À Charles Spon, le 21 avril 1655
Note [1]

Le 13 avril, Louis xiv était directement revenu de Vincennes au Palais pour tenir un nouveau lit de justice après avoir attendu la messe à la Sainte-Chapelle vers dix heures du matin. Le roi avait adressé en habit de chasse sa grande admonestation au Parlement (Levantal).

Montglat (Mémoires, page 306) :

« Durant l’hiver, on ne songea qu’à se réjouir à la cour, d’autant qu’on ne commençait qu’à respirer depuis les troubles passés, et que la victoire d’Arras était la première marque du rétablissement des affaires de la France ; mais comme elle était fort épuisée d’argent, sans quoi on ne pouvait soutenir la guerre, le roi fut tenir son lit de justice du 20e {a} de mars, pour faire vérifier des édits. Et parce que l’autorité royale n’était pas encore bien rétablie, les chambres s’assemblèrent pour revoir les édits, disant que la présence du roi avait ôté la liberté des suffrages et qu’il était nécessaire, en son absence, de les examiner pour voir s’ils étaient justes. La mémoire des choses passées faisait appréhender ces assemblées, après les événements funestes qu’elles avaient causés. {b} Cette considération obligea le roi de partir du château de Vincennes le 10e {c} d’avril et de venir le matin au Parlement en justaucorps rouge et chapeau gris, accompagné de toute sa cour en même équipage ; ce qui était inusité jusqu’à ce jour. Quand il fut dans son lit de justice, il défendit au Parlement de s’assembler ; et après avoir dit quatre mots, il se leva et sortit, sans ouïr aucune harangue. Nonobstant cette défense, le Parlement se préparait à se rassembler ; mais l’affaire fut mise en négociation et pour tout apaiser, il fallut quelques modifications aux édits. »


  1. Sic pour 21e.

  2. La Fronde.

  3. Sic pour 13e.

Aussitôt reparti à Vincennes, le roi revint à Paris le 17 avril pour y séjourner jusqu’au 18 mai. L’édit dont parlait Guy Patin ordonnait que le papier et le parchemin servant aux actes officiels porteraient une marque particulière ou timbre. Il fallut cependant attendre 1673 pour que le papier timbré fût définitivement institué en France.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 21 avril 1655. Note 1

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(Consulté le 27.10.2020)

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