L. latine 364.  >
À Bernhard Verzascha,
le 25 août 1665

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[Ms BIU Santé 2007, fo 194 ro | LAT | IMG]

Au très distingué Bernhard Verzascha, docteur en médecine, etc., à Bâle.

Très distingué Monsieur, [a][1]

Entendez, je vous prie, une fois pour toutes, que je réserverai toujours le meilleur accueil à votre jeune et très savant Buxtorf ; [2] je pense que ma consultation lui réussira parfaitement. [1][3] Que votre imprimeur de Bâle [4] soit assuré qu’absolument rien n’approche de ce Sylloge nova Theseωn Medicarum, sans crainte que nos Français ne l’imitent et le contrefassent : [2][5] jamais en effet cela n’arrivera, tant nos libraires sont engourdis : [6] cela ne fait absolument aucun doute pour les Parisiens ; les Lyonnais ne songent à rien de tel et jamais ne l’entreprendront. Il en existe déjà sept décades, qu’il prépare donc la huitième et se dispose aux suivantes selon son dessein ; jamais il ne se repentira de l’avoir fait. Pour ma part, je louerai assurément sans réserve cette nouvelle parution et la recommanderai diligemment à mes auditeurs du Collège royal ; [7] quand ils repartiront en leur patrie, c’est-à-dire dans toutes les villes de France, si loin qu’elles soient, ils la distribueront et la feront connaître aux autres médecins, curieux et studieux. Un tel avis a fait que notre Hollierus in‑fo a aussitôt été connu de tous et que déjà trois cents exemplaires ont été vendus depuis huit ou dix mois, grâce au zèle du libraire et pour son profit. [3][8] Je n’ai jamais vu la nouvelle édition de votre Rivierus contractus, que diffuse cet imprimeur de Lyon ; peut-être, comme vous l’écrivez, l’a-t-il envoyée en [Ms BIU Santé 2007, fo 194 vo | LAT | IMG] Espagne et en Italie, où il a des amis libraires qui se sont associés à lui. [4][9] Rivière n’a pas fort bonne réputation en France car il n’énonce que peu de préceptes pour bien remédier ; trop attaché aux médicaments chimiques, il est trop empirique et trop sec ; [10][11] il tire peu d’enseignements d’Hippocrate et de Galien, qu’il n’a jamais lus. [12][13] Pour faire son livre, Danielis Sennerti vitula aravit[5][14][15] écrivain fort appliqué et profitable. Étant juif marrane, [16][17] il a assemblé son ouvrage en cousant les observations fabuleuses et mensongères de l’imposteur judaïque Zacutus. [18] Ce fut le pire des fripons, et voilà quelques années, le très savant Hermann Conring, [19] professeur d’Helmstedt, [20] a dénoncé une partie de ses crimes. [6] Quantité d’autres méfaits pourraient lui être reprochés, mais je ne veux pas m’en donner la peine, imo absit ut cornicum oculos configere velle videar : [7][21] je ne pense pas qu’il soit digne de mon courroux. Dans votre édition, vous avez amélioré Rivière en y ôtant bien des superfluités et en l’enrichissant des très savantes cogitations de notre Riolan ; [22] sed sinamus mortuos sepelire mortuos, etc[8][23] Portez-vous bien, très distingué Monsieur, et continuez de m’aimer. Je salue votre collègue Burcardus. [24]

De Paris, ce mardi 25e d’août 1665.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Bernhard Verzascha, le 25 août 1665

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(Consulté le 12.11.2019)