement, imo, nec valde absunt a mendicitate[13] Clarissimum illum authorem saluto, ad quem memini me ante annum scripsisse[14] On a ici découvert quantité de voleurs d’églises. Il y en a d’attrapés, ce matin on en a condamné deux au Châtelet [25] à avoir le poing coupé [26] et être brûlés tout vifs ; ce qui a été exécuté. [27] Vale.

Tuus ex animo, G.P.

Parisiis, 27. Iulii, 1668. [15]


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 27 juillet 1668

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(Consulté le 15.12.2019)