L. reçue 10.  >
De Claude II Belin,
le 18 février 1657

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De Troyes ce 18e de février 1657.

Monsieur, [a][1][2]

J’ai reçu votre belle lettre du 2d du courant. Si les livres de médecine de la bibliothèque [3] de M. Moreau [4] sont vendus, il s’en faut consoler pourvu que l’on ne dérobe point au public les ouvrages qu’il avait promis, comme son École de Salerne[5] etc. Il vaut mieux que ces livres soient à M. Fouquet, [6][7] encore qu’ils siéraient mieux à un médecin qu’aux jésuites. À propos de ces pharisiens[8] un de leur troupe a mandé en ce pays qu’à l’exhortation de Sa Sainteté, les Vénitiens les avaient rappelés, sed non ego credulus illis, etc[1][9] Je sais bien que les Vénitiens sont mieux avisés. Toutefois, il est à craindre que si cette malheureuse tache d’huile (comme les Provençaux les appellent) se campe en un petit coin du pays, elle ne se communique à tout le reste, quod Deus ab hac republica avertat, tamdiu secura et tranquilla quamdiu loyolitico pecori inaccessa[2] Il me souvient que sur la fin de l’automne un jeune homme de votre École me dit que l’on avait soutenu une thèse qui avait fait grand bruit et si ma mémoire ne me trompe, c’était An in initio pleuritidis medicamentum purgans ? [3][10][11] ou une semblable question ; quoi que ce soit, c’était de la pleurésie. [12] J’en ai vu depuis peu chez un de nos libraires une dont la question était An pleuritidi medicamentum purgans ? [4] de l’année 21 ou 22, mais je ne puis me souvenir si c’est à Paris ou à Reims [13] qu’elle a été soutenue. Il y en avait bien 40 ou 50 depuis 1617. Si vous en désirez quelqu’une, je vous envoie les questions afin que vous me le mandiez. [5] Il s’y trouverait beaucoup de maladies chroniques incurables ubi ægrotus, aut medicus, aut astantes suum non fecere officium[6] Comme il est certain qu’elephantiasis post plures annos incurabilis censenda[7][14] il me semble que j’ai lu quelque part que cette maladie est incurable quia est semper in augmento[8] ou bien si vous voulez, quia est supra naturam[9] J’ai eu quelquefois envie de rire de ceux qui recherchent l’origine de leur maison trois ou quatre cents ans devant eux et qui croient se rendre recommandables par leurs ancêtres. Je renvoie ces gens-là à Juvénal, Stemmata quid faciunt, etc[10][15] Si j’étais de l’humeur de ces gens, j’aurais bientôt trouvé mon nom parmi les grands d’Angleterre et je ferais voir que mes ancêtres avaient donné leur nom à la ville de Londres qui s’appela premièrement Nova Troia et puis Palatium Belini, au rapport de Ortelius ; [11][16] mais je m’estimerais assez glorieux si je pouvais dire après Cicéron [17] Ego virtuti mea [non] maioribus meis præluxi[12] Je me recommande à vos bonnes grâces et suis, de toute mon affection, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Belin


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Claude II Belin, le 18 février 1657

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(Consulté le 18.11.2019)