À Charles Spon, le 12 septembre 1645
Note [1]

La préface de Claude i Saumaise au lecteur des livres de Primatu Papæ [de la Primauté du pape] (Leyde, 1645, v. note [6], lettre 62), longue de dix pages, expose les motifs de la querelle entre protestants et catholiques sur la primauté et l’infaillibilité du pape (v. note [2], lettre 741). Saumaise y mord volontiers ses adversaires mais sans jamais nommer le P. Petau ; par exemple, à la 2e page :

Alii non meditari me sed fundere dicunt, quia sæpe eadem repetam. Ego vero aio, ut filum orationis resumatur et ductus continuetur, interdum opus esse rem eandem aliis verbis iterari. Quod etiam me facere profiteor, et exemplo magnorum auctorum antiquitatis qui laude quoque brevitatis claruerunt. In Hippocrate et Aristotele, ne alios nominem, possum tales plures repetitiones in uno tractatu non longo ostendere. Possum etiam in illis qui nihil repetunt et cum arte et methodo meditate scribunt, magnas nugas monstrare, multas ineptias, et αλογιας infinitas, quæ si meditantibus exciderunt, mihi videntur operoso molimine, et studio non vulgari nihil dixisse quod ad rem pertineret.

[D’autres disent que je ne concentre pas ma pensée, mais que je la disperse car je répète souvent les mêmes choses. Je soutiens, il est vrai, que pour rétablir le fil du discours et maintenir sa continuité, il faut parfois répéter la même chose avec d’autres mots. Je reconnais même faire ainsi, et ce à l’exemple des grands auteurs de l’Antiquité qui ont aussi brillé par le mérite de leur concision. Sans aller chercher bien loin, je puis faire voir de telles répétitions en n’importe quel traité d’Hippocrate et d’Aristote, sans parler des autres. Chez ceux qui ne répètent rien et qui écrivent à dessein avec art et méthode, je puis même montrer de grandes balivernes, beaucoup d’inepties et d’innombrables extravagances qui, si elles échappent à ceux qui les ont méditées, me semblent n’avoir rien ajouté d’important au sujet traité, en dépit du laborieux effort et du soin hors du commun qu’on y a mis].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 12 septembre 1645. Note 1

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(Consulté le 29.11.2022)

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