À Claude II Belin, le 30 juin 1657
Note [1]

Nouvelle chronique de la ville de Bayonne par un Bayonnais, Bayonne, Duhart-Fauvet, 1827, pages 173‑175) :

« Ce sont en effet des hommes qui ne valent absolument rien, les pires des brigands. » « En 1656, quelques jésuites étant venus s’établir à Saint-Esprit [sur la rive droite de l’Adour, jadis commune indépendante aujourd’hui rattachée à Bayonne], le corps de ville, sur lequel la famille de l’abbé de Saint-Cyran conservait une grande influence, s’alarma de ce voisinage. Deux députés allèrent trouver le maréchal de Gramont, gouverneur, qui résidait alors à Bidache [petite principauté placée sous la souveraineté de la famille de Gramont, une trentaine de kilomètres à l’est de Bayonne], pour lui exposer que le séjour des jésuites à Saint-Esprit pouvait occasionner des troubles à cause de la haine que les habitants portaient généralement à ces pères. Le maréchal répondit d’abord avec beaucoup d’humeur à ces représentations, conçues il est vrai en termes assez chagrins : “ Nous ne manquons pas d’avoir l’estime que nous sommes obligés d’avoir pour le saint institut des pères jésuites, mais il n’est ni contre notre conscience, ni contre les bonnes mœurs, ni contre le service du roi et le bien public de remarquer qu’une petite ville frontière, enviée plus qu’aucune de France, remplie de monastères qui l’occupent quasi toute, qui ne peut subsister que par le négoce, n’a pas grand besoin d’une communauté à qui toute la Terre et les biens d’icelle ne suffisent pas. Elle a beau dire qu’elle ne veut rien ; on ne bâtit pas des palais ni de superbes églises, on n’entretient pas quinze ou vingt mille personnes avec de telles paroles ; il faut trouver pour tout cela des sommes immenses, et sans faillir sur le public et aux dépens des familles particulières. ” Et plus loin : “ Pardonnez-nous si nous osons dire que ces bons pères se servent très mal de la charité et du zèle qu’ils disent avoir pour le salut des âmes, nous tenant depuis six mois dans une quasi sanglante guerre civile. ” Cependant, il y eut assemblée générale de la ville le 21 mars 1657, à la suite de laquelle l’évêque de Dax [Jacques Desclaux] enjoignit aux jésuites de quitter Saint-Esprit. Sur le retard qu’ils mirent à obéir, le peuple se souleva et les chassa avec violence de leur domicile. On trouve dans divers manuscrits une relation de cet événement qui diffère sur quelques points de celle que l’on vient de lire. D’après cette version, les jésuites ne séjournèrent pas seulement à Saint-Esprit ; ils eurent un couvent à d’Anglade, sur la rive opposée de l’Adour. Une première émeute, qui les força de se réfugier à Saint-Esprit, eut pour mobile la découverte qu’un orfèvre fit dans leur maison d’un calice enlevé chez lui et qu’on refusa de lui restituer parce qu’il avait été donné par sa femme. Les registres de la ville font une mention sommaire de la double apparition des jésuites à Bayonne et à Saint-Esprit. Ils renouvelèrent inutilement leurs tentatives d’établissement en 1683 et 1748. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 30 juin 1657. Note 1

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(Consulté le 01.12.2020)

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